Dans un désert du sud-ouest américain dorment depuis les années 1960 des bancs d’essai à moteurs de fusée que personne n’a jamais rallumés
Au cœur du désert du Nevada, trois structures de béton abritent les vestiges du Project Rover, un ambitieux programme NASA de moteurs-fusées à propulsion nucléaire censés propulser des astronautes vers Mars. Testés avec succès entre 1959 et 1972, ces moteurs révolutionnaires ont été abandonnés faute de missions à accomplir, laissant derrière eux un héritage radioactif qui fait toujours l'objet de mesures de confinement.
En 1964, un doctorant a abattu sans le savoir Prometheus, le plus vieil arbre non clonal jamais documenté sur Terre, avec ses 4 862 cernes. Ce n'est pas une catastrophe naturelle qui a eu raison de ce pin millénaire, mais un outil de recherche mal adapté à la densité extrême de son bois.
Entre 1951 et 1992, le désert du Nevada a accueilli 928 essais nucléaires, dont 828 souterrains, laissant le sol de Yucca Flat criblé de cratères d'effondrement visibles depuis l'espace. Le plus grand cratère artificiel des États-Unis, Sedan, s'étend sur 390 mètres de diamètre. Sous ces cicatrices géantes, une contamination invisible menace les eaux souterraines.
Le 20 mai 1964, dans le désert du Nevada, un réacteur nucléaire de 500 MW a fonctionné parfaitement pendant cinq minutes sans défaut. Pourtant, six semaines plus tard, le projet Pluto était annulé à jamais. Pourquoi une telle arme, techniquement réussie, a-t-elle disparu de l'histoire ?
En plein désert du Nevada, 8 kilomètres de tunnels sophistiqués ont été creusés à grand frais pour accueillir les déchets nucléaires américains. Après 40 ans de travaux et 15 milliards de dollars investis, le projet a été abandonné en 2011, laissant une montagne vide et une question sans réponse : que faire de ce tunnel parfaitement inutile ?
Le pupfish de Devils Hole, le poisson le plus rare du monde vivant dans une unique cavité du Nevada, a connu un quasi-extinction en 2025 avec seulement 20 individus restants après des tremblements de terre dévastateurs. Grâce à une opération révolutionnaire de transfert de poissons élevés en captivité, la population a explosé à 77 individus en un an, offrant l'un des sauvetages de faune sauvage les plus spectaculaires de ces dernières années.