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Intelligence artificielle (IA) : L’UE veut des règles mondiales, mais les USA freinent

Réguler pour protéger. Des représentants des vingt-sept États membres de l’Union européenne se réunissent jeudi à Bruxelles au sein du Conseil de l’IA. Selon Politico, la Commission présentera un point sur les politiques européennes et internationales ainsi qu’un briefing technique sur des incidents récents liés à l’intelligence artificielle. La coopération mondiale figure aussi parmi les sujets de discussion, dans un contexte de désaccord avec Washington sur la manière d’encadrer les modèles les plus avancés.

Points clés

  • Les États membres de l’UE discutent jeudi à Bruxelles des incidents récents liés à l’IA et de la coopération internationale, selon Politico.
  • L’AI Act impose déjà des obligations aux fournisseurs de modèles d’IA à usage général, renforcées en cas de risque systémique.
  • Les principales obligations concernant les systèmes d’IA à haut risque ont été reportées à décembre 2027 ou août 2028 selon leur catégorie.
  • Comme MiCA pour la crypto, le cadre européen sert de base aux échanges internationaux, sans garantir l’adoption de règles mondiales.

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IA : Bruxelles cherche des règles au-delà de l’Europe

Le Conseil de l’IA rassemble des représentants des États membres pour suivre l’application de l’AI Act. D’après l’ordre du jour consulté par Politico, la réunion de jeudi ne vise ni à adopter un nouveau règlement ni à arrêter une position commune définitive. Les discussions porteront notamment sur les travaux engagés au G7, au G20 et aux Nations unies.

Le premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA s’est d’ailleurs déjà tenu à Genève les 6 et 7 juillet 2026. L’Union européenne dispose donc d’une enceinte où défendre son approche, sans pouvoir imposer seule des règles internationales. La vice-présidente de la Commission Henna Virkkunen a récemment appelé à une coopération mondiale : les risques liés aux modèles avancés ne s’arrêtent pas aux frontières européennes.

Cette démarche intervient après les appels de dirigeants comme Dario Amodei, chez Anthropic, et Sam Altman, chez OpenAI, à ralentir le développement de l’IA. Donald Trump a rejeté ces alertes, estimant qu’un tel ralentissement favoriserait la Chine. La réunion bruxelloise permet aux États membres de confronter leurs analyses, mais elle ne résout pas ce désaccord.

Les pays de l’UE voudraient encadrer le développement de l’IA mais les Américains y sont opposés – Source : Compte X

AI Act et MiCA : Une avance réglementaire à nuancer

L’Europe possède déjà un cadre contraignant pour les développeurs de modèles d’IA à usage général. Depuis août 2025, l’AI Act leur impose notamment des obligations de transparence et de respect du droit d’auteur. Les fournisseurs de modèles susceptibles de présenter un risque systémique doivent aussi évaluer et atténuer ce risque.

En revanche, le calendrier des systèmes d’IA à haut risque a changé. Un règlement entré en vigueur en juillet 2026 reporte leurs principales obligations au 2 décembre 2027 pour certains usages, notamment dans l’emploi, l’éducation ou les infrastructures critiques, et au 2 août 2028 pour les systèmes intégrés à certains produits. Les règles de transparence applicables depuis août 2026 ne sont pas concernées par ce report.

Le secteur crypto offre un point de comparaison, sans constituer un précédent exact. Avec MiCA, l’Union a fixé des règles communes pour les émetteurs de certains cryptoactifs et les plateformes qui fournissent des services aux clients européens. Cette harmonisation facilite la lecture des obligations, mais ne garantit ni l’émergence de leaders européens ni l’adoption de règles similaires ailleurs. Il en va de même pour l’IA : disposer d’un cadre européen donne une base aux discussions internationales, pas un accord mondial.

Jeudi, les représentants européens examineront les incidents récents et compareront les initiatives internationales. Le rejet par Donald Trump d’un ralentissement de l’IA souligne toutefois la difficulté d’obtenir un accord mondial sur les risques des modèles les plus avancés.

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L’Europe veut interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes, voici ce qui pourrait changer

La Commission européenne présentera ce jeudi 17 septembre l’EU KIDS Act, soit un ensemble de règles visant à protéger les plus jeunes en ligne. Les réseaux sociaux, les plateformes de partage de vidéos ou encore les assistants IA sont concernés. Les limitations et interdictions devraient varier en fonction de la tranche d’âge et du type de compte.

Crypto : Polymarket et Kalshi opèrent sans autorisation en Europe, selon l’ESMA

Rappel à l’ordre depuis Paris. L’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) juge Polymarket et Kalshi dépourvus d’autorisation pour commercialiser leurs contrats événementiels en Europe. Le gendarme des marchés va plus loin. Il doute de l’efficacité des restrictions géographiques déployées par les deux plateformes, qu’un simple VPN suffit à contourner.

Le régulateur avance trois qualifications possibles pour ces produits : l’interdiction européenne des options binaires, le règlement MiCA sur les crypto-actifs, ou les législations nationales sur les jeux d’argent. Aucune, pourtant, ne délivre aujourd’hui de passeport aux deux leaders mondiaux du pari sur l’actualité.

Points clés

  • L’ESMA juge que Polymarket et Kalshi commercialisent leurs contrats événementiels dans l’Union sans autorisation
  • Trois régimes peuvent s’appliquer : interdiction des options binaires, règlement MiCA et lois nationales sur les jeux d’argent
  • Le régulateur conteste l’efficacité des blocages géographiques, contournés par VPN à grande échelle
  • Aux États-Unis, Kalshi (22 milliards de dollars) et Polymarket (soutenu par ICE) opèrent sous supervision de la CFTC

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Polymarket et Kalshi : trois régimes juridiques, aucune autorisation

« La commercialisation de ces contrats nécessite une autorisation européenne, que les plus grandes plateformes ne détiennent pas. »

ESMA, rapport de risque, 10 septembre 2026

En clair, un contrat événementiel (event contract) se résume à une question fermée. Tel candidat sera-t-il élu, la BCE baissera-t-elle ses taux, tel club remportera-t-il le championnat ?

Concrètement, la part s’échange entre 0 et 1 dollar. Elle vaut ensuite 1 dollar si l’événement se réalise, zéro dans le cas contraire. En effet, ce profil de gain est exactement celui des options binaires. L’ESMA en a proscrit la commercialisation auprès des clients de détail dès 2018. Les autorités nationales ont ensuite pérennisé l’interdiction sur leur territoire.

La seconde qualification vise directement l’infrastructure de Polymarket. La plateforme règle ses positions en USDC sur Polygon, une mécanique qui la fait entrer dans le champ de MiCA. Le règlement s’applique aux prestataires de services sur crypto-actifs depuis fin 2024.

Par ailleurs, ni Polymarket ni Kalshi ne figurent au registre des acteurs agréés dans l’Union. Ils ne détiennent pas non plus l’agrément d’entreprise d’investissement qu’exigerait une qualification en instrument dérivé sous MiFID II.

Reste le droit des jeux d’argent, une compétence des États membres et non de Bruxelles. La France a ouvert le bal dès fin 2024. L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a qualifié Polymarket de service de pari non autorisé et obtenu un premier géoblocage.

Un rempart jugé trop poreux. L’ANJ a d’ailleurs durci le ton en juillet 2026 en ordonnant aux fournisseurs d’accès un blocage pur et simple du site. La Belgique a suivi une voie comparable dès février 2025. Elle a aussi inscrit la plateforme sur sa liste noire des jeux d’argent illégaux.

Le geoblocage, un rempart jugé insuffisant

Or, les deux sociétés affirment tenir les résidents européens à distance. L’ESMA n’en est pas convaincue.

En effet, un filtrage par adresse IP ne suffit pas à prouver qu’une société ne démarche pas le public de l’Union. Une clause d’exclusion enfouie dans les conditions générales non plus, surtout quand le contournement par VPN est pratiqué à grande échelle.

« On comprend mal pourquoi tous les États membres ne figurent pas sur la liste des pays restreints. »

ESMA, rapport de risque, 10 septembre 2026

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Marchés prédictifs : l’Europe bloque, Washington encadre

En revanche, la trajectoire américaine est rigoureusement inverse. Kalshi opère comme marché à terme désigné (DCM) sous la supervision de la CFTC, l’autorité fédérale des dérivés.

Polymarket, elle, a racheté l’opérateur agréé QCEX pour 112 millions de dollars à l’été 2025. Elle a ensuite rouvert son service aux Américains dans un périmètre supervisé, après des années d’exil réglementaire.

De fait, les capitaux ont validé le virage. ICE, maison mère du New York Stock Exchange, a engagé jusqu’à 2 milliards de dollars dans Polymarket. Sa valorisation avoisine désormais les 8 milliards.

Kalshi a fait plus fort encore. Un tour de table mené par Coatue, avec Sequoia et a16z au capital, l’a valorisée à 22 milliards de dollars au printemps 2026. Deux sociétés que l’Europe juge non autorisées pèsent ainsi davantage que la plupart des places de marché crypto du continent.

Or, aucun acteur européen agréé ne propose aujourd’hui l’équivalent. Les volumes partent ailleurs, car les parieurs du continent passent par des tunnels chiffrés.

Et l’ESMA constate un contournement qu’elle ne peut pas sanctionner elle-même. L’autorité coordonne et interprète ; l’exécution revient à l’AMF, à la BaFin, à la CNMV et à leurs homologues, dossier par dossier.

La demande européenne pour ces produits ne quitte pourtant pas les écrans : elle se déplace hors de tout périmètre supervisé. Un régime d’agrément explicite, comparable à celui de la CFTC outre-Atlantique, ramènerait ces flux sous surveillance et sous impôt. L’ESMA n’a pour l’heure qu’un levier : une grille de lecture transmise aux vingt-sept régulateurs nationaux. À eux, désormais, de sortir la première décision contraignante.

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Des crânes transformés en coupes et des os découpés : ce que révèlent trois grottes du Néolithique dans cette région d’Europe

Le cannibalisme n’a pas été un phénomène isolé dans l’Europe du Néolithique. Des ossements humains retrouvés dans plusieurs grottes du sud de l’Espagne montrent que cette pratique a ressurgi à différentes périodes. Mais derrière des marques similaires sur les os se cacheraient des réalités bien...

Tous contre Starlink : Orange pourrait lancer un service concurrent avec d’autres grands opérateurs européens

Orange Panne

D’après un article de Bloomberg, un groupe d’opérateurs européens, dont Orange, auraient l’intention de concurrencer Starlink sur l’internet mobile par satellite. Et ceux-ci auraient l’intention de faire une offre pour obtenir une partie de fréquences dédiées à cet usage que l’UE pourrait réserver à ses opérateurs locaux. Ce projet de Bruxelles a été proposé au mois de mai, mais n’a pas encore été adopté.

Insee, BCE à Berlin : Les 2 rendez-vous qui vont rythmer ce mercredi 9 septembre

La nuit porte conseil. Ce mercredi 9 septembre tient ce vieux proverbe à distance de sécurité. Un chiffre au réveil, une tablée politique le soir. L’Insee publie à 8h45 son indice de production industrielle de juillet, un secteur qui cherche encore son rebond après deux mois de recul. Douze heures plus tard, changement total de décor. À Berlin, Christine Lagarde partage la table d’un dîner officiel de la Bundesbank, à la veille d’une décision de taux de la BCE que toute la zone euro observe. Deux rendez-vous, un fil commun : celui d’une économie européenne qui hésite entre ralentissement et poussée des prix.

Les points clés de cet article :
  • L’Insee a révélé un indice de production industrielle en déclin pour juillet, marquant un troisième mois de baisse consécutive, alors que l’économie européenne hésite entre ralentissement et poussée des prix.
  • Christine Lagarde a participé à un dîner officiel de la Bundesbank à Berlin, à la veille d’une décision cruciale de la BCE sur les taux d’intérêt, suscitant des spéculations sur son avenir à la tête de l’institution.

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L’Insee ausculte une production industrielle convalescente à 8h45

Rendez-vous fixé à 8h45, heure de Paris. L’Insee y livre l’indice de production industrielle de juillet, un secteur qui peine à sortir de l’ornière depuis le printemps. Deux mois de baisse d’affilée. Juin avait accouché d’un repli de 1,1 % sur un mois, après -1,0 % en mai.

Dans ce contexte, la consommation des ménages reste en berne, les carnets de commandes à l’export se dégarnissent. Il y a malgré tout un signe positif. L’institut notait déjà, dans son enquête de juillet, un regain d’optimisme des industriels sur la demande étrangère à venir.

Un troisième repli d’affilée confirmerait un trimestre poussif, à quelques semaines des prochains chiffres de croissance. La veille, mardi, l’Insee avait déjà publié les prix des logements anciens. Toujours sans franc rebond, un marché qui cherche son plancher depuis deux ans.

À Berlin, la Bundesbank reçoit Lagarde à la veille du verdict de la BCE

Changement de décor complet à 19h00, heure de Berlin comme heure de Paris puisque les deux capitales partagent le fuseau horaire. La Bundesbank reçoit à dîner les membres du conseil des gouverneurs de la BCE, en marge d’une réunion de politique monétaire qui s’ouvre aujourd’hui dans la capitale allemande et se conclut demain.

Le chancelier Friedrich Merz doit lui-même se joindre à la tablée. Un chef de gouvernement à un dîner de banquiers centraux, ce n’est pas si fréquent. Christine Lagarde y arrive sous double pression. L’inflation de la zone euro est repassée de 2,9 % à 3,3 % sur un an entre juillet et août. De quoi pousser les économistes à anticiper une hausse de 25 points de base du taux de dépôt, à 2,50 %, dès la décision de jeudi. Le verdict tombe à 14h15, heure de Paris, suivi de la conférence de presse de Lagarde à 14h45. Les spéculations s’accumulent aussi sur son propre avenir à la tête de l’institution. Berlin verrait bien Joachim Nagel, patron de la Bundesbank, lui succéder. Rien d’officiel pour l’instant. Mais Nagel accueille ce soir la femme dont il pourrait prendre la place.

Ces deux rendez-vous n’ont l’air de rien pris séparément. Un indice manufacturier et un dîner protocolaire filent d’ordinaire sous le radar des marchés crypto. Sauf que la mécanique qui les relie est la même qui a fait plonger Bitcoin sous les 80 000 dollars après le rapport sur l’emploi américain début septembre. Chaque donnée macro, française ou allemande, alimente le même calcul sur la convergence des taux directeurs des deux côtés de l’Atlantique, et donc sur l’écart qui pèse déjà sur le dollar et les actifs à risque. La Fed tranche le 16 septembre, une semaine après la BCE. Et Christine Lagarde, elle, pourrait quitter la BCE avant la fin de son mandat pour peser sur un tout autre calendrier. Celui de la présidentielle française. Deux calendriers sans rapport, sinon le nom de la femme qui les surveille tous les deux ce soir, depuis Berlin.

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