On pensait qu’un réacteur finissait toujours par alimenter des foyers : celui-ci n’a même pas de turbine, et ce n’est pas un oubli
ITER à Cadarache est le plus grand réacteur de fusion jamais construit, mais il n'aura ni turbine ni connexion au réseau électrique. Cette absence totale, assumée dès la conception, révèle que ce géant scientifique n'est pas une centrale, mais un laboratoire destiné à valider la fusion nucléaire avant de futures applications commerciales.
Depuis dix-huit ans, le réacteur Jules Horowitz sommeille dans les collines de Provence. Initialement budgété à 500 millions d'euros avec une mise en service promise en 2013, ce projet phare du CEA a quadruplé ses coûts et accumule d'interminables retards. La dernière promesse ? 2032 au plus tôt.
Le 12 février 2025, le tokamak WEST à Cadarache a réalisé un exploit majeur en maintenant un plasma pendant 22 minutes, dépassant le record établi quelques semaines plus tôt par le tokamak chinois EAST. Ce succès démontre que la course à la maîtrise de la fusion nucléaire est loin d'être gagnée d'avance.
À Saint-Paul-lès-Durance, une machine colossale appelée ITER est en construction pour reproduire le mécanisme qui fait briller le Soleil depuis 4,6 milliards d'années. Ce projet international impliquant 35 nations est officiellement le plus cher de toute l'histoire scientifique, avec un budget dépassant les 20 à 40 milliards d'euros.