En rechargeant Miami Beach 51 fois depuis les années 1930, la Floride a littéralement racheté à la mer 835 000 mètres cubes de sable pour 40 millions de dollars
Depuis les années 1930, Miami Beach a connu 51 opérations de rechargement côtier, la dernière ayant mobilisé 40 millions de dollars pour restaurer à peine trois kilomètres de côte. Un cycle répétitif qui ressemble moins à un chantier ponctuel qu'à un abonnement sans fin contre l'Atlantique.
En 1972, deux millions de pneus usagés ont été immergés au large de la Floride pour créer un récif artificiel. Cinquante ans plus tard, ce projet utopiste s'est avéré être un désastre écologique : les pneus se sont détachés et ont écrasé les coraux qu'ils devaient protéger, libérant des molécules toxiques dans l'océan.
En 1972, une association floridienne pensait résoudre le problème des pneus usagés en les immergant pour créer un récif corallien. Cinquante ans plus tard, un demi-million de pneus gisent toujours au fond de l'Atlantique, détruisant les écosystèmes marins au lieu de les enrichir. Un chantier de dépollution qui coûtera 137 millions de dollars.
Entre 1962 et 1971, un canal rectiligne de 90 km a remplacé les méandres naturels de la rivière Kissimmee en Floride. Cette transformation, censée mieux évacuer les crues, s'est révélée être l'un des plus grands ratages écologiques américains. Il a fallu près d'un milliard de dollars et trois décennies pour partiellement défaire les dégâts.
Le SS United States, paquebot emblématique de 302 mètres ayant détenu le record de traversée transatlantique depuis 1952, ne finira ni à la casse ni dans un musée. Au lieu de cela, ce géant des mers sera bientôt coulé au large de Destin en Floride pour devenir le plus grand récif artificiel jamais créé par l'homme, transformant un monument oublié en destination mondiale pour les plongeurs.