En tentant quatre lancements entre 1969 et 1972 pour aller chercher la Lune, les Soviétiques ont littéralement détruit leur propre pas de tir avec la fusée N1
Entre 1969 et 1972, l'Union soviétique a tenté quatre fois d'envoyer la fusée N1 vers la Lune, mais chaque lancement s'est soldé par un échec spectaculaire. Le deuxième tir, en juillet 1969, a provoqué l'une des plus grandes explosions non nucléaires jamais enregistrées, détruisant le pas de tir de Baïkonour. Ce programme d'envergure est resté secret d'État pendant plus de vingt ans.
Autour du cosmodrome de Baïkonour, les vestiges de la fusée N1 — le programme lunaire soviétique avorté — ont trouvé une seconde vie inattendue. Depuis 1974, d'énormes réservoirs sphériques découpés au chalumeau servent d'abris, de garages et même de maisons d'été aux habitants de la région. Une histoire où l'ambition spatiale croise la banalité du quotidien.
Le 15 mai 1987, l'Union soviétique a lancé Polyus, un monstre de 80 tonnes équipé d'un laser à dioxyde de carbone conçu pour détruire les satellites américains. La fusée Energia a rempli sa mission avec succès, mais un simple bug informatique — une rotation qui n'a pas su s'arrêter à 180 degrés — a précipité l'engin dans l'océan Pacifique en moins de dix minutes.
Le 15 novembre 1988, Bourane réalise un exploit technique unique : un vol orbital automatisé sans équipage. Mais quatorze ans plus tard, le 12 mai 2002, ce joyau de l'ingénierie soviétique sera écrasé par l'effondrement d'un hangar mal entretenu à Baïkonour, tuant huit ouvriers.