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Airbus mise sur SAP Sovereign Cloud

Airbus a choisi RISE with SAP, couplé à un modèle de déploiement cloud souverain de bout en bout, pour moderniser les processus métiers de plus de 100 000 collaborateurs.

Une décision qui s’inscrit dans la trajectoire bien plus large d’un Airbus qui, depuis plus d’un an, construit méthodiquement sa stratégie de souveraineté numérique européenne.

Début janvier 2026, le groupe a lancé un appel à propositions pour migrer une partie de ses systèmes critiques – ERP, MES (systèmes d’exécution de la production), CRM et surtout PLM, la documentation de conception de ses aéronefs – vers un cloud souverain européen.

Catherine Jestin, vice-présidente digitale d’Airbus, avait posé les enjeux auprès de The Register. Une partie des données traitées par l’avionneur est sensible à la fois d’un point de vue national et européen, ce qui impose le choix d’un cloud souverain.

L’autre moteur de cette migration est plus prosaïque. Les grands éditeurs, à commencer par SAP, concentrent désormais leurs innovations sur des plateformes cloud ( S/4HANA en tête) laissant peu d’alternative aux clients qui veulent continuer à bénéficier des dernières fonctionnalités.

Une stratégie beaucoup plus large

Ce contrat SAP sinscrit dans un empilement d’initiatives menées par Airbus depuis fin 2025 pour peser sur l’agenda de la souveraineté numérique européenne.

En novembre 2025, l’avionneur a été membre fondateur de l’ESTIA (European Sovereign Tech Industry Alliance), un collectif d’entreprises paneuropéennes qui milite pour une politique industrielle numérique ambitieuse, avec un accent mis sur l’investissement et le passage à l’échelle rapide des solutions cloud et services numériques européens.

En mai 2026, Airbus est allé plus loin en s’associant à six autres champions technologiques et industriels du continent ( ASML, Ericsson, Mistral, Nokia, SAP et Siemens) pour former les « European Tech Creators ». Une coalition qui réunit un poids lourd de l’aéronautique, un géant des semi-conducteurs, un champion français de l’IA générative et l’un des plus gros éditeurs de logiciels d’entreprise au monde.  Un signal de la volonté du secteur de peser collectivement sur les choix d’infrastructure numérique en Europe.

En parallèle, Airbus renforce ses propres capacités de cybersécurité souveraine, notamment via les rachats d’Ultra Cyber Ltd et de Quarkslab (après celui d’Infodas en 2024).

Le groupe mène par ailleurs un appel d’offres distinct pour évaluer des solutions d’infrastructure « Trusted Cloud », visant une immunité totale face aux réglementations extraterritoriales pour ses données les plus sensibles. Un chantier séparé du contrat SAP, mais qui relève de la même logique.

Ce que le contrat doit livrer

Sur le plan technique, RISE with SAP doit fournir à Airbus un socle standardisé bâti sur les principes de simplification, d’harmonisation et de « Clean Core » ; une approche qui vise à limiter les développements spécifiques pour faciliter les mises à jour et l’adoption de nouvelles fonctionnalités. Le déploiement couvrira des processus clés en production, supply chain, finance et services clients.

L’objectif affiché est aussi de préparer le terrain pour la suite : SAP Business AI, les agents d’IA et l’automatisation intelligente, présentés comme les prochaines briques à activer une fois la fondation technique modernisée.

 

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SAP échappe à une amende de Bruxelles en assouplissant sa politique de maintenance

SAP évite une sanction pour pratiques anticoncurrentielles.

Bruxelles a annoncé avoir rendu juridiquement contraignants les engagements proposés par le groupe allemand pour faciliter le changement de prestataire ou la résiliation de contrat de ses clients, mettant fin à une enquête ouverte en septembre 2025.

Une enquête sur le marché de la maintenance des logiciels on-premise

La Commission européenne avait ouvert une procédure formelle, en septembre 2025, estimant à titre préliminaire que SAP se livrait à quatre pratiques susceptibles de restreindre la concurrence sur le marché européen de la maintenance et du support (M&S) de ses logiciels ERP installés sur site (on-premise).

Bruxelles soupçonnait notamment SAP d’empêcher ses clients de résilier les services de maintenance liés à des licences inutilisées, les obligeant ainsi à payer pour des prestations dont ils n’avaient plus l’usage. La Commission pointait aussi des frais de réintégration et de maintenance rétroactive facturés aux clients revenant vers SAP après une période d’absence — des montants pouvant équivaloir à ce qu’ils auraient payé s’ils étaient restés clients sans interruption.

Deux autres pratiques étaient visées : l’allongement systématique de la durée initiale des licences ERP on-premise, période pendant laquelle la résiliation du contrat de maintenance était impossible, et l’obligation faite aux clients de confier à SAP l’ensemble de la maintenance de leur parc logiciel on-premise, avec un même niveau de service et les mêmes conditions tarifaires pour tous ; les empêchant de panacher plusieurs prestataires selon leurs besoins.

Ces pratiques étaient susceptibles de constituer un abus de position dominante au sens de l’article 102 du Traité sur le fonctionnement de l’UE et de l’article 54 de l’accord sur l’Espace économique européen.

Les engagements pris par SAP

Plutôt que de s’exposer à une amende, SAP a choisi la voie des engagements.

Prévue par l’article 9 du règlement 1/2003, elle permet à une entreprise visée par une enquête de proposer des mesures correctives sans que la Commission n’ait à constater formellement une infraction.

Entre novembre et décembre 2025, Bruxelles a soumis cette offre à un test de marché auprès des parties tierces intéressées, ce qui a conduit SAP à ajuster sa proposition initiale.

Concrètement, SAP s’engage à :

  • clarifier les conditions permettant à un client de scinder son parc SAP en plusieurs blocs, afin de confier chacun à un prestataire de maintenance différent, à un niveau de support SAP réduit, ou de renoncer à tout support pour certaines parties ;
  • autoriser la résiliation des licences et des frais de maintenance associés dans plusieurs cas précis : produits en fin de cycle de support, échec d’un projet d’implémentation imputable à SAP, insolvabilité ou faillite du client, réduction d’effectifs d’au moins 10 % sur deux ans (avec réduction proportionnelle des licences), ou cession d’activité (avec transfert, transfert partiel ou résiliation des licences selon les besoins du repreneur) ;
  • élargir l’accès aux contrats à métrique unique, une méthode alternative de calcul des redevances de licence sur laquelle se basent ensuite les frais de maintenance ;
  • clarifier les clauses relatives à la durée initiale des licences, pendant laquelle la résiliation du contrat de support n’est pas possible, et ne plus faire repartir cette durée à chaque nouvel achat de licence ;
  • supprimer les frais de réintégration et réduire les frais de maintenance rétroactifs facturés aux clients revenant vers ses services après une période d’absence ;
  • mettre en place une structure interne de médiation que les clients pourront saisir s’ils estiment que SAP n’applique pas correctement ces engagements.

Ces engagements sont valables à l’échelle mondiale pour une durée de dix ans. Leur mise en œuvre sera surveillée par un mandataire indépendant, chargé de faire régulièrement rapport à la Commission.

Bruxelles et SAP saluent un accord équilibré

Pour la commissaire européenne à la concurrence Teresa Ribera, la décision doit donner aux clients utilisant les logiciels de gestion d’entreprise sur site de SAP davantage de liberté pour choisir leurs services de maintenance et de support, sans les restrictions jugées inéquitables qui alourdissaient leurs coûts et freinaient la concurrence.

Du côté de SAP, le ton est également à la satisfaction. L’éditeur indique accueillir favorablement la décision de la Commission de clore son enquête, à l’issue d’un dialogue qu’il qualifie de constructif et coopératif, et affirme rester attaché à une concurrence ouverte, au libre choix des clients et à l’innovation. Il présente les engagements pris comme apportant davantage de clarté, de choix et de garanties aux clients gérant des environnements sur site complexes.

SAP précise que ses pratiques de maintenance restent alignées sur les standards du secteur et que la décision porte uniquement sur les politiques de maintenance des logiciels sur site, sans concerner ses offres cloud. Un point que l’éditeur tient à souligner alors qu’il pousse activement sa base installée vers le cloud et ses offres de « entreprise autonome » pilotées par l’IA.

Une épée de Damoclès pour dix ans

Si le mécanisme retenu par Bruxelles permet à SAP d’éviter toute amende immédiate et toute constatation formelle d’infraction, l’éditeur reste désormais sous surveillance.

En cas de non-respect de ses engagements, la Commission pourra lui infliger une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires mondial annuel, sans avoir à prouver une nouvelle infraction ou une astreinte journalière de 5 % de son chiffre d’affaires quotidien pour chaque jour de manquement.

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Comment SAP a diffusé Joule dans son ERP depuis la Sapphire 2025

SAP vend désormais sa Business Suite sous la bannière « Autonomous Enterprise ».

Le pitch : « Vous donnez le cap et l’IA exécute, avec une gouvernance à toutes les étapes ». La marque Joule reste un pilier, dorénavant décrit comme un « point d’entrée unique, cohérent, pour orchestrer données, workflows et agents IA ». Au-delà des agents, elle s’incarne en des « assistants » (workflows agentiques) et en l’espace de travail Joule Work.

Il y a un an, au sortir de la Sapphire 2025 (19-21 mai), le discours n’était pas encore aux assistants. Ni, donc, à l’entreprise autonome. SAP évoquait, au sujet de sa Business Suite, une « action pilotée par l’IA et basée sur votre contexte métier », à renfort d’« agents IA qui travaillent ensemble – et avec vous ». Joule était déjà au centre de la communication, alors axée sur la notion de « Business AI ». SAP employait encore le mot « copilote »… qui a aujourd’hui disparu de la page de présentation de la Business Suite.

Au-delà des questions de terminologie, d’une Sapphire à l’autre, Joule s’est diffusé dans l’écosystème SAP… au compte-gouttes. En voici un bref aperçu.

Logistique, production, transports… Joule a débarqué dans plusieurs modules

En mai 2025, SAP intégrait Joule dans Digital Manufacturing (gestion des opérations de production). L’usage initial fut informationnel, sur la base de la documentation produit.

En septembre, Joule arrivait dans la brique Logistics Management. Puis en décembre dans Field Service Management. Là aussi pour des renseignements sur le produit, mais aussi pour de la planification (trouver le meilleur technicien, attribuer des activités…). Entre-temps (novembre), il avait fait son entrée dans Risk and Assurance Management, tant pour répondre à des questions sur les applications que pour naviguer vers elles.

Début 2026, la jonction fut faite avec Signavio. Au menu, entre autres : description, comparaison et modélisation de processus, navigation vers divers éléments (diagrammes, entrées de dictionnaire…) et recherche/création de modèles de parcours.

En mars, Joule est arrivé dans Transportation Management (S/4HANA Cloud Public Edition), pour la recherche d’accords de fret et de tableaux de taux. Puis dans Incentive Management (gestion de la rémunération incitative), en tant que copilote.

Dans la foulée de la Sapphire 2025, une connexion bidirectionnelle fut créée entre Joule et Microsoft 365 Copilot.

Des évolutions tranversales, notamment sur le RAG

En mai 2025, SAP avait ajouté la prise en charge des modèles analytiques de Datasphere. En juillet, la possibilité de citer, dans le chat, des réponses précédentes dans d’autres formats que le texte. Puis en août, la capacité à attacher des documents en cours de tâche ou de transaction.

En octobre, l’éditeur avait mis à disposition un tableau de bord permettant de visualiser l’usage de Joule au niveau des locataires. Il avait aussi lancé Joule Preview Landscape, pour le test/validation dans l’environnement SAP BTP Live.

dashboard Joule

Depuis quelques semaines, les amorces de conversation sont masquées sur le client web pour en améliorer la performance.

L’ancrage sur des fichiers txt est disponible depuis mai 2025. En juillet avait suivi la gestion du JSON et des PPTX, en plus d’une intégration avait Build Work Zone et d’un système de requête POST pour déclencher manuellement des mises à jour de contenu.

En août, SAP avait introduit une autre requête POST, permettant d’insérer des métadonnées pour obtenir la liste des pipelines correspondants. Il avait aussi porté la profondeur d’arborescence sur SharePoint à 5 dossiers et ajouté des attributs pour identifier le statut des traitements.

L’intégration avec ServiceNow est effective depuis novembre. Celle avait Google Drive, depuis mars 2026. Entre-temps, SAP a amélioré l’API Metadata Management pour permettre de gérer les configurations des dépôts de données et d’ajouter, pour chacune, des métadonnées aux documents. En parallèle, le nombre maximal de documents par pipeline a régulièrement augmenté : 3000 en septembre, 4000 puis 5000 en novembre, 6000 en décembre, 8000 en janvier.

Joule, décliné pour le consulting SAP

En mai 2025, SAP annonçait la disponibilité générale de Joule for Consultants. Promesse initiale : permettre à ce public de se renseigner sur la conception, l’implémentation et la maintenance des systèmes SAP.

En août, SAP avait intégré une bibliothèque de prompts. Et la possibilité de copier des réponses dans le presse-papiers. En octobre, il avait enrichi la base de connaissances à partir de ses notes. Tout en ajoutant, pour chaque release de S/4HANA, un guide détaillant les fonctionnalités supprimées ou remplacées.

Entre fin 2025, début 2026, SAP a travaillé sur les sources. Notamment en permettant de les regrouper et de citer celles issues du web si pertinent. Il a ensuite amélioré le téléversement d’images (5 formats ; max 10 Mo et 3072 x 3072), permis de lancer une instance de Joule directement dans la console et de tester des prompts directement dans la bibliothèque.

Depuis avril, les admins peuvent créer des prompts et les organiser dans les onglets définis par les utilisateurs. Un système de favoris est arrivé dans la bibliothèque, parallèlement à la gestion du format DOCX (max 10 Mo ou 600 000 caractères).

Quelques nouveautés centrées sur S/4HANA Public Cloud…

Depuis un an, SAP a régulièrement étendu les capacités de visualisation des données d’objets : postes de travail en mai, ordres de traitement en juin, projets d’entreprise en octobre, livraisons entrantes et stocks physiques et décembre, etc.

Après la Sapphire 2025, un des premiers ajouts ayant ciblé S/4HANA Cloud Public Edition fut la possibilité d’utiliser Joule pour vérifier le statut du traitement de commandes (visualisation des phases et des problèmes associées). Suivirent la gestion des expirations de prix et, pour les acheteurs, la mise à jour des dates de livraison dans les bons de commande.

À la rentrée, SAP avait ouvert Joule à la gestion de la trésorerie et des liquidités (affichage des positions et gestion des transferts bancaires, notamment). Ainsi qu’au déblocage des factures fournisseurs. En octobre, il avait ajouté le remplissage automatique des bons de commande avec les numéros de facturation. Et la création de fiches d’analyse dans diverses applications (gestion des retours clients, des propositions commerciales, des décisions d’utilisation…). Puis en novembre, le traitement des ordres ouverts.

Les possibilités sur la gestion de trésorerie ont été enrichies cette année, avec l’affichage de pools et la simulation des balances. SAP a aussi ouvert Joule à l’écriture de brouillons d’e-mails de rappel pour les bons de commande en attente d’approbation.

… et quelques-unes couvrant S/4HANA Cloud Private Edition

Les premiers éléments ajoutés après la Sapphire touchaient à la vérification du statut de traitement des commandes et – dans le module de facturation convergente – à la gestion des plans de facturation ainsi que des demandes de factures. Sur la gestion de trésorerie, SAP avait ouvert Joule au suivi des relevés bancaires. Sur la gestion logistique, à la recherche de quantité pour les items hors inventaire.

En juin, le module de gestion de portefeuille et de projets avait accueilli Joule pour la consultation des éléments WBS (Work Breakdown Structure) et le résumé des modifications apportées à ces derniers.

Depuis août, Joule permet de consulter les ordres de vente (et de modifier des champs), les livraisons sortantes et les problèmes de traitement des commandes (avec des conseils pour les résoudre).

Autres éléments arrivés en août :

  • Recherche et affichage d’informations sur des objets de service d’atelier
  • Gestion des centres de profit, réattribution des coûts et des revenus
  • Création de demandes de souscription et résumé de contrats

En septembre-octobre :

  • Gestion de certifications partenaires
  • Déblocage et acceptation de propositions de prix
  • Mise à jour du statut et de la priorité de litiges
  • Gestion des centres de coûts et des budgets/engagements associés
  • Informations sur les contrats de service et mise à jour de leur statut
  • Gestion des entrées de journal comptable et affichage des flux de grand livre associés

« Quelle applications pour faire cela ? » : SAP pousse des capacités « de navigation »

En fin d’année sont notamment arrivés :

  • Recherche et consultation des processus de gouvernance des données de référence
  • Création de propositions de prix
  • Création de tables de décision
  • Informations sur les équipements, leur garantie et l’historique des opérations de service
  • Résumé des ordres de livraisons sortantes
  • Création de documents de facturation
  • Obtention des coûts et revenus réels et planifiés de projets et d’éléments WBS
  • Suggérer des optimisations de planification de la production et afficher les produits en surplus ou en pénurie

Début 2026, SAP avait ajouté la création de provisions. La recherche de clients et de fournisseurs avait suivi. Puis la recherche de tâches dans le module de gestion d’entrepôt, les informations sur les risques liés aux ordres de maintenance (gestion logistique) et l’audit des journaux comptables.

Au printemps se sont multipliées les capacités dites « de navigation ». Autrement dit, la faculté, pour Joule, de diriger vers des applications au sein des différents modules. Ont été englobés, entre autres, la gestion logistique, la gestion RH et la gestion de qualité. En parallèle, Joule s’est étendu, au niveau de la gestion d’entrepôt, à l’exécution des livraisons sortantes. Pour la gestion de portefeuille et de projet, à la ventilation des coûts réels et planifiés par année fiscale, composante de coût ou catégorie de valeur. Pour la gestion d’inventaire, à l’affichage des stocks par usine et à la création de bons de réception sans référence. Et pour les comptes fournisseurs, à l’affichage des balances et à la création de paiements directs en l’absence de factures.

De la vérification de conformité dans Integrated Business Planning, un agent pour les entretiens d’évaluation dans SuccessFactors

Peu après la Sapphire 2025, Joule est arrivé dans les apps mobiles SuccessFactors. Sans gestion des profils multiples, néanmoins, ceux-ci n’étant pas pris en charge  par BTP Mobile Services, utilisé pour l’authentification.

Joule SuccessFactors

À l’été 2025, SAP a ajouté la possibilité de contrôler l’intégrité des données de référence, par type. À l’automne, il a intégré un système d’explication des résultats de l’optimiseur de planification des stocks (sur la base de séries temporelles). Ainsi qu’un mécanisme de contrôle du partage de contenus.

Cette année s’y est ajoutée la vérification de la conformité du système vis-à-vis des recommandations de sécurité.

Joule dans SuccessFactors a permis, peu après la Sapphire 2025, de visualiser les rôles actuels et les rôles cibles, ainsi que les tâches d’offboarding. Et d’expliquer des bulletins de paye. Entre autres enrichissements, SAP y a ajouté, en fin d’année, un agents Performance and Goals pour la préparation d’entretiens d’évaluation.

Illustrations © SAP

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SAP Sapphire : l’entreprise autonome devient la nouvelle vision B2B de SAP

SAP fait de l’entreprise autonome le nouveau pilier de sa stratégie B2B. Avec plus de 50 assistants IA métiers, un fonds de 100 millions d’euros et une nouvelle suite autonome qui exécute des processus de bout en bout. Lors de SAP Sapphire 2026, l’éditeur allemand a dévoilé une vision où l’IA prend directement part aux opérations critiques des entreprises.

Lors de l’édition 2026 de SAP Sapphire, l’éditeur allemand a présenté sa stratégie de transformer l’ERP en une entreprise autonome. Celle capable d’automatiser des processus critiques grâce à l’IA. L’objectif est de répondre à la pression croissante sur les entreprises mondiales. Puisque elles sont confrontées à des exigences de productivité, de conformité et de rapidité toujours plus fortes. 

Selon Christian Klein, CEO de SAP, les processus critiques ne peuvent pas tolérer l’approximation. Ainsi, à travers SAP Business AI Platform, Autonomous Suite et Joule Work, le groupe veut intégrer des agents IA au cœur des workflows métiers, des données et de la gouvernance.

Comment l’IA devient opérationnelle dans les métiers clés ?

Avec SAP Autonomous Suite, l’éditeur veut intégrer des agents IA directement dans les applications métiers existantes. La suite doit déployer plus de 50 assistants Joule spécialisés dans la finance, les achats, la supply chain, les ressources humaines ou encore l’expérience client.

Ces assistants coordonnent donc plus de 200 agents IA spécialisés qui exécutent des tâches précises. SAP met notamment en avant un assistant dédié à la clôture financière. Celui-ci automatise les écritures comptables, les rapprochements et la correction d’erreurs. Afin de réduire un processus qui prenait plusieurs semaines à seulement quelques jours.

L’éditeur allemand pousse également cette logique dans des secteurs industriels spécifiques avec le lancement de sept solutions Industry AI. Ces offres intègrent des règles métiers et réglementaires adaptées à chaque industrie. 

SAP a surtout présenté un cas d’usage mené avec RWE dans l’énergie offshore. Des agents IA analysent des milliers d’incidents passés. C’est pour identifier l’origine probable d’une panne sur des éoliennes et générer automatiquement des ordres de maintenance préremplis.

Par ailleurs, SAP veut aussi transformer l’expérience utilisateur avec Joule Work. L’idée est de remplacer la navigation classique entre applications par une interaction orientée objectif. L’utilisateur décrit simplement ce qu’il souhaite accomplir et Joule orchestre automatiquement les workflows, données et agents nécessaires. SAP précise que cette interface sera disponible sur ordinateur, mobile et via commandes vocales, y compris dans des environnements non-SAP.

Désormais, SAP Business AI Platform rassemble SAP Business Technology Platform, SAP Business Data Cloud et SAP Business AI. Cela se fait dans un environnement unique destiné à créer, déployer et superviser des agents IA d’entreprise

Le cœur du système repose sur SAP Knowledge Graph. Il s’agit d’une couche qui structure les relations entre données, processus et entités métiers. C’est pour offrir aux agents IA une compréhension contextualisée de l’environnement du client.

SAP accélère l’adoption de l’IA autonome en entreprise avec ses partenaires cloud et IA

Toutefois, cette stratégie nécessite un écosystème solide. SAP a donc annoncé une série de partenariats technologiques importants. Anthropic fournira notamment ses modèles Claude pour certains assistants Joule dédiés aux RH, aux achats et à la supply chain. Amazon Web Services participera à l’intégration des données avec Amazon Athena. 

Google Cloud et Microsoft travailleront également sur l’interopérabilité entre Joule et des frameworks d’agents externes. SAP renforce aussi son partenariat avec NVIDIA pour l’exécution sécurisée des agents IA, tout en intégrant des modèles souverains issus de Mistral AI et Cohere.

Sur le plan commercial, pour accélérer l’adoption, SAP lance un fonds de 100 millions d’euros destiné à aider les partenaires et clients à déployer des assistants IA basés sur Joule Studio. En plus, les offres RISE with SAP et SAP GROW incluront désormais un accès aux assistants IA de l’éditeur.

SAP cible aussi les entreprises encore dépendantes de SAP ECC ou d’installations on-premise. L’éditeur promet des outils de migration pilotés par des agents. Ainsi, ils réduiront de plus de 35 % les efforts liés aux projets ERP cloud. Ce sera grâce à l’automatisation de l’analyse système, des tests et des corrections de code.

Avec cette annonce, l’éditeur allemand cherche finalement à repositionner l’ERPcomme une plateforme d’exécution intelligente plutôt qu’un simple logiciel transactionnel. L’entreprise autonome devient ainsi la nouvelle colonne vertébrale de la stratégie B2B de SAP. Une organisation où l’IA participera directement aux opérations quotidiennes de l’entreprise.

Cet article SAP Sapphire : l’entreprise autonome devient la nouvelle vision B2B de SAP a été publié sur LEBIGDATA.FR.

SAP : les entreprises qui adoptent l’IA innovent plus vite et plus efficacement

Grâce à l’IA intégrée dans les ERP cloud, des entreprises de taille moyenne accèdent désormais aux mêmes capacités d’automatisation, d’analyse et d’optimisation que les grands groupes. Pour SAP, cela accélère l’innovation, réduit les coûts opérationnels et aide les organisations à piloter leurs activités.

L’intelligence artificielle rend les logiciels plus puissants. C’est le message que SAP veut faire passer aux entreprises. Avec SAP Business AI et SAP Cloud ERP, l’éditeur allemand estime que les PME et ETI peuvent désormais accéder aux mêmes capacités d’analyse, d’automatisation et d’optimisation que les grands groupes, sans supporter les coûts technologiques d’autrefois.

SAP Cloud ERP et l’IA : la fin des barrières technologiques pour les PME

Pendant des décennies, les logiciels de gestion avancés étaient réservés aux multinationales. Le problème n’était pas uniquement le prix des solutions, mais toute l’infrastructure nécessaire pour les faire fonctionner. Notamment les serveurs dédiés, les équipes informatiques spécialisées, la maintenance lourde et les cycles de mise à jour interminables.

SAP with AI, fast-growing companies could compete on innovation, not size pic.twitter.com/0AB2xaPSv3

— Cyprus Shipping News (@CyShippingNews) May 5, 2026

Mais avec le cloud et l’intégration native de l’intelligence artificielle, ce modèle change. SAP affirme aujourd’hui qu’une entreprise de quelques centaines de salariés peut piloter ses opérations. Et cela avec le même niveau de précision qu’un grand groupe international. Elle garde également des coûts prévisibles grâce au modèle par abonnement.

Cela repose sur SAP Business AI et SAP Cloud ERP. L’IA permet maintenant d’automatiser des tâches qui demandaient auparavant plusieurs mois de configuration et d’expertise technique. Les utilisateurs peuvent interagir en langage naturel avec leurs outils. Ce qui accélère ainsi l’accès aux données, aux analyses et aux recommandations opérationnelles.

Par exemple, John Boos & Co est confronté à une forte croissance et à une importante dette technologique. Cette entreprise industrielle centenaire considère SAP Cloud ERP comme une base durable pour soutenir son développement. Son DSI, Britt East, explique que “l’objectif est autant d’unifier les opérations que de permettre aux équipes d’utiliser l’IA dans des cas concrets capables de simplifier leur travail quotidien”.

Cette approche intéresse particulièrement les entreprises de taille intermédiaire. Jusqu’ici, beaucoup repoussaient leurs projets ERP par crainte de la complexité, des coûts et des délais de déploiement. Selon Tobias Siebler, PDG de FULCRUM Consulting Germany, cette perception n’est plus adaptée à la réalité actuelle du marché. Les entreprises peuvent désormais commencer modestement. Puis elles peuvent faire évoluer petit à petit leur plateforme avec les nouvelles capacités IA intégrées par SAP.

Pourquoi l’IA a besoin d’un ERP solide pour créer de la valeur ?

SAP affirme également que l’IA seule ne suffit pas. Pour produire des résultats fiables, elle doit s’appuyer sur des données métier structurées, gouvernées et contextualisées. SAP compare donc cette situation à un GPS. Même le meilleur système de navigation devient inutile sans données routières fiables et mises à jour. 

Pour l’IA, le principe est identique. Sans données cohérentes sur les processus métiers, les décisions générées peuvent rapidement devenir erronées. C’est précisément là que les ERP conservent un rôle stratégique. L’IA devient une couche supplémentaire qui peut exploiter les données de finance, de supply chain, de RH ou d’achats déjà présentes dans le système.

Dans le secteur logistique par exemple, SAP imagine des agents IA capables d’analyser des milliers de commandes en temps réel, de détecter les anomalies, de préparer des réponses fournisseurs ou de proposer des itinéraires alternatifs en cas de perturbation. L’humain garde le contrôle final, mais l’IA prend en charge les tâches répétitives et accélère la prise de décision.

Cette logique se retrouve aussi dans Joule, l’assistant IA de SAP. L’objectif est de demander directement quel résultat elles souhaitent obtenir. L’IA coordonne ensuite les différents flux de travail en fonction des données opérationnelles, financières et commerciales disponibles.

Selon SAP, “plus les entreprises déploient d’agents IA, plus la valeur de leur plateforme logicielle augmente”. Les systèmes ERP deviennent ainsi le socle indispensable pour garantir des résultats auditables, reproductibles et sécurisés.

SAP GROW Fast : accélérer l’adoption de l’IA dans les entreprises

Pour répondre à la pression croissante du marché, SAP opte pour des déploiements beaucoup plus rapides. Avec les services SAP GROW Fast, l’éditeur promet une mise en œuvre des fonctions essentielles de finance et de gestion des dépenses en seulement quelques mois.

SAP veut permettre aux entreprises d’intégrer rapidement une plateforme déjà compatible avec l’IA. Puis d’étendre progressivement les usages à l’ensemble de la SAP Business Suite.

Puisque les attentes évoluent rapidement, SAP considère que les entreprises qui attendent risquent de prendre du retard face à celles qui investissent dès maintenant. Chaque nouvelle avancée IA intégrée par SAP et ses partenaires enrichit automatiquement les capacités de la plateforme.

David Bayón Esporrín, responsable SAP mondial chez INETUM, estime d’ailleurs que l’image d’un SAP réservé aux très grandes entreprises ne correspond plus à la réalité du marché. Selon lui, les solutions cloud actuelles permettent à des organisations de presque toutes les tailles d’optimiser leurs processus. Et aussi d’accélérer leur croissance grâce à l’IA, sans lourdeur technologique excessive.

Comme l’explique SAP dans une récente analyse publiée sur son site officiel, l’IA représente une mutation comparable à l’arrivée d’Internet pour les entreprises. Et le véritable enjeu est de savoir à quelle vitesse les entreprises seront capables d’intégrer l’IA à leurs opérations pour gagner en efficacité, en innovation et en compétitivité.

Cet article SAP : les entreprises qui adoptent l’IA innovent plus vite et plus efficacement a été publié sur LEBIGDATA.FR.

SAP s’offre Dremio pour accélérer sa stratégie data et IA

SAP franchit une nouvelle étape dans sa stratégie autour de la donnée en annonçant le rachat de Dremio, éditeur spécialisé dans les plateformes de data lakehouse. Sa technologie repose notamment sur Apache Arrow et Apache Iceberg, permettant d’accélérer les requêtes analytiques sur des données distribuées.

Avec ce rachat, SAP met la main sur une plateforme capable de fédérer des sources de données hétérogènes sans duplication, un enjeu critique pour ses clients confrontés à la multiplication des environnements cloud et hybrides.

Renforcer l’offre SAP Datasphere

L’intégration de Dremio devrait bénéficier en priorité à SAP Datasphere, la plateforme de gestion et de gouvernance des données du groupe. SAP cherche depuis plusieurs années à proposer une couche unifiée permettant d’exploiter les données issues de ses applications (S/4HANA, SuccessFactors, etc.) mais aussi de systèmes tiers.

Dremio pourrait ainsi apporter une accélération des performances analytiques sur les grands volumes de données, une meilleure prise en charge des formats ouverts comme Apache Iceberg et une simplification de l’accès aux données pour les outils BI et les workloads IA.

L’objectif est de positionner SAP comme un acteur central des architectures data modernes, face à des concurrents comme Snowflake, Databricks ou Google BigQuery.

Ce rachat s’inscrit également dans la stratégie globale de SAP autour de l’intelligence artificielle, notamment avec Joule, son copilote génératif. L’accès rapide, fiable et gouverné aux données est un prérequis pour entraîner et exploiter efficacement les modèles d’IA.

En intégrant les technologies de Dremio, SAP cherche à réduire la latence d’accès aux données pour les cas d’usage IA, à améliorer la qualité et la traçabilité des datasets et à faciliter la mise en œuvre de pipelines data/IA unifiés.

Une réponse à la pression concurrentielle

Le marché du data lakehouse est aujourd’hui dominé par des acteurs cloud-native comme Databricks, qui a fortement investi dans les formats ouverts et l’optimisation des performances. En parallèle, Snowflake renforce ses capacités autour des données semi-structurées et de l’IA.

Avec Dremio, SAP  entend rester compétitif sur la couche data, un domaine devenu stratégique pour conserver ses grands comptes et en conquérir de nouveaux.

Si les détails financiers de l’opération n’ont pas été officiellement communiqués, l’intégration de Dremio devrait se faire progressivement. SAP pourrait conserver l’équipe et la technologie en tant que composant clé de sa plateforme data, tout en l’alignant avec son écosystème cloud.

À terme, cette acquisition pourrait permettre à SAP de proposer une alternative plus ouverte et performante aux architectures data traditionnelles, tout en consolidant son positionnement sur les cas d’usage analytiques et IA à grande échelle.

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Cloud de confiance : SAP embarque sur S3NS

SAP poursuit son offensive pour porter son offre sur des infrastructures de confiance.

L’annonce de son accord pour déployer SAP RISE Private Cloud Edition sur la plateforme PREMI3NS de S3NS marque une nouvelle étape, permettant aux entreprises françaises de migrer leurs workloads critiques dans un environnement sous juridiction nationale.

Elément clé de cette annonce : le rôle de Thales, par ailleurs premier actionnaire de S3NS, comme premier client stratégique qui donne une dimension industrielle immédiate à l’initiative et valide son positionnement sur des secteurs sensibles (défense, sécurité, infrastructures critiques).

Le groupe va utiliser cette base pour refondre son paysage ERP SAP, avec une approche “clean core” destinée à renforcer l’agilité et la pérennité de son système d’information. Le programme doit unifier des fonctions clés comme la finance, la supply chain, la production et les achats.

SAP ne donne pas de date de bascule détaillée, ni de jalons publics mois par mois. Il indique seulement que l’offre sera lancée “by H2 2026”, ce qui place le démarrage au plus tard entre juillet et décembre 2026.

Une stratégie déjà bien engagée en France

L’accord avec S3NS n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une série d’initiatives lancées récemment par SAP en France, un terrain d’expérimentation majeur pour le cloud souverain européen.

En mars 2026, SAP a ainsi annoncé le lancement d’une offre de cloud souverain avec Bleu, la plateforme issue de l’alliance Orange–Capgemini avec Microsoft.

Au niveau européen, l’éditeur a structuré sa vision autour de l’EU AI Cloud, présenté fin 2025 comme un cadre unifié pour ses offres souveraines.

Elle veut proposer une « full stack » combinant cloud et intelligence artificielle, avec plusieurs niveaux de souveraineté comme l’hébergement dans les datacenters SAP, le déploiement sur des infrastructures européennes de confiance ou des installations dédiées chez le client.

Des investissements massifs pour structurer l’offre

Autre pilier de la stratégie : le multi-cloud. SAP pousse ses services PaaS et ses applications à fonctionner sur plusieurs clouds publics (AWS, Azure, Google Cloud), tout en y intégrant des couches de souveraineté.

Cette approche permet d’éviter le verrouillage technologique, de s’adapter aux exigences locales et de combiner innovation des hyperscalers et contrôle opérationnel européen.

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