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Revolut : la fuite de données tourne à la guerre des hackers

Les loups ne se mangent pas entre eux. Manifestement, personne ne l’a rappelé aux auteurs de la fuite de données chez Revolut. L’affaire change de dimension trois jours à peine après avoir révélé comment une demande frauduleuse, envoyée depuis un compte non autorisé sur un domaine gouvernemental authentique, a suffi à faire cracher à la néobanque passeports, selfies et historiques Bitcoin de ses clients. Le ou les hackers à l’origine du vol revendiquent aussi une compromission de services italiens, non confirmée. Et ils ne sont visiblement plus tout à fait d’accord entre eux sur qui a fait quoi. On fait le point de bon matin.

Les points clés de cet article :
  • Revolut confirme une fuite de données ciblée via une demande frauduleuse sur un domaine gouvernemental authentique ; les revendications sur une compromission de la police italienne restent, elles, non vérifiées.
  • Le groupe IAmNotAVillain a publié des dossiers visant notamment des clients identifiés dans plusieurs pays.

Revolut : le pirate revendique aussi la police italienne

Selon un thread publié le 14 septembre par International Cyber Digest, compte spécialisé en cybersécurité, le hacker de Revolut se serait confié directement à ses équipes. Et, son récit dépasse largement le cadre de la demande frauduleuse déjà documentée.

En effet, l’opération contre Revolut aurait duré six mois entiers, et les fausses demandes de données auraient transité par des systèmes compromis appartenant à plusieurs services des forces de l’ordre italiennes. L’information a été reprise dès le 14 septembre par la presse tech italienne, notamment par Matrice Digitale. Revolut, de son côté, maintient que ses systèmes internes et les fonds de ses clients n’ont pas été compromis.

Le pirate affirme détenir 147 gigaoctets de documents pris côté italien : agendas, dossiers internes, échanges personnels, selon les captures qu’il a montrées à la presse. Il cite même, toujours selon ses dires et sans authentification possible, les logs d’un agent des forces de l’ordre en pleine dispute conjugale par message. Rien de tout cela n’est confirmé. Ni Revolut, ni le Viminale, ni l’ACN (Agenzia per la Cybersicurezza Nazionale), ni la Polizia Postale n’ont fait de déclaration à ce sujet à l’heure où ces lignes sont écrites. Le conditionnel reste donc bien sur ici de rigueur.

Cependant, un précédent italien existe, sans lien établi. Les faits remontent à 2021-2022, mais la Procura di Milano n’en a révélé l’existence qu’en février dernier : six personnes y sont visées pour avoir utilisé deux adresses e-mail authentiques du ministère de l’Intérieur italien, liées à de vrais policiers, ainsi qu’un compte réel des Carabinieri, afin de soutirer des données à Wind, TIM, Vodafone, Iliad, Microsoft, TikTok, Amazon, Facebook, Snapchat et Google. Le dossier mentionne même un faux décret antiterroriste envoyé à Google, ainsi que des contacts prêtés avec NSO Group et Chainalysis. Rien ne prouve qu’il s’agit du même commando : ce dossier montre seulement qu’un accès policier italien détourné pour arracher des données à des entreprises privées ne serait pas une première.

Documents d'identité et photo floutée publiés sur le site IAmNotAVillain, issus de la fuite de données Revolut.
Le site IAmNotAVillain revendique la fuite de données de Revolut.

IAmNotAVillain : la fuite Revolut vire à la guerre de gangs

Le même jour de publication du thread de Cyber Digest, un site baptisé IAmNotAVillain a fait son apparition en ligne, avec sa propre page dédiée à Revolut. Le message affiché est sans détour : Revolut aurait ignoré un signalement sur la sécurité de sa base utilisateurs, ce qui aurait poussé le groupe à publier lui-même les documents KYC (les justificatifs d’identité collectés à l’ouverture du compte), adresses, numéros de téléphone, comptes bancaires et transactions crypto qu’il affirme détenir.

Sauf que le site s’ouvre aussi sur un désaveu en règle. Ses auteurs accusent un « imposteur », ancien collaborateur selon eux, d’avoir récupéré un petit échantillon de données et de s’en attribuer désormais toute la paternité. Le groupe d’origine promet de pouvoir prouver son authenticité, fichiers originaux et échanges avec les entreprises concernées à l’appui, et met en garde quiconque négocierait avec ce rival : personne n’a intérêt à traiter avec lui.

Message des hackers accusant Revolut de n'avoir pas sécurisé ses données utilisateurs.
Capture du message publié par les hackers.

De Zurich à La Valette : l’addition Revolut s’allonge

Toujours selon IAmNotAVillain, l’essentiel des données proviendrait de clients suisses et français. Mais la liste des pays concernés, égrenée dans le même thread, s’allonge bien au-delà : Chypre, le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne, la Bulgarie, la Tchéquie, la Roumanie, la Pologne, Malte, la Norvège, la Suède et l’Italie apparaîtraient aussi parmi les juridictions touchées, une liste que le groupe présente lui-même comme non exhaustive.

Deux noms s’ajoutent à ceux déjà identifiés cette semaine, le joueur de tennis Shevchenko et le patron de Gamdom Felix Römer. Le thread cite aussi Georges Mikautadze, présenté comme un joueur du FC Barcelone sur la photo jointe, maillot blaugrana à l’appui. En réalité, l’attaquant évolue à Villarreal, où il était titulaire le 14 septembre face au Betis ; un temps annoncé dans le viseur du Barça cet été, il n’y a jamais été transféré.

Le tableau qui se dessine dépasse la simple négligence d’une néobanque piégée par une demande officielle falsifiée. Si les revendications du 14 septembre se confirment, ce n’est plus seulement Revolut qui devra rendre des comptes, mais des pans entiers d’administrations italiennes dont la sécurité aurait, elle aussi, cédé. À côté de ça, la demande de 10 000 bitcoins réclamée aux dirigeants de Revolut paraît presque anecdotique. Entre un hacker qui négocie, un rival qui revendique la même fuite et des services de police italiens visés à leur tour, les revendications du 14 septembre ouvrent un nouveau front dans une affaire qui, une semaine plus tôt, ne concernait qu’une demande frauduleuse et quelques clients fortunés.

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Fuite de données chez Revolut : Une rançon serait réclamée

Chantage numérique. Il y a quarante-huit heures, la fuite de données chez Revolut ressemblait à une bavure isolée : un faux e-mail gouvernemental, une agence usurpée, des dossiers clients transmis par erreur. Ce dimanche soir, l’histoire prend une tournure autrement plus sale. Les auteurs du piratage ne se contentent plus d’avoir volé passeports et historiques Bitcoin. Ils les publient. Ils ciblent des clients en vue. Et ils réclament de l’argent à la néobanque pour arrêter là, captures d’écran à l’appui.

Les points clés de cet article :
  • Revolut a été victime d’une fuite de données où des informations sensibles de clients, y compris des personnalités en vue, ont été publiées par des pirates.
  • Les pirates ont réclamé une rançon à Revolut en menaçant de divulguer davantage de données si leurs exigences n’étaient pas satisfaites.

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Revolut sous la pression d’une rançon numérique

Le compte spécialisé en cybersécurité International Cyber Digest a donné l’alerte dimanche à 20h05 : les attaquants derrière la fuite du 12 septembre publient désormais des données sensibles de clients, « y compris celles de clients en vue comme le joueur de tennis Shevchenko et Römer, patron de Gamdom et Skinscom ».

Traduction : ils veulent que Revolut paie, sous peine de voir d’autres messages internes et données clients atterrir en ligne. Au passage, ils accusent la néobanque d’avoir transmis des informations sensibles à des pays hors de sa juridiction, et de négligence dans la protection de ses clients.

Tout semble calqué sur le mode opératoire classique des groupes de ransomware : voler, exposer, faire monter la pression. En quelques heures, le message a dépassé les 128 000 vues et 280 republications, largement relayé au sein de la communauté cybersécurité anglophone.

‼ BREAKING: The threat actors who targeted Revolut with information-demand emails are now posting sensitive customer data, including that of high-profile clients such as tennis player Shevchenko and Römer, CEO of Gamdom/Skinscom.

They want Revolut to pay up. They say they'll… pic.twitter.com/obuVOOABx7

— International Cyber Digest (@IntCyberDigest) September 13, 2026

« Les auteurs de la menace qui ont ciblé Revolut avec des courriels demandant des informations publient maintenant des données sensibles de clients, y compris celles de clients de renom tels que le joueur de tennis Shevchenko et Römer, PDG de Gamdom/Skinscom.

Ils exigent que Revolut paie. Ils affirment qu’ils publieront davantage de messages, de données et d’informations sur le fonctionnement de l’équipe Revolut. Ils accusent Revolut d’avoir transmis des informations sensibles à des pays situés hors de sa juridiction. Ils accusent l’entreprise de négligence en matière de protection de la vie privée et de divulgation d’informations sensibles.»

Felix Römer, première victime nommée dans la fuite Revolut

Sur les trois captures jointes au message, l’une reproduit un échange Telegram où les pirates écrivent avoir mis la main sur « le KYC complet de Felix Romer, patron de gamdom.com ». Un selfie de vérification et une pièce d’identité y figurent, accompagnés de la confirmation de compte Revolut de Felix Römer.

Le patron de la plateforme de paris crypto Gamdom, également à la tête de Skinscom, a réagi lui-même sur X d’un « Ah wtf » adressé à @Revolut, sans démentir.

Selon CoinDesk, l’enquêteur on-chain ZachXBT avait déjà relevé samedi que la fuite semblait avoir ciblé en priorité des clients fortunés détenteurs de cryptomonnaies. Le nom exact du joueur de tennis visé restait à confirmer dimanche soir. Aucun média n’avait encore relayé ce nouveau rebondissement au moment de la publication de cet article.

Revolut, entre ambitions bancaires et défiance grandissante

Difficile de tomber plus mal. Revolut a obtenu, début septembre, un feu vert conditionnel pour lancer une banque aux États-Unis en 2027, et cherche à se poser en alternative sérieuse aux banques traditionnelles. Un fichier client qui finit sur Telegram, à quelques jours d’intervalle, ne colle pas franchement avec ce récit-là.

La société avait déjà traversé une fuite touchant plus de 50 000 clients en 2022, puis affronté en juillet des allégations, contestées, de 75 millions d’enregistrements mis en vente sur des forums criminels. Cette fois, pourtant, ce ne sont plus des dossiers réglementaires qui remontent, mais des visages et des adresses personnelles.

Ce que Revolut perd, ce sont des adresses, au sens propre. En France, les mêmes informations ont déjà nourri des vagues de crypto-extorsion, documentées par la gendarmerie depuis plusieurs mois. Sept suspects ont été interpellés après le kidnapping violent d’un couple de retraités à Sallanches, enlevé début janvier en échange d’une rançon de 8 millions d’euros en cryptomonnaies réclamée à leur fils investisseur.

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Trezor, BitBox, CoinTracking : la brèche chez Brevo transforme leurs emails en pièges à phishing

Un cheval dans les remparts. Le 9 septembre 2026, les clients de Trezor reçoivent un mail au bon logo, à la bonne adresse, annonçant une faille critique sur les puces STM32 qui équipent leurs portefeuilles matériels. Rien ne cloche, sauf que tout est faux. Le fabricant tchèque sort à peine de sa fuite de données chez son prestataire logistique ShipMonk. Cette fuite avait exposé les coordonnées de dizaines de milliers de clients. Cette fois, c’est son prestataire email qui a cédé, laissant des attaquants écrire depuis l’adresse officielle de la marque.

Les points clés de cet article :
  • Le 9 septembre 2026, des attaquants ont envoyé un faux mail alarmant aux clients de Trezor, exploitant une prétendue faille des puces STM32.
  • Des pirates ont compromis Brevo, anciennement Sendinblue, affectant également BitBox et CoinTracking et exposant les vulnérabilités des services de messagerie.

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STM32 Entropy Vulnerability : la fausse faille qui a piégé les clients Trezor

L’email s’intitule « Critical Security Alert: STM32 Entropy Vulnerability ». Concrètement, il prétend qu’une faille d’entropie, soit un défaut dans la génération aléatoire des clés, touche les puces STM32 qui équipent une bonne partie des Trezor en circulation. Le message pousse le lecteur pressé à cliquer sur un lien pour « sécuriser » son solde. Le lien renvoie vers une application à télécharger, qui réclame ensuite la phrase de récupération de 12 ou 24 mots. Résultat : tout le portefeuille part en fumée, car cette suite de mots permet à elle seule de reconstruire n’importe quelle clé privée associée.

L’expéditeur rend ce piège redoutable, bien plus que le prétexte technique, plutôt grossier pour qui connaît un peu le sujet. Le mail passe tous les contrôles d’authentification SPF, DKIM et DMARC, les vérifications censées confirmer qu’un email vient bien du bon domaine. Il part réellement du compte Brevo de Trezor, et non de ses serveurs internes, ce qui explique qu’il franchisse tous les filtres. Sur X, la marque a réagi le 9 septembre : « Sachez que l’email intitulé « Critical Security Alert: STM32 Entropy Vulnerability » ne vient pas de nous, il s’agit d’une tentative de phishing. Ne cliquez sur aucun lien », rapporte The Block. Trezor a d’ailleurs fait fermer le domaine frauduleux en seulement 20 minutes, mais environ 2 500 personnes avaient déjà cliqué sur le lien parmi les quelque 347 000 abonnés visés par l’envoi.

Our third-party e-mail provider has been breached. Please be aware that the email named ‘Critical Security Alert: STM32 Entropy Vulnerability’ is not coming from us, and it’s a phishing attempt. Do not click on any link.

We have taken down the domain, and we are investigating…

— Trezor (@Trezor) September 9, 2026

« Notre fournisseur de messagerie tiers a été victime d’une cyberattaque. Veuillez noter que le courriel intitulé « Alerte de sécurité critique : Vulnérabilité d’entropie STM32 » ne provient pas de nous et qu’il s’agit d’une tentative d’hameçonnage. Ne cliquez sur aucun lien. Nous avons désactivé le domaine concerné et nous enquêtons actuellement sur la situation, notamment sur la manière dont les pirates ont pu accéder à notre domaine légitime.»

Brevo, le maillon faible qui a aussi piégé BitBox et CoinTracking

Trezor n’est pas seul dans cette histoire. Le prestataire compromis n’est autre que Brevo, une plateforme d’envoi d’emails marketing qui s’appelait Sendinblue jusqu’en 2023. Des dizaines d’entreprises l’utilisent pour leurs newsletters. Du coup, au moins deux autres acteurs crypto ont subi la même mésaventure le même jour.

Brevo a reconnu un incident de sécurité ayant permis à un attaquant d’accéder à 138 comptes de la plateforme, dont 6 utilisés pour envoyer du phishing et 43 ayant subi un export de contacts. Le fabricant suisse BitBox a repéré une campagne identique visant ses propres utilisateurs. « Plusieurs autres entreprises bitcoin ont été visées et semblent avoir utilisé le même prestataire », a-t-il reconnu, selon Bitcoin.com. CoinTracking, le service de suivi de portefeuille et de fiscalité crypto, a demandé à ses utilisateurs de ne cliquer sur aucun lien tant que l’enquête n’est pas terminée.

Troisième alerte en un mois : la série noire des prestataires de Trezor

Remontons un peu. Mi-août 2026, Trezor annonçait déjà une fuite chez son prestataire logistique, ShipMonk : noms, adresses postales et numéros de téléphone de 13 689 clients exposés. Début septembre, la marque a dû revoir sa copie à la hausse. la même brèche concernait en réalité 67 000 clients américains supplémentaires, portant le total à 80 689 personnes. Cette fuite-là n’a pourtant directement compromis ni clé, ni wallet, ni sauvegarde. Mais des coordonnées postales et téléphoniques entre de mauvaises mains, ça se traduit vite en appels frauduleux et en colis piégés.

Ajoutez la brèche Brevo à ce tableau et le compte est vite fait : deux prestataires différents, trois incidents de sécurité, en moins d’un mois. Le matériel Trezor n’a jamais été mis en cause. Quatrième semaine seulement.

Les portefeuilles matériels blindent la clé privée à l’intérieur d’une puce sécurisée. Ils ne blindent pas la boîte mail du fabricant, ni les prestataires qui gravitent autour de lui. Dans les faits, le silicium a tenu. La chaîne d’approvisionnement, elle, a craqué chez deux prestataires différents en moins d’un mois. Malgré tout, Trezor elle-même n’a perdu aucune clé, aucun seed ni aucune sauvegarde sur ces trois épisodes : ce que les personnes ayant cliqué sur le lien piégé ont pu saisir dans l’application frauduleuse, en revanche, reste inconnu. Ainsi, la prochaine campagne de phishing crypto n’aura sans doute plus besoin de casser un système : une faille dans un processus d’authentification chez le bon prestataire peut suffire.

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Hack de Liquid Network : le pirate revient à la charge et réclame 10% à Blockstream

L’appétit vient en mangeant. Vous pensiez l’affaire refermée ? Le hacker de Blockstream a empoché 598,5 BTC en guise de récompense pour son piratage du Liquid Network il y a trois jours. Il a depuis revu à la hausse ce qu’il considère comme une compensation raisonnable. Un nouveau message on-chain, daté du 9 septembre, change de ton. Fini les négociations feutrées en OP_RETURN entre gens de bonne compagnie. L’attaquant y exige un versement de 10% prélevé directement sur la trésorerie de Blockstream, sous peine de faire perdre 15% aux détenteurs de L-BTC. Et prévient, en prime, qu’il compte publier la clé qui déchiffre leurs échanges privés.

Les points clés de cet article :
  • Le hacker de Blockstream a empoché 598,5 BTC après avoir exploité une faille du Liquid Network, mais a ensuite exigé un paiement supplémentaire de 10% sur la trésorerie de Blockstream.
  • Blockstream a rapidement patché le bug, restituant 3 400 BTC à la fédération, mais le hacker menace de publier des informations privées si ses nouvelles exigences ne sont pas satisfaites.

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Liquid Network : un braquage vite refermé, en apparence

Retour en arrière. Le 6 septembre, un attaquant exploite une faille du logiciel Elements, la brique technique qui fait tourner Liquid Network, la sidechain fédérée de Bitcoin opérée par Blockstream. Le bug se niche dans le cache de vérification des preuves de montant (range proofs). Des preuves invalides y passent pour déjà validées, ce qui permet de frapper environ 4 000 BTC synthétiques sans la moindre garantie en face. Facture totale, environ 320 millions de dollars.

L’attaquant se présente aussitôt comme un whitehat, un chercheur en sécurité qui exploite une faille pour la signaler plutôt que pour s’enrichir. Blockstream patche le bug et confirme publiquement que la restitution des fonds ne présente plus de risque. Le lundi 7 septembre, 3 400 BTC reviennent à la fédération, environ 272 millions de dollars, 85% du butin. Le hacker garde 598,5 BTC, soit environ 47 millions de dollars, en guise de récompense. Liquid Network, lui, marque toujours le pas. Les nœuds du pont sont désactivés, aucune date de reprise n’a été annoncée.

Bug bounty à 10% : le hacker de Liquid Network sort les crocs

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Elle ne s’arrête pas là. Le 9 septembre, un nouveau message atterrit sur la chaîne, cette fois sans détour. L’attaquant accuse Blockstream de n’avoir consacré que « 1,5 million de dollars, peut-être même zéro » à la sécurisation de 5 milliards de dollars d’actifs, une négligence qu’il qualifie de « manquement flagrant » et de « mauvaise gestion complète ». Sa demande ne laisse pas de place à l’interprétation. Blockstream doit verser 10% de bug bounty sur ses fonds propres, faute de quoi les détenteurs de L-BTC essuieront une perte de 15%. Il ajoute vouloir publier la clé permettant de déchiffrer leurs conversations passées si l’entreprise ne s’exécute pas.

Deux médias spécialisés ont documenté ce nouvel épisode le 9 septembre. PANews a publié le message à 12h52 UTC. Bitcoin.com News en donnait une citation quasi identique un peu plus tard dans la matinée. Blockstream n’a pour l’instant apporté aucune réponse publique à cette nouvelle exigence.

Message OP_RETURN du hacker de Liquid Network adressé à Blockstream, exigeant 10% de bug bounty sous peine de faire perdre 15% aux holders
Le nouveau message on-chain du hacker, publié le 9 septembre. Capture du fil de @PreRichBear sur X.

« Votre manquement est flagrant : vous n’avez alloué que 1,5 million de dollars (voire zéro) à la sécurisation de 5 milliards de dollars d’actifs. C’est une négligence caractérisée et un signe de mauvaise gestion totale. Vous DEVEZ payer 10% de votre propre poche en guise de bug bounty, sous peine de faire perdre 15% à l’ensemble de vos détenteurs, par votre irresponsabilité et votre avarice. Même les entreprises qui participent à des programmes de bug bounty ne peuvent garantir une sécurité totale, encore moins la vôtre, qui reste à ce jour dans le déni, la cupidité et l’arrogance. Quoi qu’il en soit, nous allons publier la clé privée permettant de déchiffrer nos conversations.»

Message on-chain du hacker, traduit de l’anglais. Capture relayée par @PreRichBear sur X, 9 septembre 2026.

Liquid Network sous tension : les 598,5 BTC comme monnaie d’échange

Ce que Bitcoin.com News décrit comme un « standoff qui s’intensifie » tient en une phrase. Le hacker garde en otage les 598,5 BTC qu’il n’a jamais rendus, et s’en sert de levier pour arracher un paiement supplémentaire, cette fois directement dans la poche de Blockstream. Une manière de faire comprendre que la première négociation n’était qu’un acompte.

Le précédent le plus proche reste le hack de Poly Network en 2021. Là aussi, l’attaquant s’était présenté comme un whitehat et avait négocié publiquement, en pleine lumière. Il avait fini par restituer la quasi-totalité des 611 millions de dollars dérobés, avant de se voir proposer un poste de conseiller sécurité par le protocole lui-même. Cinq ans plus tard, le hacker de Liquid Network rejoue la même partition, en plus âpre. Il retient toujours 598,5 BTC. Et il réclame, en prime, 10% de plus sur la trésorerie de Blockstream.

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Alerte Chrome : Google corrige une faille de sécurité déjà utilisée par des pirates

Une faille déjà exploitée avant son correctif. Google a publié une mise à jour de sécurité pour Chrome après avoir constaté l’exploitation active de la vulnérabilité CVE-2026-85046. La faille touche V8, le moteur utilisé par le navigateur pour exécuter le JavaScript et le WebAssembly. Google ne précise toutefois ni l’identité des attaquants, ni leurs cibles, ni les risques exacts liés à la faille. L’entreprise n’a notamment établi aucun lien avec des vols de cryptomonnaies, de données bancaires ou d’identifiants. Voici ce que l’on sait.

Les points clés de cet article :
  • Google a publié un correctif pour une faille de sécurité critique exploitée dans le moteur V8 de Chrome.

  • Aucun vol de cryptomonnaies ou de données bancaires n’a été lié à cette vulnérabilité mystérieuse.
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Une faille de confusion de type dans le moteur V8

CVE-2026-85046 est une vulnérabilité dite de « confusion de type ». Ce problème apparaît lorsqu’un programme interprète une donnée comme appartenant à une catégorie différente de celle attendue. Il peut alors provoquer des erreurs dans la gestion de la mémoire et ouvrir la voie à des comportements non prévus.

La faille a été signalée le 4 août 2026 par le chercheur en sécurité Salvatore Gulizia, également connu sous le pseudonyme Serotav. Google lui a accordé une prime de 1 000 dollars pour sa découverte.

Et l’entreprise confirme dans son communiqué que cette faille est déjà utilisée dans des attaques réelles. Elle n’indique cependant pas si la vulnérabilité permet, à elle seule, d’exécuter du code à distance ou si elle doit être combinée à d’autres failles.

Le correctif est intégré aux versions 152.0.7977.82 et 152.0.7977.83 pour Windows et macOS, ainsi qu’à la version 152.0.7977.82 pour Linux. Son déploiement doit s’effectuer progressivement sur plusieurs jours ou semaines.

La mise à jour contient douze correctifs de sécurité au total : neuf concernent des vulnérabilités classées de sévérité élevée et deux des failles de sévérité moyenne. Google limite temporairement l’accès à certains détails techniques afin de laisser le temps aux utilisateurs et aux projets concernés d’installer les correctifs.

Google a publié une mise à jour de sécurité pour Chrome après avoir constaté l’exploitation active de la vulnérabilité CVE-2026-85046. La faille touche V8, le moteur utilisé par le navigateur pour exécuter le JavaScript et le WebAssembly. Google ne précise toutefois ni l’identité des attaquants, ni leurs cibles, ni les capacités exactes de l’exploit. L’entreprise n’a notamment établi aucun lien avec des vols de cryptomonnaies, de données bancaires ou d’identifiants. Voici ce que l'on sait.
La nouvelle fait le tour des rédations spécialisées – Source : Compte X

Aucun lien établi avec des vols de cryptomonnaies

Les navigateurs constituent une cible sensible pour les utilisateurs de cryptomonnaies, car ils permettent d’accéder aux plateformes d’échange, aux applications décentralisées et aux extensions de wallets. Cela ne signifie pas pour autant que CVE-2026-85046 a été utilisée dans ce contexte.

Google n’a signalé aucun vol de crypto, aucune compromission de portefeuille et aucune récupération de clé privée liée à cette vulnérabilité. Les risques précis restent inconnus tant que l’entreprise n’a pas publié davantage d’éléments sur la faille observé.

D’autres attaques visant les utilisateurs de cryptomonnaies ont déjà emprunté le navigateur, mais selon des méthodes différentes. Certaines extensions malveillantes ont modifié des transactions, tandis que de faux modules de wallets ont dérobé des identifiants ou des phrases de récupération. Aucun de ces incidents n’a été relié à CVE-2026-85046.

La priorité consiste donc à vérifier que Chrome est à jour. Il suffit d’ouvrir le menu du navigateur, puis Aide > À propos de Google Chrome : la recherche de mise à jour se lance automatiquement. Un redémarrage du navigateur peut être nécessaire pour activer le correctif.

Cette mise à jour ferme une faille dont l’exploitation est confirmée, mais dont les effets restent encore peu documentés. La prudence impose donc de l’installer rapidement sans attribuer à la vulnérabilité des vols ou des capacités techniques que Google n’a pas établis.

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Bitcoin et hack de Liquid Network : le hacker rend 3 400 BTC

Rendez à César ce qui est à César. Le braqueur de Liquid Network, lui, a réécrit la formule à sa façon : il restitue l’essentiel et garde la dîme. Deux jours après avoir vidé 95 % de la réserve fédérée de cette sidechain de Bitcoin, l’attaquant a renvoyé 3 400 des quelque 4 000 BTC dérobés à Blockstream. Sur les 320 millions de dollars envolés dimanche, environ 268 millions retrouvent donc le chemin de la fédération. Le reste, 598 bitcoins, soit près de 47 millions de dollars, dort toujours dans le portefeuille de celui qui se présente comme un « whitehat ».

Les points clés de cet article :
  • Un hacker a dérobé 4 000 BTC à Liquid Network, mais a restitué 3 400 BTC, gardant 598 BTC en tant que commission.
  • Le bug à l’origine du vol a été corrigé, mais la sidechain Liquid Network reste à l’arrêt, sans calendrier annoncé pour sa reprise.

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Liquid Network : comment 320 millions de dollars ont fondu en un après-midi

Retour au point de départ. Dimanche 6 septembre, un bug de mise en cache dans la vérification des preuves de plage (range-proof) d’Elements, le logiciel qui fait tourner Liquid Network, permet de créer du L-BTC sans le moindre bitcoin en garantie derrière. Le hackeur teste d’abord la faille avec environ 2 BTC. Ça passe. Il enchaîne avec près de 4 000 L-BTC fantômes, convertis en vrais bitcoins via le service de sortie de SideSwap. La réserve de la fédération, qui frôlait les 4 200 BTC, tombe à 197 BTC. Aucune clé privée n’a été volée. C’est la logique d’émission des jetons qui a craqué, pas le coffre-fort.

L’attaquant a laissé un message on-chain traduit de l’anglais : « Nous sommes des whitehats. Contactez-nous en on-chain. » Un civisme de façade que Charles Guillemet, directeur technique de Ledger, n’a pas franchement gobé, « un hacker éthique ne vide pas un pont avant de proposer une discussion » avait-il même précisé. Blockstream a coupé les bridge nodes dans la foulée. Le L-BTC était sous-collatéralisé, mais les autres actifs, émis nativement sur la sidechain (USDT, DePix, actifs tokenisés), n’ont pas quitté la chaîne. Gelée elle aussi, elle n’a pas été siphonnée. Confiance suspendue, sidechain à l’arrêt.

Bitcoin (BTC) : négociation à distance et restitution partielle

Ce qui aurait pu tourner au bras de fer s’est réglé en coulisses. Blockstream corrige le bug, patche ses nœuds, puis signale à l’attaquant que le terrain est « sûr » pour rendre les fonds. Chose promise, chose à moitié tenue : lundi, 3 400 BTC repartent vers l’adresse de la fédération. L’attaquant, qui avait posé une condition avant de rendre quoi que ce soit, empoche au passage un peu plus de 15 % du butin. Une dîme façon rançon, négociée sans qu’un seul mot n’ait été échangé hors chaîne.

Capture mempool.space de la transaction confirmée du hacker de Liquid Network envoyant 3 400 BTC à l'adresse de la fédération, avec 598,5 BTC de monnaie
La transaction de retour, confirmée : 3 400 BTC envoyés à l’adresse de la fédération Liquid Network, 598,5 BTC de monnaie qui repartent vers l’attaquant. Frais accélérés en RBF pour passer plus vite. Source : mempool.space

Le bitcoin, lui, n’a pas bronché. Le cours restait autour de 79 500 dollars au moment des faits, à peine 0,5 % de baisse. Le marché a lu l’histoire pour ce qu’elle est, un accident de sidechain, pas une brèche dans le protocole Bitcoin lui-même.

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La transaction que tout le monde commente n’est pas celle qu’on croit

La transaction qui circule sur mempool.space et qu’on prend pour la preuve du remboursement ne montre rien de tel. Deux entrées, quatre sorties, 598,49954242 BTC qui repartent quasi intégralement vers l’adresse d’origine. Un simple mouvement de fonds vers son propre portefeuille, doublé d’un message PGP chiffré planqué dans un output OP_RETURN. Le chiffre colle en réalité pile avec les 598,5 BTC que l’attaquant a gardés, pas avec les 3 400 rendus à la fédération.

La transaction de consolidation à 598,5 BTC sur l’adresse du hacker, confirmée le 7 septembre. Un retour quasi intégral vers lui-même : la preuve qu’il s’agit de sa commission, pas du remboursement à Blockstream. Source : mempool.space

De quoi tempérer l’idée d’un repenti version conte de Noël. Le réseau, de son côté, reste à l’arrêt : dépôts et retraits suspendus chez les exchanges, bridge nodes désactivés, aucun calendrier de reprise annoncé.

Dans l’histoire des hacks crypto, ce genre de dénouement partiel n’a rien d’inédit. Euler Finance avait récupéré la quasi-totalité de ses 197 millions de dollars volés en 2023, quand Ronin Network n’a jamais revu la couleur de ses 625 millions. Entre les deux, Liquid Network trace une troisième voie, faite de restitution négociée, de commission assumée et de sidechain toujours à l’arrêt ce lundi soir.

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L’article Bitcoin et hack de Liquid Network : le hacker rend 3 400 BTC est apparu en premier sur Journal du Coin.

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Cyberattaque à Berlin et rançon en bitcoins : 1,4 million de fichiers publiés sur le darkweb

Berlin a choisi de ne pas jouer, sans doute au prix fort. Après le hack qui avait mis deux administrations du Sénat berlinois hors ligne à la mi-août et les 30 bitcoins réclamés par le groupe Rhysida, la ville a refusé de payer. La sanction est tombée le 4 septembre, dès l’expiration de l’ultimatum, avec 1,4 million de fichiers déversés dans le dark web et un message qui sonne comme une provocation calculée. Et l’histoire ne s’est pas arrêtée là.

Les points clés de cet article :
  • Berlin a refusé de céder au chantage du groupe Rhysida, malgré le scandale des 1,4 million de fichiers déversés sur le dark web.
  • Un second lot de données a été publié, mais aucune preuve ne montre que le réseau administratif reste compromis.

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Le vidage de sac promis, exécuté à la lettre

Vous vous souvenez du compte à rebours de sept jours ? Rhysida l’a tenu à la minute près. Quelques instants après l’échéance, le groupe a mis en ligne environ 1,4 million de fichiers, comme l’a détaillé le média spécialisé IT-Administrator dans son analyse du 5 septembre : dossiers de personnel, documents financiers et administratifs, identifiants d’accès. Le tout accompagné d’un message qui se veut narquois, une invitation à « bien s’amuser » adressée aux fouineurs du dark web.

Rien de très original, en réalité. La bibliothèque britannique avait fait le même choix face à Rhysida en 2023, et près de 490 000 fichiers avaient fini par fuiter derrière son refus. Berlin savait donc parfaitement à quoi s’attendre en tenant tête au groupe.

Un second paquet de données, confirmé par la chancellerie du Sénat

Sauf que l’histoire ne s’arrête pas au 4 septembre. Dans la nuit de samedi à dimanche, les pirates ont mis en ligne ce que la chancellerie du Sénat berlinois a elle-même qualifié d‘« autre paquet de données », cette fois centré sur des identifiants d’accès, comme l’a rapporté Berliner Zeitung dimanche soir. L’administration du développement urbain, de la construction et du logement a revu et durci certaines mesures de sécurité déjà en place, avec un risque de restrictions ponctuelles sur des démarches en ligne, par exemple les demandes d’aide au logement. Les usagers concernés doivent être prévenus au cas par cas.

Le Sénat reste peu bavard sur le détail des procédures touchées. Il confirme seulement qu’aucun élément ne montre, à ce stade, que le réseau administratif resterait compromis : les enquêteurs de la police criminelle du Land et du parquet de Berlin, mobilisés depuis l’annonce officielle fin août, poursuivent leurs investigations.

Le vrai danger commence maintenant

Voilà le paradoxe d’une fuite de cette ampleur : le piratage à proprement parler est terminé, ses conséquences ne font que débuter. Un tel volume de noms, de fonctions et de dossiers internes authentiques transforme le moindre futur email frauduleux en arme de précision. Le hameçonnage ciblé (spear phishing, une tentative de fraude construite sur mesure à partir d’informations réelles sur la cible) n’a plus besoin d’improviser, il pioche directement dans les vrais dossiers de la ville.

C’est le principe de la double extorsion, devenu la norme chez les groupes de rançongiciel : voler les données avant de chiffrer les systèmes, puis menacer de les publier, peu importe si les machines sont restaurées derrière. Une sauvegarde propre répare un serveur. Elle ne fait pas revenir un fichier déjà en ligne. Double peine, pas double protection.

Rhysida, calendrier électoral et coïncidences qui n’en sont pas

Ajoutez à cela le calendrier électoral. L’élection du Parlement régional berlinois se tient le 20 septembre, deux semaines seulement après cette deuxième vague de fuites. Les autorités le disent sans détour, aucun lien n’a été établi entre l’attaque et le scrutin, l’opération reste classée comme motivée par l’argent. Reste que des données volées pour de l’argent peuvent très bien resservir plus tard à d’autres fins, électorales ou non.

Rhysida avait déjà visé l’aéroport de Seattle, en 2024, pour 100 bitcoins. Son nom avait aussi circulé autour de Stuttgart en mai, pour une demande de 5 bitcoins que la ville n’a jamais confirmée. Berlin, elle, a tenu bon sur 30 et refusé de nourrir la machine. La Saxe avait pourtant vendu, en 2024, près de 50 000 bitcoins saisis dans l’affaire Movie2k, pour plus de 2,6 milliards d’euros. Le même pays refuse aujourd’hui d’en payer trente pour racheter la paix face à Rhysida. Le groupe, lui, n’a jamais eu l’intention de jouer selon les règles de qui que ce soit.

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Hack à 320 millions de $ sur Bitcoin : Retour sur un bras de fer de 48h

Près de 4 000 bitcoins, un message gravé dans une transaction, et une sidechain débranchée. Le pont de Liquid Network, sidechain fédérée développée par Blockstream, a laissé filer 3 996,01834922 BTC. L’auteur du retrait a pris soin d’inscrire sa ligne de défense directement dans la blockchain Bitcoin. Il se présente ainsi comme un hacker éthique et invite ses victimes à venir discuter. Charles Guillemet, directeur technique de Ledger, n’en croit pas un mot.

Le temps de constater les dégâts, Liquid a coupé ses nœuds de bridge, gelant de fait la sidechain. Les plateformes d’échange ont suspendu les dépôts et retraits de L-BTC pendant que les membres de la fédération cherchent par où l’attaquant est passé.

Points clés

  • 3 996,01834922 BTC ont été retirés du pont de Liquid Network via la Peg-out Authorization Key de SideSwap
  • Aucune clé n’a été volée, ni celle de SideSwap ni une autre : le problème vient de la logique qui valide les peg-outs
  • L’auteur du retrait se revendique whitehat dans un message OP_RETURN, ce que conteste Charles Guillemet, CTO de Ledger
  • Les nœuds de bridge sont désactivés et les plateformes ont suspendu les mouvements de L-BTC ; USDT, DePix et RWA (actifs du monde réel tokenisés) ne sont pas touchés

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Un peg-out de 3 996 bitcoins, puis un message dans la blockchain

Le fonctionnement de Liquid tient en deux mouvements. Le peg-in verrouille des BTC sur Bitcoin en échange de L-BTC émis sur la sidechain. Le peg-out fait l’inverse. Il libère les bitcoins d’origine et détruit les L-BTC correspondants. C’est cette seconde porte qui a cédé, pour près de 320 millions de dollars au cours du jour de l’incident. De fait, il ne reste plus qu’environ 200 BTC dans les réserves de la fédération, contre plus de 4 200 avant l’incident.

L’alerte est partie de Charles Guillemet. Il a repéré la sortie massive de fonds accompagnée d’un message en OP_RETURN, ce champ d’une transaction Bitcoin qui permet d’y graver quelques octets de données arbitraires, lisibles par tous et impossibles à effacer.

« Nous sommes des whitehats. Contactez-nous on-chain.»

Message inscrit en OP_RETURN par l’auteur du peg-out

Le CTO de Ledger a balayé l’argument en une phrase. En effet, un hacker éthique ne vide pas un pont avant de proposer d’en parler. La séquence habituelle du whitehat consiste à signaler la faille, éventuellement à sécuriser les fonds en concertation, pas à opérer un retrait total puis à ouvrir un guichet de négociation.

L’adresse qui a reçu les fonds détournés du pont Liquid affiche toujours un solde de 3 998 BTC, environ 318 millions de dollars. Source : mempool.space

La clé de SideSwap n’a pas été volée, et c’est justement le problème

Liquid Network a confirmé l’incident et livré un détail technique qui change tout. Les fonds sont sortis en transitant par la Peg-out Authorization Key (PAK) de SideSwap, un portefeuille et service d’échange bâti sur la sidechain. Le mécanisme PAK sert de liste blanche : sur Liquid, un peg-out ne peut envoyer les bitcoins que vers une adresse dérivée d’une clé préalablement enregistrée. Une barrière conçue précisément pour empêcher qu’un attaquant ne redirige les fonds vers une adresse de son choix.

Or, selon Liquid, ni la clé de SideSwap ni aucune autre clé n’ont été compromises. Autrement dit, personne n’a volé de secret cryptographique. Quelqu’un a trouvé le moyen de faire valider une sortie par une logique d’autorisation qui n’aurait jamais dû l’accepter. C’est donc un défaut d’implémentation.

Une théorie circule côté développeurs, non confirmée par Blockstream à ce stade. Le bug viendrait donc d’une faille plus profonde dans Elements, le logiciel qui fait tourner Liquid, permettant de faire apparaître des L-BTC sans contrepartie en bitcoins réels avant leur sortie via SideSwap. Seul un post-mortem officiel tranchera.

La nuance pèse lourd pour l’architecture de Liquid, qui repose sur une fédération de plusieurs dizaines d’entreprises, dont une quinzaine de functionaries (les entités qui opèrent les nœuds de validation) détenant les clés du multisig chargé de garder les bitcoins déposés. Ce modèle protège contre la défaillance d’un acteur isolé. Il ne protège pas contre un bug dans le code qui arbitre les sorties.

Capture mempool.space de la transaction Liquid Network avec le message OP_RETURN "we are whitehats. contact us on chain"
Le message inscrit en OP_RETURN par l’auteur du retrait, repéré par Charles Guillemet (CTO de Ledger). Source : X

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Blockstream répond par transaction interposée

Blockstream a choisi de jouer le jeu de l’adversaire et lui a répondu sur la blockchain, l’invitant à prendre contact avec son équipe sécurité. La méthode a déjà porté ses fruits. Après l’exploit d’Euler Finance en 2023, l’attaquant avait négocié on-chain et fini par restituer près de 200 millions de dollars. Le précédent inverse existe aussi, et il est nettement plus sombre. Sur Ronin, le pont du jeu Axie Infinity, la compromission de clés de validateurs a coûté environ 625 millions de dollars, partis sans retour.

We are aware of a security incident on @Liquid_BTC. Purported white-hat hackers have withdrawn ~4,000 BTC (~$320 million) from the Liquid Federation wallet. The @Blockstream team is working on contacting them on-chain with a signed message.

What we know so far is that the funds…

— Liquid Network 🌊 (@Liquid_BTC) September 6, 2026

« Nous avons connaissance d’un incident de sécurité sur @Liquid_BTC . Des pirates informatiques se présentant comme éthiques ont retiré environ 4 000 BTC (environ 320 millions de dollars) du portefeuille Liquid Federation. L’équipe de @Blockstream s’efforce de les contacter sur la blockchain avec un message signé.»

Côté dégâts collatéraux, la contamination reste circonscrite. Les autres actifs de la sidechain, dont l’USDT, le stablecoin brésilien DePix et les actifs tokenisés du monde réel, ne sont pas concernés : ils sont émis nativement sur Liquid et ne dépendent pas de la réserve de bitcoins. Seul le L-BTC, dont toute la valeur repose sur cette réserve, se retrouve en suspens. La chaîne Bitcoin elle-même n’a pas bronché, et la traçabilité du registre a permis de suivre les fonds en quelques minutes.

En attendant, les détenteurs de L-BTC conservent des jetons dont la convertibilité dépend d’une réserve amputée et d’un pont volontairement débranché. Blockstream n’a communiqué ni calendrier de reprise, ni plan de compensation.

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Crypto : Les conseils essentiels aux développeurs pour protéger son ordinateur et ses wallets

Un entretien d’embauche, un fichier à ouvrir, une trésorerie vidée. La Security Alliance (SEAL), organisation à but non lucratif de sécurité crypto fondée dans le sillage du chercheur samczsun, publie un référentiel consacré aux intrusions qui ciblent spécifiquement les développeurs. Le document ne sort pas d’un laboratoire : il compile les schémas d’attaque relevés lors des interventions d’urgence menées par ses équipes de réponse aux incidents. Le point de départ est inconfortable pour toute l’industrie. Le maillon faible d’un protocole ne se situe plus dans son code, mais devant l’écran de celui qui l’écrit.

Points clés

  • SEAL, l’alliance de sécurité crypto fondée dans le sillage de samczsun, publie un référentiel des intrusions ciblant les développeurs, bâti sur ses cas réels de réponse aux incidents
  • Les attaques ne visent plus les smart contracts mais les postes de travail : Bybit (1,5 milliard de dollars) et Radiant Capital (50 millions) sont passés par des machines de développeurs compromises
  • Faux recruteurs, exercices techniques piégés, fausses mises à jour Zoom, technique ClickFix et paquets npm détournés composent l’essentiel des chaînes d’attaque documentées
  • Cloisonnement des machines de signature, dépendances figées, clear signing et vérification hors canal des interlocuteurs figurent parmi les contre-mesures recommandées

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Quand l’ordinateur du développeur devient la porte d’entrée

Les audits, les programmes de récompense et les vérifications de code rendent certaines attaques contre les smart contracts plus difficiles. Les pirates cherchent donc d’autres chemins. Ils visent notamment les personnes capables de modifier un site, de publier une mise à jour ou de signer une transaction importante.

Le vol de 1,5 milliard de dollars subi par Bybit en février 2025 reste l’exemple le plus spectaculaire. Les contrats du portefeuille multisignature n’ont pas été directement piratés. L’attaquant avait compromis l’ordinateur d’un développeur de Safe{Wallet}, le service utilisé pour préparer les transactions.

Du code malveillant a ensuite modifié l’interface présentée aux signataires de Bybit. Ceux-ci pensaient approuver un transfert ordinaire, alors que la transaction réellement signée donnait à l’attaquant le contrôle du portefeuille froid. Le FBI a attribué l’opération au groupe nord-coréen TraderTraitor.

Radiant Capital avait subi quelques mois plus tôt une attaque comparable, pour environ 50 millions de dollars. Plusieurs développeurs avaient reçu sur Telegram une archive présentée comme un document PDF, envoyée depuis le compte d’un ancien prestataire considéré comme fiable. Le fichier a installé un logiciel malveillant sur leurs ordinateurs.

L’interface affichait ensuite des transactions apparemment normales, tandis que les portefeuilles matériels recevaient autre chose à signer. Autrement dit, les protections cryptographiques fonctionnaient toujours, mais les informations montrées aux utilisateurs avaient été falsifiées.

Les équipes de Security Alliance tiennent les comptes incidents par catégorie… – Source : Compte X

Du faux recrutement au programme piégé

Le premier contact prend généralement une forme banale : une offre d’emploi, une mission rémunérée, une demande d’aide ou un rapport signalant une prétendue vulnérabilité. La conversation se termine par une invitation à télécharger un fichier, ouvrir un projet ou exécuter une commande.

SEAL distingue plusieurs étapes fréquentes dans son document référence :

  • La prise de contact : un faux recruteur ou entrepreneur approche sa cible sur LinkedIn, Telegram ou Discord.
  • La livraison du piège : la victime reçoit un dépôt GitHub, une archive, une extension ou un exercice technique.
  • L’installation : le code s’exécute lors du lancement d’un test, de l’installation d’une dépendance ou d’une fausse mise à jour de Zoom ou Teams.
  • Le vol : le logiciel récupère des mots de passe, des sessions ouvertes, des accès aux services cloud ou des informations permettant de préparer une transaction frauduleuse.

La technique dite ClickFix pousse même la victime à effectuer elle-même l’installation. Un faux message d’erreur lui demande de copier une commande dans son terminal afin de résoudre un problème imaginaire.

Les bibliothèques utilisées par les développeurs constituent une autre cible. En septembre 2025, le compte d’un mainteneur de plusieurs paquets npm très populaires, dont chalk et debug, a été compromis par un faux courriel de réinitialisation de l’authentification à deux facteurs. Du code destiné à détourner des transactions crypto a alors été ajouté à 18 paquets totalisant plus de deux milliards de téléchargements hebdomadaires.

… mais ils donnent surtout des conseils aux professionnels pour éviter les intrusions – Source : Compte X

Isoler le code avant de lui faire confiance

La principale recommandation de SEAL consiste à considérer tout code extérieur comme dangereux avant son examen. Même un projet transmis par une connaissance peut avoir été modifié, tandis que le compte de cette personne peut avoir été piraté.

Un fichier ou un dépôt inconnu doit donc être ouvert dans une machine virtuelle ou un environnement temporaire ne contenant aucun mot de passe, portefeuille ou accès aux systèmes de production. Une fois l’analyse terminée, cet environnement peut être supprimé.

SEAL conseille également de réserver un ordinateur aux signatures sensibles, de figer les versions des dépendances et d’attendre avant d’installer une mise à jour récemment publiée. L’identité d’un interlocuteur inattendu doit être vérifiée par un autre canal, par exemple avec un appel vers un numéro déjà connu.

Ces précautions concernent aussi les assistants de programmation fondés sur l’intelligence artificielle. Un agent capable de lire un projet puis d’exécuter automatiquement ses instructions doit être placé dans le même environnement isolé que le code qu’il analyse.

Enfin, les équipes doivent préparer leur procédure de crise avant l’incident : savoir qui peut suspendre un service, prévenir les plateformes d’échange ou communiquer publiquement. SEAL 911 fournit justement une assistance gratuite, accessible en permanence, grâce à un réseau de chercheurs bénévoles.

Le message du guide tient finalement en une règle : ouvrir un projet inconnu n’est pas toujours une opération passive. Dès qu’un outil installe, interprète ou exécute son contenu, ce simple fichier peut devenir une porte ouverte sur toute l’infrastructure. Plus que jamais au sein d’une entreprise ou d’un projet, la sécurité de tous dépend du comportement de chacun.

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OpenAI débloque 1 milliard contre les cyberattaques dopées à l’IA

L’IA ne doit pas devenir une arme. OpenAI va subventionner l’accès à Daybreak, sa gamme d’outils de cybersécurité, pendant les six prochains mois. L’enveloppe comprend également des formations, une assistance technique et des partenariats. L’annonce intervient quelques jours après la présentation d’Astra, un modèle capable de découvrir des failles inconnues et de construire des attaques fonctionnelles. Les entreprises crypto ne figurent pas explicitement parmi les bénéficiaires prioritaires, mais les développeurs de logiciels open source peuvent déposer une demande.

Points clés

  • OpenAI subventionne à hauteur d’un milliard de dollars l’accès à Daybreak, sa gamme cybersécurité, après avoir reconnu qu’Astra trouve seul des failles inédites et développe les exploits associés
  • Aucun protocole DeFi, blockchain ou fournisseur de wallet ne figure parmi les bénéficiaires visés, alors que le code on-chain est public, immuable et adossé à des milliards
  • Chainalysis comptait plus de 2 milliards de dollars dérobés au seul premier semestre 2025, dont 1,46 milliard sur le piratage de Bybit
  • Le point faible reste hors chaîne : interfaces, postes de développeurs et écrans de signature multisig, exactement le périmètre que Daybreak prétend couvrir

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OpenAI : Un milliard de dollars pour renforcer la cyberdéfense

Contrairement à ce que le montant pourrait laisser penser, OpenAI ne crée pas un fonds distribuant directement des subventions en espèces. Son programme Daybreak for Frontline Defenders représente un milliard de dollars d’accès à prix réduit ou gratuit, de formations, de support technique et de partenariats. OpenAI prévoit que cette enveloppe soit utilisée au cours des six prochains mois.

Daybreak se décline en deux niveaux. La version Blue utilise les modèles habituels de l’entreprise pour analyser du code, repérer des activités suspectes et préparer des correctifs. La version Red donne à certaines organisations approuvées un accès à des modèles spécialisés pour des opérations de cybersécurité plus sensibles.

Selon OpenAI, environ 2 000 organisations et espaces de travail utilisent déjà ces outils. Les bénéficiaires prioritaires comprennent les réseaux d’eau potable, les opérateurs électriques, les collectivités locales, les banques régionales, les associations et les responsables de projets open source disposant de moyens limités.

Cette initiative répond à la progression rapide des capacités offensives de l’IA. Le modèle Astra a notamment trouvé deux failles jusque-là inconnues lors de tests internes. Il est également parvenu à sortir d’un navigateur placé dans un environnement sécurisé et à combiner plusieurs vulnérabilités pour obtenir des privilèges administrateur sur un système.

OpenAI a classé ces capacités au niveau « critique » de son dispositif interne de préparation aux risques. Certaines phases du développement d’Astra ont été retardées afin d’ajouter des protections, et ses fonctions les plus avancées doivent rester initialement réservées à des testeurs sélectionnés.

Du côté d’OpenAi, on se félicite de ce tournant de l’IA – Source : Compte X

La crypto n’est pas citée, mais peut frapper à la porte

Les exchanges, fournisseurs de wallets et protocoles DeFi ne sont jamais nommés dans l’annonce. Il serait toutefois excessif d’affirmer qu’ils sont exclus du programme. OpenAI indique clairement que les mainteneurs de logiciels open source peuvent demander un accès à Daybreak.

Bitcoin Core, les clients Ethereum comme Geth ou Reth et de nombreuses bibliothèques utilisées par la finance décentralisée entrent potentiellement dans cette catégorie. Leur code est public et peut être examiné aussi bien par des chercheurs que par des attaquants équipés de modèles d’IA.

Cette situation inquiète déjà l’industrie. En août, plus de trente entreprises et organisations crypto, parmi lesquelles Coinbase, Block, BitGo, Blockstream et ARK Invest, ont demandé aux laboratoires d’IA de donner aux chercheurs indépendants un accès anticipé à leurs modèles les plus puissants.

Les signataires estimaient que les filtres appliqués aux outils publics pouvaient empêcher les défenseurs de rechercher certaines vulnérabilités, alors que les attaquants disposent de modèles ouverts, d’accès détournés ou de logiciels spécialisés. Ils réclamaient notamment davantage de puissance de calcul, des environnements sécurisés et un canal direct avec les équipes des laboratoires.

Daybreak répond partiellement à ces demandes. Il peut servir à examiner un code ancien, confirmer une vulnérabilité, classer les risques et tester un correctif. Pour les projets crypto open source, l’enjeu sera désormais de savoir lesquels seront acceptés et à quel niveau d’accès. Plus que jamais, l’IA est devenue une arme à double tranchant.

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OpenAI verrouille l’accès à Astra, son premier modèle classé « risque cyber critique »

Un ordinateur qui joue tout seul, sans qu’on lui demande rien. Un agent d’OpenAI avait déjà piraté seul Hugging Face cet été, sans supervision humaine, avant de s’attaquer à quatre autres plateformes par ricochet. Astra, le prochain modèle de la maison, pousse le curseur encore plus loin. OpenAI le classe « critique » sur son échelle interne de risque cyber, l’échelon le plus haut de son Preparedness Framework. Concrètement : avec les bons outils, le modèle peut dénicher des failles inconnues et construire ses propres exploits sur des systèmes pourtant blindés, sans qu’un humain guide la moindre étape. La sortie, elle, reste verrouillée.

Les points clés de cet article :
  • Un agent d’OpenAI a déjà piraté Hugging Face sans intervention humaine, et Astra, le futur modèle, franchit un seuil sans précédent.
  • Astra a obtenu un score parfait sur ExploitBench, révélant des failles zero-day et suscitant des inquiétudes sur sa capacité extraordinaire à exploiter des systèmes sécurisés.

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Astra franchit un seuil que ni GPT-5.6 Sol ni aucun autre modèle n’avait atteint

Sur ExploitBench, le benchmark maison qui teste la capacité à transformer une faille connue en exploit fonctionnel, Astra décroche un score parfait. OpenAI a dû construire un second test pour continuer à mesurer les progrès : vingt vulnérabilités à sévérité élevée du moteur V8, toutes récentes, pour éviter que le modèle les ait déjà croisées à l’entraînement.

Résultat, deux failles zero-day découvertes et exploitées au passage, en cours de signalement à leurs mainteneurs. Lors d’évaluations menées par des experts, le modèle est même allé jusqu’à faire évader un navigateur de son bac à sable puis enchaîner une escalade de privilèges complète sur un système d’exploitation durci, de simple utilisateur à administrateur.

OpenAI_ChatGPT
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Les refus grimpent, mais huit requêtes sur cent passent quand même

Face à ce niveau de capacité, OpenAI a musclé ses garde-fous plutôt que de retarder indéfiniment la sortie. Sur ses tests de contournement cyber, Astra refuse 91,5 % des requêtes malveillantes, contre 59 % pour GPT-5.6 Sol. Le chiffre impressionne, sauf qu’il laisse encore passer 8,5 % des demandes. Rien d’anodin à cette échelle de capacité.

L’entraînement d’Astra avait d’ailleurs été mis en pause pendant deux semaines juste après l’incident Hugging Face, le temps de muscler l’isolement des environnements de test. Certains runs d’entraînement plus poussés étaient restés bloqués plus longtemps encore, jusqu’à leur reprise le 28 août sous des règles de sécurité renforcées. Un test spécifique, construit à partir de ce précédent, a placé Astra face à des cibles interdites : là où GPT-5.6 Sol avait tenté d’y accéder dans 56 % des cas, Astra n’a fait aucune tentative de ce genre.

Daybreak Blue, la porte étroite réservée aux défenseurs

Concrètement, les capacités cyber les plus poussées d’Astra resteront d’abord réservées à un petit groupe de testeurs triés sur le volet : gouvernement américain et organisations chargées de protéger des infrastructures critiques. L’accès s’élargira ensuite via Daybreak Blue, le programme d’accès de confiance d’OpenAI dédié à la cybersécurité défensive. Reste un vrai dilemme : trop prudent, un modèle refuse aussi des demandes légitimes. C’est précisément ce qui s’était produit pendant l’attaque de Hugging Face, la plateforme ayant dû abandonner les modèles d’Anthropic, jugés trop frileux pour l’aider à colmater la brèche en urgence, au profit d’un modèle chinois open source nettement moins regardant.

Un mois après l’incident, Nvidia négociait le rachat de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars selon plusieurs médias américains, un accord encore non confirmé par les deux parties mais qui illustrerait, à lui seul, à quel point une faille de sécurité peut redistribuer les cartes d’un secteur entier. Astra n’a pas encore de date de sortie ferme. Mais l’équation qu’il pose restera la même pour tous les modèles qui suivront : plus une IA sait attaquer, plus elle doit apprendre à refuser, sans jamais refuser trop.

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Balancer V1, le bug de 2020 qui refuse de mourir vide un pool de 234 000 $

Le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas passé. Ce lundi, un hackeur a siphonné 234 000 $ sur un pool Balancer V1, la toute première version du protocole, écrite en 2020 et jamais mise à jour depuis. La somme paraît presque anecdotique face aux 128 millions dérobés sur la V2 en novembre dernier. Le vrai problème n’est pas le montant, c’est l’endroit. Ce code tourne encore, personne ne peut plus le corriger, et l’entreprise qui l’a écrit n’existe même plus.

Les points clés de cet article :

  • Un hackeur a exploité une faille sur Balancer V1, un code jamais mis à jour depuis 2020, pour siphonner 234 000 $.

  • Le code de Balancer V1, non modifiable, tourne encore, posant un risque constant pour les protocoles qui l’ont copié.


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Balancer V1, comment un simple arrondi a fait sauter la banque

La faille loge dans joinswapPoolAmountOut, une fonction qui laisse l’utilisateur choisir combien de jetons de pool (BPT, la part de liquidité qu’il reçoit) il veut recevoir plutôt que combien il doit déposer. Le contrat calcule ensuite le dépôt requis via une autre fonction qui travaille en virgule fixe sur 18 décimales. Problème : le WBTC n’en a que huit. Tant que les réserves du pool restent conséquentes, l’écart ne se voit pas. Une fois les réserves compressées vers zéro, le calcul arrondit vers le bas jusqu’à la plus petite unité possible, un satoshi.

C’est exactement ce qu’a fait l’attaquant, selon l’alerte de la société de sécurité SlowMist publiée lundi. Des prêts éclair imbriqués (des emprunts remboursés dans la même transaction, sans collatéral) sur Aave, Spark, Morpho et Uniswap V3 ont écrasé les réserves de WBTC du pool jusqu’à la poussière. Le contrat a alors accepté un dépôt d’un satoshi pour frapper 4 408,8 BPT en retour. L’attaquant a ensuite retiré sa part proportionnelle en DPI, USDC, WETH et WBTC, pour un butin d’environ 234 000 $.

Balancer Labs a disparu, le code V1, lui, reste bien vivant

Vous vous souvenez de ce qui a précédé ce dénouement ? En novembre 2025, un exploit voisin, une faille d’arrondi dans une autre fonction, avait coûté 128 millions de dollars à la V2 sur six réseaux. Balancer Labs avait alors annoncé sa dissolution en mars, le cofondateur Fernando Martinelli jugeant l’entité corporate devenue un boulet juridique. La TVL du protocole, qui culminait à 3,5 milliards de dollars en 2021, plafonne aujourd’hui à 157 millions. Le protocole survit sous une structure décentralisée, Balancer OpCo, mais personne dans cette structure ne peut toucher au code V1. Il n’est pas mis à niveau (upgradable), au sens technique du terme. Ce qui est déployé tourne, point final.

Deux failles différentes, donc, mais un seul et même vice de fabrication. Un arrondi qui favorise systématiquement celui qui l’exploite plutôt que le pool. Le développement, lui, a filé vers la V3, qui impose désormais un contrôle explicite du sens de l’arrondi sur chaque opération.

Le vrai risque, ce sont tous les forks qui tournent avec le même code que Balancer

Le contrat BPool de Balancer V1 a été l’un des morceaux de code les plus copiés de toute la DeFi à son époque. La même mécanique de jointure et de sortie tourne aujourd’hui dans des protocoles qui n’ont plus aucun lien avec Balancer, ni le moindre processus de sécurité partagé. En juin déjà, un clone d’Ocean Protocol sur Polygon était tombé pour une logique similaire, empruntant du mOCEAN pour le faire circuler dans huit pools d’affilée.

Deux critères suffisent à savoir si un pool est exposé. Détient-il un jeton à moins de 18 décimales, comme le WBTC ou l’USDC ? Et la fonction de dépôt à sens unique reste-t-elle appelable publiquement ? Si les deux réponses sont oui, avec des réserves qu’on peut pousser vers zéro par de simples échanges, les conditions de l’attaque sont réunies. Aucun correctif n’arrivera. Seul un retrait manuel des fournisseurs de liquidité met leurs fonds à l’abri.

Personne ne mettra plus jamais à jour Balancer V1. Le code de 2020 tourne en pilote automatique, sans patch, sans pause, sans personne au bout du fil. C’est la même mécanique héritée qui a permis de vider un pool par un simple prêt éclair en quelques minutes, une autre fois. Tout protocole qui a un jour copié ce code porte le même risque, parfois sans même le savoir. Le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas passé, disait Faulkner. Le code non plus.

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Cyberattaque à Manchester : 8,7 millions de voyageurs piégés par le Wi-Fi gratuit des aéroports

Escale forcée au rayon cybersécurité. Manchester Airports Group, l’opérateur des aéroports de Manchester, Londres Stansted et East Midlands, a reconnu ce jeudi 27 août qu’un intrus s’était servi dans ses bases clients. Pas de vol annulé, pas de piste bloquée, mais des millions d’adresses e-mail, de numéros de téléphone et de plaques d’immatriculation dans la nature. Et le point d’entrée fait sourire jaune : les formulaires d’inscription au Wi-Fi gratuit et les réservations de parking. Encore une fuite de données qui touche un service public du quotidien, et pas le plus sexy.

Les points clés de cet article :
  • Manchester Airports Group a reconnu une fuite de données massive affectant des millions de clients, via des formulaires Wi-Fi et des réservations de parking.
  • Environ 8,7 millions de clients ont été potentiellement exposés, rendant cette fuite propice au phishing, bien qu’aucune donnée bancaire n’ait été compromise.

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Manchester Airports Group : le Wi-Fi gratuit qui coûte cher

Le groupe a publié sa déclaration officielle le 27 août, en fin de matinée. Le texte est sobre. Un « tiers non autorisé » a obtenu « une quantité de données clients » liées aux réservations de parking, de salons et de passage prioritaire (le fameux Fast Track), ainsi qu’aux inscriptions au Wi-Fi des aéroports. Les données concernées sont les adresses e-mail, les numéros de téléphone, les immatriculations de véhicules et les codes postaux.

Rien de bancaire, insiste MAG. En effet, le système touché ne stocke ni coordonnées de paiement ni numéros de carte. La sécurité aérienne n’a pas été affectée, les avions décollent, les opérations tournent. Le groupe affirme avoir « immédiatement contenu le risque », appelé des spécialistes extérieurs et prévenu les autorités compétentes. Le service en ligne « Manage My Booking » a tout de même été suspendu le temps de l’enquête.

Pour situer l’échelle, les trois plateformes de Manchester Airports Group voient passer plus de 66 millions de passagers par an. Un formulaire Wi-Fi rempli à la va-vite entre deux portes d’embarquement, multiplié par des années d’exploitation, finit par constituer un annuaire d’une taille respectable. Et c’est précisément ce que quelqu’un vient d’emporter.

8,7 millions de clients : une fuite de données taillée pour le phishing

Le communiqué de MAG ne donne aucun chiffre. C’est The Record, le 27 août, qui a mis un nombre sur l’incident, environ 8,7 millions de clients concernés. Un porte-parole du groupe, cité par le Yorkshire Post, tempère : dans « la grande majorité » des cas, la seule information consultée serait une adresse e-mail. Le reste, téléphone, plaque et code postal, concerne surtout les clients qui ont réservé une place de parking ou un accès aux salons.

Sauf que c’est justement cette minorité qui pose problème. Une adresse e-mail seule, c’est du spam en plus. Une adresse e-mail associée à une immatriculation, un code postal et une date de séjour au parking de Stansted, c’est un kit prêt à l’emploi pour un faux « remboursement de parking » ou une fausse amende de stationnement, envoyés au bon moment à la bonne personne.

Manchester attaque Wi-Fi public

Le phishing (hameçonnage, l’art de se faire passer pour un organisme légitime pour soutirer des identifiants ou un paiement) adore ce genre de précision. MAG a d’ailleurs prévenu ses clients par e-mail de rester vigilants face à des messages suspects. L’ironie de recevoir un e-mail d’alerte sur les e-mails frauduleux n’aura échappé à personne.

Aucun groupe de rançongiciel n’avait revendiqué l’attaque jeudi soir. Les modalités de l’intrusion, elles aussi, restent floues. Le groupe parle d’une « attaque sophistiquée » plutôt que d’une erreur humaine, formule classique dans ce genre de communiqué, à prendre avec les pincettes d’usage.

Aéroports et cyberattaques : Manchester n’est qu’une escale de plus

Le secteur aérien collectionne les incidents depuis deux ans. En septembre 2025, une attaque par rançongiciel contre Collins Aerospace, fournisseur des systèmes d’enregistrement de nombreux aéroports européens, avait paralysé les comptoirs d’Heathrow, de Bruxelles, de Berlin et de Dublin pendant plusieurs jours. Les passagers enregistraient à la main, avec des étiquettes bagages écrites au stylo. Un an plus tôt, l’aéroport de Seattle-Tacoma avait vu ses écrans et ses sites web tomber sous les coups du groupe Rhysida, qui réclamait 100 bitcoins de rançon pour restituer les données.

La différence avec Manchester tient au fait que rien ne s’est arrêté. Personne n’a vu la panne. C’est la version silencieuse du problème, celle qui ne fait pas la une des journaux télévisés, mais qui alimente pendant des mois les campagnes d’escroquerie. Les aéroports ont beau blinder leurs systèmes de contrôle aérien, ils traînent derrière eux des dizaines d’applications commerciales (parking, salons, Wi-Fi, boutiques) bien moins surveillées et souvent hébergées chez des prestataires tiers. La chaîne casse là où elle est la plus fine.

Côté régulateur, l’affaire atterrit sur le bureau de l’ICO, l’autorité britannique de protection des données. Le précédent existe et il est cuisant : en octobre 2020, l’ICO avait infligé 20 millions de livres d’amende à British Airways pour une fuite touchant 400 000 clients, sanction record à l’époque au Royaume-Uni. Avec 8,7 millions de personnes concernées, MAG joue dans une autre catégorie.

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Cyberattaque chez Lingor : pièces d’identité, IBAN et adresses des acheteurs d’or dans la nature

Des lingots bien gardés, des fichiers beaucoup moins. Lingor, l’un des principaux négociants français en or physique (lingots, pièces, rachat par kit postal), a confirmé jeudi soir avoir été victime d’une intrusion informatique assortie d’une demande de rançon. L’entreprise a refusé de payer. Sauf que le mal est fait, et il ressemble à s’y méprendre au scénario redouté depuis le piratage de la DGFiP : un fichier de personnes qui détiennent un actif facile à revendre, avec leur adresse, leur identité et leurs coordonnées bancaires. Pour un cambrioleur ou un faux policier, c’est une liste de courses.

Les points clés de cet article :
  • Lingor, un négociant français en or, a subi une cyberattaque avec vol de données sensibles de ses clients.
  • Les informations compromises incluent des détails personnels et financiers, transformant les clients en cibles potentielles pour des escroqueries.

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Cyberattaque Lingor : ce que les pirates ont emporté

L’intrusion a été détectée le 26 août, quand les attaquants ont contacté directement l’entreprise pour réclamer une rançon. Le lendemain à 18h, Lingor a commencé à prévenir ses clients un par un, par courriel. Le texte de ce message, reproduit par FrenchBreaches le 27 août, distingue deux périmètres. Pour les acheteurs des boutiques en ligne (lingor.fr et monlingot.fr), les données concernées sont « nom, prénom, adresse de livraison, adresse de facturation, adresse e-mail, numéro de téléphone, numéro de commande, nature des articles achetés, quantité des articles, montant de la transaction, date de la transaction ». Autrement dit, qui a acheté quoi, pour combien, et où ça a été livré.

Le second périmètre fait plus mal. Les clients qui ont utilisé le kit postal de rachat, ce service où l’on expédie son or pour se le faire racheter, avaient dû fournir une copie de leur pièce d’identité, un justificatif de domicile et un RIB avec IBAN pour recevoir le paiement. Tout cela a potentiellement fuité. Seule consolation, et elle est mince, les numéros de carte bancaire sont traités par un prestataire externe et ne sont pas concernés. Le nombre de clients touchés n’a pas été communiqué. Lingor dit avoir sécurisé les accès compromis, confié l’enquête à un prestataire spécialisé, notifié la CNIL et déposé plainte. Le site lingor.fr, lui, ne mentionne aucun incident à cette heure, à part un numéro de téléphone « indisponible en raison d’un incident technique ».

🔴 Fuite de données confirmée chez LINGOR, spécialiste de l’achat et de la vente d’or : une cyberattaque avec demande de rançon a exposé des données clients. Elles peuvent inclure coordonnées, commandes, pièces d’identité, justificatifs de domicile et IBAN.…

— FrenchBreaches (@Frenchbreaches) August 28, 2026

Acheteurs d’or, détenteurs de crypto : même profil, mêmes prédateurs

Quiconque suit l’actualité des crypto-rapts en France reconnaîtra la mécanique. Depuis 2024, les enlèvements et home-jackings visant des détenteurs de cryptomonnaies s’appuient presque toujours sur une fuite de données en amont, qu’elle vienne de Ledger, de Coinmama ou de l’administration fiscale elle-même. L’or physique coche exactement les mêmes cases, avec un inconvénient supplémentaire. Un wallet, on peut le vider à distance ou le protéger par un multisig. Un lingot d’un kilo, il est dans un placard, à l’adresse de livraison que les pirates ont maintenant sous les yeux.

Lingor le sait d’ailleurs très bien. Son message aux clients liste les risques de « phishing ciblé, d’usurpation d’identité ou de fraude bancaire et administrative », et recommande d’ignorer toute visite à domicile de personnes prétendant vérifier des avoirs. Personne, chez Lingor, n’a besoin qu’on lui dessine le scénario. Avec une pièce d’identité, un justificatif de domicile et un IBAN, un fraudeur monte un dossier de crédit à la consommation en une après-midi. Avec l’historique de commandes, il sait à quelle porte frapper. Et à quel montant s’attendre.

L’épisode arrive au terme d’un été particulièrement chargé pour les fuites de données françaises, avec des organisations touchées par lots entiers certains jours. Les négociants en métaux précieux, qui collectent par obligation légale (lutte anti-blanchiment) des justificatifs d’identité pour chaque transaction au-delà de certains seuils, deviennent mécaniquement des coffres-forts de données personnelles. Un coffre-fort, ça se braque aussi.

Client Lingor : les réflexes à avoir dès maintenant

Si vous avez commandé sur lingor.fr ou monlingot.fr, ou surtout utilisé le kit postal de rachat, partez du principe que vos données circulent. Surveillez vos relevés bancaires et signalez tout prélèvement inconnu. Méfiez-vous des appels ou courriels se présentant comme Lingor, votre banque ou la police, même s’ils citent vos vraies commandes : c’est justement ce qui rend l’hameçonnage crédible. Vous pouvez aussi demander une opposition administrative sur votre pièce d’identité et, si votre or est stocké chez vous, reconsidérer cette option.

Au-delà du cas Lingor, même interrogation qu’après le piratage de FICOBA : combien de temps un négociant, une administration ou une plateforme doivent-ils conserver des copies de pièces d’identité une fois la vérification effectuée ? Le RGPD impose une durée proportionnée. Dans les faits, ces scans dorment souvent des années sur des serveurs, jusqu’au jour où quelqu’un vient les chercher.

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MANTRA Chain identifie la faille, une reprise du réseau visée dans la journée

Une cause identifiée, un réseau toujours à l’arrêt. MANTRA Chain a fait le point vendredi sur l’incident qui paralyse son réseau depuis jeudi soir, plusieurs heures après avoir coupé tous ses endpoints par précaution. L’équipe affirme avoir circonscrit la menace et vise une reprise des opérations dès aujourd’hui, sous réserve que les tests de correctif aboutissent.

Les points clés de cet article :
  • MANTRA Chain a identifié la cause de l’incident qui paralyse son réseau depuis jeudi soir, touchant spécifiquement le module Cosmos EVM.
  • L’incident a affecté seulement deux adresses de wallet et aucun fonds utilisateur n’a été exploité, avec une reprise du réseau envisagée sous réserve de tests concluants.

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Ce que MANTRA a confirmé

Dans un message publié sur X, le compte officiel du projet a détaillé pour la première fois l’origine du problème :

« Nous avons identifié la cause première de l’incident et maîtrisé la menace immédiate. L’incident était isolé au module Cosmos EVM de MANTRA Chain et a affecté deux adresses de portefeuille avant que nous ne parvenions à le circonscrire. Aucun fonds utilisateur n’a été compromis. L’arrêt de la chaîne et le correctif à venir sont des mesures de précaution destinées à atténuer tout risque supplémentaire pour les utilisateurs et les actifs de la chaîne. Les dommages restent contenus et limités. Nous testons avec soin les solutions correctives, et une reprise de la chaîne pourrait être envisagée dans la journée, sous réserve de tests concluants. Nous continuerons à tenir la communauté informée de l’avancement de ces travaux, et un rapport d’analyse complet suivra. »

Source : @MANTRA_Chain

Le message précise donc trois points qui manquaient cruellement à la communication de jeudi : l

  • a faille touchait spécifiquement le module Cosmos EVM du réseau,
  • seules deux adresses de wallet ont été affectées avant que l’équipe ne parvienne à contenir l’incident,
  • aucun fonds d’utilisateur n’aurait été exploité par l’attaquant.

Un calendrier resserré, sous réserve de tests concluants

L’équipe reste prudente sur le timing. La reprise du réseau est « potentiellement » visée dans la journée, mais reste conditionnée à la réussite des tests de correctif actuellement en cours. Un rapport post-mortem complet doit suivre une fois l’incident officiellement clos.

Le réseau était resté figé au bloc 17 449 398, produit à 23h13 UTC jeudi, dernier bloc validé avant l’arrêt complet des endpoints publics, des validateurs et des relais IBC gérés par MANTRA. La page de statut officielle classait encore l’incident en « Investigating » plusieurs heures après la première annonce, avant la publication de ce message de suivi.

Le token OM a déjà largement encaissé le choc

Le marché, lui, n’a pas attendu les explications pour réagir. Le token OM a chuté de 18,5 % par rapport à son plus haut des dernières 24 heures pour toucher un nouveau plancher historique à 0,004126 dollar vers 23h00 UTC jeudi, avant de remonter à environ 0,0044 dollar, selon Cointelegraph. Le volume d’échanges a bondi de près de 600 % pour atteindre 24 millions de dollars sur la période.

Cette confirmation que l’incident reste circonscrit à deux adresses, sans fonds utilisateurs touchés, tranche avec le silence total qui entourait l’événement jeudi soir. Un post-mortem complet doit encore suivre, seize mois après le crash de 90 % du token OM en avril 2025, un précédent que le projet cherche justement à effacer.

Un test de crédibilité pour tout le secteur RWA

L’épisode dépasse le seul cas MANTRA. Le marché de la tokenisation d’actifs réels a été multiplié par dix entre 2025 et 2026, porté par les actions et obligations tokenisées, mais les incidents techniques continuent d’y ternir la promesse de fiabilité institutionnelle. En juillet, Edel Finance avait déjà perdu 400 000 dollars après l’exploitation d’une faille dans la conversion d’une action Google tokenisée. Pour un secteur qui cherche à convaincre les investisseurs traditionnels que ses infrastructures tiennent la route, la rapidité et la précision de cette communication technique comptent presque autant que l’incident lui-même.

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