Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Cette nuit, c’est XRP qui a payé la note du fiasco législatif de Washington. Mais la vraie histoire du jour se joue ailleurs, du côté d’une poignée de cryptomonnaies qui existent depuis des années et qu’on avait fini par oublier. Zcash souffle après un pic historique, Monero et Dash continuent leur rattrapage, et même Litecoin retrouve des couleurs. Le marché a une mémoire courte, sauf quand elle lui rapporte gros.
Les points clés de cet article :
XRP a subi une chute notable après le rejet du CLARITY Act au Sénat, tombant à environ 1,265 dollar.
Zcash, Monero et Dash ont attiré l’attention en enregistrant des hausses, tandis que Litecoin a discrètement montré des signes de reprise.
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XRP reste, de tous les altcoins majeurs, celui qui tremble le plus fort à chaque soubresaut réglementaire américain. Mardi, le cours du token a touché un plus haut du jour vers 1,46-1,49 dollar avant de plonger jusqu’à environ 1,265 dollar dans la foulée du rejet de la clôture au Sénat. C’est un dévissage d’environ 10 à 13% depuis le sommet de la journée. Ce mercredi matin, XRP stagne toujours près de ce point bas, autour de 1,28-1,30. Pas de rebond franc pour l’instant, la nuit a laissé des traces.
La semaine passée, XRP évoluait plutôt entre 1,33 et 1,45 dollar. La chute n’a donc rien d’une surprise pour qui suit le dossier depuis le début de l’été : Ripple reste l’altcoin le plus corrélé au calendrier de Washington, pour le meilleur et pour le pire. Et ce matin, c’est clairement pour le pire.
Après des semaines de hausse quasi ininterrompue, Zcash marque une pause plus qu’une chute. Le token de la confidentialité (l’usage de preuves à divulgation nulle de connaissance, ou zk-SNARKs, qui masque les montants et les adresses des transactions) évolue ce matin autour de 1 110-1 150 dollars, à peine 2% sous son record de la semaine à 1 249 dollars. Rien d’alarmant : après une rally de cette ampleur, une respiration était presque attendue.
Ce qui l’est moins, c’est la vitesse à laquelle le relais a été pris par ses cousines depuis la mi-septembre. Monero a doublé depuis janvier et vient de casser une ligne de tendance baissière vieille de huit mois.
Dash, de son côté, a grimpé d’environ 85% sur la même période récente, pas en une nuit. Les traders qui ont raté le train Zcash sautent sur ce qui n’a pas encore bougé. Un effet de rattrapage classique : une fois qu’un secteur capte l’attention, l’argent va chercher la prochaine pépite oubliée.
Litecoin s’invite discrètement à la fête
Loin du vacarme des cryptos anonymes, Litecoin fait aussi parler de lui. LTC évolue autour de 53 dollars ce mercredi, l’un des meilleurs scores parmi les cryptos de première génération sur les dernières 24 heures (chiffre à recoller au cours du jour). Rien de spectaculaire à côté de Zcash, mais un mouvement suffisant pour rappeler que le vétéran de 2011 n’a pas complètement disparu des radars.
Dogecoin, lui, reste sagement dans son coin autour de 0,08 dollar. BNB ne bouge quasiment pas, entre 715 et 720 dollars. Deux poids lourds du marché, deux journées sans histoire, pendant que les cryptos qu’on croyait endormies font l’actualité.
Ce contraste raconte quelque chose d’assez simple sur ce début de semaine : quand la Fed et le Sénat américain monopolisent l’attention des gros bonnets du marché, ce sont parfois les outsiders, ceux qu’on n’attendait plus, qui finissent par tirer leur épingle du jeu.
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Après tout, demain est un autre jour. Une nuit agitée, un vote qui laisse un goût amer, et un rendez-vous ce soir qui pourrait tout changer. Le Sénat américain a rejeté hier la clôture des débats sur le CLARITY Act, Bitcoin est retombé autour de 75 500-76 000 $, et les flux ETF entrent dans une zone d’incertitude. Mais le vrai juge de paix de la journée n’a pas encore parlé. Il s’exprime ce soir, à Washington, et il s’appelle Kevin Warsh.
Les points clés de cet article :
Le Sénat américain a rejeté la clôture des débats sur le CLARITY Act, plongeant le Bitcoin dans une chute inquiétante.
Les marchés financiers attendent avec nervosité la décision de la Fed sur les taux d’intérêt, un événement potentiellement historique.
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Le scénario tenait en haleine depuis des semaines. Le Sénat devait clôturer les débats sur le CLARITY Act, le texte censé répartir la surveillance des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC (les deux gendarmes financiers américains). Il fallait 60 voix.
Le décompte officiel de la séance du 15 septembre, publié par le Daily Press du Sénat, est sans appel : 49 voix pour, 50 contre, soit 11 voix sous le seuil requis. Zéro démocrate n’a voté pour. Quatre républicains ont voté contre, Collins, Hawley, Moran et Tillis, ce dernier uniquement pour pouvoir déposer une motion de reconsidération, une manœuvre de procédure qui garde la porte entrouverte à un nouveau vote dans les prochains jours. Cynthia Lummis accuse les démocrates d’avoir refusé un texte pourtant remanié sur 126 points, Elizabeth Warren rétorque que la clause éthique proposée n’est qu’« une feuille de vigne », selon CoinDesk.
Le cours du Bitcoin a suivi le mouvement dans la foulée, passant sous 75 000 $ en cours de nuit avant de se stabiliser vers 75 500-76 000 $ ce mercredi matin, une chute de l’ordre de 3 % en 24 heures partie d’un plateau autour de 79 500-80 000 $ avant l’épisode (photo prise au moment de la rédaction, à recoller au cours du jour). Rien d’un effondrement. Plutôt un accès de fièvre qui laisse le marché sonné plus qu’assommé.
Les ETF Bitcoin, un baromètre à surveiller de près
L’histoire des ETF est plus nuancée qu’un simple raz-de-marée de sorties. Lundi 14 septembre, les ETF Bitcoin spot ont renoué avec les entrées nettes, 159,9 millions de dollars au compteur (dont 134,3 millions pour l’IBIT de BlackRock), mettant fin à quatre séances consécutives de sorties qui avaient coûté environ 462,7 millions de dollars entre le 8 et le 11 septembre. Un retournement fragile, obtenu la veille même du vote.
La réponse est tombée dans la journée : mardi 15 septembre, jour du vote raté au Sénat, les ETF Bitcoin spot sont repassés dans le rouge, avec 450,4 millions de dollars de sorties nettes selon les données de Farside Investors.
Le rebond de la veille s’efface d’un coup. Le FBTC de Fidelity concentre le plus gros des dégâts avec 214,8 millions de sorties, devant l’IBIT de BlackRock à 161,7 millions, celui-là même qui portait le rebond du lundi. Le GBTC de Grayscale perd encore 44,1 millions, l’ARKB d’ARK Invest 17,4 millions et le BITB de Bitwise 12,4 millions. Le retournement du 14 septembre n’aura donc tenu qu’une séance.
Flux nets des ETF Bitcoin spot au 15 septembre 2026 : 450,4 millions de dollars de sorties en une seule séance, portées par le FBTC de Fidelity et l’IBIT de BlackRock. Source : Farside Investors.
La Fed ouvre le bal ce soir, et la vraie fête n’a pas commencé
Le CLARITY Act n’est pas tout à fait de l’histoire ancienne : la motion de reconsidération déposée par Tillis pourrait ramener le texte à un nouveau vote de procédure d’ici deux jours, selon des informations relayées après la séance. Politiquement, le texte sort quand même très affaibli de l’épisode. Le marché, en tout cas, est déjà passé à autre chose.
De plus, ce soir, 20 heures à Paris, la Fed rend sa décision de taux, avec une conférence de presse de Kevin Warsh prévue une demi-heure plus tard. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a franchi les 5 % lundi, son plus haut niveau depuis octobre 2023, avant de refluer légèrement. CME FedWatch donne désormais une hausse de 25 points de base à environ 90 % de probabilité. JPMorgan et Goldman Sachs, longtemps en désaccord, se sont tous deux ralliés à ce scénario ces derniers jours, quitte à diverger sur la suite : Goldman continue de tabler sur deux baisses de taux en 2027, JPMorgan se montre plus prudent. Si la hausse se confirme, ce serait la première depuis 2023, un événement qui pèserait bien plus lourd sur les marchés que l’issue d’un texte de loi.
Deux chocs en trois jours, l’un réglementaire, l’autre monétaire. Le marché a déjà encaissé le premier. Il attend le second avec cette nervosité particulière qu’on n’observait plus depuis la dernière hausse des taux de la Fed, quand chaque point de base valait son pesant de volatilité sur le cours du bitcoin.
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Soixante voix, zéro marge. Le Sénat américain devait trancher ce mardi sur la motion de cloture du Digital Asset Market Clarity Act, le texte censé répartir la supervision des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC. Après des mois de tractations, Trump avait cédé sur l’éthique pour arracher ce vote. Ça n’a pas suffi. La motion s’est effondrée bien avant le seuil requis. Le marché a pris acte dans la foulée. Le Bitcoin casse le support des 75 000 dollars et entraîne tout le marché crypto dans sa chute.
Les points clés de cet article :
Le Sénat américain a échoué à adopter le Digital Asset Market Clarity Act, malgré des mois de négociations intenses.
Le marché des cryptomonnaies a subi un choc, le Bitcoin ayant cassé le support des 75 000 dollars, entraînant une vague de liquidations massives.
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Sur le papier, tout était bouclé. Les négociateurs des deux camps avaient ficelé plus de 600 pages de compromis, et les sponsors républicains avaient publié dimanche soir un texte intégrant 126 modifications réclamées par les démocrates. Restait un point de crispation : les garanties éthiques censées empêcher les hauts responsables de l’exécutif, famille présidentielle comprise, de conserver des intérêts dans la crypto. Un point sensible. Sa dernière déclaration de patrimoine fait état de plus de 1,4 milliard de dollars de revenus crypto en 2025, dont plus de 500 millions issus de sa propre plateforme World Liberty Financial. Les 126 concessions n’y ont rien changé.
Un deuxième front, plus discret mais tout aussi mortel, a joué contre le texte. L‘American Bankers Association et l’Independent Community Bankers of America jugeaient le délai de 18 mois prévu pour les stablecoins bien trop court pour protéger les banques régionales. Susan Collins et John Cornyn, rejoints selon certaines sources par John Curtis, ont fait planer le doute jusqu’au bout côté républicain. La sénatrice Cynthia Lummis (R-Wyoming), négociatrice en chef côté républicain, avait lancé un appel solennel juste avant le vote : « Ne laissons pas ce jour être celui où nous avons cédé notre avenir à quelqu’un d’autre parce que nous avons eu trop peur de finir ce que nous avions commencé. » Ça n’a pas suffi non plus. Le vote a échoué loin en dessous des 60 voix requises, rapporte CoinDesk.
Le Bitcoin plonge, les liquidations s’envolent
Le marché n’a pas attendu le décompte final pour réagir. Les probabilités d’adoption du texte sont tombées de 34 % lundi à 17 % ce mardi sur Polymarket, plombées par l’opposition du secteur bancaire aux dispositions sur les stablecoins. Le Bitcoin a suivi le mouvement, cassant le support des 75 000 dollars. Le repli dépasse 5 % sur 24 heures, à environ 40 % de son sommet d’octobre 2025.
La correction a vidé les carnets d’ordre. Selon les données de CoinGlass, 120 211 traders ont été liquidés en 24 heures pour un total de 769,21 millions de dollars. Les positions longues à elles seules représentent 568,06 millions. La plus grosse commande à elle seule, 22,52 millions de dollars, est partie sur Binance en BTCUSDT. Ajoutez à ça une Fed qui doit trancher dès demain sur les taux et un baril de Brent au-dessus de 106 dollars sur fond de tensions au Moyen-Orient, et le tableau se complète. Seule éclaircie, les ETF Bitcoin au comptant américains ont capté 159,9 millions de dollars d’entrées nettes lundi. Pas de quoi renverser la tendance.
Carte thermique des liquidations CoinGlass montrant l’effondrement des positions longues sur Bitcoin et Ethereum, 15 septembre 2026. Source : CoinGlass.
Coinbase et Strategy plongent, les mineurs résistent
L’action Coinbase (COIN) cède plus de 8 % en séance le 15 septembre 2026, après l’échec du vote sur le Clarity Act. Source : Yahoo Finance.
Clarity Act enterré ? La régulation se joue ailleurs
Le texte voté par la Chambre reste au calendrier, sans débat en vue. Le cadre de conformité actuel, un numéro d’équilibriste entre la SEC et la CFTC, continue donc de s’appliquer aux entreprises crypto américaines. Faute de loi, l’industrie se rabat sur la voie réglementaire. La SEC planche sur son projet Reg Crypto, la CFTC avance de son côté sur son propre corpus de règles. Le président de la SEC, Paul Atkins, l’a lui-même reconnu : ces textes n’auront jamais la solidité d’une loi votée par le Congrès.
Reste les super PACs. Fairshake et ses alliés vont devoir revoir leur copie avant les midterms du 3 novembre, avec un argument de campagne en moins pour convaincre les indécis du Sénat.
L’histoire n’est pas nouvelle. Cet été déjà, le vote s’était évaporé juste avant la pause estivale du Sénat, et les paris étaient tombés à 14 % de chances de passage. Le scénario se répète, avec la même cause de fond : un Sénat coupé en deux, à quelques semaines d’un scrutin où chaque camp compte ses voix plutôt que ses convictions. Le Bitcoin reste suspendu à la décision de la Fed de demain, bien plus qu’à un texte de loi resté sur le papier. Sur le CME FedWatch, la probabilité d’une hausse de 25 points de base culmine désormais à 92 %. L’inflation américaine remontée à 3,4 % sur un an, conjuguée à un baril au-dessus des 100 dollars, pousse la Fed vers son premier tour de vis en plus de trois ans, après trois baisses consécutives fin 2025.
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Paul Atkins appuie le CLARITY Act, bloqué au Sénat depuis son adoption par la Chambre à 294 voix contre 134
La SEC avancera sans loi sur trois fronts : émission de crypto-actifs, transfer agents et conservation
Le cadre des transfer agents, inchangé depuis les années 1970, pourrait autoriser la tenue de registre sur blockchain
L’harmonisation SEC-CFTC a déjà permis les ETF spot Solana, XRP et Dogecoin via les standards de cotation génériques
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CLARITY Act : la SEC soutient le texte, le Sénat le fait patienter
Adopté par la Chambre des représentants à 294 voix contre 134, dont 78 démocrates, le Digital Asset Market Clarity Act devait clore une décennie de guerre de tranchées entre régulateurs.
Son principe tient en une ligne de partage : la CFTC récupère les crypto-actifs suffisamment décentralisés pour être traités comme des matières premières numériques, la SEC garde les levées de fonds et les tokens encore adossés aux promesses d’une équipe. Le Sénat a multiplié les moutures de travail depuis, sans jamais inscrire le texte à l’ordre du jour d’un vote en séance.
Atkins plaide pour la voie législative parce qu’un règlement se défait aussi vite qu’il s’écrit. Le passage de témoin entre Gary Gensler et l’équipe actuelle a suffi à renverser la doctrine de l’agence en quelques mois, des poursuites tous azimuts à l’abandon des procédures visant Coinbase, Kraken et Ripple. Sans texte voté par le Congrès, une future présidence de la SEC pourrait refaire le chemin en sens inverse avec la même facilité.
« La plupart des crypto-actifs ne sont pas des titres financiers. »
Paul Atkins, président de la SEC
Cette phrase, prononcée au lancement de Project Crypto, sert désormais de socle doctrinal à l’ensemble des travaux de l’agence. Elle inverse la présomption qui prévalait sous l’administration précédente, quand chaque token était réputé titre financier jusqu’à preuve du contraire.
Crypto : émission, transfer agents et conservation, les trois chantiers de la SEC
Le premier chantier porte sur l’émission de crypto-actifs. La SEC travaille à une taxonomie et à un régime d’offre taillé pour les tokens, au lieu de continuer à les faire entrer au chausse-pied dans des exemptions pensées pour des actions d’entreprises. Une exemption dite d’innovation permettrait de lancer un protocole sous conditions, avec des obligations d’information adaptées et une sortie du statut de titre financier une fois le réseau devenu autonome.
Deuxième chantier, les transfer agents. Ces prestataires tiennent le registre des détenteurs de titres, versent les dividendes et enregistrent les transferts de propriété. Leur cadre réglementaire n’a quasiment pas bougé depuis les années 1970, quand les registres étaient encore des livres de papier et des bandes magnétiques. Autoriser explicitement la tenue de registre sur blockchain ouvrirait la voie à des actions tokenisées dont le carnet d’actionnaires vivrait directement sur une chaîne publique, avec un règlement-livraison en quelques secondes plutôt qu’en un jour ouvré.
La conservation ferme le triptyque. L’agence a retiré le projet de règle Safeguarding hérité de l’ère Gensler, qui aurait imposé aux gérants d’actifs des exigences difficilement compatibles avec l’autoconservation. Le texte de remplacement reste à écrire, et les questions sont massives : quels établissements peuvent être reconnus comme dépositaires qualifiés, à quelles conditions un gérant peut détenir lui-même les clés privées de ses clients, comment traiter les actifs mis en staking ou déposés dans des protocoles DeFi.
Une SEC désormais alignée sur la CFTC
Les deux régulateurs ont engagé un travail d’harmonisation qui produit déjà des effets concrets, à commencer par l’autorisation donnée aux places de marché enregistrées de proposer des produits crypto au comptant. L’arrivée de Mike Selig à la tête de la CFTC a resserré encore l’étau administratif : l’ancien conseiller juridique en chef de la Crypto Task Force de la SEC connaît de l’intérieur les dossiers qu’il doit désormais traiter depuis l’autre rive.
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Attendre et espérer. Le Bitcoin a perdu l’assurance qu’il affichait lundi. Il avait touché environ 79 600 dollars en intraday, avant de refluer vers 78 000 dollars en clôture. Il évolue ce mardi matin autour de 77 800 dollars (niveau à recoller au cours du jour), entraînant XRP et Solana dans sa glissade.
La raison tient en un chiffre : 60. C’est le nombre de voix qu’il faut réunir à 20h15, heure de Paris, au Sénat américain pour faire avancer le CLARITY Act, le texte censé fixer enfin un cadre fédéral pour les cryptomonnaies. Et à quelques heures du vote, les démocrates viennent justement de rebattre les cartes.
Les points clés de cet article :
Le Bitcoin a perdu de sa valeur, chutant à environ 77 800 dollars après avoir atteint un pic de 79 600 dollars.
Le CLARITY Act, crucial pour le cadre fédéral des cryptomonnaies, fait face à des tensions politiques au Sénat américain, où un soutien démocrate est incertain.
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CLARITY Act : les démocrates dégainent une contre-proposition avant le vote de clôture
Comprenons bien la situation. Les républicains contrôlent 53 sièges au Sénat. Il leur en faut 60 pour que le texte franchisse cette étape de procédure. Et même dans ce cas, l’affaire ne sera pas pliée : la clôture ouvre la voie au débat en séance, elle n’équivaut pas à l’adoption du texte. Sept démocrates minimum doivent donc basculer.
Lundi soir, réunis chez le chef de file démocrate Chuck Schumer, les sénateurs de l’opposition ont annoncé l’envoi d’une contre-proposition aux républicains, quelques heures avant le vote prévu à 14h15 heure américaine. La sénatrice Cynthia Lummis, figure pro-crypto du camp adverse, accuse les démocrates de réclamer toujours plus après plus d’un an de négociations quotidiennes sur ce texte précis : « Il n’y a pas de fin à ça », a-t-elle lâché, les pressant d’« accepter que la réponse est oui ».
De plus, huit associations bancaires en profitent pour glisser leur propre demande dans la bataille : des plafonds plus stricts sur les récompenses liées aux stablecoins, histoire que les dépôts classiques ne se vident pas au profit des rendements crypto. Washington version dernière ligne droite, où tout le monde négocie jusqu’à la sonnerie.
Un échec aujourd’hui, et le dossier retombe dans les tiroirs pour le reste de l’année. Voire plus longtemps, si les élections de mi-mandat de novembre rebattent les équilibres au Congrès.
Un marché qui retient son souffle avant deux chocs coup sur coup
Le repli du Bitcoin ne doit pourtant pas tout à Washington. Le pétrole grimpe, les paris sur une Fed plus dure se multiplient sur les marchés à terme, et la nervosité ambiante n’a pas attendu le Sénat pour s’installer.
Car oui, outre le Clarity Act aujourd’hui marché va devoir digérer un second choc dès demain : la décision de la Fed sur ses taux, mercredi 16 septembre. Deux échéances qui, d’ordinaire, se digèrent chacune sur une semaine entière, tombent ici à 24 heures d’intervalle.
Il reste une chose que ni le vote ni la Fed ne devraient changer fondamentalement. Même en cas d’échec au Sénat, les family offices et gérants d’actifs traditionnels ne semblent pas près de mettre leurs plans crypto en pause : la plupart bâtissent leurs infrastructures depuis des mois, indépendamment du calendrier législatif.
Un vote peut retarder le cadre réglementaire. Il ne retarde pas forcément les rails déjà posés par BlackRock ou Fidelity, engagés sur ce terrain depuis 2024.
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Les loups ne se mangent pas entre eux. Manifestement, personne ne l’a rappelé aux auteurs de la fuite de données chez Revolut. L’affaire change de dimension trois jours à peine après avoir révélé comment une demande frauduleuse, envoyée depuis un compte non autorisé sur un domaine gouvernemental authentique, a suffi à faire cracher à la néobanque passeports, selfies et historiques Bitcoin de ses clients. Le ou les hackers à l’origine du vol revendiquent aussi une compromission de services italiens, non confirmée. Et ils ne sont visiblement plus tout à fait d’accord entre eux sur qui a fait quoi. On fait le point de bon matin.
Les points clés de cet article :
Revolut confirme une fuite de données ciblée via une demande frauduleuse sur un domaine gouvernemental authentique ; les revendications sur une compromission de la police italienne restent, elles, non vérifiées.
Le groupe IAmNotAVillain a publié des dossiers visant notamment des clients identifiés dans plusieurs pays.
Revolut : le pirate revendique aussi la police italienne
Selon un thread publié le 14 septembre par International Cyber Digest, compte spécialisé en cybersécurité, le hacker de Revolut se serait confié directement à ses équipes. Et, son récit dépasse largement le cadre de la demande frauduleuse déjà documentée.
En effet, l’opération contre Revolut aurait duré six mois entiers, et les fausses demandes de données auraient transité par des systèmes compromis appartenant à plusieurs services des forces de l’ordre italiennes. L’information a été reprise dès le 14 septembre par la presse tech italienne, notamment par Matrice Digitale. Revolut, de son côté, maintient que ses systèmes internes et les fonds de ses clients n’ont pas été compromis.
Le pirate affirme détenir 147 gigaoctets de documents pris côté italien : agendas, dossiers internes, échanges personnels, selon les captures qu’il a montrées à la presse. Il cite même, toujours selon ses dires et sans authentification possible, les logs d’un agent des forces de l’ordre en pleine dispute conjugale par message. Rien de tout cela n’est confirmé. Ni Revolut, ni le Viminale, ni l’ACN (Agenzia per la Cybersicurezza Nazionale), ni la Polizia Postale n’ont fait de déclaration à ce sujet à l’heure où ces lignes sont écrites. Le conditionnel reste donc bien sur ici de rigueur.
Cependant, un précédent italien existe, sans lien établi. Les faits remontent à 2021-2022, mais la Procura di Milano n’en a révélé l’existence qu’en février dernier : six personnes y sont visées pour avoir utilisé deux adresses e-mail authentiques du ministère de l’Intérieur italien, liées à de vrais policiers, ainsi qu’un compte réel des Carabinieri, afin de soutirer des données à Wind, TIM, Vodafone, Iliad, Microsoft, TikTok, Amazon, Facebook, Snapchat et Google. Le dossier mentionne même un faux décret antiterroriste envoyé à Google, ainsi que des contacts prêtés avec NSO Group et Chainalysis. Rien ne prouve qu’il s’agit du même commando : ce dossier montre seulement qu’un accès policier italien détourné pour arracher des données à des entreprises privées ne serait pas une première.
Le site IAmNotAVillain revendique la fuite de données de Revolut.
IAmNotAVillain : la fuite Revolut vire à la guerre de gangs
Le même jour de publication du thread de Cyber Digest, un site baptisé IAmNotAVillain a fait son apparition en ligne, avec sa propre page dédiée à Revolut. Le message affiché est sans détour : Revolut aurait ignoré un signalement sur la sécurité de sa base utilisateurs, ce qui aurait poussé le groupe à publier lui-même les documents KYC (les justificatifs d’identité collectés à l’ouverture du compte), adresses, numéros de téléphone, comptes bancaires et transactions crypto qu’il affirme détenir.
Sauf que le site s’ouvre aussi sur un désaveu en règle. Ses auteurs accusent un « imposteur », ancien collaborateur selon eux, d’avoir récupéré un petit échantillon de données et de s’en attribuer désormais toute la paternité. Le groupe d’origine promet de pouvoir prouver son authenticité, fichiers originaux et échanges avec les entreprises concernées à l’appui, et met en garde quiconque négocierait avec ce rival : personne n’a intérêt à traiter avec lui.
Capture du message publié par les hackers.
De Zurich à La Valette : l’addition Revolut s’allonge
Toujours selon IAmNotAVillain, l’essentiel des données proviendrait de clients suisses et français. Mais la liste des pays concernés, égrenée dans le même thread, s’allonge bien au-delà : Chypre, le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne, la Bulgarie, la Tchéquie, la Roumanie, la Pologne, Malte, la Norvège, la Suède et l’Italie apparaîtraient aussi parmi les juridictions touchées, une liste que le groupe présente lui-même comme non exhaustive.
Deux noms s’ajoutent à ceux déjà identifiés cette semaine, le joueur de tennis Shevchenko et le patron de Gamdom Felix Römer. Le thread cite aussi Georges Mikautadze, présenté comme un joueur du FC Barcelone sur la photo jointe, maillot blaugrana à l’appui. En réalité, l’attaquant évolue à Villarreal, où il était titulaire le 14 septembre face au Betis ; un temps annoncé dans le viseur du Barça cet été, il n’y a jamais été transféré.
Le tableau qui se dessine dépasse la simple négligence d’une néobanque piégée par une demande officielle falsifiée. Si les revendications du 14 septembre se confirment, ce n’est plus seulement Revolut qui devra rendre des comptes, mais des pans entiers d’administrations italiennes dont la sécurité aurait, elle aussi, cédé. À côté de ça, la demande de 10 000 bitcoins réclamée aux dirigeants de Revolut paraît presque anecdotique. Entre un hacker qui négocie, un rival qui revendique la même fuite et des services de police italiens visés à leur tour, les revendications du 14 septembre ouvrent un nouveau front dans une affaire qui, une semaine plus tôt, ne concernait qu’une demande frauduleuse et quelques clients fortunés.
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Rabelais ne croyait pas si bien dire, cinq siècles avant l’arrivée de l’intelligence artificielle. Sam Altman, Geoffrey Hinton, Barack Obama, l’ONU et même Vitalik Buterin s’alarment tous, sur le papier, du même danger. Celui d’une intelligence artificielle qui échapperait à tout contrôle. Sauf que dès qu’on gratte, plus personne ne parle de la même chose. L’un redoute l’extinction de l’espèce humaine. L’autre la disparition de millions d’emplois, la concentration du pouvoir dans trois entreprises américaines. Ou simplement que son voisin chinois prenne trop d’avance. Un même mot, alerte, recouvre trois logiques qui n’ont presque rien en commun, sinon le vocabulaire qu’elles empruntent.
Les points clés de cet article :
Plusieurs figures influentes, dont Sam Altman et Geoffrey Hinton, ont exprimé leur inquiétude face à l’éventualité d’une intelligence artificielle échappant au contrôle humain.
Un débat persistant oppose ceux qui craignent l’extinction de l’espèce humaine à cause de l’IA et ceux qui se préoccupent des conséquences immédiates sur l’emploi et les biais algorithmiques.
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Extinction ou emplois détruits : l’intelligence artificielle ne fait pas peur pour les mêmes raisons
En mars 2023, le Center for AI Safety, institut de recherche californien. Il fait signer une phrase unique à plus de 350 dirigeants et chercheurs. Elle érige la lutte contre le risque d’extinction lié à l’IA au rang de priorité mondiale. Même niveau que les pandémies ou la guerre nucléaire.
Parmi les signataires, Sam Altman, Demis Hassabis et Dario Amodei. Ces trois patrons dirigent justement les laboratoires les plus avancés du secteur, à savoir respectivement OpenAI, Google DeepMind et Anthropic. Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, qui ont posé les bases du deep learning il y a vingt ans, signent aussi.
Deux ans et demi plus tard. En octobre 2025, le Future of Life Institute pousse le curseur plus loin avec son Statement on Superintelligence. Et là, encore une fois, plus de 800 signatures, dont celles de Steve Wozniak, de Richard Branson et du prince Harry. Ils réclament une interdiction du développement d’une superintelligence tant qu’un consensus scientifique et une acceptation publique ne garantissent pas sa sécurité. Bengio est encore de la partie.
À côté de ces deux textes, une autre famille de chercheurs travaille depuis des années sur un tout autre registre. Celui des biais algorithmiques dans le recrutement ou la justice prédictive. Il s’agit aussi de la précarisation de métiers entiers, et de la poignée d’entreprises américaines qui concentrent la puissance de calcul mondiale. Pour ce camp, souvent regroupé sous l’étiquette de l’éthique de l’IA, parler d’extinction humaine détourne l’attention de dégâts déjà mesurables, ceux qui touchent des travailleurs précis, aujourd’hui, pas une humanité abstraite dans cinquante ans. Les deux camps utilisent le mot risque, mais ils ne parlent pas du même risque.
Altman et Musk : le pompier pyromane
Reprenons nos bonnes âmes signataires. Sam Altman signe le texte du Center for AI Safety en mai 2023. La même année, OpenAI lève 10 milliards de dollars auprès de Microsoft et entame la course au modèle le plus puissant du marché.
En 2026, l’entreprise dépose son dossier d’entrée en bourse sans jamais lever le pied sur la course à la puissance de calcul. Or, justement lorsque nous écrivons cet article, elle annonce ce matin même faire marche arrière pour cette année. Alerter sur l’extinction de l’espèce et courir après la prochaine levée de fonds force cette ambiguïté.
Elon Musk n’est pas en reste. En mars 2023, il cosigne aussi la lettre du Future of Life Institute. Elle réclame une pause de six mois sur l’entraînement des modèles les plus puissants. Quatre mois plus tard, xAI voit le jour. Grok, son modèle, tourne aujourd’hui sur l’un des plus gros clusters de calcul jamais assemblés. La pause, personne ne l’a jamais appliquée.
Chez Anthropic, Dario Amodei publie régulièrement des textes qui détaillent, chiffres à l’appui. Il y détaille les scénarios dans lesquels un modèle frontière pourrait échapper au contrôle de ses créateurs. Au même moment, Anthropic vise une valorisation record pour son introduction en bourse. Et l’entreprise a remporté un bras de fer très commenté face au Pentagone sur l’usage militaire de ses propres modèles.
On serait presque tenté d’y voir un remake du Projet Manhattan. Les physiciens qui avaient construit la bombe furent aussi les premiers. Une fois Hiroshima et Nagasaki rayées de la carte, ils réclament un contrôle international de l’arme qu’ils venaient de livrer. La comparaison a ses limites. Oppenheimer n’a jamais négocié une part de royalties sur le plutonium. Les trois patrons de l’IA alertent tout en actionnant, chaque trimestre, une machine à lever des capitaux.
We Must Pace the Frontier: I’ve written a new essay on why the AI industry should slow down, with a three-part plan for doing so.
Anthropic is unilaterally committing to the first of these steps. We’ll provide third-party evaluators with permanent, employee-level access to our…
« Nous devons repousser les limites : j’ai rédigé un nouvel essai expliquant pourquoi l’industrie de l’IA devrait ralentir, et proposant un plan en trois points pour y parvenir. Anthropic s’engage unilatéralement à mettre en œuvre la première de ces étapes. Nous accorderons à des évaluateurs tiers un accès permanent, équivalent à celui de nos employés, à nos systèmes. Ils pourront ainsi vérifier le respect de nos mesures de sécurité, signaler les incidents et évaluer la cohérence des modèles pendant leur entraînement. »
Obama, Trump, Pékin : la course à l’intelligence artificielle déguisée en cadre de sécurité
Face à cette course interminable le politique s’en mêle. Barack Obama presse les démocrates américains de se doter d’un plan clair sur l’IA. Il appelle aussi, selon le New York Times, à une forme de prudence face à la vitesse du déploiement des modèles. La sortie tombe alors que l’administration Trump pousse dans le sens exactement inverse. Un décret présidentiel vise à empêcher chaque État américain de légiférer de son côté sur l’IA, au nom d’un unique cadre fédéral, plus permissif. Un précédent décret de Trump promettait déjà de marier sécurité et innovation. Dans les faits, le curseur penche nettement vers la seconde option.
Côté chinois, le discours officiel emprunte le même vocabulaire qu’Obama ou que le Future of Life Institute. Lors du sommet mondial sur l’IA de Shanghai en 2026, Pékin signe une déclaration en faveur d’une gouvernance mondiale coordonnée du secteur. Dans le même temps, une entreprise chinoise est accusée d’avoir pillé les modèles d’Anthropic pour rattraper son retard, ce qui a valu une riposte de Washington. La coopération affichée et la course technologique réelle avancent sur deux rails qui ne se croisent jamais.
L’Union européenne a choisi la voie inverse, contraindre par la loi avec l’AI Act, entré en application par étapes depuis 2024. Bruxelles régule pourtant un marché où elle ne possède ni les modèles ni les centres de données les plus puissants. Washington et Pékin financent l’IA. L’Europe la commente.
Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle IA ?
En juillet 2026, la Commission fédérale des communications (FCC) autorise Reflect Orbital. Cette start-up américaine va tester un miroir géant en orbite basse. Il est capable de renvoyer la lumière du soleil vers un point précis de la Terre, la nuit. L’objectif affiché est de vendre du soleil à la demande à des exploitants agricoles ou à des chantiers qui veulent prolonger leurs journées de travail. Des astronomes, des biologistes et plusieurs associations de défense du ciel nocturne alertent depuis des mois. Ils redoutent la pollution lumineuse que provoquerait un déploiement à grande échelle. Ils pointent aussi la perturbation des cycles de sommeil de la faune, et les images d’observatoires qui deviendraient inutilisables. La CBC a documenté les zones d’ombre juridiques du dossier. Aucune loi internationale ne régit vraiment qui a le droit de modifier la nuit d’un pays voisin depuis l’espace. La FCC a validé le projet quand même.
Rien à voir avec un modèle de langage, en apparence. Le même mécanisme est pourtant à l’œuvre des deux côtés. Une communauté scientifique alerte, documente, chiffre le risque. Une entité privée, soutenue par un régulateur qui a le dernier mot, avance malgré tout, parce qu’elle en a la capacité technique et le financement. L’alerte n’a jamais été le problème. Le problème, c’est que personne, ni les 800 signataires du Future of Life Institute, ni les chercheurs du Center for AI Safety, ni Barack Obama, n’a le pouvoir de dire stop à ceux qui décident d’appuyer sur le bouton.
Reflect Orbital et l’IA : le même mécanisme de pouvoir
C’est là que la comparaison avec Reflect Orbital devient plus utile que n’importe quel parallèle avec la bombe atomique. Un miroir en orbite et un modèle de fondation à plusieurs centaines de milliards de paramètres n’ont, sur le papier, rien en commun. Ils partagent pourtant la même structure de décision. Une poignée d’acteurs privés, un régulateur qui les autorise plus souvent qu’il ne les freine. Cette masse de textes d’alerte qui s’accumulent sans jamais peser sur le calendrier de déploiement. La FCC a mis quelques mois à trancher sur Reflect Orbital. Cela fait trois ans que les mêmes textes circulent sur l’IA, sans qu’aucun laboratoire n’ait ralenti d’un cran sa feuille de route.
Reflect Orbital doit lancer son premier miroir test avant la fin de l’année. Les laboratoires d’IA ont déjà programmé leurs prochains modèles pour 2027. Les textes d’alerte, eux, continueront de s’accumuler sur des bureaux de gens qui n’ont jamais eu le pouvoir de les faire appliquer.
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Trois banques centrales, soixante-douze heures. La semaine qui s’ouvre empile la décision de la Réserve fédérale américaine mercredi. Suivent celle de la Bank of England jeudi, puis celle de la Bank of Japan jeudi et vendredi. Cette fois, ce n’est pas une baisse que les marchés attendent. Les traders assignent en effet une probabilité proche de 86 % à une hausse des taux américains.
Conséquence directe pour les marchés crypto : la Fed ne baisse plus, elle pourrait resserrer. Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars ce lundi, loin de ses records de l’été. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a donné le ton dès fin août à Jackson Hole. Selon lui, l’inflation sous-jacente ne s’améliore pas vraiment.
Points clés
La Fed devrait relever ses taux mercredi, avec une probabilité proche de 86 % selon le CME FedWatch
Le président Kevin Warsh a durci le ton depuis Jackson Hole, évoquant une inflation encore trop élevée
La Bank of England devrait maintenir son taux à 3,75 % jeudi, et pourrait ralentir son resserrement quantitatif
La Bank of Japan devrait à l’inverse relever son taux à 1,25 %, un mouvement jugé probable par 97 % des économistes sondés par Reuters
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La Fed, Kevin Warsh aux commandes : la hausse est déjà dans les prix
Le FOMC se réunit mardi et mercredi. La décision tombe mercredi en fin de journée à Washington, soit 20 heures à Paris. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, qui porterait la fourchette cible à 3,75-4 %. Ce serait un tournant après trois baisses consécutives fin 2025.
Deux publications ont fait basculer les anticipations. Le CPI d’août est ressorti à 3,4 % sur un an, avec une inflation sous-jacente plus chaude que prévu. Par ailleurs, l’emploi américain a surpris par sa vigueur. 162 000 créations de postes ont été enregistrées en août, largement au-dessus des attentes, pour un chômage à 4,1 %. Ensemble, ces chiffres ont fait grimper la probabilité d’une hausse de 56 % à plus de 85 % en quelques jours. C’est ce qu’indique le CME FedWatch, l’outil de référence du marché.
Kevin Warsh a lui-même préparé le terrain. Lors de son discours à Jackson Hole fin août, il a jugé que l’inflation sous-jacente ne s’améliorait pas vraiment. Un ton bien plus ferme que celui de son prédécesseur, Jerome Powell. Le marché anticipe désormais environ 50 % de probabilité d’une seconde hausse en décembre.
Le taux directeur de la Fed (courbe noire) et la croissance du PIB américain (barres oranges) depuis 2000. Après trois baisses fin 2025, le taux remonte vers la fourchette 3,75-4 % anticipée pour mercredi. Source : MacroMicro.
Bank of England et Bank of Japan : un statu quo, une vraie hausse
La Bank of England publie sa décision jeudi à midi, heure de Londres. Le statu quo à 3,75 % est largement anticipé. Le comité de politique monétaire avait déjà voté 6 contre 3 pour un maintien fin juillet. Trois membres réclamaient une hausse à 4 %. L’autre enjeu porte sur le resserrement quantitatif. La banque pourrait en effet ramener son rythme de ventes d’obligations d’État de 70 à 50 milliards de livres par an.
La Bank of Japan referme la séquence jeudi et vendredi. La décision tombe vendredi après-midi, heure de Tokyo. Un statu quo semble désormais très peu probable. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, à 1,25 %. Cette hausse est portée par 97 % des économistes interrogés par Reuters, contre 57 % lors du sondage précédent. La banque centrale avait déjà relevé son taux à 1 % en juin, un plus haut depuis 1995, avant de le maintenir en juillet. Certains économistes anticipent même une nouvelle hausse à 1,50 % d’ici décembre. Le taux terminal évoqué grimpe désormais vers 1,75 % au deuxième trimestre 2027.
Ce paramètre mérite toute l’attention des détenteurs de cryptomonnaies. En août 2024, un tour de vis japonais avait déjà déclenché le débouclage brutal du carry trade. Le Bitcoin avait alors perdu 20 % en deux séances. Cette fois, le risque n’est plus un scénario lointain. La Fed et la BoJ durcissent toutes les deux le ton la même semaine, ce qui peut accélérer un débouclage similaire. Le carry trade yen reste donc un risque immédiat pour le Bitcoin, pas une échéance reportée à janvier.
Bitcoin : la liquidité mondiale plutôt que les 25 points de base
Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars, loin de ses records de l’été. Le week-end dernier, le CPI conforme aux attentes avait propulsé le cours au-dessus des 78 000 dollars. Mais la hausse des rendements obligataires a ensuite pesé sur le marché. Le canal de transmission est connu. Une Fed plus restrictive fait grimper le coût de l’argent, ce qui pèse alors sur les actifs à risque. Les 21 millions d’unités du protocole ne bougeront pas, quelle que soit la décision de mercredi soir.
Le Bitcoin (courbe noire) suit depuis plus de dix ans les cycles de la masse monétaire mondiale M2 (zone bleue), qui agrège Fed, BCE, Bank of England, Bank of Japan et PBoC. Source : Look Into Bitcoin
Le scénario inverse serait paradoxalement plus explosif. Une Fed qui choisirait de ne pas bouger, contre toute attente, ferait l’effet d’une vraie surprise. Le marché a en effet déjà digéré la hausse. À l’inverse, si la hausse est confirmée comme prévu, l’attention se déplacera vers le dot plot. Le ton de Kevin Warsh en conférence de presse comptera tout autant. Un discours qui confirme une seconde hausse en décembre pèserait plus lourd que le geste de mercredi lui-même.
Fed mercredi, Bank of England jeudi, Bank of Japan jeudi et vendredi : la séquence se referme en trois jours. Pour la première fois depuis longtemps, ce sont des hausses, et non des baisses, qui rythment cette semaine. D’ici la prochaine réunion du FOMC, fin octobre, ce sont surtout les mots de Kevin Warsh qui compteront. Ils pèseront plus que le quart de point lui-même pour fixer le cap de la liquidité mondiale. Et avec lui, l’horizon du Bitcoin jusqu’à la fin de l’année.
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Se vendre à soi-même, encore et encore. Le wash trading consiste à acheter et vendre le même actif à soi-même, ou entre complices, pour gonfler artificiellement les volumes et simuler un marché vivant. Aucun risque pris, aucun transfert réel de propriété, juste du bruit dans le carnet d’ordres et de belles statistiques en vitrine. La pratique est interdite sur les marchés régulés depuis près d’un siècle, le Commodity Exchange Act américain la bannissait dès 1936. La crypto, elle, a longtemps servi de terrain de jeu grandeur nature.
Les points clés de cet article :
Le wash trading a permis de gonfler artificiellement les volumes sur les plateformes crypto, créant l’illusion d’un marché dynamique.
En 2019, le rapport Bitwise a révélé que 95 % des volumes bitcoin déclarés étaient fictifs, choquant le monde de la finance.
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La mécanique tient en trois lignes. Un trader place un ordre d’achat et un ordre de vente identiques, qui se croisent entre ses propres comptes. Le prix ne bouge presque pas, mais le volume affiché grimpe. Répétez l’opération des milliers de fois par des robots et une plateforme moribonde ressemble soudain à une place financière florissante. Pourquoi tricher ? Parce que le volume attire tout, les traders, les classements, les listings de tokens facturés aux projets, et jadis les agrégateurs de données qui triaient les plateformes par activité.
La victime est toujours la même. Le trader qui croit entrer sur un marché liquide et découvre, au moment de vendre, que la profondeur affichée n’existait pas.
Le circuit fermé du wash trading. Schéma : Journal du Coin
2019, le rapport Bitwise : 95 % de volumes fantômes
Le cas d’école est un pavé dans la mare devenu classique. En mars 2019, le gérant d’actifs Bitwise présente à la SEC, le gendarme boursier américain, une étude qui analyse 83 plateformes crypto, reprise par CNBC : environ 95 % du volume bitcoin déclaré à l’époque était fictif ou non économique. Seules dix plateformes affichaient des volumes jugés réels, ne représentant que 5 % du total annoncé, comme le détaille le mémo conservé par la SEC. Le chiffre a fait le tour du monde en quelques heures.
L’ironie du dossier vaut le détour. Bitwise ne cherchait pas à enfoncer la crypto, mais à convaincre le régulateur que le vrai marché, une fois nettoyé de ses volumes fantômes, était sain et organisé. Depuis, agrégateurs et plateformes ont fait un ménage considérable. Le réflexe de méfiance, lui, doit rester.
Détecter le wash trading en tant que trader particulier
Quelques réflexes suffisent à éviter le gros des pièges. Méfiez-vous d’un volume énorme adossé à un carnet d’ordres squelettique, avec un écart achat-vente large, c’est l’empreinte digitale du trucage. Comparez les volumes d’une même paire entre plusieurs plateformes de référence. Et sur les marchés de niche, memecoins fraîchement listés ou NFT en tête, considérez les volumes annoncés comme de la publicité jusqu’à preuve du contraire. Les agrégateurs sérieux publient désormais des scores de confiance par plateforme, servez-vous-en avant de déposer le moindre euro.
Élargissons. Le wash trading a jadis fait les beaux jours des bucket shops américains des années 1920, avant d’être banni des bourses classiques, et la crypto rejoue cette histoire en accéléré, régulation comprise, MiCA en Europe s’attaquant précisément aux abus de marché. Les volumes mentent parfois. Le stock d’engagements réels, lui, se lit ailleurs, du côté de l’open interest.
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Trois cents cartes graphiques au fond d’une vallée mexicaine. Le parquet fédéral, la marine et les forces de sécurité de l’État de Puebla ont investi une propriété isolée de la commune de Tlaola. Le site se trouve dans la Sierra Norte. Ils y ont trouvé une ferme de minage entièrement clandestine. Les enquêteurs veulent maintenant savoir qui payait l’électricité, et à qui profitaient les cryptomonnaies produites.
Le communiqué du gouvernement de Puebla évoque une piste de blanchiment liée au narcotrafic. L’enquête porte aussi sur un branchement sauvage présumé sur le réseau électrique local.
Points clés
Les autorités mexicaines ont saisi environ 300 GPU, un transformateur et huit antennes satellite dans une ferme de minage clandestine à Tlaola, dans la Sierra Norte de Puebla
L’enquête porte sur un détournement présumé de courant issu d’un barrage hydroélectrique voisin et sur un possible blanchiment de fonds du narcotrafic
Puebla avait déjà repéré trois sites comparables dans le même périmètre et coordonne désormais ses recherches avec les États voisins
Chainalysis recense 154 milliards de dollars de fonds reçus par des adresses illicites en 2025, soit moins de 1 % du volume total suivi
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Une ferme de minage crypto branchée au réseau électrique mexicain
L’inventaire dressé par les autorités détonne pour un hameau de montagne : environ 300 cartes graphiques, un transformateur, quelque 80 bornes de moyenne tension et huit antennes internet par satellite. Aucune fibre optique ne dessert ce secteur montagneux. La connexion passait donc par l’orbite basse.
Le ministère public cherche à établir si le site siphonnait le courant d’un barrage hydroélectrique voisin. Le complexe de Necaxa se trouve à quelques kilomètres de là. En service depuis 1905, il est exploité par la Commission fédérale d’électricité (CFE). Les 80 bornes de moyenne tension saisies sur place orientent l’enquête dans cette direction.
Un détail intrigue quiconque connaît le matériel : 300 cartes graphiques ne produisent pas de bitcoins. Les ASIC (des circuits intégrés conçus pour une seule fonction, bien plus efficaces qu’un GPU) verrouillent le minage de Bitcoin depuis plus d’une décennie. Un parc de cartes graphiques vise donc des cryptomonnaies alternatives, encore accessibles au minage grand public. Ou alors, il sert simplement de puissance de calcul louée pour l’intelligence artificielle.
« Les cartels de la drogue semblent avoir atteint un nouveau niveau de sophistication.»
Les autorités ont déjà repéré trois installations comparables dans le même périmètre au cours de l’année écoulée. Elles coordonnent désormais leurs recherches avec les États voisins pour en identifier d’autres. Le parquet fédéral a refusé de commenter auprès de l’agence de presse en raison de l’enquête en cours.
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Minage crypto et blanchiment : ce que disent les précédents
L’hypothèse n’a rien d’inédit. Les analystes conformité documentent depuis des années cette typologie : acheter du matériel de minage avec des fonds illicites pour obtenir des cryptomonnaies fraîchement émises, donc vierges de tout historique.
Chainalysis a poussé l’analyse jusqu’aux pools de minage, ces coopératives où des mineurs mutualisent leur puissance de calcul avant de se partager les récompenses. Ses chercheurs ont repéré des adresses de dépôt qui mélangeaient deux origines. D’un côté des fonds liés à des rançongiciels ou à des arnaques, de l’autre des revenus de minage, le tout sur les mêmes plateformes d’échange.
« Le minage de cryptomonnaies est une composante cruciale de notre industrie, mais il présente aussi un attrait particulier pour les acteurs malveillants, car il offre un moyen d’acquérir de l’argent dont la source d’origine on-chain est totalement propre.»
Chainalysis, rapport sur le blanchiment via les pools de minage
Aucun de ces travaux ne dit comment le site de Tlaola gérait ses fonds. L’enquête locale garde deux pistes ouvertes : un revenu tiré du minage sur courant volé, ou un habillage pour de l’argent venu d’autres délits. La « propreté » d’une pièce fraîchement minée reste d’ailleurs toute relative. Chaque transfert ultérieur s’inscrit dans un registre public. Les pools versent depuis des adresses identifiées, et les plateformes régulées savent lire ces schémas. L’électricité détournée, elle, ne laisse aucune trace consultable. Un mineur qui ne paie pas son courant efface la plus grosse ligne de ses coûts d’exploitation.
Crypto et cartels : Washington resserre l’étau sur les flux
Le Trésor américain a sanctionné en mai un réseau qu’il attribue à Armando de Jesús Ojeda Avilés. Celui-ci est accusé d’avoir collecté le produit des ventes de drogue aux États-Unis, de l’avoir converti en cryptomonnaies, puis de l’avoir acheminé vers le cartel de Sinaloa. Washington a par ailleurs classé six organisations criminelles mexicaines, dont Sinaloa, parmi les organisations terroristes étrangères début 2025. De quoi alourdir l’exposition pénale de quiconque manipule ces fonds.
Chainalysis chiffre à au moins 154 milliards de dollars les sommes reçues en 2025 par des adresses signalées comme illicites. Cette progression tient pour l’essentiel aux entités sous sanctions. Le total reste sous la barre de 1 % du volume de transactions que la société surveille. Une réserve méthodologique s’impose : ces calculs excluent en général les paiements classiques aux trafiquants. Il manque, la plupart du temps, les éléments extérieurs qui permettraient d’en établir l’origine criminelle. Un registre public ne suffit pas à distinguer un virement de narcotrafic d’un transfert parfaitement légitime.
Trois cents cartes graphiques génèrent au mieux quelques dizaines de milliers de dollars par an, une paille face aux volumes d’un cartel. C’est la multiplication des sites qui change l’échelle. Puebla a déjà lancé la traque avec les États voisins pour en débusquer d’autres.
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Chantage numérique. Il y a quarante-huit heures, la fuite de données chez Revolut ressemblait à une bavure isolée : un faux e-mail gouvernemental, une agence usurpée, des dossiers clients transmis par erreur. Ce dimanche soir, l’histoire prend une tournure autrement plus sale. Les auteurs du piratage ne se contentent plus d’avoir volé passeports et historiques Bitcoin. Ils les publient. Ils ciblent des clients en vue. Et ils réclament de l’argent à la néobanque pour arrêter là, captures d’écran à l’appui.
Les points clés de cet article :
Revolut a été victime d’une fuite de données où des informations sensibles de clients, y compris des personnalités en vue, ont été publiées par des pirates.
Les pirates ont réclamé une rançon à Revolut en menaçant de divulguer davantage de données si leurs exigences n’étaient pas satisfaites.
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Le compte spécialisé en cybersécurité International Cyber Digest a donné l’alerte dimanche à 20h05 : les attaquants derrière la fuite du 12 septembre publient désormais des données sensibles de clients, « y compris celles de clients en vue comme le joueur de tennis Shevchenko et Römer, patron de Gamdom et Skinscom ».
Traduction : ils veulent que Revolut paie, sous peine de voir d’autres messages internes et données clients atterrir en ligne. Au passage, ils accusent la néobanque d’avoir transmis des informations sensibles à des pays hors de sa juridiction, et de négligence dans la protection de ses clients.
Tout semble calqué sur le mode opératoire classique des groupes de ransomware : voler, exposer, faire monter la pression. En quelques heures, le message a dépassé les 128 000 vues et 280 republications, largement relayé au sein de la communauté cybersécurité anglophone.
BREAKING: The threat actors who targeted Revolut with information-demand emails are now posting sensitive customer data, including that of high-profile clients such as tennis player Shevchenko and Römer, CEO of Gamdom/Skinscom.
« Les auteurs de la menace qui ont ciblé Revolut avec des courriels demandant des informations publient maintenant des données sensibles de clients, y compris celles de clients de renom tels que le joueur de tennis Shevchenko et Römer, PDG de Gamdom/Skinscom.
Ils exigent que Revolut paie. Ils affirment qu’ils publieront davantage de messages, de données et d’informations sur le fonctionnement de l’équipe Revolut. Ils accusent Revolut d’avoir transmis des informations sensibles à des pays situés hors de sa juridiction. Ils accusent l’entreprise de négligence en matière de protection de la vie privée et de divulgation d’informations sensibles.»
Felix Römer, première victime nommée dans la fuite Revolut
Sur les trois captures jointes au message, l’une reproduit un échange Telegram où les pirates écrivent avoir mis la main sur « le KYC complet de Felix Romer, patron de gamdom.com ». Un selfie de vérification et une pièce d’identité y figurent, accompagnés de la confirmation de compte Revolut de Felix Römer.
Le patron de la plateforme de paris crypto Gamdom, également à la tête de Skinscom, a réagi lui-même sur X d’un « Ah wtf » adressé à @Revolut, sans démentir.
Selon CoinDesk, l’enquêteur on-chain ZachXBT avait déjà relevé samedi que la fuite semblait avoir ciblé en priorité des clients fortunés détenteurs de cryptomonnaies. Le nom exact du joueur de tennis visé restait à confirmer dimanche soir. Aucun média n’avait encore relayé ce nouveau rebondissement au moment de la publication de cet article.
Revolut, entre ambitions bancaires et défiance grandissante
Difficile de tomber plus mal. Revolut a obtenu, début septembre, un feu vert conditionnel pour lancer une banque aux États-Unis en 2027, et cherche à se poser en alternative sérieuse aux banques traditionnelles. Un fichier client qui finit sur Telegram, à quelques jours d’intervalle, ne colle pas franchement avec ce récit-là.
La société avait déjà traversé une fuite touchant plus de 50 000 clients en 2022, puis affronté en juillet des allégations, contestées, de 75 millions d’enregistrements mis en vente sur des forums criminels. Cette fois, pourtant, ce ne sont plus des dossiers réglementaires qui remontent, mais des visages et des adresses personnelles.
Ce que Revolut perd, ce sont des adresses, au sens propre. En France, les mêmes informations ont déjà nourri des vagues de crypto-extorsion, documentées par la gendarmerie depuis plusieurs mois. Sept suspects ont été interpellés après le kidnapping violent d’un couple de retraités à Sallanches, enlevé début janvier en échange d’une rançon de 8 millions d’euros en cryptomonnaies réclamée à leur fils investisseur.
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Poker face. En 2008, Lady Gaga en faisait le titre d’un tube mondial construit, de son propre aveu, sur l’imagerie du poker et du bluff. Dans la crypto, la formule colle à une poignée de traders. Ceux-là ne montrent jamais leur jeu, jusqu’à ce que le marché ne les force à abattre leurs cartes.
Il y a ceux qui lisent des graphiques, et ceux qui parient leur réputation sur un seul chiffre. Cette liste appartient à la seconde catégorie : dix coups joués en public, documentés par la presse ou par la blockchain elle-même, sur Hyperliquid ou ailleurs. Certains ont fait exploser des fortunes, d’autres ont englouti des centaines de millions de dollars en quelques heures. Voici donc le top 10 des trades les plus culottés de notre petite histoire crypto.
Le choix de ces dix paris reste évidemment arbitraire : la crypto ne manque pas d’autres candidats tout aussi culottés.
Avant d’attaquer, un point méthodologie s’impose. Plusieurs identités citées dans cette liste reposent sur du tracking on-chain. C’est le cas du trader connu sous le pseudonyme GCR, ou des deux adresses derrière la panique sur l’UST. Enfin, c’est aussi le cas du compte lié à Garrett Jin. Ce travail est réalisé par des sociétés comme Arkham Intelligence ou Chainalysis. Il relie des portefeuilles à des schémas de transactions, mais n’établit pas une identité judiciaire au sens propre. Sauf condamnation ou aveu explicite, ces attributions restent donc des présomptions solides, pas des faits tranchés par un tribunal.
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Condamnation annulée (2025), appel des procureurs (01/2026)
DL News / CoinDesk
Changpeng Zhao (CZ)
6 novembre 2022
FTT, déclencheur de la chute de FTX (32 Md$)
Grâce présidentielle (23/10/2025)
CoinDesk
James Wynn
Mai 2025
1,25 Md$ (position, levier 40x)
Plus de 100 M$ de pertes
The Block / CoinDesk
Trader présumé Garrett Jin
Octobre 2025
110 M$ (positions courtes, levier 10x)
Gain de 150-200 M$, puis -250 M$ (01/2026)
Arkham Intelligence / The Block
Machi Big Brother
Octobre 2025 – mai 2026
Positions ETH à 25x de levier
Perte de plus de 75 M$
Arkham Intelligence
Do Kwon (hors classement)
Décembre 2025 (jugement)
40 Md$ de pertes (effondrement Terra)
15 ans de prison
DOJ (SDNY)
1. Tim Draper achète 30 000 bitcoins à l’aveugle aux enchères des US Marshals
Le nom de Tim Draper n’est pas nouveau dans la Silicon Valley. Ce capital-risqueur de troisième génération a déjà misé tôt sur Skype, Hotmail ou Tesla. Mais ce pedigree ne rassure personne en 2014. La crypto sort d’un scandale retentissant, et beaucoup la croient finie. En juin de cette année-là, les US Marshals mettent aux enchères 29 656 bitcoins saisis lors du démantèlement de Silk Road.
Le marché sort à peine de l’effondrement de Mt. Gox, le bitcoin vaut environ 630 dollars et personne ne veut y toucher. Draper rafle pourtant les trois lots en une seule offre. Le montant exact n’a jamais été confirmé publiquement. Mais la presse américaine de l’époque l’estime à environ 19 millions de dollars, soit près de 640 dollars par bitcoin. Il annonce qu’il ne vendra jamais.
Le pari a payé, largement : Tim Draper reste l’un des investisseurs les plus actifs et les plus bruyants de l’écosystème crypto. En avril 2026, il a de nouveau annoncé un bitcoin à 250 000 dollars sous dix-huit mois, invoquant les pressions inflationnistes sur le dollar. Il avait déjà formulé ce type de pronostic par le passé, avec un succès inégal. Il continue de juger « irresponsable » pour une entreprise de ne pas détenir de bitcoin.
2. Sam Bankman-Fried lance Alameda avec l’arbitrage coréen
Avant FTX, il y a eu le kimchi premium. À l’époque, Sam Bankman-Fried n’est encore qu’un trader quantitatif inconnu du grand public. Alameda Research, la société qu’il vient de fonder, cherche justement à se faire un nom sur ce genre d’inefficacité de marché. Entre 2017 et 2020, le bitcoin s’échange parfois 50 % plus cher en Corée du Sud qu’ailleurs. Autrement dit, cette prime s’explique par les contrôles de capitaux locaux.
Sam Bankman-Fried monte alors une machine à acheter du bitcoin à l’étranger pour le revendre en won. Le profit atteint jusqu’à un million de dollars par jour, selon ses propres déclarations rapportées par CNBC à l’époque. Ainsi, il fallait faire vite. L’opération était légale, répétitive et terriblement culottée sur le plan logistique. Il fallait déplacer du capital à travers des juridictions hostiles à ce genre de flux, jour après jour.
Après FTX : la chute, puis la prison
La suite est connue. Sam Bankman-Fried a bâti FTX sur cette réputation de trader habile, avant que l’empire ne s’effondre en novembre 2022. Condamné à 25 ans de prison pour fraude, il a perdu l’appel de sa condamnation le 12 juin 2026. Résultat : la cour d’appel du deuxième circuit a confirmé intégralement le verdict.
Il purge sa peine dans un établissement fédéral de basse sécurité près de Santa Barbara, en Californie. Sa sortie est théoriquement prévue pour 2044, sauf recours devant l’ensemble de la cour, la Cour suprême, ou grâce présidentielle qu’il chercherait déjà à obtenir. Il envisagerait même, une fois libre, de lancer sa propre cryptomonnaie.
3. GCR, le trader fantôme qui a shorté LUNA avant tout le monde
Le style de GCR détonne dans un univers où les traders exhibent volontiers leurs gains en story sur X. Lui ne communique presque jamais, sinon pour livrer un conseil de marché tous les dix-huit mois.
Le pseudonyme GCR (Gigantic Rebirth) désigne un trader anonyme parti d’environ 1 000 dollars. Il a bâti, selon les estimations d’Arkham Intelligence, un patrimoine on-chain traçable pouvant atteindre plusieurs centaines de millions de dollars. En avril 2022, il ouvre une position short de 20 millions de dollars sur LUNA. Un mois avant l’effondrement de Terra, le pari double quasiment de valeur quand l’écosystème s’écroule en mai.
GCR est resté fidèle à sa légende : personne n’a percé son identité. Sa dernière sortie publique notable remonte à avril 2024, lorsqu’il avait brièvement rompu le silence pour commenter une chute du marché. Depuis, seuls quelques mouvements on-chain trahissent une activité résiduelle, comme la réclamation d’un airdrop du token CULT fin 2024, revendu quelques semaines plus tard pour une fraction de sa valeur initiale, selon Arkham Intelligence. Enfin, le trader fantôme, lui, n’a jamais reparu.
4. Les deux traders anonymes qui ont déclenché la panique sur l’UST
L’UST n’était pas un stablecoin comme les autres. Son rendement de près de 20 %, offert via le protocole Anchor, avait attiré des centaines de milliers d’épargnants. Dans les faits, beaucoup étaient peu familiers du risque propre à un ancrage purement algorithmique.
Le 7 mai 2022, Terraform Labs retire une partie de sa liquidité sur le pool Curve 3pool. Treize minutes plus tard, un premier trader échange 85 millions d’UST contre de l’USDC. Dans l’heure qui suit, un second vend 100 millions d’UST supplémentaires, par tranches de 25 millions, selon les données on-chain documentées par Chainalysis.
Ces deux ventes massives cassent le peg du stablecoin algorithmique. Résultat : la spirale qui suit effacera plus de 40 milliards de dollars de valeur en quelques jours. Leurs identités restent inconnues à ce jour.
Rien n’a changé sur ce point précis. Les deux traders n’ont jamais été identifiés, malgré les efforts de plusieurs cabinets d’analyse on-chain dans les mois qui ont suivi le crash. Ils restent, à ce jour, les fantômes les plus discrets de cette liste.
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5. Three Arrows Capital et le pari à un sens sur la décote du GBTC
Three Arrows Capital n’est alors pas un acteur marginal. Le fonds, cofondé par Su Zhu et Kyle Davies, gère plusieurs milliards de dollars et jouit d’une réputation de « smart money » incontestée dans l’écosystème. Fin 2020, Three Arrows Capital devient le plus gros détenteur institutionnel de parts du Grayscale Bitcoin Trust. Concrètement, sa position dépasse 1,2 milliard de dollars, empruntée à effet de levier.
Le pari repose sur une conviction simple : la prime du GBTC sur le bitcoin spot ne peut que persister. Pourtant, elle s’inverse en décote et ne remonte jamais. Combiné à l’exposition à Terra, ce trade laissera de lourdes créances lors de la liquidation du fonds, à l’été 2022. Selon les procédures judiciaires, ces créances sont évaluées à 3,5 milliards de dollars.
Su Zhu et Kyle Davies, après la chute
Leur trajectoire prend ensuite un tour différent, marqué par la fuite en avant. Su Zhu a été arrêté fin septembre 2023 à l’aéroport de Singapour alors qu’il tentait de quitter le pays. Il est ensuite condamné à quatre mois de prison pour refus de coopérer avec les liquidateurs. Il en ressort début 2024, qualifiant son séjour carcéral d’« agréable ».
Avec Davies, il lance alors OPNX, une plateforme d’échange de créances de faillites crypto. Celle-ci ferme à son tour en février 2024, pendant que les liquidateurs de 3AC réclament 1,3 milliard de dollars aux deux hommes. Kyle Davies, de son côté, continue de revendiquer n’avoir « rien à se reprocher » et refuse de reconnaître la compétence des tribunaux américains.
6. Avraham Eisenberg, une condamnation qui n’a pas tenu deux ans
Mango Markets n’est alors qu’un protocole de trading décentralisé de taille modeste, construit sur Solana, loin des standards de sécurité qui s’imposeront après lui. En octobre 2022, Avraham Eisenberg manipule le prix du token MNGO en multipliant les swaps croisés entre deux de ses propres comptes. La valeur du jeton grimpe de plus de 1 000 % en vingt minutes. Il utilise cette valorisation artificielle comme collatéral pour emprunter 110 millions de dollars aux utilisateurs de Mango Markets, sans intention de rembourser selon l’accusation.
Sur X, il revendique une « highly profitable trading strategy », assumant l’exploit comme un trade légitime au regard du code du protocole. Le 18 avril 2024, un jury fédéral le reconnaît coupable de fraude et de manipulation de marché.
Une condamnation annulée, puis contestée en appel
Le 23 mai 2025, le juge fédéral Arun Subramanian annule l’intégralité de ces condamnations, pour deux raisons distinctes. D’abord un motif de compétence territoriale : Eisenberg n’a ni tradé, ni appelé, ni envoyé le moindre e-mail depuis New York. Cela prive, selon lui, les procureurs du Southern District de New York de toute base légale sur les chefs de fraude et de manipulation.
Sur le chef de fraude électronique, le juge tranche différemment. Pour lui, emprunter sur un protocole « sans règle ni interdiction explicite » ne constitue pas une fausse déclaration punissable. Or, les procureurs ont fait appel de cette décision en janvier 2026. Ils estiment que le juge a ignoré les conditions d’utilisation de Mango Markets, qui imposaient bien des ratios de garantie. Une nouvelle condamnation sur le volet fraude reste donc possible. Eisenberg reste incarcéré pour une affaire distincte et sans lien avec Mango Markets. Il a été condamné en mai 2025 à plus de quatre ans de prison pour possession de matériel pédopornographique.
7. CZ, le tweet à 2,1 milliards de dollars qui a coulé FTX
Changpeng Zhao est le fondateur de Binance, et son ancien CEO. De fait, son avis pèse sur les prix bien au-delà de son propre carnet d’ordres. Le 6 novembre 2022, CoinDesk révèle qu’Alameda Research loge 40 % de ses 14,6 milliards de dollars d’actifs dans le jeton FTT. Quatre jours plus tard, Changpeng Zhao annonce sur X que Binance va liquider ses avoirs restants en FTT. Il invoque les « récentes révélations ».
Il rappelle au passage un chiffre : Binance avait touché environ 2,1 milliards de dollars en BUSD et en FTT. C’était lors de sa sortie du capital de FTX, en 2021. Plus qu’un short classique, c’est un aveu de défiance publique envers un concurrent direct, posté par l’homme le plus influent de l’industrie. Le FTT perd plus de 80 % de sa valeur dès le 8 novembre. FTX vacille aussitôt et dépose le bilan le 11, entraînant dans sa chute un empire valorisé 32 milliards de dollars quelques mois plus tôt seulement.
De la prison à la grâce présidentielle
CZ a lui aussi eu affaire à la justice américaine entre-temps. Il a plaidé coupable en novembre 2023 pour manquement aux obligations de lutte contre le blanchiment chez Binance, et purgé une peine de prison aux États-Unis. Le 23 octobre 2025, Donald Trump lui accorde une grâce présidentielle, une décision immédiatement critiquée par plusieurs élus démocrates.
Ceux-ci y voient un possible conflit d’intérêts lié aux liens d’affaires entre Binance et la famille Trump, ce que l’entourage de CZ dément fermement. Binance, la plateforme qu’il a cofondée, détenait à elle seule environ 87 % du stablecoin USD1 de World Liberty Financial. Ce projet crypto, lancé par les fils du président, a démarré début février 2026, selon Forbes. La plateforme avait aussi distribué, fin janvier 2026, pour 40 millions de dollars de jetons WLFI dans le cadre d’une promotion conjointe. CZ continue pourtant de se dire optimiste sur un supercycle du bitcoin.
Le tweet de CZ annonçant la liquidation du FTT par Binance, suivi de la réponse de Caroline Ellison proposant de racheter la position à 22 dollars, le 6 novembre 2022 – Source : X
8. James Wynn, du memecoin à sept mille dollars au milliard sur Bitcoin
James Wynn se fait connaître en 2023 en transformant environ 7 000 dollars en 20 à 25 millions sur le token PEPE. Cet exploit le transforme en figure culte des salons de trading sur Telegram. Deux ans plus tard, il rejoue sa notoriété sur Hyperliquid, la plateforme qui devient alors sa nouvelle scène de prédilection. Le 21 mai 2025, il ouvre une position longue de 830 millions de dollars sur bitcoin. Il la porte à 1,25 milliard le 24 mai, à 40x de levier, selon CoinDesk.
Le marché tourne. Fin mai, ses positions sautent en cascade, pour plus de 100 millions de dollars de pertes en quelques jours, confirme The Block. Peu de traders auront incarné aussi vite les deux extrêmes du levier. La gloire fulgurante, puis la liquidation publique, sous le regard de milliers de comptes qui suivaient son wallet en direct.
Malgré tout, James Wynn n’a jamais vraiment quitté la table. Dès juillet 2025, à peine remis de sa liquidation, il rouvre des positions à effet de levier sur l’ether et sur PEPE. Le scénario se répète ensuite plusieurs fois au fil des mois suivants : nouvelles positions, nouveaux gains éphémères, nouvelles liquidations. En avril 2026, son compte a fondu à 900 dollars après une sixième liquidation en deux semaines. En clair, il en comptait plus de deux cents au total depuis ses débuts sur la plateforme.
9. Le trader mystère qui a shorté treize minutes avant Trump
Le contexte politique compte autant que le trade lui-même. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait de la guerre commerciale avec la Chine un instrument de politique quasi quotidien. Le marché crypto réagit désormais en quelques secondes à chacun de ses messages sur les réseaux. Un vendredi d’octobre 2025, une baleine anonyme ouvre des positions courtes sur Hyperliquid. Elle mise 80 millions de dollars sur bitcoin et 30 millions sur ether, à 10x de levier.
Le timing est presque parfait. Quelques minutes plus tard, Donald Trump annonce un tarif douanier de 100 % sur la Chine et fait plonger l’ensemble du marché crypto. Le profit est estimé entre 150 et près de 200 millions de dollars selon Arkham Intelligence. Des enquêteurs on-chain pointent Garrett Jin, ancien dirigeant de la plateforme BitForex, qui dément toute anticipation et dénonce la divulgation de son identité par CZ lui-même.
Qui est Garrett Jin ?
L’identité présumée du trader n’a jamais été confirmée officiellement, mais Garrett Jin reste à ce jour le nom qui revient le plus souvent dans les enquêtes on-chain. Son parcours antérieur n’aide pas sa défense. BitForex, l’exchange qu’il avait fondé, s’était effondré en 2024, au milieu d’accusations de détournement de fonds clients.
Le portefeuille lié à ce trade a néanmoins continué d’opérer sur Hyperliquid après octobre 2025, accumulant près de 100 millions de dollars de gains cumulés. Le retournement est venu fin janvier 2026, après avoir rebasculé sur des positions longues à fort levier. Ce compte a essuyé une liquidation d’environ 250 millions de dollars sur l’ether, selon Arkham Intelligence. Son résultat net cumulé est ainsi repassé en territoire négatif.
10. Machi Big Brother, le compte qui refuse de sortir de table
Jeffrey Huang n’est pas un inconnu de la scène crypto taïwanaise : entrepreneur et ancien producteur de musique, il s’était construit une notoriété locale. Sur Hyperliquid, il est devenu l’un des comptes les plus suivis du marché, pour de mauvaises raisons. À force de positions longues sur l’ether à 25x de levier, il a hérité du surnom de « roi des liquidations ».
Entre octobre 2025 et mai 2026, il perd plus de 75 millions de dollars, selon Arkham Intelligence. Il avait pourtant connu un pic de 44,5 millions de dollars de gains latents, à un moment de la séquence. Son fil de transactions est suivi en direct par des milliers de comptes. Il est devenu un cas d’école involontaire sur ce que le levier fait à un compte qui refuse de sortir.
Le compte de Machi Big Brother n’a jamais vraiment cessé de tourner. Il a été de nouveau intégralement liquidé début 2026, avant de rouvrir des positions à fort levier avec le peu de capital qu’il lui restait. À chaque fois, il recharge et recommence, dans un cycle que les analystes on-chain qualifient de « résilience » plus que de stratégie.
Le rapprochement s’arrête là où la comparaison devient dangereuse. Suivre un portefeuille sur la blockchain ne dit rien du casier judiciaire de son propriétaire. Cela ne dit rien non plus de l’endroit où il dort le soir. Sur Hyperliquid, le carnet est public. La prison, elle, ne l’est pas.
Ces dix histoires n’ont ni le même montant ni la même époque en commun, mais un seul réflexe : miser gros quand tout le monde regarde ailleurs. Le bluff fonctionne un temps. Puis la blockchain cesse de jouer le jeu. Chaque position reste inscrite, publique, consultable par quiconque sait où chercher, bien après que la table s’est vidée. Sur Hyperliquid comme ailleurs, des dizaines de comptes anonymes rejouent aujourd’hui les mêmes schémas, sous le regard des mêmes limiers on-chain.
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Touchez pas au grisbi. Le grisbi tient aujourd’hui dans un portefeuille numérique. Et les malfaiteurs ne se contentent plus d’y toucher : ils enlèvent son propriétaire pour l’obtenir. Ce sont des commandos armés et cagoulés. Certains sont briefés à des milliers de kilomètres de leur cible, en France, depuis l’affaire Ledger qui a ouvert cette série noire en janvier 2025. La gendarmerie nationale documente aujourd’hui, dans deux articles Gendinfo signés par la commandante Céline Morin, toute l’architecture montée pour y répondre. Du relevé d’ADN sur les lieux d’un enlèvement jusqu’au gel de la rançon quelques heures après son versement.
Les points clés de cet article :
Les cryptorapts ont explosé en France, en partie à cause d’une fuite de données chez Waltio, exposant des milliers de détenteurs de cryptomonnaies.
La gendarmerie française a mis en place une réponse coordonnée impliquant des unités spécialisées pour contrer ces enlèvements, avec des opérations souvent comparées à des raids militaires.
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Les cryptorapts, un phénomène qui explose depuis la fuite Waltio
Le mot est apparu en 2017. Il a fallu attendre fin 2024 pour qu’il devienne un problème d’ordre public. Le Parquet national anticriminalité organisée recense 135 faits liés à des enlèvements ou tentatives depuis 2023, dont 47 dossiers ouverts depuis janvier 2026 seulement. Un événement lié à la détention de cryptomonnaies survient désormais tous les deux ou trois jours.
La cause tient en grande partie à une fuite de données chez Waltio, société française d’aide à la déclaration fiscale des cryptoactifs. En effet, noms et adresses de dizaines de milliers de clients se sont retrouvés exposés du jour au lendemain. Ajoutez des recrutements low-cost sur Snapchat et Telegram, des commanditaires basés à l’étranger et des exécutants sans expérience qui servent de simple main-d’œuvre. Vous obtenez une industrie criminelle qui tourne à plein régime. Le colonel Patrick Pegeot, chef de la division des opérations de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ), résume le problème d’une phrase :
« la détention de cryptomonnaies revient à posséder une banque chez soi, mais sans aucune sécurité physique. ».
UNPJ, GIGN, UNCyber : l’arsenal de la gendarmerie contre les cryptorapts
Face à ce déluge de dossiers, la gendarmerie a construit une chaîne de commandement qui ressemble à celle d’un raid militaire. Le Centre national des opérations coordonne. Le Groupe de suivi et de conduite des opérations réunit les unités spécialisées. Le Poste de commandement opérationnel bâtit la stratégie propre à chaque enlèvement. Sur le terrain, la Force observation recherche du GIGN surveille le ravisseur et reconnaît les lieux au drone thermique, avant que la Force intervention n’agisse, souvent sur plusieurs sites au même moment pour éviter qu’une fuite d’information fasse tout capoter. Le GIGN déploie en moyenne 50 militaires par enlèvement, appuyé par 14 antennes territoriales.
Le lieutenant-colonel Bastien commande la Force intervention. Il résume l’objectif sans détour : « le point majeur reste le même : localiser le plus rapidement les malfaiteurs et les otages, puis intervenir très rapidement. » Il décrit lui-même l’assaut comme « un rouleau compresseur », pensé pour sidérer les ravisseurs avant qu’ils ne s’en prennent à l’otage. Pendant que le GIGN neutralise, un enquêteur du groupe cryptoactifs de l’UNCyber reste posté au poste de commandement. Un second, basé à Pontoise, trace la rançon en temps réel sur la blockchain. Il coordonne son blocage avec les plateformes d’échange. Le groupe pratique aussi le démixing, une technique qui consiste à percer les mixeurs censés brouiller l’origine des fonds volés.
Le cas de l’Yonne : quand le GIGN neutralise un cryptorapt en moins de 24 heures
Le 13 avril 2026, une mère et son fils sont enlevés dans l’Yonne contre une rançon de 400 000 euros en cryptomonnaies. Le père de famille détenait environ 450 000 dollars en staking, des fonds bloqués pour en tirer des rendements. Le commanditaire force leur déblocage et s’empare de la seed. Le groupe cryptoactifs réussit malgré tout à bloquer les droits de gestion du wallet. Une manœuvre technique jamais réalisée jusque-là, y compris par Europol.
Les otages sont libérés en moins de 24 heures. Huit personnes sont interpellées, les fonds restent entravés. Le lieutenant Julien, qui dirige le groupe cryptoactifs, précise d’ailleurs que des antennes UNCyber sont aussi implantées au sein de certaines sections de recherches locales, avec lesquelles son équipe garde un lien constant. La coopération internationale, elle, reste le maillon le plus fragile. La plupart des commanditaires opèrent depuis l’étranger, hors de portée immédiate de la gendarmerie française.
Dans l’Yonne, la bataille ne s’est donc pas jouée que dans la rue, au moment de l’assaut. Elle s’est jouée sur la blockchain, dans les minutes qui ont suivi le versement de la rançon. Le ministre de l’Intérieur en a tiré sa propre conclusion politique en lançant une riposte sécuritaire. À la gendarmerie, désormais, de prouver dossier après dossier que détenir des cryptomonnaies chez soi n’a plus besoin de virer au cauchemar.
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Négocier la paix le jour, encaisser les dividendes crypto le soir. Steve Witkoff cumule les deux vies depuis plus d’un an, et sa dernière déclaration de revenus vient de rallumer une question qu’on évite soigneusement à Washington : qui est vraiment cet émissaire de Donald Trump, et combien lui rapporte sa proximité avec World Liberty Financial, la holding crypto de la famille présidentielle ? Réponse cette semaine : 107 millions de dollars touchés en 2025 rien que via cette structure.
Les points clés de cet article :
Steve Witkoff a cumulé 107 millions de dollars via World Liberty Financial en 2025, soulevant des questions sur ses liens avec la famille Trump.
La proximité entre ses fonctions diplomatiques et ses intérêts privés a suscité des préoccupations à Washington, remettant en question la frontière entre pouvoir politique et fortune crypto.
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Avant les cessez-le-feu et les tables de négociation, Steve Witkoff est promoteur immobilier à New York, à la tête du Witkoff Group depuis les années 1990. Il connaît Donald Trump depuis des décennies, une amitié née dans les cercles de l’immobilier new-yorkais bien avant que l’un des deux ne pense à la Maison-Blanche.
Quand Trump revient au pouvoir en 2025, il en fait son émissaire spécial pour le Moyen-Orient. Witkoff devient alors l’un des visages les plus visibles de l’administration sur le dossier Gaza, impliqué dans les pourparlers de cessez-le-feu et de libération d’otages, avant d’être aussi mobilisé sur les discussions autour de l’Ukraine. Un profil de négociateur d’affaires projeté sur la diplomatie, pas un carriériste du Département d’État. Ça explique en partie pourquoi ses intérêts personnels suivent d’aussi près ses missions officielles.
World Liberty Financial : un chiffre qui triple en un an
Un an plus tôt, Witkoff déclarait 34 millions de dollars sur cette même ligne. En 2025, le total grimpe à 107 millions de dollars, rapporte Bloomberg. Le document de déclaration ne détaille pas la part exacte issue de World Liberty Financial elle-même car la holding regroupe aussi des complexes hôteliers, des golfs et des actifs immobiliers résidentiels.
Impossible, donc, de savoir précisément quelle fraction vient du stablecoin USD1 et quelle fraction vient du green fee d’un parcours de golf en Floride.
World Liberty Financial, cofondée en 2024 par des membres des familles Trump et Witkoff, propose le stablecoin USD1 et une plateforme de prêt adossée à Dolomite. Zach Witkoff, le fils de Steve, en est le PDG. Une affaire de famille au sens le plus littéral, où le père négocie des dossiers géopolitiques pendant que le fils fait tourner la boutique crypto.
Cette proximité entre fonction publique et fortune privée n’attendait pas ce nouveau chiffre pour faire des vagues à Washington. Dès octobre 2025, le sénateur Adam Schiff et sept autres sénateurs démocrates réclamaient déjà des explications à Witkoff : sa déclaration d’août 2025 montrait qu’il conservait encore ses actifs World Liberty Financial dix mois après son entrée en fonction, malgré une promesse de cession complète annoncée en mai de la même année par un cofondateur du projet. World Liberty a depuis affirmé que le processus de cession suivait son cours. La Maison-Blanche elle, assure que Witkoff a vendu sa participation et ne traite aucun dossier susceptible de l’enrichir personnellement.
Sauf que le document publié le 8 septembre porte justement sur l’année 2025 tout entière, celle où la cession était censée avoir lieu. Un haut représentant américain a donc bel et bien touché des revenus liés à cette entreprise crypto familiale pendant l’exercice où, sur le papier, il était en train de s’en désengager. La nuance compte. Ni preuve définitive d’un manquement, ni démenti qui clôt le débat. Juste un chiffre qui tombe pile au milieu d’une question à laquelle personne n’a encore répondu par écrit.
Pourquoi il faut suivre ce dossier de près
Ce dossier dépasse Witkoff, largement. Il illustre à quel point la frontière entre pouvoir politique et intérêts crypto s’est brouillée dans l’entourage de Trump, entre le stablecoin de la famille présidentielle et les holdings personnelles de ses émissaires les plus proches. Quelques semaines plus tôt à peine, la banque fédérale de World Liberty Financial recevait elle aussi le feu vert conditionnel de l’OCC, l’un des régulateurs bancaires fédéraux. À chaque étape, le même clan avance ses pions réglementaires et empoche au passage.
C’est là que le cas Witkoff dépasse le simple fait divers. Si un émissaire présidentiel peut négocier la paix au Moyen-Orient tout en touchant les fruits d’une holding crypto adossée à la famille de son patron, sans qu’aucune instance ne tranche la question pendant près d’un an, le précédent vaut pour le reste de l’administration. Et pour la crédibilité de la régulation crypto américaine, qui cherche justement à s’imposer comme référence internationale au moment même où ses propres dirigeants brouillent les pistes entre intérêt public et enrichissement privé.
Trois points méritent d’être suivis dans les prochaines semaines : l’issue réelle de la cession d’actifs promise depuis mai 2025, une éventuelle réponse officielle à la lettre du sénateur Schiff restée sans suite depuis octobre, et la prochaine déclaration de revenus de Witkoff, qui dira si les 107 millions de dollars marquent un pic ou une nouvelle norme.
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En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. Ce slogan de la campagne officielle d’économies d’énergie de 1974-1976 pourrait presque trouver sens de nos jours. Presque.
On vous a sans doute déjà servi les deux accusations à la suite. Les data centers de l’IA assèchent les nappes phréatiques et engloutissent des réseaux électriques entiers. Le minage de Bitcoin carbure à l’électricité comme un pays pour fabriquer, au fond, des jetons virtuels. Au fond, les deux procès se ressemblent presque mot pour mot, poncifs compris. Pourtant, ce qu’on raconte rarement, c’est que ces mêmes machines accusées de tous les maux chauffent déjà des logements et des bureaux. Ailleurs, ce sont des piscines qu’elles réchauffent, quelque part dans le monde. En somme, la chaleur existe, elle est même gratuite. Ne manque que le tuyau pour aller la chercher, et ça, c’est un choix, pas une fatalité.
Les points clés de cet article :
Data centers et minage de Bitcoin consomment autant d’électricité que des pays entiers, mais la chaleur qu’ils rejettent est tout aussi réelle, gratuite, et largement perdue.
Le fameux chiffre de Cambridge n’est pas une étude qu’on refait chaque année : c’est un indice vivant, dont la méthode a été corrigée une bonne fois en 2023, pas rejouée en boucle.
Des initiatives concrètes récupèrent déjà cette chaleur pour chauffer logements et infrastructures, de Stockholm à un pavillon français, mais la France peine à généraliser le procédé faute de réseaux urbains adéquats.
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Data centers, Bitcoin : la même accusation en écocide
Commençons par les chiffres. L’estimation live de l’indice CBECI de l’université de Cambridge situe la consommation électrique annualisée de Bitcoin à 138 TWh au 29 juillet 2026. C’est l’ordre de grandeur de la consommation électrique annuelle d’un pays comme la Pologne.
Le chiffre ne tient d’ailleurs jamais en place. Fin décembre 2025, Cambridge évaluait aussi la consommation minière annualisée à 190 TWh — une estimation encore préliminaire, pas un bilan annuel figé. Ce n’est surtout pas le même compteur que l’estimation live, retombée depuis à 138 TWh.
L’indice CBECI, un chiffre vivant, pas une étude figée
D’ailleurs, petite mise au point qui s’impose : ce reproche revient en commentaire à chaque publication de ce chiffre. « L’étude de Cambridge, on sait qu’elle ne vaut rien, ils la refont tous les ans », lit-on souvent. Le poncif a la vie dure, mais il confond deux choses. Le CBECI, rebaptisé depuis CBNSI (Cambridge Blockchain Network Sustainability Index), n’est pas une étude republiée chaque millésime. C’est un indice vivant, recalculé en continu au gré du hashrate et du prix de l’électricité.
La seule vraie révision méthodologique remonte à août 2023. Avant cette date, le modèle traitait presque à égalité deux machines très différentes. Un Antminer S9 de 2016 (11,5 TH/s), et un S19 XP Hydro de 2022 (260 TH/s). Cela gonflait artificiellement le poids du vieux matériel dans le calcul. La correction a introduit une pondération dégressive sur cinq ans qui favorise les machines récentes. Elle a aussi fait plonger rétrospectivement l’estimation de 2021, de 104 à 89 TWh. Depuis, la méthode n’a pas bougé d’un iota. Ce qui varie d’un jour à l’autre, c’est le hashrate, pas la formule.
Les data centers, eux, ne ralentissent pas
Les data centers, eux, ont avalé 448 TWh dans le monde en 2025. C’est ce que révèle un rapport de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’Université des Nations unies, publié en juin 2026. La trajectoire grimpe ensuite vers 945 TWh en 2030, environ 3 % de l’électricité mondiale. Cela représenterait 399 millions de tonnes de CO₂ projetées à cette échéance. De quoi nourrir le même refrain partout, celui d’un secteur qui pompe l’énergie pour produire, au choix, des jetons ou des réponses de chatbot.
Le refrain a d’ailleurs un public. Selon un sondage Gallup mené du 2 au 18 mars 2026, 71 % des Américains se disent opposés. Concrètement, ils ne veulent pas d’un data center près de chez eux. Parmi eux, 48 % le sont « fermement ». Aucun institut ne sonde l’avis des riverains sur les fermes de minage. Pourtant, l’ambiance sur les réseaux sociaux à chaque pic de hashrate n’est guère différente. Au fond, deux industries partagent le même chef d’accusation, et la même paresse à vérifier la source avant de la citer.
Le Bitcoin et les data centers chauffent déjà vos radiateurs
Passons à la pratique. Stockholm récupère la chaleur d’un data center depuis 1979, année où IBM a branché le tout premier tuyau sur le réseau urbain, raconte DataCenterDynamics. Depuis, l’opérateur public Stockholm Exergi alimente en chauffage urbain l’équivalent de 800 000 habitants au total, data centers compris parmi ses sources. L’opérateur DigiPlex, lui, y raccorde à lui seul 10 000 logements chauffés par la chaleur de ses data centers depuis 2018. Bref, rien de neuf sous le soleil suédois, juste quarante-sept ans d’avance sur tout le monde. En France, le quartier de Val d’Europe chauffe un parc d’entreprises depuis 2012 grâce à un data center voisin. L’eau y circule à 55 degrés dans les tuyaux.
Le minage de Bitcoin s’y met aussi
Côté minage, le format rétrécit mais le principe ne change pas d’un iota. À Vancouver, l’entreprise MintGreen a lancé en 2022 ses chaudières numériques sur le réseau de chaleur de Lonsdale Energy. Elle avançait un objectif chiffré dès son lancement : 96 % de l’électricité minière récupérée en chaleur pour près d’une centaine de bâtiments. Autrement dit, c’est un chiffre avancé par le projet lui-même, non confirmé par un audit indépendant.
Puis, en France, la startup nantaise Hestiia va plus loin. Concrètement, cofondée en 2016 par Alexandre Vinot, elle a lancé en 2024 des radiateurs individuels équipés de puces de minage recyclées. Résultat : ils chauffent un salon tout en générant quelques satoshis. Son directeur des opérations, Antoine Cossart, résume l’idée à sa façon, il a remplacé le radiateur classique par un ordinateur.
En février 2024, l’entreprise revendiquait une centaine d’installations et près de 200 livraisons. Depuis, elle a réorienté son modèle. Dès mars 2024, elle a mis fin à la vente aux particuliers pour se concentrer sur le B2B. Son radiateur myEko Pro cible désormais les bailleurs et promoteurs, un virage soutenu par le plan France 2030.
Pourquoi la France peine à recycler la chaleur de ses data centers
Et pourtant, en France, le chantier avance au ralenti. Depuis le 30 avril 2025, la loi DDADUE oblige tout data center de plus de 1 MW à valoriser sa chaleur fatale. Il ne s’agit plus seulement de l’étudier. Le texte, codifié à l’article L.236-2 du code de l’énergie, est entré en vigueur le 1er octobre 2025. Son décret d’application, le décret n° 2025-1382 du 29 décembre 2025, est lui entré en vigueur le 1er janvier 2026.
Il fixe la barre à un facteur de réutilisation énergétique d’au moins 20 %. Ce seuil est appelé à grimper jusqu’à 40 % à mesure que la technologie progresse. Sur le papier, l’ambition tient la route. Dans les faits, un premier bilan du secteur le constate, le dispositif ne fonctionne « qu’en milieu urbain dense, et nulle part ailleurs ». Et les récalcitrants ne s’en tirent pas indemnes pour autant : mise en demeure d’abord. Puis vient une amende pouvant grimper jusqu’à 50 000 euros, selon Hellio.
Corbeil-Essonnes, un chantier sans tuyau
Prenez le chantier de Corbeil-Essonnes, sur l’ancien site IBM. Cent vingt-cinq mégawatts de puissance annoncée, et la question du réseau de chaleur à construire encore ouverte, débattue lors de l’enquête publique. À ce jour, rien n’est branché, contrairement à ce que raconte la rumeur qui circule sur cette ville. Le problème n’est pas la technologie du site. Un data center géant posé loin d’une zone dense n’a tout simplement personne à qui donner sa chaleur. Stockholm, elle, a bâti son réseau urbain dans les années 1970, après les chocs pétroliers, bien avant l’arrivée du moindre serveur. Brancher un data center dessus n’a rien coûté de plus qu’un tuyau supplémentaire.
Un choix politique, pas technique
Le choix politique est là, pas dans la puce. En effet, une carte mère qui mine du Bitcoin et un GPU qui entraîne un modèle de langage produisent, watt pour watt, la même chaleur perdue. Ce qui les sépare, c’est qui a décidé, des décennies à l’avance, de construire le tuyau. Et ce tuyau ne s’improvise pas : un réseau de chaleur urbain se chiffre en dizaines de millions d’euros. En clair, il se planifie sur une génération, pas sur la durée de vie d’un data center. La loi peut bien exiger 20 % de chaleur valorisée, elle ne fait pas apparaître le réseau qui manque à Corbeil-Essonnes ou ailleurs. Autrement dit, un décret ne construit pas un tuyau. Un choix politique, si.
La bataille de l’image ne s’arrête pas aux data centers ni aux fermes de minage. Marathon Digital promettait, en juin 2024, de réutiliser la chaleur d’une ferme de minage de 2 MW en Finlande. L’objectif : chauffer environ 11 000 logements dans une ville voisine. Résultat : le projet reste local, faute de réseau de chaleur où se brancher ailleurs, exactement le problème que rencontre aujourd’hui le chantier de Corbeil-Essonnes. En clair, le GPU qui entraîne un modèle de langage et l’ASIC qui mine un bloc chauffent au même degré près. Ce qui les sépare, c’est un tuyau que personne n’a encore posé, ni à Corbeil-Essonnes, ni ailleurs. Un choix, pas une fatalité.
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L’habit ne fait pas le moine. Personne n’a forcé la moindre porte. Personne n’a injecté le moindre virus. Entre le 11 et le 12 septembre, quelqu’un a simplement écrit à Revolut depuis une adresse qui avait toutes les apparences de la légitimité. La néobanque a répondu comme on répond à une autorité qu’on ne songe pas à contredire. Résultat : passeports, selfies de vérification et historiques de transactions Bitcoin de clients fortunés se sont retrouvés entre les mains d’inconnus. Aucun pare-feu n’a eu son mot à dire.
Les points clés de cet article :
Revolut a été victime d’une escroquerie sophistiquée où une adresse mail légitime a été utilisée pour obtenir des données sensibles de clients fortunés.
Les informations volées incluaient des passeports, des selfies de vérification et des historiques de transactions Bitcoin, exposant les clients à des risques physiques.
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Revolut a cru parler à l’État, et l’État n’y était pour rien
Qu’est ce que l’ingénierie sociale ?
L’ingénierie sociale, c’est l’art de pirater une personne plutôt qu’une machine. Au lieu de forcer un mot de passe ou d’exploiter une faille logicielle, l’attaquant manipule la confiance. Il se fait passer pour une autorité légitime comme un service client, une banque, ici carrément une agence gouvernementale. L’objectif ? Convaincre sa cible de lui livrer elle-même l’information ou l’accès recherché.
Le principe existe depuis bien avant l’informatique. Mais le numérique l’a rendu redoutablement efficace : un e-mail bien construit, envoyé au bon moment depuis la bonne adresse, coûte infiniment moins cher qu’un audit de sécurité pour percer les défenses techniques d’une entreprise.
Revolut, victime d’un accès jugé légitime
Dans le cas Revolut, l’ingénierie sociale a pris une forme particulièrement vicieuse. L’attaquant n’a même pas eu besoin d’imiter une adresse : il disposait d’un accès réel à l’intérieur du domaine mail d’une agence gouvernementale. Conséquence : une demande frauduleuse jugée indiscernable d’une vraie réquisition légale par les équipes de conformité de Revolut.
L’incident tombe à un moment particulièrement sensible pour la néobanque. Revolut a obtenu en août 2026 son agrément bancaire complet en France, quelques mois après celui décroché au Royaume-Uni. La néobanque explorerait par ailleurs une entrée en bourse à une valorisation comprise entre 150 et 200 milliards de dollars selon TechCrunch, contre 75 milliards lors de sa dernière levée privée. Une trajectoire financière que ce genre de fuite de données n’aide certainement pas à sécuriser.
Un mécanisme qui a berné tous les contrôles
Le mécanisme mérite qu’on s’y attarde, parce qu’il ne ressemble à aucune fuite classique. L’attaquant n’a pas usurpé un nom de domaine ni bricolé un en-tête falsifié. Il disposait d’un accès à une boîte mail non autorisée, mais logée à l’intérieur de l’infrastructure réelle d’une agence gouvernementale.
Le mail passait donc tous les contrôles d’authenticité, au sens le plus strict du terme. Le protocole SPF vérifie que le serveur expéditeur est bien habilité à envoyer au nom du domaine. DKIM garantit, de son côté, que le contenu n’a pas été modifié en chemin. DMARC, enfin, arbitre les deux.
Les trois ont donné leur feu vert, comme le détaille The Block. Le message venait en effet authentiquement de l’intérieur du domaine visé. Revolut n’a flairé l’entourloupe qu’après coup, en recontactant l’agence elle-même, qui a répondu, gênée, n’avoir rien demandé. Contactée par la presse, la néobanque n’a pas cherché à minimiser l’affaire :
« Une escroquerie sophistiquée par usurpation externe. »
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Rien de plus, rien de moins. Revolut assure avoir bloqué l’adresse compromise, alerté dans la foulée l’agence visée, la police ainsi que les régulateurs financiers. La néobanque affirme par ailleurs que les systèmes et les fonds des clients restent intacts.
Ni le nom de l’agence usurpée ni le nombre exact de clients touchés n’ont filtré. Revolut parle d’un périmètre limité. Le chercheur en sécurité ZachXBT, qui a le premier diffusé la notice client sur son canal Telegram, livre toutefois une lecture plus inquiétante. Selon lui, l’attaque semble avoir ciblé en priorité des utilisateurs fortunés, et non une liste de clients au hasard.
Extrait de la notice envoyée par Revolut aux clients concernés, détaillant les catégories de données exposées. Source : notice client Revolut, relayée par Mark Karpelès et ZachXBT, 12 septembre 2026.
« Ce qui s’est passé ?
Revolut a reçu une demande d’informations clients qui semblait provenir d’une agence gouvernementale légitime. La demande émanait d’un compte e-mail non autorisé, envoyée directement depuis le domaine e-mail officiel de l’agence gouvernementale.
Comme la communication portait des identifiants d’authentification de domaine valides, elle a été traitée en toute bonne foi, dans la conviction raisonnable qu’il s’agissait d’une demande authentique émanant d’une agence gouvernementale.
Détails d’identité : nom complet, date de naissance, profession
Coordonnées : adresse postale, adresse e-mail et numéro de téléphone
Documents et données de vérification : une copie du document d’identité (passeport et/ou permis de conduire) et l’image de vérification faciale (le selfie fourni pour la vérification). À noter qu’aucune donnée de télémétrie faciale biométrique n’a été impliquée ni compromise
Données financières : relevés de compte (dont IBAN, statut du compte, date d’ouverture, numéro de référence du wallet), historiques de retraits et historique complet des transactions (y compris Bitcoin).»
Un butin en Bitcoin taillé sur mesure pour l’extorsion physique
Le tiroir ouvert par ce faux e-mail n’a rien d’anodin dans son contenu. Il contient :
des copies de passeport ou de permis de conduire,
des selfies de vérification d’identité,
des relevés de compte,
un IBAN,
les historiques de retraits et de transactions au comptant, dont l’activité Bitcoin des clients concernés.
Mark Karpelès, ancien patron de Mt. Gox, a publié dès le 12 septembre des extraits de la notification qu’il avait reçue en tant que client touché. Il confirme que son propre historique de transactions figurait dans le lot. Une adresse postale, une identité vérifiée et un solde en Bitcoin connu : voilà de quoi construire un dossier presque complet sur une cible.
C’est bien là que le dossier prend une tournure différente d’une fuite de données ordinaire. Un cours qui plonge se corrige en quelques séances. En revanche, une donnée d’identité, non. Couplée à un solde en Bitcoin avéré, elle reste vraie pour toujours, sans date de péremption. Marc Zeller, fondateur de l’Aave Chan Initiative, lui-même touché, a résumé l’ironie du dossier en une phrase sur X :
« Réveil difficile, toutes mes données ont fuité chez Revolut. Un rappel cinglant que le KYC n’a jamais produit le moindre bénéfice tangible, et qu’il a mis beaucoup de monde en danger. »
Rien n’a été confirmé, en revanche, sur une éventuelle indemnisation ou sur la liste précise des personnes prévenues.
En France, ce genre de fuite ne reste jamais théorique
Exposer une activité Bitcoin, ce n’est pas juste embêtant. C’est un problème de sécurité physique immédiat, et la France en sait quelque chose. Le pays concentre à lui seul l’écrasante majorité des cas mondiaux d’agressions violentes visant des détenteurs de cryptomonnaies, ce qu’on appelle par euphémisme les « wrench attacks ». Le Journal du Coin en avait déjà chiffré la hausse de 33 % au premier semestre 2026.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a chiffré le phénomène fin juin : 77 enlèvements et extorsions liés aux cryptoactifs recensés en France depuis janvier 2026, contre 45 sur l’ensemble de 2025. Un dispositif d’alerte lancé au printemps a déjà permis près de 200 interpellations, préventives ou après les faits. Le rythme s’accélère, et chaque fuite de données comme celle de Revolut vient nourrir un peu plus le vivier de cibles potentielles.
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Des séquestrations, parfois des amputations de doigts filmées pour forcer un virement, menées contre des gens dont l’adresse et le patrimoine numérique avaient fuité quelque part. Rien d’hypothétique. Un couple ligoté à Alès en présence d’un enfant, une famille tuée au Mexique pour un wallet supposé contenir des millions : la mécanique est toujours la même, une donnée volée devient une adresse à visiter.
Et ce scénario ne demande pas un piratage spectaculaire pour s’enclencher. Il se nourrit justement de fuites comme celle-ci, où l’identité complète d’un client rejoint son historique de transactions dans un même document. Le précédent le plus cité par les chercheurs reste la fuite Ledger de 2020, qui avait exposé plus de 270 000 clients dans le monde. Pendant des années, ces données ont servi de vivier pour des listes vendues quelques centaines de dollars sur le dark web. Leurs acheteurs pouvaient ainsi cibler de vrais détenteurs de cryptomonnaies plutôt que des inconnus au hasard.
Coinbase avait déjà trébuché sur la même faille
Revolut n’invente rien de nouveau dans le genre de défaillance qu’elle vient d’essuyer. En mai 2025, Coinbase reconnaissait que des agents de support corrompus, en Inde, avaient vendu les données de près de 70 000 clients pour quelques centaines de dollars pièce. Une tentative d’extorsion a même suivi, à hauteur de 20 millions de dollars.
La facture totale, procès et remboursements compris, a dépassé les 400 millions de dollars. En comparaison, Coinbase avait perdu des clients par la corruption d’un sous-traitant, Ledger par une base mal protégée. Rien de tel chez Revolut. Il n’y a eu ni employé corrompu ni serveur mal configuré, seulement un mail qui avait l’air vrai, envoyé depuis un endroit qui, techniquement, l’était.
Le vrai maillon faible reste humain
C’est peut-être le vrai enseignement de l’histoire. Le maillon faible du secteur n’a jamais été la blockchain elle-même, ni même les protocoles d’authentification des e-mails : ceux-ci ont fonctionné exactement comme prévu, du premier au dernier octet. Le maillon faible, c’est l’humain de l’autre bout — celui qui reçoit une requête cochant toutes les cases officielles. Il n’a, au fond, aucun moyen simple de savoir si la personne qui l’envoie a réellement le droit d’être là. Face à ce genre d’attaque, aucun audit de sécurité informatique ne remplace un simple coup de fil de vérification, passé avant d’ouvrir le dossier KYC plutôt qu’après.
Pour les clients français concernés, une option concrète existe : saisir directement la CNIL, compétente en cas de violation de données personnelles au titre du RGPD. Cette démarche reste possible indépendamment des démarches déjà engagées par Revolut auprès des régulateurs financiers.
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La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! Mercredi soir, à Westminster, le gouvernement travailliste a essuyé un revers qu’il n’avait pas vu venir, ou plutôt qu’il espérait éviter. La Chambre des Lords a voté un amendement obligeant le Trésor britannique à publier une véritable stratégie nationale sur les cryptomonnaies, les stablecoins et les actifs tokenisés. Score final : 194 voix pour, 138 contre. Un écart net : l’alliance de circonstance entre conservateurs et libéraux-démocrates a suffi à emporter la mise face à un bloc travailliste resté quasiment soudé.
Les points clés de cet article :
La Chambre des Lords a contraint le gouvernement travailliste à élaborer une stratégie nationale pour les cryptomonnaies et les actifs numériques.
L’amendement doit encore franchir l’étape cruciale de la Chambre des Communes pour devenir une obligation légale.
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Une stratégie sur les cryptomonnaies imposée malgré Labour
Le texte, baptisé sobrement « Digital assets strategy » et référencé Amendement 88, a été porté par la baronne Neville-Rolfe lors du Report Stage de mercredi. Ancienne ministre conservatrice du Trésor, elle l’a accroché au projet de loi sur les services financiers (Financial Services and Markets Bill) déjà en discussion depuis plusieurs mois. Concrètement, il impose au Trésor de préparer, publier et soumettre à consultation un plan couvrant les cryptoactifs, les stablecoins, les titres tokenisés et les infrastructures de marché financier numériques. Douze mois, pas un de plus, une fois le texte promulgué. Le compte à rebours ne démarre pas aujourd’hui, il démarre à la sanction royale.
Le gouvernement travailliste, lui, plaidait pour une approche plus souple, sans calendrier contraignant gravé dans la loi. Selon lui, une obligation légale rigide se concilierait mal avec la vitesse à laquelle ces marchés évoluent. Raté. Les pairs conservateurs et libéraux-démocrates ont jugé que l’incertitude réglementaire durait depuis trop longtemps pour se contenter de bonnes intentions, et le registre officiel des votes du Parlement britannique fixe le résultat noir sur blanc. Et sur ce coup-là, ils ont eu la majorité.
Résultat du vote de la Chambre des Lords sur l’amendement 88 imposant une stratégie sur les actifs numériques : 194 voix pour (conservateurs et libéraux-démocrates), 138 contre (majoritairement travaillistes). Source : UK Parliament.
Le vote des Lords sur les actifs numériques n’est qu’une étape, pas la ligne d’arrivée
Toutefois, la partie est loin d’être terminée. Le texte doit désormais repartir vers la Chambre des Communes, où les députés pourront l’accepter tel quel, le modifier, ou tout simplement le rejeter. Rien n’oblige le gouvernement à s’incliner une seconde fois : à la Chambre basse, Labour dispose d’une majorité bien plus confortable qu’à la Chambre haute. L’amendement ne deviendra une obligation légale que s’il survit à cette étape et reçoit la sanction royale.
Le calendrier réglementaire britannique, déjà passablement chargé, s’épaissit encore d’un cran. La Financial Conduct Authority avait publié ses règles définitives pour les entreprises crypto début juillet, avec une entrée en vigueur prévue pour octobre 2027, pendant que la Banque d’Angleterre assouplissait ses propres exigences sur les stablecoins. Un mille-feuille de textes qui avance par étages, entre le régulateur, la banque centrale et, désormais, le Parlement lui-même qui s’invite dans la fabrique de la doctrine crypto du pays.
Ce type de bras de fer entre chambres n’a rien d’anecdotique pour l’écosystème. Il rappelle qu’au Royaume-Uni comme ailleurs, la régulation des cryptoactifs se construit rarement d’un bloc : elle avance par tensions successives entre exécutif prudent et législateurs pressés d’acter un cadre. Bruxelles a connu ses propres batailles avec MiCA avant d’aboutir à un texte unique. Londres rêve depuis des mois de se poser en hub crypto post-Brexit. Elle découvre qu’imposer une doctrine claire sur les stablecoins et le reste des actifs numériques coûte aussi des arbitrages politiques internes, pas seulement des annonces de façade.
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Qui paie ses dettes s’enrichit. Circle a annoncé lundi le rachat de Tazapay, une plateforme singapourienne de paiements transfrontaliers, pour environ 400 millions de dollars en actions. C’est la plus grosse acquisition de l’émetteur de l’USDC depuis celle de l’exchange Poloniex en 2018. L’opération s’inscrit dans une semaine chargée pour les stablecoins, tant les grands noms des paiements accélèrent la construction de leurs propres autoroutes on-chain plutôt que de louer celles des autres.
Les points clés de cet article :
Circle a réalisé une acquisition historique en rachetant Tazapay pour 400 millions de dollars, marquant un tournant stratégique majeur.
Cette opération s’inscrit dans une tendance de consolidation rapide des infrastructures stablecoin, avec Mastercard également impliqué dans une acquisition récente.
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Tazapay, le dernier maillon que Circle voulait s’éviter de construire
Tazapay traite plus de 25 milliards de dollarsde volume annuel dans une centaine de marchés, et 60 % de ce volume passe déjà par des stablecoins, selon les informations rapportées par CoinDesk. La société aidait déjà Circle à concevoir son réseau de paiement (Circle Payments Network) depuis 2025. Autant dire que le rachat ressemble moins à un pari qu’à la formalisation d’un partenariat déjà bien engagé.
L’enjeu tient en une phrase : plutôt que de négocier pays par pays avec des banques locales, Circle récupère d’un coup l’infrastructure de dernier kilomètre. Direction 2027 pour la clôture officielle, le temps de passer sous les fourches caudines de l’autorité monétaire de Singapour.
Mastercard avait ouvert le bal avec BVNK
Cinq jours plus tôt à peine, Mastercard finalisait de son côté le rachat de BVNK, plateforme britannique d’infrastructure stablecoin, pour un montant total pouvant grimper à 1,8 milliard de dollars. BVNK fait tourner environ 30 milliards de dollars par an pour des clients comme Worldpay ou Deel, dans plus de 130 pays. Deux mastodontes des paiements, deux rachats en quelques jours à peine.
Le calcul est le même des deux côtés. Un réseau de cartes ou un émetteur de stablecoin qui ne possède pas ses propres rails de conversion entre monnaies fiduciaires et actifs numériques (les stablecoins) reste dépendant de prestataires tiers, avec la marge et la lenteur que ça implique. Racheter plutôt que louer, voilà la logique qui anime Visa, Mastercard et Circle depuis le début de l’année.
Le rachat qui vaut plus cher que la ligne du bilan
Le prix, sur le papier, reste modeste. 400 millions de dollars, c’est une paille à l’échelle de Circle, valorisée en dizaines de milliards depuis son entrée en bourse. Mais la vraie valeur ne se lit pas dans le chiffre. Elle se niche dans les 100 marchés déjà couverts par Tazapay, un réseau que Circle aurait mis des années à bâtir seul.
Reste que ce genre d’opération tout-en-actions comporte son lot d’inconnues. La clôture n’interviendra qu’en 2027, et l’accord régulateur de Singapour n’est jamais acquis d’avance.
Les banques européennes regardent la scène d’un autre œil
Cette course américaine aux rachats tranche avec l’approche choisie en Europe, où 37 banques se sont unies derrière un stablecoin euro conforme MiCA plutôt que de se livrer bataille à coups de chéquier. D’un côté, la consolidation à l’américaine, quelques géants qui rachètent l’infrastructure. De l’autre, un consortium bancaire qui préfère mutualiser les coûts. Deux paris différents sur la même question : qui contrôlera les tuyaux qui feront circuler l’argent numérique de demain.
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FOMO et FUD, définitions des deux carburants du marché
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Notez la nuance d’usage. Dans le jargon crypto, « faire du FUD » désigne aussi la fabrication délibérée d’informations négatives pour faire baisser un actif. L’émotion est humaine, son exploitation est une industrie. Et les deux prospèrent d’autant mieux que le marché crypto est ouvert en continu, sans cloche de clôture pour laisser retomber la fièvre.
Le cycle FOMO / FUD en une semaine de mai 2021. Schéma : Journal du Coin
Mai 2021, le cas d’école Musk : du FOMO au FUD en cinq jours
Rembobinons une semaine restée dans les annales. Début mai 2021, le dogecoin flambe de 41 % en 24 heures et signe un record vers 0,89 dollar, porté par l’euphorie autour du passage d’Elon Musk à l’émission Saturday Night Live. Le soir venu, le 8 mai, le DOGE s’effondre de près de 30 % pendant l’émission, l’invité qualifiant lui-même sa cryptomonnaie fétiche d’arnaque sur le ton de la blague. Les acheteurs du record, eux, ne riaient pas.
Quatre jours plus tard, rebelote dans l’autre sens. Le 12 mai, Tesla suspend les paiements en bitcoin pour raisons environnementales et près de 365 milliards de dollars s’évaporent du marché crypto. FOMO à la montée, FUD à la descente, le tout déclenché par un seul homme et deux annonces. Une masterclass involontaire de psychologie des marchés.
Se vacciner contre le FOMO et le FUD en trader particulier
Le vaccin existe, il s’appelle la règle écrite à l’avance. Un plan qui fixe quoi acheter, à quel prix, pour quel montant et avec quelle sortie, rédigé un jour calme, puis exécuté les jours de tempête. Les stratégies mécaniques comme le DCA reposent exactement là-dessus, retirer la décision du moment où l’émotion hurle. Ajoutez une hygiène simple, moins de réseaux sociaux les jours de records, dans un sens comme dans l’autre. Tenez aussi un journal de vos trades, rien ne vaccine mieux que la relecture de ses propres achats de sommet.
Élargissons pour finir. Le FOMO n’a pas attendu la crypto, la tulipe hollandaise de 1637 et la bulle Internet de 2000 racontaient déjà la même histoire, seule la vitesse a changé. Un tweet fait aujourd’hui en quelques minutes ce que les gazettes mettaient des semaines à produire. Les émotions n’ont pas accéléré. Leur diffusion, si.
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