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Nitter et XCancel sont morts, et l'explication est dans leur code

Le 24 août dernier, X Corp. a envoyé une lettre de mise en demeure au développeur de Nitter et une autre à celui de XCancel (une instance célèbre de Nitter). Le délai accordé était très court (environ 24h), et depuis, les deux services sont hors ligne.

Alors que s'est-il passé ?

Nitter, c'était sept ans de travail bénévole pour lire les posts publics de Twitter puis de X sans avoir besoin de compte, sans pub, sans JavaScript et surtout sans laisser son adresse IP à Elon Musk et ses sbires. On remplaçait x.com par nitter.net dans l'URL, et on lisait ce qui nous intéressait. Y'avait même des extensions de redirection automatique qui le faisaient pas à notre place. Et XCancel qui venait de fêter ses 2 ans, c'était tout pareil !

Aujourd'hui la page d'accueil de XCancel affiche ces 4 lignes qui disent en gros que le service est arrêté jusqu'à nouvel ordre. Celle de Nitter n'est pas plus bavarde et son mainteneur, zedeus, cherche un avocat et refuse de commenter.

Notez qu'aucun tribunal n'a été saisi et qu'une simple lettre a suffi.

Ce que X reproche à ces 2 services, c'est un "usage illicite et un contournement de son API", plus une violation du Texas Harmful Access by Computer Act et du Lanham Act. TechCrunch, qui a pu lire le courrier , rapporte une accusation plus précise qui est que Nitter aurait accédé à des comptes X et à des jetons de session pour récupérer le contenu en douce.

Aux États-Unis, en tout cas, "aspirer" des pages web publiques n'a rien de criminel. Mais le problème, c'est que Nitter ne fonctionne plus comme ça depuis des années. Si on analyse son code, on se rend compte que depuis que Twitter a supprimé les comptes invités début 2024, Zedeus, le développeur de Nitter, a mis en place un tout autre système.

Pour contourner les limites imposées par X.com, il a développé un script tools/get_session.py qui prend en arguments un identifiant X, un mot de passe, un secret à double facteur et un chemin de fichier.

Et là-dedans, il embarque en dur une paire de clés API, se déclare auprès des serveurs de X comme LE client Twitter officiel pour Android en version 10.21 tournant sur un OnePlus A3010, fait passer le flux de connexion par cloudscraper, génère le code à double facteur à la volée, et récupère un jeton OAuth qu'il écrit ensuite dans un fichier.

Au niveau des identifiants, c'est l'hébergeur de l'instance qui les fournit puisque depuis la coupure de 2024, faire tourner Nitter imposait de le relier à un vrai compte X. On est donc très loin du robot anonyme qui lit une page publique. C'est un client officiel simulé, avec des identifiants valides, et c'est exactement ça que la lettre de mise en demeure décrit.

Donc voilà, le problème est bien plus compliqué que du scraping simple. Ce sera donc à un juge de trancher sur le fond.

Depuis, le dépôt GitHub est passé en lecture seule, archivé et selon Zedeus, d'autres instances ont reçu des courriers du même genre. De son côté, X ne s'est pas encore exprimé publiquement sur cette affaire.

Reste la question qui nous intéresse : On fait comment pour lire la merde fasciste de X sans compte maintenant ? Bah honnêtement, y'a pas grand-chose... Moi, je vous recommande d'arrêter d'aller là-dessus pour votre propre bien-être. Mais si vraiment vous êtes accro, le pont ActivityPub bird.makeup répond toujours présent et permet de suivre un compte X public depuis Mastodon. Toutefois, il ne vous affichera pas un fil de discussion direct dans le navigateur comme le faisait XCancel ou Nitter.

Après pour un post précis, il reste éventuellement la Wayback Machine, à condition que quelqu'un ait archivé le tweet avant. Sinon, bah faudra vous reconnecter sur X à l'ancienne avec votre compte...

Source : Techdirt

Apple dégaine des preuves accablantes contre un ex-ingénieur passé chez OpenAI

La guerre juridique entre les géants de la technologie franchit un cap décisif. Cupertino vient de déposer des documents explosifs devant le tribunal pour étayer ses accusations de vol de secrets industriels. L’analyse d’un ancien ordinateur professionnel a révélé des éléments compromettants pour un ingénieur ayant rejoint les rangs de son rival. De quoi relancer ... Lire plus

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Un piratage bien gênant au Liechtenstein

Toutes les fuites de données ne se valent pas, et celle-ci a de quoi faire transpirer pas mal de monde. Des pirates ont siphonné le registre des ayants droit économiques du Liechtenstein dans la nuit du 29 au 30 juillet, embarquant les informations de 31 000 sociétés, fondations et fiduciaires d'un coup.

Un ayant droit économique, pour faire simple, c'est la vraie personne en chair et en os qui possède ou contrôle une société, celle qui empoche l'argent tout au bout de la chaîne même quand une cascade de sociétés-écrans s'emploie à la rendre invisible.

C'est tout le problème. Ce registre a été monté pour lutter contre le blanchiment, en forçant chaque structure à déclarer noir sur blanc qui profite réellement d'elle, si bien que les pirates viennent de mettre la main sur l'annuaire officiel des propriétaires cachés du pays.

Rappelons où l'on se trouve. Le Liechtenstein est ce mouchoir de poche coincé entre la Suisse et l'Autriche qui s'est taillé une réputation mondiale de terre d'accueil pour fondations et sociétés discrètes, l'endroit idéal pour ranger un patrimoine loin des regards.

Dans le butin, on retrouve le nom des entités et surtout le nom, la date de naissance, la nationalité et le pays de résidence des bénéficiaires planqués derrière chacune d'elles.

Une petite éclaircie pour ces gens quand même, puisque les adresses, les numéros de téléphone et les données financières comme le chiffre d'affaires, les actifs ou les dividendes sont restés hors de portée, ce qui atténue la casse sans rien retirer à la gêne provoquée par les noms exposés.

L'attaque aurait été menée avec un vrai savoir-faire technique d'après l'enquête, personne n'a encore été identifié, et le pays a réclamé un coup de main international pour espérer remonter la piste.

Une cellule de crise montée dès le samedi soir sous la houlette de la cheffe du gouvernement Brigitte Haas et du ministre de la Justice, pour prévenir les personnes concernées et éteindre l'incendie.

Franchement, pour un pays qui a fait de la discrétion de ses fondations un fonds de commerce, on imagine mal un fichier plus gênant à laisser filer dans la nature.

Source : Le Temps

Claude va glisser un filigrane invisible dans tous ses textes

Anthropic a annoncé que ses modèles Claude allaient intégrer un filigrane invisible directement dans les textes qu'ils produisent. Vous ne le verrez pas, il ne change ni le sens ni la qualité de la réponse, mais il est là, et il suit le texte au copier-coller.

Anthropic, l'éditeur de Claude et concurrent direct d'OpenAI, a signé le code de bonnes pratiques adossé à l'AI Act, le règlement européen sur l'intelligence artificielle, dont les obligations de transparence s'appliquent depuis le 2 août. Le texte impose que les contenus générés par IA soient identifiables par une machine.

Google, Meta, Microsoft, OpenAI ou encore Synthesia ont signé le même document. Anthropic va plus loin que le minimum demandé, puisque son marquage sera déployé partout dans le monde, et pas seulement en Europe.

Dans la pratique, les modèles lancés dans l'Union européenne à partir du 2 août embarquent le marquage dès leur sortie, et les plus anciens y passeront ensuite, sans calendrier précis. Le filigrane s'appliquera sur le site de Claude, dans l'API, dans Claude Code et jusque dans les versions hébergées chez Amazon, Google et Microsoft.

Anthropic ne détaille pas sa recette. Les filigranes de texte qu'on connaît déjà, le SynthID de Google par exemple, biaisent discrètement le choix des mots pendant la génération, et le motif statistique qui en ressort ne se voit pas à l'œil nu mais se retrouve avec le bon détecteur. La marque survit au copier-coller. Pour la faire sauter, il faudrait réécrire le texte en profondeur, et encore, Anthropic admet ne pas savoir où placer le curseur.

Les images et les fichiers y auront droit aussi, via des métadonnées signées au standard C2PA que les fabricants d'appareils photo utilisent déjà pour tracer l'origine d'un cliché.

La marque signale en fait qu'un texte est passé entre les mains de Claude, sans rien dire de qui tenait le stylo au départ. Votre propre prose, confiée au robot pour une simple relecture ou une traduction, ressortira du coup tatouée pareil qu'un texte généré de bout en bout. Anthropic le reconnaît direct.

Sur les réseaux, l'accueil est un peu agacé, pas mal d'utilisateurs digérant mal l'idée d'une signature cachée glissée dans leurs documents de travail.

OpenAI a signé le même code de bonnes pratiques et marque déjà ses images, ses vidéos et son audio depuis fin juillet. Pour les textes de ChatGPT, rien pour le moment, mais ça viendra peut-être.

Source : TechCrunch

Coder avec l'IA sans pomper le projet d'un autre ?

Dark Hours est à l'origine une petite web app qui vous dit ce qu'il y a à voir dans le ciel ce soir et si ça vaut le coup de mettre le museau dehors. Le développeur Terry Godier l'a construite avec l'aide de Claude et lancée début août mais au moment où j'écris ces lignes, elle n'existe plus... En effet, son site darkhours.io redirige maintenant vers DarkHours.app , un autre projet signé Miguel Beher et sous licence MIT.

C'est ce dernier qui a vu le problème, et je vais vous expliquer...

En fait, les 2 apps avaient non seulement le même nom, mais également les mêmes fonctions, et le même nom de domaine (à part le TLD). Quand Beher a signalé le souci à Godier , ce dernier a d'abord proposé de changer de nom et de différencier les fonctionnalités mais une heure plus tard il retirait tout, annulait l'app iOS qu'il préparait, et publiait un mea culpa où il parle de son "usage irresponsable de l'IA".

Et ce qui l'a décidé à tout stopper comme ça, c'est juste un bug. En effet, son application envoyait les gens observer les étoiles au milieu de champs perdus au Mexique, ou dans l'océan Pacifique et Beher avait exactement le même souci de son côté à ce moment-là (il l'a résolu depuis).

Alors se ressembler sur des fonctionnalités, ça arrive et ça ne me choque pas mais se ressembler jusque dans les bugs, là ça pique un peu beaucoup. Les procès en pompage IA, j'en ai déjà parlé , et ils se trompent souvent de coupable, et dans le cas de Godier, celui-ci n'a pas pompé le code du Dark Hours original. Non, il a juste développé son app avec Claude Code, sans se poser trop de question.

Pour lui, il est juste parti d'un code d'éphémérides qu'il a écrit en janvier mais comme Dark Hours est un projet open source, et bien ce qui s'est passé, c'est que son agent IA a récupéré de gros bouts de cette app, jusqu'à son nom pour en faire sa nouvelle app. Hé oui, la vie c'est facile quand on se repose sur le code des autres.

Dark Hours, le vrai

En effet, Claude Code, Codex et les autres sont des outils connectés. Ils lisent des pages, clonent des dépôts, fouillent GitHub quand ça les arrange, du coup, si votre demande ressemble à un truc qui existe déjà, et bien l'agent peut aller le consulter et s'en servir de modèle. Et même sans aller sur le net, comme les modèles ont été entraînés sur tout ce qui traîne publiquement sur le net, dépôts de code compris, il est capable de restituer une structure vue mille fois, sans même aller la chercher sur le net. Un peu comme les modèles de diffusion d'images qui reproduisent le style des artistes.

C'est pour ça que je trouve la mésaventure de Godier et Beher intéressante. Ça nous enseigne qu'il faut faire extrêmement attention quand on code avec l'IA. Pour limiter les risques qu'elle aille se servir dans du code libre, il faut donc indiquer expressément à l'agent de NE PAS récupérer le code source de projets open source, ne pas l'analyser, ne pas pomper du code ni les interfaces. Bref, lui dire qu'on part d'une page blanche...

C'est le même principe que celui de la clean room qui a permis à Compaq de cloner légalement le BIOS d'IBM, comme on peut le voir dans la série Halt and Catch Fire... On implémente les bonnes idées, mais jamais les lignes de code.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Pour ma part, je fais quasiment que des outils internes et des bidules perso, mais je le précise quand même pour que tout soit clean. Toutefois, ça ne règle pas le problème de l'entraînement qui a été fait en amont pour forger le modèle IA.

Donc avant de coder, deux réflexes à avoir : 1/ Chercher le nom de votre app (ou de votre nouvelle entreprise) pour de vrai, ce qui vous évitera de vous lancer dans un move de contrefaçon sans le savoir. Et 2/ Installer tout ce qui existe dans le même genre pour être sûr de ne pas vous faire berner par l'IA... Sachez que rien que cette année, j'ai été victime moi-même 2 fois, de gens qui n'ont pas pris ces précautions et qui se sont attribués les noms de mes projets pour leurs propres trucs en se reposant, je le suppose, uniquement sur l'IA sans se poser la moindre question. Pour l'un des projets, VoxDrop, j'ai changé le nom en Kassis pour pas me prendre le chou car c'était un projet jeune. Mais pour l'autre problème, c'est plus épineux et je ne peux pas vous en parler encore mais rassurez-vous, dès que je le pourrais, vous ferai un article qui détaillera tout en détail pour vous raconter cette histoire hallucinante qui m'arrive.

Après, ce que je vous conseille de faire aussi c'est qu'une fois que votre projet est fini, pensez à lancer une phase de contrôle. Ça personne ne le fait, mais c'est pas mal de récupérer le code des projets qui vous ont inspiré ou projet concurrents, de le poser à côté du vôtre et faire vous-même ou demander à un agent IA une comparaison, un peu comme la passe sécurité que vous faites en fin de projet.

Reprendre une fonctionnalité qu'on trouve bien ailleurs et la réimplémenter dans son projet, c'est normal et c'est ce que tout le monde fait d'ailleurs. Mais reprendre le nom, le look de l'interface et le code, qui plus est, sans mentionner la licence, c'est vraiment moche. Et c'est exactement ce que peut faire votre agent IA dans votre dos, alors soyez vigilant parce qu'après, vous pourrez dire que vous ne le saviez pas, tout le monde vous traitera de voleur. La frontière est là, et il n'y a qu'une comparaison explicite du code et de l'interface qui vous dira de quel côté vous êtes tombé...

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Il finit en prison à cause d'un underscore

Dans la série, "Il n'y a pas que chez nous que la police fait mal son travail", aujourd'hui, je vous emmène rire avec la police canadienne qui a fait une boulette, mais alors comme jamais j'en ai vu. Et cela bien sûr avec la complicité de la justice, parce que sinon ce serait pas drôle.

En fait, il y a un Canadien qui vient de passer 18 mois en taule pour pédopornographie sur la messagerie Kik. À l'origine, le suspect dans cette affaire avait le nom d'utilisateur "fus__ro_dah".

Fus Ro Dah ça vient de The Elder Scrolls V: Skyrim, et ça désigne le cri Unrelenting Force. Ce sont 3 mots de langage draconique : Fus pour la force, Ro pour l'équilibre, Dah pour la poussée et le joueur les hurle pour projeter ses adversaires à l'autre bout de la salle. Fin de ma parenthèse gaming ^^.

Ceux parmi vous qui ont eu la moyenne au brevet des collèges auront remarqué que dans ce pseudo, il y a 3 underscores. Les boomers appellent ça le "tiret du bas", si jamais vous ne savez pas de quoi je parle. Et pas de bol, notre Canadien qui s'appelle Brandon Klayme s'est fait arrêter en 2020 parce qu'il avait le même pseudo.

Enfin, pas tout à fait... Lui, il n'avait que deux underscores dans son pseudo "fus_ro_dah". Alors certes, la police du Wisconsin avait bien relevé "fus__ro_dah" dans les 125 messages extraits du téléphone de la victime, mais la demande envoyée à Kik pour obtenir les données du compte, elle, portait sur "fus_ro_dah". Kik a donc répondu avec l'adresse mail rattachée à ce compte-là, et le reste s'est enchaîné tout seul... Google pour l'adresse IP, Bell Aliant pour l'adresse postale, puis la police de Halifax pour la perquisition.

Donc évidemment, tout ce qui a été collecté en ligne, comme preuve pour l'inculpé, ne lui était absolument pas rattaché. Mais cela n'a pas empêché la justice de le reconnaître coupable en avril 2023 et à le condamner à 18 mois de prison, suivi de 18 mois de probation. Le gars, évidemment, a toujours clamé son innocence, mais peu importe, on sait comment ça marche. Pendant plusieurs jours au tribunal, les procureurs ont passé en revue des tas de preuves contre lui et il a fini par être condamné malgré le fait qu'ils n'aient rien trouvé sur ses appareils électroniques. Une fois encore, la justice fait bien son travail ^^.

Bref, ce petit _ en trop est passé totalement inaperçu...

Jusqu'à ce que les avocats qui travaillent sur son dossier se rendent compte de cette subtile erreur. Alors le 23 juillet, la Cour d'appel de la Nouvelle-Écosse ne s'est pas contentée d'annuler la condamnation. Son jugement prend soin de préciser que ce n'est ni un vice de procédure ni un acquittement au bénéfice du doute et heureusement. Ils reconnaissent que Klayme est "factuellement innocent". Quant au titulaire du compte aux deux underscores, un dénommé Jay, son adresse IP pointe vers la Californie...

Et voilà comment à cause d'un gars qui ne sait pas faire un copier-coller, un gamer Skyrim innocent a passé 18 mois en taule. Évidemment, il a été "décondamné", circulez y'a plus rien à voir.

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Empreintes et ADN - Le vrai prix de votre ESTA

Vos empreintes digitales, votre photo et jusqu'à votre ADN, voilà ce que les États-Unis aimeraient consulter directement dans les fichiers de police européens. Le deal s'appelle Enhanced Border Security Partnership (EBSP), et la monnaie d'échange, vous la connaissez bien si vous avez déjà voyagé aux États-Unis. C'est ce petit formulaire ESTA que vous remplissez avant de filer à New York ou ailleurs (celui qui vous évite le visa).

Le projet d'accord, vous n'étiez pas censé le lire, mais l'ONG Statewatch l'a publié en avril dernier et son article 3 range dans les données biométriques vos empreintes, vos photos et vos données génétiques (oui, votre ADN). Washington réclame cet accès depuis février 2022 à tous les pays dont les citoyens, comme vous, voyagent sans visa, et le Conseil de l'UE a autorisé la Commission à négocier le 16 décembre 2025.

Bruxelles jure vouloir un système de requête ponctuelle (c'est-à-dire un tuyau d'accès), avec ce que le mandat du Conseil appelle "une limitation claire des finalités des données échangées, avec des déclencheurs très spécifiques". Sauf que la demande américaine d'origine, elle, parle de cribler "de façon routinière" les bases biométriques des pays partenaires.

Entre les deux il y a donc un gouffre !

Et le texte ne s'arrête d'ailleurs pas à la biométrie puisqu'il prévoit de faire circuler des "indications de risque" pour déterminer si votre entrée "poserait un risque réel pour la sécurité publique ou l'ordre public". Traduisez : votre profil, vos fréquentations, vos opinions. Vous vous souvenez de ce touriste refoulé à cause d'un mème sur JD Vance ? Ou toutes ces histoires de douaniers qui fouillent votre téléphone à l'arrivée ? Bah je vous laisse imaginer la cata...

Statewatch pointe surtout la contradiction avec le droit européen lui-même. L'article 9 du RGPD interdit en principe de traiter les données génétiques, et le projet se contente de "garanties appropriées". En effet, la Charte protège les Européens contre la discrimination fondée sur les opinions politiques mais ça, le texte qui cadre ce Enhanced Border Security Partnership, n'en dit rien.

La Cour de justice de l'UE avait retoqué en 2022, dans son arrêt sur le PNR (Passenger Name Record), les traitements automatisés qui décident sans humain dans la boucle, et voilà que ça revient sur le devant de la scène d'une autre manière.

Franchement, c'est relou. On nous impose des bandeaux cookies sur chaque site de recettes de cuisine, on fait tenir un registre de traitement au moindre club de pétanque et pendant ce temps-là, le Conseil européen négocie tranquillou un accès que j'estime abusif pour une administration étrangère à des fichiers d'empreintes (biométriques) nationaux. Ça fait un peu mal au cul vous ne trouvez pas ???

Alors, certes, on voyage sans visa, même si, quelque part, l'ESTA c'est un peu un visa qui ne dit pas son nom. Enfin, moi, je vois pas trop la différence sur le fond... Et puis dans cette Europe à deux vitesses, on a quand même la Bulgarie, Chypre et la Roumanie qui, eux, ont besoin d'un visa. Donc on n'est pas très solidaire sur le coup.

Puis je vous rappelle que les fichiers d'identité français ne sont pas franchement des coffres-forts quand on pense par exemple à l'ANTS qui s'est fait siphonner 19 millions de dossiers via une faille basique . Et sur le sérieux de nos amis américains, je repense à cette grand-mère américaine qui a passé six mois en prison à cause d'un faux positif de reconnaissance faciale, et je me dis que si on y ajoute un croisement transatlantique automatisé des données, ça va pas être joli joli en termes de bourdes...

Bref, pour le moment rien n'est signé et les États membres se déchirent encore sur la portée et les durées de conservation de NOS données qu'ils vont offrir aux États-Unis. Et on verra bien si le Parlement va donner son feu vert, mais en tout cas c'est maintenant que tout se joue.

Voilà, surveillez ce dossier de près et je vous invite à aller lire l'analyse de Statewatch parce qu'elle est plutôt salée.

La Belgique bloque wawacity.pizza, mais les pirates se sont déjà mis au poker

La Belgique vient de bloquer wawacity.pizza. Et wawacity.rodeo. Ah et aussi wawacity.taxi, wawacity.futbol, wawacity.motorcycles, wawacity.irish, sans oublier zone-telechargement.meme et zone-telechargement.monster ( la liste est ici ).

113 domaines au total, classés le 3 juillet dernier comme contrefaisants par le président du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles dont 37 pour Wawacity et 36 pour Zone-Téléchargement . Y'a même un zone-telechargement.gratis, qui est au moins honnête sur le prix de la marchandise ^^ !

Sauf que depuis le 9 juillet, les deux sites tournent à nouveau sur un TLD en .poker. Soit la veille du jour où la BAPO, le service belge de lutte contre la contrefaçon en ligne, a publié sa décision d'exécution. Autrement dit, la liste était déjà obsolète avant que Telenet, Proximus, Orange Belgium, Mobile Vikings et DIGI aient eu le temps d'y toucher ! Et les anciennes adresses en .codes et .expert, ne sont pas dans la liste belge non plus.

Du coup, vous vous demandez peut-être pourquoi ces deux sites collectionnent les TLD les plus improbables du registre. Hé bien c'est pas du folklore, c'est une réponse directe à l'ARCOM. À chaque fois que les FAI français appliquent une salve de blocages DNS , les opérateurs enregistrent un nouveau domaine et redirigent leur public via des pages d'atterrissage et des canaux Telegram. La Belgique hérite donc d'un stock de domaines cramés par la France, et les bloque consciencieusement, un par un, avec plusieurs coups de retard.

Après, les ayants droit ne sont pas con non plus puisqu'ils ont explicitement demandé au tribunal de bloquer les pages "panneau indicateur", c'est à dire celles qui vous disent où le site a déménagé cette semaine.

Résultat, wawacity-info.com et zone-telechargement-info.com sont aussi dans la liste. Ces deux pages n'hébergent aucun contenu protégé et ne pointent vers aucun fichier illégal, elles se contentent de vous annoncer quelle est l'adresse active du moment. Le tribunal a validé quand même, au motif qu'elles "facilitent l'accès".

Et là, si vous mettez ces deux pages indicatrices côte à côte, vous voyez tout de suite qu'elles sont quasiment identiques. Même mise en page, même messages sur Telegram, où les deux comptes arrosent des dizaines de milliers d'abonnés avec un texte identique au mot près. Wawacity et Zone-Téléchargement, c'est donc très probablement la même équipe, ce qui explique pourquoi les deux changent de domaine en même temps, comme un couple qui déménage.

Movix, visé par la même décision, a lui aussi déjà migré vers un nouveau TLD et reste accessible. Le reste de la fournée complète les 113 comme Lookmovie et ses treize variantes, KissKH, animepahe, anime-sama, WatchSeries, voir-anime, Streamex. La liste noire belge dépasse maintenant les 1000 domaines depuis le lancement du dispositif en 2025, et elle peut être mise à jour chaque semaine avec 50 nouveaux noms.

50 par semaine, c'est impressionnant ! Face à des gars qui basculent leur trafic sur un nouveau TLD en quelques minutes, montre en main, la justice est dépassée ! Et pas parce qu'elle est nulle hein, mais parce que le blocage DNS n'a jamais empêché personne de taper une autre adresse qui renvoie vers le même service... On avait déjà vu le même théâtre quand la Belgique a censuré Internet Archive , et quand le Conseil d'État a éteint la riposte graduée d'Hadopi après 17 ans .

Prochaine étape probable, les ayants droit s'attaqueront surement aux canaux Telegram. En attendant, quelqu'un devrait leur dire que cette .pizza était déjà bien froide ^^.

Source : TorrentFreak

Contourner un géoblocage via VPN n'a rien d'illégal, dit la CJUE

En voilà une bonne nouvelle ! La Cour de justice de l'Union européenne vient de rendre un arrêt le 9 juillet dernier qui précise que contourner un géoblocage avec un VPN ne fait pas de vous un pirate.

Et croyez-moi, nos ayants droit préférés ne vont pas adorer.

En plus, toute cette affaire est un petit bijou de bizarrerie juridique. Les manuscrits d'Anne Frank sont protégés par le droit d'auteur aux Pays-Bas jusqu'en 2037, mais ils sont déjà tombés dans le domaine public dans plein d'autres pays européens, comme la Belgique par exemple. En septembre 2021, l'Anne Frank Stichting, la fondation d'Amsterdam qui gère la Maison d'Anne Frank, a mis en ligne gratuitement une édition scientifique des manuscrits, en néerlandais, avec un géoblocage pour couper l'accès depuis les pays où l'œuvre reste protégée.

Et c'est à ce moment-là, que l'Anne Frank Fonds, la fondation suisse qui détient les droits de l'œuvre, attaque car pour elle, un blocage qu'on peut déjouer avec un simple VPN ne protège rien du tout.

Alors comme c'était un peu compliqué, la Cour suprême des Pays-Bas a renvoyé la question à Luxembourg.

Et la réponse de la CJUE est claire comme de l'eau de roche : le géoblocage suffit. Tant qu'il est fait dans "l'état de l'art", c'est une mesure efficace, même si un VPN peut le contourner en deux clics. Le simple fait qu'on puisse passer outre ne transforme pas la mise en ligne en "communication au public" illicite.

Et voici le passage qui nous intéresse vraiment : le fournisseur de VPN n'est pas responsable. Il ne donne pas accès à l'œuvre et ne joue "aucun rôle indispensable" dans sa diffusion, écrit la Cour. Si un jour un géoblocage bâclé laisse fuiter une œuvre protégée, c'est celui qui l'a mise en ligne qui répond, pas le VPN qui a servi à sauter la barrière.

Attention quand même à ne pas sur-interpréter non plus... Cela ne veut pas dire que la Cour vous délivre un permis de pirater tranquille via VPN. Elle parle d'une œuvre déjà libre de droits quelque part, de la responsabilité de l'éditeur, et elle blanchit les fournisseurs de VPN au passage. Mais le message de fond c'est bien que le VPN reste un outil parfaitement légal , et pas un complice.

Sauf qu'en France, vu qu'on est des gros nuls, on fait tout l'inverse. Pendant que le Luxembourg range le VPN du côté des outils neutres, la justice française le traite comme un FAI qu'on réquisitionne. Canal+, qui tient les droits de la Premier League et du Top 14, a déjà fait condamner les cinq gros du secteur, NordVPN, ExpressVPN, CyberGhost, Proton et Surfshark, à bloquer les sites de streaming sportif pirate pour leurs abonnés français.

Proton s'est même retrouvé sommé de filtrer une trentaine de domaines fin janvier 2026, avec des ordonnances "dynamiques" que l'Arcom peut étendre à la volée. Je vous racontais déjà tout ça quand la France a commencé à ordonner aux VPN de bloquer ces sites .

Notez aussi que Proton, société suisse, avait justement annoncé vouloir porter la question du blocage des VPN devant la CJUE. L'arrêt Anne Frank tombe donc très bien car ça leur fait plus de munitions.

Reste maintenant LA vraie question : les injonctions françaises, fondées sur le Code du sport, tiendront-elles face à la jurisprudence de Luxembourg ? Vivement le prochain round ^^.

Uptobox : à cause de quelques tweets, ce technicien doit 306 000 euros à Disney

Disney considérait une addition à 16 millions d'euros contre un simple technicien d'Uptobox, la cour d'appel de Paris vient de la ramener à 306 000, et ce qui reste ne tient même pas à son travail sur les serveurs, mais à quelques messages qu'il a postés sur X. Une histoire folle.

Petit rappel pour ceux qui n'ont jamais croisé le nom. Uptobox était un gros hébergeur de fichiers, une sorte de coffre-fort en ligne où l'on déposait et s'échangeait des vidéos, très utilisé pour récupérer films et séries piratés. Lancé en 2010, il pesait encore plus d'un million de visiteurs par mois avant d'être bloqué puis fermé en 2023.

Le technicien, surnommé Lucas pour rester anonyme, vit aux Émirats et gérait l'infrastructure des serveurs depuis 2012. Disney voulait le faire passer pour l'un des vrais patrons cachés du site.

Sauf que la cour n'a rien vu de tel. Il se décrivait bien comme directeur technique sur les réseaux, mais aucun élément ne prouvait qu'il pilotait la plateforme, et les juges n'ont retenu qu'un salarié chargé de la technique.

Reste une question que l'affaire pose forcément, celle de savoir pourquoi juger à Paris un homme installé à Dubaï. La réponse tient au droit français, qui s'applique dès qu'une contrefaçon vise le public de l'Hexagone, et Uptobox distribuait bel et bien des films protégés à des internautes français.

Ce qui a fini par lui coûter cher, ce sont donc ses tweets. À l'été 2023, il avait expliqué en public comment contourner le blocage du site en changeant de serveurs DNS.

Pour la justice, ces quelques messages suffisaient à engager sa responsabilité personnelle. Comme ils ne couvraient que deux mois, la cour a limité le préjudice à cette courte période, d'où une note très largement allégée.

16 millions demandés, 306 000 obtenus, et juste pour une poignée de tweets, comme quoi même quand on s'appelle Disney on ne peut pas obtenir tout et n'importe quoi.

Source : Clubic

La vérif d'âge de l'Europe ridiculisée par une extension Chrome

Bon, vous le savez, l'Europe tient absolument à savoir votre âge, avant de vous laisser scroller librement sur le net. Alors pour cela, ils ont mis au point une application qui permet de prouver votre âge et qui nous est proposée comme simple à utiliser et respectueuse de notre vie privée.

Mais ça c'était sans compter sur Paul Moore , chercheur en sécurité, qui vient à nouveau de l'éclater à l'aide d'une simple extension Chrome...

Mais reprenons depuis le début, parce que cette appli, c'est le modèle de référence de la Commission européenne pour vérifier qu'un internaute a bien plus de 18 ans, sans avoir à dévoiler qui il est. Développée par un consortium germano-suédois, elle est actuellement en test dans cinq pays dont la France, et vise aujourd'hui surtout le contenu adulte / porno et les jeux d'argent.

Ce 13 juillet, notre bien-aimée Ursula von der Leyen a même annoncé vouloir réutiliser cette infrastructure pour barrer l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux, avec une loi attendue après l'été et un âge minimum autour de 13 ans. "Les réseaux sociaux ne sont pas un jouet", comme elle l'explique !

Et pour arriver à cela, rassurez-vous, l'UE ne va pas stocker la carte d'identité de chaque Européen puisque le principe de ce système de contrôle, c'est de prouver l'âge sans transmettre l'identité.

Enfin, en théorie...

Parce qu'en pratique, c'est un peu la fête du slip ! Déjà il y a le dépôt Github officiel qui prévient tout le monde que c'est une implémentation de référence et absolument pas un truc à déployer en production. Donc en gros démerdez-vous !

Et ensuite, cette application est censée présenter une preuve d'âge à un vérificateur sans avoir à balancer notre identité. Alors ce qu'a fait Paul Moore, c'est qu'il a fabriqué cette preuve directement à partir d'une extension Chrome, et la présenter au vérificateur officiel de la démo. Et comme vous vous en doutez, celui-ci l'a validée comme si de rien n'était

Ça a l'air tellement simple !

En même temps, vu que la clé crypto, c'est une simple clé logicielle P-256 et pas une clé qui est enfermée dans le coffre matériel du téléphone, eh bien c'est assez facile à déjouer. Il n'y a pas besoin de scanner son passeport ou sa carte d'identité, il n'y a aucune reconnaissance faciale, ni aucune attestation matérielle façon Play Integrity pour prouver que ça tourne sur du vrai matos et (rigolez pas) la même preuve peut être rejouée en boucle encore et encore !! Une preuve d'âge peut donc servir 2 fois de suite.

Et puis cette preuve d'identité, elle est à 100% sous le contrôle du client. Donc en gros c'est à l'application installée sur votre téléphone qu'on demande de ne pas tricher. Mais lol.

Pour Moore qui a mis au point ce hack, il n'y aurait aucun patch qui pourrait régler ça. C'est vraiment l'architecture qui est foireuse. Et comme tout repose sur la bonne foi de l'application, eh bien c'est foutu. N'importe qui détourne l'application ou forge sa propre app peut faire croire au vérificateur qu'il a plus de 18 ans.

Pour boucher ce trou, l'Europe dispose de deux pistes : Soit passer par une attestation matérielle en béton, comme celle que Google verrouille via Play Integrity, ce qui recale au passage les gens sous GrapheneOS, Linux et compagnie, ou alors faire de la vraie crypto à divulgation nulle, prévue pourtant dans la spec mais pas branchée dans cette version.

Ce qui est rigolo, c'est que Moore a expliqué sur X avoir codé son proof of concept avec une IA en quelques minutes. Et on n'oublie pas non plus que Bruxelles veut interdire les réseaux sociaux avant 13 ans et a fait passer Chat Control pour scanner nos messages.... Je trouve que ça fait beaucoup de "contrôle" qu'on essaye de déguiser en "protection".

En attendant, ils sont bien ridicules avec leur application de validation d'âge en mousse.

Source

Musk pollue Memphis ? Pas grave, Trump vole à son secours au nom de l’IA 

Donald Trump et Elon Musk, voilà deux personnes qui font bon ménage. Voyez-vous, l’administration vient tout juste de voler au secours du milliardaire. Lui qui est visé par une plainte de la NAACP à cause de ses turbines à gaz au méthane.

Au fait, xAI exploite actuellement deux immenses centres de données, baptisés « Colossus 1 » et « Colossus 2 », à Memphis. Le premier couvre près de 93 000 m² et se situe à proximité de quartiers historiquement noirs qui subissent depuis longtemps des problèmes de pollution. 

Ces installations ont déjà suscité plusieurs manifestations et critiques de la part des habitants. Mais aujourd’hui, le vrai problème est ailleurs. Selon la NAACP, xAI exploite illégalement 57 turbines à gaz, chacune de la taille d’un grand bus, pour alimenter Colossus 2. 

Ces tribunes sont installées à Southaven, dans le Mississippi. Et elles émettent des polluants toxiques en violation du Clean Air Act, la loi américaine sur la qualité de l’air.

La NAACP estime que ces équipements pourraient émettre plus de 5 000 tonnes d’oxydes d’azote par an. Sans mentionner les particules fines et les substances toxiques comme le formaldéhyde. 

Ces polluants sont associés à un risque accru d’asthme, de maladies cardiovasculaires, de troubles respiratoires et de certains cancers. La NAACP demande ainsi à la justice d’ordonner l’arrêt de leur exploitation. 

L’administration Trump défend Musk

Le ministère de la Justice soutient que ce centre de données joue un rôle stratégique pour le développement de modèles d’IA. Ces derniers étant jugés essentiels à l’économie et aux besoins militaires américains.

Le gouvernement a ainsi déposé un document de 33 pages devant le tribunal. Celui-ci affirme que le Clean Air Act lui permet d’interrompre ce type de poursuites citoyennes

« Le ministère de la Justice ne restera pas les bras croisés pendant que des organisations privées utilisent les lois environnementales pour saper notre sécurité nationale », a déclaré Adam Gustafson. Il s’agit du sous-procureur général adjoint de la division environnement et ressources naturelles du ministère. 

Il insinue donc que ces activités sont importantes pour la sécurité nationale. D’ailleurs, selon le document judiciaire, une version militaire de Grok aurait notamment été utilisée lors d’opérations américaines contre l’Iran.

Cette affaire intervient alors qu’Elon Musk traverse une période particulièrement favorable sur le plan financier. La société mère de xAI, SpaceX, a récemment réalisé une introduction en bourse historique qui a propulsé sa valorisation à plus de 2 000 milliards de dollars. 

Ces dernières semaines, xAI a également conclu des accords avec Google et Anthropic pour louer des capacités de calcul dans leurs centres de données. S’ajoute le rachat de Cursor.

Et la NAACP dans tout ça ?

Les avocats de la NAACP contestent fermement l’intervention du gouvernement fédéral. D’après eux, les communautés affectées disposent depuis longtemps du droit d’attaquer les pollueurs en justice. Et ce droit ne peut être annulé au nom de la sécurité nationale. 

Ils rappellent également que toutes les entreprises, y compris celles travaillant avec le gouvernement américain, restent soumises aux lois environnementales. 

« Il n’existe aucun précédent moral ou juridique à une telle démarche », a déclaré Laura Thoms, directrice de l’application des lois chez Earthjustice. Pour info, elle représente la NAACP avec le Southern Environmental Law Center.

Pour elle, cette intervention vise avant tout à protéger de grandes entreprises technologiques des obligations environnementales. 

Abre’ Conner, directrice de la justice environnementale et climatique à la NAACP. s’est aussi exprimé sur le sujet. « Des lois comme le Clean Air Act sont essentielles pour permettre aux communautés de demander des comptes aux pollueurs » disait-elle.

 « Cela ne devrait même pas être sujet à débat. » 

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Claude Max : un abonné accuse Anthropic de l’avoir trompé, la justice s’en mêle

Les abonnements les plus chers de Claude Max placent Anthropic sous le feu des critiques. Une plainte accuse l’entreprise d’avoir surestimé les capacités de ses formules premium, au point de réclamer des remboursements pour les clients concernés.

Les abonnements à l’IA commencent à ressembler aux forfaits Internet d’il y a quelques années. Les promesses séduisent. Les petites lignes, beaucoup moins. Cette fois, Anthropic se retrouve dans la tourmente après une plainte déposée en Californie contre ses offres Claude Max. Un abonné reproche à l’entreprise d’avoir promis une expérience bien supérieure à celle qu’ils ont réellement obtenue. Rien n’est encore prouvé devant la justice. Pourtant, cette affaire met déjà le doigt sur un sujet sensible : la transparence des abonnements à l’IA.

Pourquoi Anthropic fait face à une plainte visant les offres Claude Max ?

L’action en justice a été déposée devant le tribunal du district nord de Californie. À son origine, Karl Kahn, un développeur basé à Washington, qui estime avoir payé très cher un service loin des performances promises.

Les offres Claude Max d’Anthropic sont commercialisées avec un argument simple. Le forfait Max 5x, facturé 100 dollars par mois, promet jusqu’à cinq fois plus d’utilisation que l’offre Pro. Le Max 20x, à 200 dollars mensuels, annonce même vingt fois plus de capacité.

À première vue, difficile de ne pas être tenté. Selon la plainte, la réalité serait beaucoup moins flatteuse. L’utilisateur affirme avoir consommé environ 15 % de son quota hebdomadaire au cours d’une seule session de cinq heures. Rapidement, il aurait été confronté à des limitations l’empêchant de poursuivre son travail normalement. Sauf à patienter ou à payer davantage.

Les plaignants estiment surtout que ces limites sont difficiles à mesurer. Pour eux, impossible de vérifier si les promesses commerciales correspondent réellement à l’utilisation disponible.

Des plafonds bien réels, mais une communication qui interroge

Le cœur du dossier ne repose pourtant pas sur l’existence des limitations. Celles-ci ne sont pas cachées. Anthropic avait d’ailleurs mis en place des plafonds hebdomadaires dès 2025 afin de limiter les usages les plus intensifs.

Le véritable débat porte sur la manière dont ces offres ont été présentées. Selon la plainte, les mentions « 5x » et « 20x » ont pu induire les abonnés en erreur. Elles laisseraient penser que les utilisateurs disposent d’une capacité bien plus importante au quotidien. 

Les avocats demandent ainsi le remboursement des abonnés ayant souscrit à ces offres depuis avril 2025. Ils souhaitent transformer le dossier en recours collectif. De son côté, Anthropic n’a pas souhaité commenter ces accusations. À ce stade, elles restent donc de simples allégations qui devront être examinées par la justice.

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Cet ingénieur voulait rendre Grok plus sûr, Elon Musk l’a viré 

Vous inquiétez des risques potentiels de l’IA, cela pourrait retomber sur vous si vous travaillez chez xAI. Du moins, selon Devin Kim, un ancien ingénieur de l’entreprise d’Elon Musk. 

Il est aujourd’hui à la tête d’un groupe de réflexion spécialisé dans la sécurité de l’intelligence artificielle. Et il vient de déposer une plainte devant un tribunal californien. 

Il y accuse xAI et sa maison mère SpaceX de l’avoir évincé de manière abusive. Lui qui tentait de mettre en place des mécanismes de sécurité pour Grok. 

Ce dépôt de plainte coïncide avec la publication d’un rapport d’un organisme canadien de surveillance. Celui-ci conclut que Grok enfreint les lois canadiennes sur la protection de la vie privée.

Pourquoi ? Car il propose un outil de génération d’images permettant la création et le partage de deepfakes sexuels réalisés sans le consentement des personnes concernées. 

La sécurité de l’IA, pas la priorité d’Elon Musk ?

La plainte affirme que Kim avait régulièrement alerté ses supérieurs sur le fait que la sécurité de l’IA n’était pas traitée comme une priorité au sein de xAI. D’après lui, cette situation exposait l’entreprise à de graves dérives.

Cela va des contenus discriminatoires à la diffusion d’informations pouvant favoriser la prolifération d’armes de destruction massive. 

Selon la plainte, Kim faisait partie des premiers employés recrutés par xAI en 2024. Quelques mois seulement après son arrivée, il aurait obtenu un poste de direction stratégique. 

Il tient à clarifier qu’Elon Musk souhaitait bien voir l’entreprise mettre en place des procédures de sécurité rigoureuses. Cependant, d’après lui, Jimmy Ba, cofondateur de xAI et son supérieur hiérarchique, aurait ignoré ces consignes. Ces derniers ont alors rejeté ses demandes visant à renforcer les mécanismes de protection. 

Kim soutient avoir été licencié brutalement en septembre dernier. Cela, juste avant une présentation consacrée à la sécurité de l’IA qu’il devait effectuer devant les dirigeants de l’entreprise. 

Son action en justice accuse ainsi xAI et SpaceX d’avoir exercé des représailles et procédé à un licenciement abusif en violation du droit californien. Il réclame des dommages et intérêts dont le montant n’a pas été précisé. 

Une polémique de plus

Cette affaire s’ajoute, en effet, à une série de controverses touchant les entreprises d’Elon Musk. Au fil des années, celles-ci ont été confrontées à des accusations liées à la sécurité des employés, à la fiabilité des technologies de conduite autonome ou encore aux conséquences des réponses produites par leurs systèmes d’intelligence artificielle. 

Ces derniers mois, Grok était au cœur de plusieurs enquêtes et procédures judiciaires à travers le monde. Le chatbot a notamment été critiqué pour avoir généré un grand nombre d’images sexuelles modifiées par IA

Selon des chercheurs du Center for Countering Digital Hate, une partie de ces contenus aurait été créée à partir de photographies de femmes utilisées sans leur autorisation. 

Les mêmes chercheurs estiment également que Grok aurait produit près de 23 000 images à caractère sexuel. Des clishés impliquant des enfants sur une période de onze jours, entre décembre et janvier. 

En janvier, Elon Musk a assuré n’avoir jamais eu connaissance de la génération d’images de mineurs nus par Grok. Face à la polémique grandissante et aux menaces de sanctions réglementaires dans plusieurs pays, xAI a finalement restreint les capacités de génération d’images de son chatbot au début de l’année. 

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Ce sénateur vote pour les data centers de Meta… et empoche le jackpot

Pendant plus de deux ans, un sénateur républicain de Louisiane s’est retrouvé au cœur d’un projet gigantesque : l’arrivée du data center Hyperion de Meta. Un monstre technologique qui doit devenir l’un des plus grands centres de données du monde. 

Le sénateur en question, John “Jay” Morris, a joué un rôle très actif dans le projet. Il a soutenu plusieurs lois importantes et poussé des régulateurs à approuver des infrastructures énergétiques. Il a même voté pour des avantages fiscaux colossaux accordés aux centres de données

Infogra^phie sur le lien entre le Sénateur John “Jay” Morris et le data center de Meta

Quel mal y a-t-il à cela ? 

Eh bien, je vous l’accorde, jusque-là, il n’y a rien d’illégal. Du moins, en apparence. Les élus soutiennent des projets économiques dans leurs régions. Ça arrive.

Le problème, c’est que Morris et ses associés possédaient aussi énormément de terrains autour du futur site d’Hyperion. Et pendant que le projet avançait, ils ont multiplié les achats et les ventes de parcelles dans la zone.

L’enquête menée par Floodlight révèle notamment qu’en février dernier, Morris et ses partenaires ont vendu plusieurs centaines d’hectares à Entergy. Fournisseur officiel de Meta, l’entreprise prévoit d’y construire une centrale électrique au gaz destinée à alimenter Hyperion. 

Plusieurs experts estiment ainsi que la situation pourrait violer certaines règles déontologiques de Louisiane. Ces lois interdisent normalement aux responsables publics de participer à des décisions susceptibles de leur apporter un avantage financier personnel. 

Elles imposent aussi de se récuser lors d’un vote en cas de conflit d’intérêts. 

Une affaire délicate 

Pour les critiques, le problème n’est pas un simple vote isolé. Ce qui dérange, c’est l’enchaînement des événements. 

Après l’annonce du projet Meta fin 2024, Morris a acheté plusieurs nouvelles propriétés dans un rayon de quelques kilomètres autour du futur centre de données

Il a aussi coparrainé une loi donnant davantage de pouvoir à l’agence de développement économique de l’État pour gérer des terrains publics. 

Quelques mois plus tard, cette même agence a utilisé ces nouveaux pouvoirs pour louer un immense terrain à Meta. Puis Morris et ses associés ont acheté une parcelle juste en face du site

Ensuite, une autre loi soutenue par le sénateur a permis à l’État de vendre officiellement ces terrains à Meta. Peu après, Morris et ses partenaires ont commencé à exploiter leur propre terrain pour fournir de la terre destinée au chantier.

N’est-ce pas là quelqu’un ayant acheté un ticket VIP avant de connaître les résultats de la loterie ? 

Que plaide le sénateur Morris ?

Évidemment, le sénateur rejette totalement les accusations. Selon lui, ses propriétés étaient déclarées publiquement depuis longtemps et les lois qu’il a soutenues ne concernaient pas uniquement Meta. 

Il affirme également qu’il n’avait aucune garantie que le projet Hyperion verrait réellement le jour lorsqu’il a acheté certains terrains. Et il insiste sur un point. Posséder des terres dans une région en développement ne constitue pas automatiquement un conflit d’intérêts.

Que toutes les discussions respectaient les règles. Aussi, qu’il était lié par des accords de confidentialité concernant certaines négociations.

Reste que plusieurs anciens responsables de l’éthique publique jugent l’ensemble extrêmement problématique. Selon eux, même si certaines lois étaient formulées de manière générale, Morris possédait un intérêt financier beaucoup plus direct que celui d’un citoyen ordinaire.

Par ailleurs, avant que la commission des services publics n’approuve le gigantesque plan énergétique d’Entergy, un commissaire a reconnu publiquement que Morris avait fait pression en faveur du projet.

Quelques semaines après ce vote crucial, Morris et les Franklin vendaient justement des terrains à Entergy pour la future centrale électrique.

Du côté d’Hyperion, le data center de Meta  

Pendant ce temps, Hyperion continue de transformer la paroisse de Richland à vitesse grand V. L’immense complexe couvre près de 1 500 hectares. Une superficie énorme. 

À terme, le centre devrait consommer plus de sept fois l’électricité utilisée quotidiennement par la ville de La Nouvelle-Orléans. Pour alimenter cette machine géante, Entergy prévoit un déploiement énergétique historique

Nouvelles centrales au gaz, kilomètres de lignes électriques et infrastructures massives… La société affirme que cela représente l’une des plus importantes expansions énergétiques de son histoire.

Sur le terrain cependant, l’ambiance est loin d’être idyllique. Depuis le début des travaux, certains habitants dénoncent les nuisances liées au chantier. Entre la poussière, les camions et le trafic incessant, plusieurs riverains disent que leur coin tranquille ressemble désormais à une autoroute industrielle géante.

Meta affirme toutefois vouloir limiter les impacts locaux et investir dans les écoles, les associations et les petites entreprises du secteur. L’entreprise promet aussi des emplois bien rémunérés et des retombées économiques importantes.

De son côté, le sénateur Morris répète que beaucoup d’habitants soutiennent le projet. D’après lui, Hyperion représente une occasion rare pour une région qui attend du développement économique depuis des années.

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Procès de l’IA : Le verdict est tombé, OpenAI l’emporte contre Musk grâce au… 

Après trois semaines de procès particulièrement mouvementées, le verdict est tombé dans l’affaire opposant Elon Musk à OpenAI. L’entreprise mère de ChatGPT a gagné.

Non pas parce que le jury a estimé qu’OpenAI avait raison sur toute la ligne. Mais parce qu’il ne s’est pas penché en profondeur sur la question. Est-ce qu’OpenAI a trahi sa mission d’origine ? Est-ce que Sam Altman a menti à Musk ?

Peu importe, pour le jury, Musk avait déposé sa plainte trop tard.

Mauvais timing 

Durant le procès, plusieurs grands noms de la tech ont défilé à la barre. Des courriels privés, des notes personnelles et même certains détails de leur vie privée ont été exposés publiquement. 

L’affaire tournait autour de la transformation d’OpenAI en entreprise à but lucratif. Un changement qu’Elon Musk jugeait contraire aux promesses initiales de l’organisation.

Le patron de Tesla accusait notamment le PDG Sam Altman, ainsi que son président, Greg Brockman, d’avoir trahi les engagements de départ de la boîte. 

Selon Musk, OpenAI devait rester une structure à but non lucratif dédiée à une intelligence artificielle “au service de l’humanité”. Et non devenir une machine à profits soutenue par Microsoft.

Le problème, c’est que le jury a considéré qu’il avait attendu trop longtemps avant d’agir. D’après le verdict relayé par le New York Times, il disposait de trois ans pour déposer certaines accusations, mais ce délai était dépassé

Résultat : plusieurs chefs d’accusation ont été jugés irrecevables pour cause de prescription. 

Victoire d’OpenAI face à Elon Musk

Pour tout vous dire, Musk réclamait plus de 130 milliards de dollars de “gains mal acquis” à OpenAI et Microsoft, dans le cadre de ce procès. Avec cette décision donc, les deux entreprises n’auront finalement rien à payer, hormis leurs frais juridiques. 

Difficile de ne pas sentir leur soulagement de là où je suis. À la sortie du tribunal, l’avocat principal d’OpenAI, William Savitt, s’est même montré particulièrement satisfait du verdict. 

Il a expliqué être “ravi” de la rapidité avec laquelle le jury avait pris sa décision et s’est dit très confiant pour la suite. Du côté d’Elon Musk, l’ambiance était nettement moins festive. Son avocat, Marc Toberoff, a simplement lâché un mot devant les journalistes : “Appel”.

Pour info, ni Elon Musk, ni Sam Altman, ni Greg Brockman n’étaient présents au moment du verdict. Musk avait même quitté le procès plus tôt, malgré les réserves de la juge, afin d’accompagner Donald Trump en Chine. 

D’ailleurs, le milliardaire publie régulièrement des dizaines de messages sur X. Mais jusque-là, il n’avait toujours pas réagi publiquement au verdict de ce procès.

Quoique, même si OpenAI a gagné, Musk a peut-être déjà eu ce qu’il voulait aussi : salir la réputation de Sam Altman.

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OpenAI dans la m**** : un nouveau procès pour « mort injustifiée » vise ChatGPT 

Une famille attaque OpenAI en justice. Il s’agit de Leila Turner-Scott et d’Angus Scott. Ils estiment que les recommandations de ChatGPT auraient conduit à l’overdose de leur fils.

Leila Turner-Scott et Angus Scott accusent l’entreprise d’avoir mis en circulation un « produit défectueux » ayant provoqué la mort de leur fils, Sam Nelson. Selon leur plainte, le jeune homme aurait suivi « des conseils médicaux précis fournis et validés par GPT-4o » avant son décès. 

Interrogé par le The New York Times, un porte-parole d’OpenAI a répondu que les échanges de Sam avaient eu lieu avec « une ancienne version de ChatGPT désormais indisponible ». 

L’entreprise rappelle également que le chatbot ne doit pas remplacer un suivi médical ou psychologique. Elle affirme avoir renforcé les mécanismes de détection les situations sensibles pour bloquer certaines demandes dangereuses et orienter les utilisateurs vers une aide réelle.

La boîte promet également de continuer à travailler avec des experts en santé mentale pour améliorer ces protections. 

Qu’est-ce que ChatGPT a encore fait ?

Dans les documents déposés au tribunal, les parents racontent que Sam, étudiant de 19 ans à l’University of California, Merced, utilisait ChatGPT depuis 2023. À l’époque lycéen, il s’en servait surtout pour ses devoirs et des problèmes informatiques. 

Plus tard, il aurait commencé à poser des questions sur la consommation de drogues. Au départ, le chatbot refusait de répondre et rappelait les risques graves liés à ces substances. 

Mais selon la plainte, le comportement de l’IA aurait changé après l’arrivée de GPT-4o en 2024. Les parents affirment alors que ChatGPT a commencé à donner à Sam des conseils détaillés sur la manière de consommer certaines substances « en toute sécurité ». 

La plainte cite plusieurs échanges. Dans l’un d’eux, le chatbot évoque les dangers d’un mélange entre diphenhydramine, cocaïne et alcool. Dans un autre, il explique qu’une forte tolérance au kratom pourrait réduire les effets d’une dose importante, même après un repas copieux. 

L’IA lui aurait également conseillé de diminuer progressivement sa consommation afin de faire baisser cette tolérance.

Le document judiciaire affirme aussi que, le 31 mai 2025, ChatGPT aurait « activement encouragé Sam à combiner du kratom et du Xanax ». Après que le jeune homme a expliqué souffrir de nausées liées au kratom, le chatbot lui aurait suggéré une dose de 0,25 à 0,5 mg de Xanax.

Que cela pouvait constituer une des « meilleures solutions immédiates » pour soulager son état. Les plaignants estiment que cette recommandation aurait été faite spontanément. Ce, sans avertissement suffisant concernant les risques potentiellement mortels de cette association.

OpenAI, encore une fois, souillé dans une affaire de mort injustifiée

Au-delà de l’accusation d’homicide involontaire, la famille poursuit aussi OpenAI pour exercice illégal de la médecine. Elle réclame des dommages et intérêts, mais aussi la suspension de ChatGPT Health. Une fonctionnalité lancée plus tôt cette année. 

Ce service permet aux utilisateurs de connecter leurs dossiers médicaux et leurs applications de santé afin d’obtenir des réponses plus personnalisées du chatbot.

Meetali Jain, directrice exécutive du Tech Justice Law Project, de son côté, accuse OpenAI d’avoir conçu ChatGPT pour maximiser l’engagement des utilisateurs. Et ce, « quel qu’en soit le prix ». 

Selon elle, l’entreprise aurait déployé un système utilisé comme un véritable outil médical, sans protections suffisantes ni contrôles indépendants. Elle estime également que la mort de Sam aurait pu être évitée.

GPT-4o, aujourd’hui retiré par OpenAI depuis février dernier, traîne déjà une réputation compliquée. Le modèle avait été fortement critiqué pour son comportement parfois excessivement flatteur et son ton jugé trop complaisant. 

Une autre plainte visant OpenAI, déposée après le suicide d’un adolescent, mentionnait déjà GPT-4o et accusait le modèle de favoriser une dépendance psychologique chez certains utilisateurs.

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Procès de l’IA : Sam Altman brille au tribunal, mais Elon Musk a déjà gagné 

Après deux semaines d’audiences remplies de témoignages l’accusant de mentir constamment, le jury a finalement entendu Sam Altman lui-même. Et il semblait dominer les débats. Cela dit, cela pourrait ne pas être suffisant. Pourquoi ? Car Elon Musk a peut-être déjà infligé des dégâts bien plus durables à l’image du patron d’OpenAI. 

Depuis le début du procès, des témoignages se sont succédé avec leur lot de contradictions et de moments parfois surréalistes. Elon Musk a par exemple affirmé ne jamais se mettre en colère… avant de perdre son sang-froid pendant un contre-interrogatoire. 

Shivon Zilis, mère de plusieurs enfants de Musk, a assuré ne pas savoir qu’il préparait xAI à l’époque. Et pourtant, ses SMS semblent raconter l’inverse. Greg Brockman, de son côté, a été accusé de tenir un discours très éloigné de la réalité.

Même si Sam Altman est loin d’être irréprochable, plusieurs documents contemporains soutiennent sa version des faits.

Qu’avance Sam Altman ?

Selon Altman, les tensions ont vraiment commencé après les succès d’OpenAI sur Dota 2. Car c’est à cette période que la question d’une structure commerciale est devenue sérieuse. 

D’après lui, Musk voulait absolument contrôler cette future entité. Altman a expliqué au tribunal que Musk ne faisait confiance qu’à lui-même pour prendre les grandes décisions stratégiques.

Cette obsession du contrôle inquiétait profondément Altman. Il a rappelé qu’OpenAI avait justement été créée pour éviter qu’une seule personne domine le développement d’une intelligence artificielle générale

Pendant son passage chez Y Combinator, il avait déjà observé de nombreuses guerres de pouvoir entre fondateurs refusant de lâcher les commandes. Et c’est là qu’une anecdote a particulièrement marqué l’audience. 

Altman a raconté avoir demandé à Musk ce qu’il adviendrait d’OpenAI s’il venait à mourir. Ce dernier aurait déclaré qu’il n’y avait pas vraiment réfléchi, mais que le contrôle pourrait peut-être revenir à ses enfants.

Un ancien courriel de 2017 envoyé par Altman à Shivon Zilis semble renforcer ces dires. Dans ce message, il écrivait craindre qu’une seule personne puisse contrôler la première intelligence artificielle générale du monde. 

Il précisait cependant être ouvert à certaines « structures créatives », laissant entendre qu’il envisageait temporairement des compromis pour calmer Musk.

Elon Musk dans toute sa splendeur, dévoilé par Sam Altman

À la barre, Altman a affirmé être persuadé que Musk cherchait un contrôle durable d’OpenAI. Cette version paraît cohérente avec d’autres témoignages. 

Un ancien collaborateur, Sam Teller, expliquait, par exemple, dans une déposition vidéo que Musk n’investissait plus dans des projets qu’il ne contrôlait pas directement. Une logique probablement liée à son traumatisme historique après son éviction de PayPal. 

Musk aurait aussi tenté d’attirer Altman chez Tesla. Des SMS présentés au tribunal montrent que Sam Teller expliquait à Altman que Musk voulait renforcer l’IA de Tesla coûte que coûte.

Le grand milliardaire espérait donc recruter Altman, Brockman et Ilya Sutskever. Seulement, Altman affirme y avoir vu une menace à peine déguisée. Du genre, Soit OpenAI rejoignait Tesla, soit Musk construirait son propre empire de l’IA sans eux.

Toutefois, pour lui, laisser OpenAI être absorbée par Tesla aurait représenté une trahison de sa mission initiale.

D’autres messages révélés pendant les audiences montrent même qu’après le départ de Musk, OpenAI traversait une période financière extrêmement fragile

Malgré cela, Altman affirme avoir continué à tenir Musk informé de l’évolution de la branche commerciale d’OpenAI. Y compris des discussions avec Microsoft. Selon lui, Musk n’a jamais officiellement protesté à l’époque.

Salir l’image d’Altman, le véritable objectif de Musk ?

Le contre-interrogatoire mené par l’avocat de Musk, Steven Molo, a pris une tournure assez étrange. Pendant de longues minutes, il a énuméré toutes les personnes ayant accusé Altman d’être un menteur.

Anciens employés, dirigeants d’OpenAI, fondateurs d’Anthropic, journalistes et même auteurs de biographies…

Altman, lui, a gardé son calme. Il semblait surtout blessé de voir sa crédibilité attaquée aussi frontalement. Et paradoxalement, cette attitude mesurée a probablement joué en sa faveur devant le jury.

La défense de Musk a également tenté d’expliquer qu’OpenAI aurait pu rester une organisation à but non lucratif en levant davantage de fonds. A l’image de Stanford. Un argument qui a laissé plusieurs observateurs perplexes. 

Stanford dispose d’un immense réseau de donateurs historiques et ne fonctionne absolument pas avec les mêmes besoins financiers qu’une entreprise développant des modèles d’IA géants.

En réalité, même plusieurs milliards de dollars n’auraient probablement pas suffi à financer la croissance actuelle d’OpenAI. Les partenariats commerciaux massifs comme avec Microsoft étaient plus qu’indispensables.

Mais au fond, gagner ce procès n’est peut-être pas l’objectif principal de Musk. Le véritable enjeu semble ailleurs. 

Depuis des mois, Musk martèle publiquement l’idée que Sam Altman aurait trahi les valeurs fondatrices d’OpenAI. Et cette stratégie commence déjà à produire des effets. 

Des responsables politiques américains souhaitent désormais examiner de plus près les investissements liés à OpenAI et à Altman. Plusieurs médias américains relient directement ces nouvelles enquêtes au procès en cours.

Alors oui, Sam Altman a probablement réussi son audition. Oui, il a semblé crédible devant le jury. Cependant, Elon Musk pourrait déjà avoir obtenu ce qu’il voulait vraiment. Fragiliser durablement l’image du patron d’OpenAI auprès du grand public et des autorités américaines.

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