En France, 85 % des ransomwares sont d’abord des attaques d’identité
Dans la septième édition de son étude annuelle sur l’état des ransomwares, Sophos établit pour la première fois un lien très net entre attaques d’identité et incidents de ransomware dans l’Hexagone.
L’éditeur britannique a interrogé 2 158 responsables informatiques et cybersécurité dans le monde, dont 129 en France *, tous issus d’organisations de 100 à 5 000 salariés ayant subi une attaque de ransomware au cours des douze derniers mois.
Le chiffre le plus frappant du rapport concerne le lien entre identité et ransomware. 85 % des organisations françaises touchées confirment que l’incident de ransomware de l’an dernier correspondait aussi à leur attaque d’identité la plus grave, contre une moyenne mondiale de 67 %. Un écart de 18 points qui place la France dans une position singulière.
Ce constat se reflète dans les causes premières des attaques. Les identifiants compromis arrivent en tête (30 % des cas), devant le phishing (27 %) et les emails malveillants (20 %). À l’inverse, l’exploitation de vulnérabilités recule fortement, à 13 % contre 30 % un an plus tôt.
Autre enseignement inédit cette année : hors vecteurs email et phishing, les applications et systèmes exposés constituent le point d’entrée le plus fréquent (46 %), devant les terminaux utilisateurs (22 %) et les VPN (15 %). Sur ce dernier point, la France se distingue par le taux le plus élevé de compromissions liées aux VPN parmi tous les pays sondés par Sophos.
Côté causes organisationnelles, le manque de personnel ou de capacités arrive en tête (40 %), suivi du manque de protection (38 %) et du manque d’expertise (33 %).
Des rançons plus basses, un coût de remise en état qui explose
60 % des attaques ont abouti à un chiffrement des données en France, un taux supérieur à la moyenne mondiale (56 %) et en hausse par rapport aux 58 % de 2025. En revanche, le vol de données associé à ces chiffrements chute nettement, à 18 % contre 44 % l’an dernier.
Sur la restauration, toutes les organisations françaises dont les données ont été chiffrées sont parvenues à les récupérer. Les sauvegardes ont joué un rôle croissant : 76 % des victimes les ont utilisées pour restaurer leurs systèmes, contre 60 % en 2025. Le paiement de rançon reste toutefois une pratique répandue, avec 36 % des organisations ayant payé pour récupérer leurs données, en légère hausse par rapport à 33 % un an plus tôt.
Le montant médian des demandes de rançon en France s’établit à 500 000 $, en repli de 22 % par rapport aux 643 125 $ de 2025. La part des demandes dépassant le million de dollars diminue également, passant de 49 % à 39 %.
Mais cette baisse des rançons ne se traduit pas par une facture globale allégée. Hors paiement de rançon, le coût moyen de remise en état après une attaque atteint 2,02 millions $ contre 1,22 million en 2025 ; soit une hausse de près de 66 %. Ce montant couvre les interruptions de service, le temps de résolution, les coûts matériels et les pertes d’exploitation.
Le délai de rétablissement s’améliore néanmoins : 64 % des organisations françaises se sont remises en une semaine ou moins, contre 53 % en 2025, tandis que la part des entreprises mettant entre un et six mois pour s’en remettre recule de 18 % à 10 %.
L’étude documente aussi l’impact humain sur les équipes concernées par un chiffrement de données. 42 % des répondants font état d’une pression accrue de la direction générale, et 33 % d’une charge de travail en hausse constante depuis l’attaque. Près d’un tiers (31 %) déclare ressentir de la culpabilité de ne pas avoir su empêcher l’incident, et 17 % rapportent un remplacement de l’encadrement de l’équipe.
Signe positif toutefois, 37 % des professionnels interrogés signalent une reconnaissance accrue de la part des cadres dirigeants, un chiffre en forte progression par rapport aux 18 % mesurés en 2025.
* L’enquête a été menée entre janvier et mars 2026, avec des données financières exprimées en dollars et purgées des rançons extrêmes de 40 millions de dollars ou plus.
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