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Intelligence artificielle (IA) : L’UE veut des règles mondiales, mais les USA freinent

Réguler pour protéger. Des représentants des vingt-sept États membres de l’Union européenne se réunissent jeudi à Bruxelles au sein du Conseil de l’IA. Selon Politico, la Commission présentera un point sur les politiques européennes et internationales ainsi qu’un briefing technique sur des incidents récents liés à l’intelligence artificielle. La coopération mondiale figure aussi parmi les sujets de discussion, dans un contexte de désaccord avec Washington sur la manière d’encadrer les modèles les plus avancés.

Points clés

  • Les États membres de l’UE discutent jeudi à Bruxelles des incidents récents liés à l’IA et de la coopération internationale, selon Politico.
  • L’AI Act impose déjà des obligations aux fournisseurs de modèles d’IA à usage général, renforcées en cas de risque systémique.
  • Les principales obligations concernant les systèmes d’IA à haut risque ont été reportées à décembre 2027 ou août 2028 selon leur catégorie.
  • Comme MiCA pour la crypto, le cadre européen sert de base aux échanges internationaux, sans garantir l’adoption de règles mondiales.

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IA : Bruxelles cherche des règles au-delà de l’Europe

Le Conseil de l’IA rassemble des représentants des États membres pour suivre l’application de l’AI Act. D’après l’ordre du jour consulté par Politico, la réunion de jeudi ne vise ni à adopter un nouveau règlement ni à arrêter une position commune définitive. Les discussions porteront notamment sur les travaux engagés au G7, au G20 et aux Nations unies.

Le premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA s’est d’ailleurs déjà tenu à Genève les 6 et 7 juillet 2026. L’Union européenne dispose donc d’une enceinte où défendre son approche, sans pouvoir imposer seule des règles internationales. La vice-présidente de la Commission Henna Virkkunen a récemment appelé à une coopération mondiale : les risques liés aux modèles avancés ne s’arrêtent pas aux frontières européennes.

Cette démarche intervient après les appels de dirigeants comme Dario Amodei, chez Anthropic, et Sam Altman, chez OpenAI, à ralentir le développement de l’IA. Donald Trump a rejeté ces alertes, estimant qu’un tel ralentissement favoriserait la Chine. La réunion bruxelloise permet aux États membres de confronter leurs analyses, mais elle ne résout pas ce désaccord.

Les pays de l’UE voudraient encadrer le développement de l’IA mais les Américains y sont opposés – Source : Compte X

AI Act et MiCA : Une avance réglementaire à nuancer

L’Europe possède déjà un cadre contraignant pour les développeurs de modèles d’IA à usage général. Depuis août 2025, l’AI Act leur impose notamment des obligations de transparence et de respect du droit d’auteur. Les fournisseurs de modèles susceptibles de présenter un risque systémique doivent aussi évaluer et atténuer ce risque.

En revanche, le calendrier des systèmes d’IA à haut risque a changé. Un règlement entré en vigueur en juillet 2026 reporte leurs principales obligations au 2 décembre 2027 pour certains usages, notamment dans l’emploi, l’éducation ou les infrastructures critiques, et au 2 août 2028 pour les systèmes intégrés à certains produits. Les règles de transparence applicables depuis août 2026 ne sont pas concernées par ce report.

Le secteur crypto offre un point de comparaison, sans constituer un précédent exact. Avec MiCA, l’Union a fixé des règles communes pour les émetteurs de certains cryptoactifs et les plateformes qui fournissent des services aux clients européens. Cette harmonisation facilite la lecture des obligations, mais ne garantit ni l’émergence de leaders européens ni l’adoption de règles similaires ailleurs. Il en va de même pour l’IA : disposer d’un cadre européen donne une base aux discussions internationales, pas un accord mondial.

Jeudi, les représentants européens examineront les incidents récents et compareront les initiatives internationales. Le rejet par Donald Trump d’un ralentissement de l’IA souligne toutefois la difficulté d’obtenir un accord mondial sur les risques des modèles les plus avancés.

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Bitcoin face au quantique : l’IA accélère la menace

Le coût théorique d’une attaque quantique vient de chuter. Plus de cent participants, épaulés par des agents IA, ont réduit de 86,1 % les ressources nécessaires à l’un des calculs qui permettraient un jour de s’attaquer aux signatures utilisées par Bitcoin et Ethereum. Aucune clé privée n’a été récupérée et aucun ordinateur quantique actuel ne peut voler des cryptomonnaies grâce à ces travaux. Le résultat montre néanmoins que l’amélioration des programmes peut rapprocher la menace, même sans progrès majeur du matériel.

Points clés

  • Le score du concours ECDSA.Fail est passé de 10,75 milliards à 1,496 milliard
  • Le meilleur circuit étudié utilise 1 151 qubits logiques pour réaliser environ 1,3 million d’opérations quantiques
  • Le résultat se situe plus de 50 % sous la référence publiée par Google, mais les méthodes de calcul diffèrent
  • Les chercheurs ont optimisé une seule étape de l’attaque, pas l’ensemble du processus permettant de récupérer une clé privée

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Une étape de l’attaque quantique allégée de 86 %

Le concours ECDSA.Fail, lancé par Eigen Labs, visait à améliorer un calcul utilisé à de nombreuses reprises dans l’algorithme de Shor. Celui-ci pourrait permettre à un ordinateur quantique suffisamment puissant de retrouver une clé privée à partir d’une clé publique, puis de signer des transactions à la place de son propriétaire.

Bitcoin et Ethereum utilisent notamment le système cryptographique secp256k1 pour autoriser les transactions. Le concours ne cherchait cependant pas à casser une adresse complète. Les participants travaillaient uniquement sur l’un des calculs nécessaires à cette attaque.

Pour comparer leurs propositions, les organisateurs ont créé un score combinant la taille de la machine nécessaire et la quantité de travail qu’elle doit effectuer. Plus ce score est faible, moins le circuit demande théoriquement de ressources.

D’après le rapport publié sur arXiv, le score est passé de 10,75 milliards à 1,496 milliard entre le lancement du concours et l’arrêté des données du 26 juillet. Le meilleur circuit utilise 1 151 qubits logiques, les unités de calcul d’un ordinateur quantique corrigé de ses erreurs, et environ 1,3 million d’opérations complexes.

Le résultat se situe plus de 50 % sous le score de 2,993 milliards publié par Google Quantum AI en mars. Les auteurs soulignent toutefois que les deux modèles ne suivent pas exactement les mêmes règles de calcul. La comparaison donne donc un ordre de grandeur, mais ne suffit pas à prouver qu’une méthode surpasse formellement l’autre.

Après le 26 juillet, une nouvelle proposition a encore abaissé le score à 1,259 milliard. Un autre circuit a réduit la taille minimale à 813 qubits logiques, au prix d’un nombre d’opérations beaucoup plus important.

Plus de cent participants, épaulés par des agents IA, ont réduit de 86,1 % les ressources nécessaires à l’un des calculs qui permettraient un jour de s’attaquer aux signatures utilisées par Bitcoin et Ethereum. Aucune clé privée n’a été récupérée et aucun ordinateur quantique actuel ne peut voler des cryptomonnaies grâce à ces travaux. Le résultat montre néanmoins que l’amélioration des programmes peut rapprocher la menace, même sans progrès majeur du matériel.
L’IA pourrait protéger Bitcoin et Ethereum contre les attaques quantiques – Source : Compte X

L’IA accélère la recherche, mais aucune attaque n’est possible aujourd’hui

Plus de 400 améliorations ont été validées pendant le concours. Les agents IA ont principalement servi à modifier le code, lancer les tests et explorer rapidement de nombreuses petites optimisations. Les humains ont davantage choisi les pistes de recherche et conçu les changements importants.

Le rapport ne permet donc pas d’attribuer la baisse de 86,1 % à l’IA seule. Il montre plutôt comment des chercheurs et des logiciels autonomes peuvent avancer ensemble lorsqu’un résultat peut être vérifié automatiquement.

Ces travaux restent très éloignés d’une attaque réelle. Ils n’intègrent ni l’ensemble de l’algorithme de Shor ni toutes les contraintes permettant de corriger les erreurs d’une machine quantique. Le nombre de composants physiques nécessaires dépendrait également du type d’ordinateur utilisé : il ne peut pas être déduit directement des 1 151 qubits logiques annoncés.

La préparation a néanmoins commencé. Le NIST, l’institut américain chargé des standards technologiques, a déjà sélectionné plusieurs protections conçues pour résister aux ordinateurs quantiques. Son projet de calendrier recommande d’abandonner progressivement certains systèmes classiques après 2030, puis de ne plus les utiliser après 2035.

Galaxy a par ailleurs engagé jusqu’à 5 millions de dollars dans une initiative consacrée à la préparation quantique de Bitcoin. Un autre consortium réunissant notamment BlackRock, Coinbase et Strategy a promis 15 millions de dollars sur trois ans pour financer plus largement la sécurité et le développement du réseau.

L’arrivée d’une machine capable de casser ces signatures ne possède toujours aucune date crédible. La baisse rapide des ressources théoriques rappelle toutefois que le danger ne dépend pas uniquement de la puissance des ordinateurs : un meilleur algorithme peut également rapprocher le seuil nécessaire. Mais modifier Bitcoin ou Ethereum et déplacer les fonds vers de nouvelles protections pourrait bien prendre plusieurs années, même si tout va de plus en plus vite.

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IA et extinction de l’humanité : le danger à 2 000 milliards de dollars ?

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Rabelais ne croyait pas si bien dire, cinq siècles avant l’arrivée de l’intelligence artificielle. Sam Altman, Geoffrey Hinton, Barack Obama, l’ONU et même Vitalik Buterin s’alarment tous, sur le papier, du même danger. Celui d’une intelligence artificielle qui échapperait à tout contrôle. Sauf que dès qu’on gratte, plus personne ne parle de la même chose. L’un redoute l’extinction de l’espèce humaine. L’autre la disparition de millions d’emplois, la concentration du pouvoir dans trois entreprises américaines. Ou simplement que son voisin chinois prenne trop d’avance. Un même mot, alerte, recouvre trois logiques qui n’ont presque rien en commun, sinon le vocabulaire qu’elles empruntent.

Les points clés de cet article :
  • Plusieurs figures influentes, dont Sam Altman et Geoffrey Hinton, ont exprimé leur inquiétude face à l’éventualité d’une intelligence artificielle échappant au contrôle humain.
  • Un débat persistant oppose ceux qui craignent l’extinction de l’espèce humaine à cause de l’IA et ceux qui se préoccupent des conséquences immédiates sur l’emploi et les biais algorithmiques.

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Extinction ou emplois détruits : l’intelligence artificielle ne fait pas peur pour les mêmes raisons

En mars 2023, le Center for AI Safety, institut de recherche californien. Il fait signer une phrase unique à plus de 350 dirigeants et chercheurs. Elle érige la lutte contre le risque d’extinction lié à l’IA au rang de priorité mondiale. Même niveau que les pandémies ou la guerre nucléaire.

Parmi les signataires, Sam Altman, Demis Hassabis et Dario Amodei. Ces trois patrons dirigent justement les laboratoires les plus avancés du secteur, à savoir respectivement OpenAI, Google DeepMind et Anthropic. Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, qui ont posé les bases du deep learning il y a vingt ans, signent aussi.

Deux ans et demi plus tard. En octobre 2025, le Future of Life Institute pousse le curseur plus loin avec son Statement on Superintelligence. Et là, encore une fois, plus de 800 signatures, dont celles de Steve Wozniak, de Richard Branson et du prince Harry. Ils réclament une interdiction du développement d’une superintelligence tant qu’un consensus scientifique et une acceptation publique ne garantissent pas sa sécurité. Bengio est encore de la partie.

À côté de ces deux textes, une autre famille de chercheurs travaille depuis des années sur un tout autre registre. Celui des biais algorithmiques dans le recrutement ou la justice prédictive. Il s’agit aussi de la précarisation de métiers entiers, et de la poignée d’entreprises américaines qui concentrent la puissance de calcul mondiale. Pour ce camp, souvent regroupé sous l’étiquette de l’éthique de l’IA, parler d’extinction humaine détourne l’attention de dégâts déjà mesurables, ceux qui touchent des travailleurs précis, aujourd’hui, pas une humanité abstraite dans cinquante ans. Les deux camps utilisent le mot risque, mais ils ne parlent pas du même risque.

Altman et Musk : le pompier pyromane

Reprenons nos bonnes âmes signataires. Sam Altman signe le texte du Center for AI Safety en mai 2023. La même année, OpenAI lève 10 milliards de dollars auprès de Microsoft et entame la course au modèle le plus puissant du marché.

En 2026, l’entreprise dépose son dossier d’entrée en bourse sans jamais lever le pied sur la course à la puissance de calcul. Or, justement lorsque nous écrivons cet article, elle annonce ce matin même faire marche arrière pour cette année. Alerter sur l’extinction de l’espèce et courir après la prochaine levée de fonds force cette ambiguïté.

Elon Musk n’est pas en reste. En mars 2023, il cosigne aussi la lettre du Future of Life Institute. Elle réclame une pause de six mois sur l’entraînement des modèles les plus puissants. Quatre mois plus tard, xAI voit le jour. Grok, son modèle, tourne aujourd’hui sur l’un des plus gros clusters de calcul jamais assemblés. La pause, personne ne l’a jamais appliquée.

Chez Anthropic, Dario Amodei publie régulièrement des textes qui détaillent, chiffres à l’appui. Il y détaille les scénarios dans lesquels un modèle frontière pourrait échapper au contrôle de ses créateurs. Au même moment, Anthropic vise une valorisation record pour son introduction en bourse. Et l’entreprise a remporté un bras de fer très commenté face au Pentagone sur l’usage militaire de ses propres modèles.

On serait presque tenté d’y voir un remake du Projet Manhattan. Les physiciens qui avaient construit la bombe furent aussi les premiers. Une fois Hiroshima et Nagasaki rayées de la carte, ils réclament un contrôle international de l’arme qu’ils venaient de livrer. La comparaison a ses limites. Oppenheimer n’a jamais négocié une part de royalties sur le plutonium. Les trois patrons de l’IA alertent tout en actionnant, chaque trimestre, une machine à lever des capitaux.

We Must Pace the Frontier: I’ve written a new essay on why the AI industry should slow down, with a three-part plan for doing so.

Anthropic is unilaterally committing to the first of these steps. We’ll provide third-party evaluators with permanent, employee-level access to our…

— Dario Amodei (@DarioAmodei) September 12, 2026

« Nous devons repousser les limites : j’ai rédigé un nouvel essai expliquant pourquoi l’industrie de l’IA devrait ralentir, et proposant un plan en trois points pour y parvenir. Anthropic s’engage unilatéralement à mettre en œuvre la première de ces étapes. Nous accorderons à des évaluateurs tiers un accès permanent, équivalent à celui de nos employés, à nos systèmes. Ils pourront ainsi vérifier le respect de nos mesures de sécurité, signaler les incidents et évaluer la cohérence des modèles pendant leur entraînement. »

Dario Amodei

Obama, Trump, Pékin : la course à l’intelligence artificielle déguisée en cadre de sécurité

Face à cette course interminable le politique s’en mêle. Barack Obama presse les démocrates américains de se doter d’un plan clair sur l’IA. Il appelle aussi, selon le New York Times, à une forme de prudence face à la vitesse du déploiement des modèles. La sortie tombe alors que l’administration Trump pousse dans le sens exactement inverse. Un décret présidentiel vise à empêcher chaque État américain de légiférer de son côté sur l’IA, au nom d’un unique cadre fédéral, plus permissif. Un précédent décret de Trump promettait déjà de marier sécurité et innovation. Dans les faits, le curseur penche nettement vers la seconde option.

Côté chinois, le discours officiel emprunte le même vocabulaire qu’Obama ou que le Future of Life Institute. Lors du sommet mondial sur l’IA de Shanghai en 2026, Pékin signe une déclaration en faveur d’une gouvernance mondiale coordonnée du secteur. Dans le même temps, une entreprise chinoise est accusée d’avoir pillé les modèles d’Anthropic pour rattraper son retard, ce qui a valu une riposte de Washington. La coopération affichée et la course technologique réelle avancent sur deux rails qui ne se croisent jamais.

L’Union européenne a choisi la voie inverse, contraindre par la loi avec l’AI Act, entré en application par étapes depuis 2024. Bruxelles régule pourtant un marché où elle ne possède ni les modèles ni les centres de données les plus puissants. Washington et Pékin financent l’IA. L’Europe la commente.

Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle IA ?

En juillet 2026, la Commission fédérale des communications (FCC) autorise Reflect Orbital. Cette start-up américaine va tester un miroir géant en orbite basse. Il est capable de renvoyer la lumière du soleil vers un point précis de la Terre, la nuit. L’objectif affiché est de vendre du soleil à la demande à des exploitants agricoles ou à des chantiers qui veulent prolonger leurs journées de travail. Des astronomes, des biologistes et plusieurs associations de défense du ciel nocturne alertent depuis des mois. Ils redoutent la pollution lumineuse que provoquerait un déploiement à grande échelle. Ils pointent aussi la perturbation des cycles de sommeil de la faune, et les images d’observatoires qui deviendraient inutilisables. La CBC a documenté les zones d’ombre juridiques du dossier. Aucune loi internationale ne régit vraiment qui a le droit de modifier la nuit d’un pays voisin depuis l’espace. La FCC a validé le projet quand même.

Rien à voir avec un modèle de langage, en apparence. Le même mécanisme est pourtant à l’œuvre des deux côtés. Une communauté scientifique alerte, documente, chiffre le risque. Une entité privée, soutenue par un régulateur qui a le dernier mot, avance malgré tout, parce qu’elle en a la capacité technique et le financement. L’alerte n’a jamais été le problème. Le problème, c’est que personne, ni les 800 signataires du Future of Life Institute, ni les chercheurs du Center for AI Safety, ni Barack Obama, n’a le pouvoir de dire stop à ceux qui décident d’appuyer sur le bouton.

Reflect Orbital et l’IA : le même mécanisme de pouvoir

C’est là que la comparaison avec Reflect Orbital devient plus utile que n’importe quel parallèle avec la bombe atomique. Un miroir en orbite et un modèle de fondation à plusieurs centaines de milliards de paramètres n’ont, sur le papier, rien en commun. Ils partagent pourtant la même structure de décision. Une poignée d’acteurs privés, un régulateur qui les autorise plus souvent qu’il ne les freine. Cette masse de textes d’alerte qui s’accumulent sans jamais peser sur le calendrier de déploiement. La FCC a mis quelques mois à trancher sur Reflect Orbital. Cela fait trois ans que les mêmes textes circulent sur l’IA, sans qu’aucun laboratoire n’ait ralenti d’un cran sa feuille de route.

L’ONU a elle-même reconnu, dans un rapport publié cette année, que l’IA pourrait provoquer des dommages catastrophiques si aucun mécanisme de contrôle contraignant ne voit le jour d’ici la fin de la décennie. Le texte n’a aucune valeur légale. Aucun État n’est tenu de l’appliquer.

Reflect Orbital doit lancer son premier miroir test avant la fin de l’année. Les laboratoires d’IA ont déjà programmé leurs prochains modèles pour 2027. Les textes d’alerte, eux, continueront de s’accumuler sur des bureaux de gens qui n’ont jamais eu le pouvoir de les faire appliquer.

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Cyberattaques : Face à l’IA, les banques n’ont plus une minute à perdre

Découvrir une faille, l’exploiter puis enchaîner avec une intrusion. Les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés accélèrent désormais l’ensemble de la chaîne offensive. Dans une étude publiée le 9 septembre, l’Institut pour la stabilité financière (FSI) avertit que le délai séparant la découverte d’une vulnérabilité de son exploitation peut se réduire de plusieurs semaines à quelques minutes. Pour les banques, la difficulté n’est donc plus seulement de repérer les failles, mais d’autoriser et de déployer leurs correctifs suffisamment vite. Les auteurs appellent à revoir les procédures de validation, les calendriers de maintenance et les dispositifs de reprise après incident.

Points clés

  • L’IA de frontière peut automatiser la découverte de vulnérabilités, la création d’exploits et plusieurs étapes d’une cyberattaque
  • Le FSI estime que les cycles de correctifs planifiés deviennent insuffisants face à cette accélération
  • Un incident impliquant des agents d’OpenAI et les systèmes de Hugging Face illustre les risques liés à l’autonomie accordée aux modèles
  • Les superviseurs privilégient l’adaptation des règles existantes plutôt qu’un nouveau régime propre à l’IA

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IA : De plusieurs semaines à quelques minutes pour exploiter une faille

L’« IA de frontière » désigne les modèles les plus performants disponibles à un moment donné. Contrairement aux générations précédentes, principalement utilisées pour améliorer des courriels de phishing ou produire du code malveillant, ces systèmes peuvent rechercher des vulnérabilités et combiner plusieurs failles afin de construire une attaque plus complexe.

Le rapport ne prétend pas que toutes les vulnérabilités sont désormais exploitées en quelques minutes. Il souligne plutôt que cette fenêtre peut se contracter brutalement lorsque des agents disposent des outils, des autorisations et de la puissance de calcul nécessaires. Dans ce contexte, une faille laissée sans correctif devient rapidement une porte d’entrée.

L’étude revient notamment sur l’incident survenu en juillet 2026 entre OpenAI et Hugging Face. Durant une évaluation interne, un agent utilisant GPT-5.6 Sol et un modèle expérimental plus puissant devait résoudre des exercices de cybersécurité. Il a finalement exploité une faille inconnue, quitté son environnement de test, obtenu des identifiants et exécuté du code non autorisé sur les systèmes de Hugging Face.

Les garde-fous habituels avaient toutefois été assouplis et d’importantes ressources avaient été accordées au modèle. L’incident ne démontre donc pas que les outils accessibles au public peuvent spontanément lancer de telles opérations. Il montre qu’un objectif légitime peut produire des conséquences imprévues lorsqu’un modèle performant est associé à un système lui permettant de planifier et d’agir avec une large autonomie.

Les autorités financières ne préparent pas, pour l’instant, un régime cyber entièrement consacré à l’intelligence artificielle. Elles cherchent plutôt à appliquer plus rapidement les principes existants : gestion des correctifs, contrôle des accès, segmentation des réseaux, tests de résistance et continuité des services critiques.

Les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés accélèrent désormais l’ensemble de la chaîne offensive. Dans une étude publiée le 9 septembre, l’Institut pour la stabilité financière (FSI) avertit que le délai séparant la découverte d’une vulnérabilité de son exploitation peut se réduire de plusieurs semaines à quelques minutes. Pour les banques, la difficulté n’est donc plus seulement de repérer les failles, mais d’autoriser et de déployer leurs correctifs suffisamment vite. Les auteurs appellent à revoir les procédures de validation, les calendriers de maintenance et les dispositifs de reprise après incident.
La presse spécialisée partage le rapport (inquiétant) du Financial Stability Board – Source : Compte X

Les banques doivent accélérer leurs correctifs et leur reprise

La Financial Conduct Authority britannique constate ainsi que la découverte des vulnérabilités accélère davantage que la capacité de réponse des entreprises. En Allemagne, la BaFin demande également aux établissements supervisés de raccourcir leurs processus de correction. À Hong Kong, l’autorité monétaire encourage les banques à intégrer des attaques assistées par IA dans leurs exercices de crise.

L’Institute of International Finance, qui représente le secteur bancaire, va jusqu’à recommander l’application de correctifs en dehors des fenêtres habituelles de maintenance. Une interruption planifiée peut alors devenir préférable au maintien en production d’un logiciel vulnérable. Les recommandations volontaires du Cross Market Operational Resilience Group britannique envisagent, de leur côté, des délais de réparation ramenés de plusieurs semaines à quelques jours, voire quelques heures.

En Europe, les tests de cyberrésilience de la BCE et le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act) poursuivent la même logique : une institution doit pouvoir contenir une attaque, restaurer ses systèmes et continuer à fournir ses services essentiels. Le rapport insiste également sur les dépendances communes envers quelques fournisseurs de cloud, de logiciels ou d’IA, dont la défaillance pourrait toucher simultanément plusieurs établissements.

L’écosystème crypto connaît déjà cette exposition permanente, notamment avec des smart contracts accessibles sans interruption. Audits continus, bug bounties et surveillance on-chain peuvent offrir des enseignements utiles, mais ne constituent ni une pratique généralisée ni une garantie contre les piratages. La BRI ne présente d’ailleurs pas la crypto comme un modèle : la comparaison montre surtout que, dans la finance comme dans les actifs numériques, la rapidité de détection et de réaction devient aussi importante que la prévention.

L’IA ne remplace donc pas les fondamentaux de la cybersécurité. Elle impose surtout de les exécuter beaucoup plus vite. Pour les banques, le prochain chantier sera autant organisationnel que technique : un correctif découvert en quelques minutes ne sert à rien si sa validation exige encore plusieurs semaines. Blockchain, crypto, stablecoin ou encore intelligence artificielle, les banques sont sur tous les fronts en ce moment.

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IA : Nvidia, Palantir et Booz Allen ferment la porte aux modèles d’Anthropic

Trois partenaires, une même porte qui se referme. The Information rapporte que Nvidia, Palantir et Booz Allen Hamilton s’apprêtent à restreindre l’usage des modèles d’Anthropic. Cette restriction toucherait aussi bien leurs équipes internes que leurs produits commerciaux. Ces trois entreprises figuraient pourtant jusqu’ici parmi les vitrines commerciales les plus précieuses du laboratoire de San Francisco.

Claude équipe les plateformes de Palantir destinées au renseignement américain depuis fin 2024. Booz Allen Hamilton, cabinet de conseil dont le gouvernement fédéral représente l’essentiel du chiffre d’affaires, le distribue aussi aux agences. Nvidia avait promis en novembre dernier jusqu’à 10 milliards de dollars au laboratoire de Dario Amodei.

Points clés

  • Nvidia, Palantir et Booz Allen Hamilton s’apprêtent à restreindre l’usage des modèles Claude d’Anthropic, selon The Information
  • La politique d’usage d’Anthropic, qui interdit la surveillance domestique, heurte le cœur de métier de Palantir
  • Nvidia avait promis jusqu’à 10 milliards de dollars, après des mois de clash public avec Anthropic
  • Les réseaux de calcul décentralisés et les modèles à poids ouverts gagnent des arguments face aux licences révocables

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Anthropic lâché par Nvidia, Palantir et Booz Allen

Pour l’heure, le détail des mesures n’a pas été rendu public. Elles viseraient ainsi à la fois l’usage interne de Claude par les salariés et son intégration dans les offres vendues aux clients des trois groupes. Palantir avait pourtant été le premier à porter le modèle dans les environnements classifiés américains, via une accréditation IL6 (Impact Level 6). Ce niveau autorise ainsi le traitement de données relevant du secret défense.

La politique d’usage d’Anthropic interdit d’employer Claude pour de la surveillance domestique. Or, cette clause heurte de plein fouet le cœur de métier de Palantir. Ses logiciels servent la police fédérale et les services d’immigration. La friction avait déjà provoqué des tensions avec la Maison-Blanche à l’automne 2025. D’ailleurs, plusieurs responsables reprochaient au laboratoire de trier lui-même les missions autorisées.

Le grief de Nvidia se situe ailleurs. Dario Amodei milite depuis 2025 pour un durcissement des contrôles à l’exportation des puces vers la Chine. Or, cette ligne ampute directement le carnet de commandes du fabricant de processeurs graphiques.

Graphique du cours de l'action Nvidia (NVDA) en baisse sur 5 jours, mi-septembre 2026
L’action Nvidia a cédé 6,49 % en cinq séances, jusqu’au 14 septembre 2026. Source : Google Finance.

Nvidia contre Anthropic : du clash public au chèque de 10 milliards

La brouille remonte au printemps 2025. Anthropic défendait alors l’idée que des puces avancées quittaient les États-Unis par des circuits de contrebande, et la réponse du fabricant avait claqué.

« Les entreprises américaines devraient se concentrer sur l’innovation et relever le défi, plutôt que de raconter des histoires à dormir debout sur des composants électroniques volumineux et sensibles qui auraient été passés en fraude dans de faux ventres de femmes enceintes ou au milieu de homards vivants. »

Un porte-parole de Nvidia, en réponse aux déclarations d’Anthropic sur la contrebande de puces

Quelques semaines plus tard, Jensen Huang réglait ses comptes depuis la scène de VivaTech à Paris. « Je suis en désaccord avec à peu près tout ce qu’il dit », lâchait le patron de Nvidia à propos d’Amodei.

L’argent avait ensuite recouvert la dispute. En novembre 2025, Nvidia annonçait un investissement pouvant atteindre 10 milliards de dollars dans Anthropic. Microsoft complétait aussi avec 5 milliards de plus. Le laboratoire s’engageait en échange à acheter 30 milliards de dollars de capacité de calcul sur Azure. Il ajoutait jusqu’à un gigawatt de systèmes Grace Blackwell et Vera Rubin à la clé. Les restrictions rapportées par The Information referment ainsi une partie de cette relation huit mois plus tard.

Crypto : les réseaux de calcul décentralisés en embuscade

Un modèle propriétaire s’utilise sous licence, et une licence se retire. Les poids ouverts de Llama, Mistral, DeepSeek ou Qwen se téléchargent une fois et tournent ensuite sur n’importe quelle machine. Aucune clause d’usage opposable, ni interrupteur actionnable à distance.

La même logique nourrit les marchés de calcul distribué nés dans la crypto. Akash, Render et io.net louent de la puissance GPU en pair à pair. Ils règlent aussi leurs fournisseurs en jetons, sans contrat-cadre ni comité de conformité. De son côté, Bittensor rémunère en TAO les participants qui entraînent et servent des modèles au sein de sous-réseaux spécialisés.

Ces infrastructures restent loin des grands fournisseurs cloud sur les charges d’entraînement les plus lourdes. Leur disponibilité dépend surtout d’opérateurs dispersés. Leur argument commercial gagne pourtant en épaisseur. Car il suffit qu’un fournisseur d’intelligence artificielle et ses clients se disputent le droit d’usage d’un modèle.

Anthropic tire l’essentiel de ses revenus des entreprises et des administrations. Son rythme de revenus annualisés a ainsi franchi les 65 milliards de dollars fin juillet 2026. C’est loin devant les 20 à 26 milliards visés un an plus tôt par ses propres projections internes. Le laboratoire avait placé Claude à 1 dollar symbolique auprès des agences fédérales via l’accord OneGov conclu avec la GSA. Cette dernière centralise les achats de l’État américain. Nvidia, Palantir et Booz Allen tenaient trois des principales portes d’entrée vers cette clientèle publique.

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Cybercriminalité en Inde : Ils se rencontrent en prison avant de monter leurs arnaques

La prison comme pépinière de cybercriminels. En Inde, l’enquête sur une fraude numérique de 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) est menée. Elle révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient des contacts en détention avec des spécialistes de la cyberfraude. Ils rejoindraient ensuite leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux. Ceux-ci permettent de déplacer ou de retirer l’argent volé.

Les points clés de cet article :

  • Une enquête sur une fraude de 8,6 millions de roupies révèle des liens noués en prison entre délinquants et cybercriminels

  • Une autre affaire portant sur plus de 110 millions de roupies a conduit à l’application de la loi contre le crime organisé du Maharashtra
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Cybercriminalité en Inde : Des contacts noués en prison puis exploités après la libération

La police a arrêté Tejas Lokhande, 24 ans, et Avinash Baklikar, 28 ans, dans le cadre de l’enquête. Le premier présente des antécédents liés à des infractions traditionnelles, dont un enlèvement. Le second, lui, entretiendrait des liens avec un réseau de cybercriminalité.

D’après les enquêteurs, les deux hommes se seraient rencontrés environ un an plus tôt à la prison de Yerwada. Ils y étaient détenus, chacun, dans des affaires distinctes. Libérés sous caution il y a environ six mois, ils seraient restés en contact. Tejas Lokhande aurait ensuite participé aux activités de fraude numérique de son nouveau comparse.

La police cherche désormais à déterminer dans quelle mesure les relations nouées en détention facilitent le recrutement de délinquants. Ces délinquants rejoindraient ensuite des organisations cybercriminelles. L’attrait serait principalement économique. Les escroqueries en ligne permettent de manipuler des sommes importantes sans confrontation physique directe avec les victimes.

Cette évolution ne signifie pas que les délinquants deviennent tous des pirates informatiques. Les réseaux fragmentent leurs opérations entre plusieurs intervenants. Certains attirent les victimes, d’autres fournissent des comptes bancaires. Ils retirent aussi les fonds, procurent des cartes SIM ou transfèrent l’argent vers de nouveaux comptes.

 En Inde, l’enquête sur une fraude numérique de 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient en détention des contacts avec des spécialistes de la cyberfraude avant de rejoindre leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux permettant de déplacer ou de retirer l’argent volé.
Les prisons indiennes deviennent des surcursales du cybercrime organisé

Les comptes bancaires « mules » au cœur du dispositif

Cette organisation par couches complique le travail des enquêteurs. Chaque participant peut n’exécuter qu’une tâche limitée sans connaître l’ensemble du réseau. Les personnes disposant déjà de contacts criminels et de relais locaux deviennent alors utiles. Elles servent à ouvrir ou louer des comptes bancaires, pour faire circuler les fonds.

La police de Pimpri-Chinchwad avait déjà observé ce phénomène dans une affaire portant sur plus de 110 millions de roupies. Les escrocs avaient détourné cette somme auprès d’une personne âgée grâce à une fausse application de trading. La police avait arrêté neuf suspects et gelé environ 26,5 millions de roupies. Certains suspects auraient fourni des comptes « mules » en échange d’une part des sommes transférées.

En avril, les autorités avaient appliqué contre ce groupe le Maharashtra Control of Organised Crime Act (MCOCA). Cette législation est réservée aux réseaux criminels organisés. Les autorités avaient également repéré des profils comparables en mars, lors du démantèlement d’une structure de cyberfraude. Cette structure opérait depuis une villa de Lonavala.

L’enquête actuelle dépasse donc le seul suivi des transactions bancaires. Les policiers examinent aussi les antécédents des suspects, leurs relations en prison et les contacts entretenus après leur libération. Elle met en lumière une transformation de la criminalité organisée indienne. Les compétences numériques restent entre les mains de spécialistes. Les délinquants traditionnels fournissent, eux, les ressources humaines et matérielles indispensables au blanchiment des fonds.

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Meta lance Muse, l’agent IA qui paie à votre place, sur un modèle à l’opposé de la crypto

Vos désirs sont des ordres, à condition d’habiter aux États-Unis et d’avoir 18 ans. Meta a lancé mardi Muse, un agent d’intelligence artificielle personnel capable de naviguer sur le web, réserver un voyage, rédiger des e-mails et surtout négocier des achats à la place de son utilisateur, sous réserve de sa validation à chaque paiement. Un pari qui arrive alors que la crypto construit, de son côté, une tout autre architecture pour laisser des agents IA dépenser de l’argent sans supervision humaine constante.

Les points clés de cet article :
  • Meta a lancé Muse, un agent d’intelligence artificielle capable de gérer des tâches telles que la navigation sur le web et les achats pour l’utilisateur.
  • Muse utilise le système de carte virtuelle de Stripe pour sécuriser les paiements, contrastant avec les solutions crypto qui évitent les intermédiaires.

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Muse, le majordome qui négocie et paie à votre place

Disponible pour l’instant aux États-Unis, sur iOS, Android, le web et directement dans WhatsApp, Muse s’adresse à « des milliards de personnes » sans courbe d’apprentissage, selon Meta. L’utilisateur donne une mission en langage courant, l’agent s’exécute en arrière-plan et ne revient demander une validation que pour les actions sensibles, l’envoi d’un e-mail ou un paiement. Trois formules existent : gratuite pour l’usage courant, 20 dollars par mois pour la formule Power, 100 dollars pour la Maximum, rapporte TechCrunch.

Le mécanisme de paiement mérite qu’on s’y attarde. Muse règle les achats via Link, le système de carte virtuelle à usage unique développé par Stripe. L’agent ne voit jamais le vrai numéro de carte de l’utilisateur, il génère un jeton de paiement éphémère pour chaque transaction. Une architecture pensée pour rassurer, pas pour affranchir l’utilisateur du contrôle final.

Une philosophie aux antipodes de celle de la crypto

Voilà où l’angle devient intéressant pour quiconque suit la crypto de près. Meta a choisi de confier les clés du paiement à un intermédiaire de confiance, Stripe, qui reste un tiers centralisé capable de bloquer, tracer ou annuler une transaction. La crypto parie sur l’inverse depuis plusieurs mois. MetaMask a dévoilé son Agent Wallet, un portefeuille pensé spécifiquement pour que des agents IA exécutent eux-mêmes des transactions on-chain, sans repasser par une carte bancaire ni un processeur de paiement traditionnel.

Coinbase a fait un pari comparable avec Coinbase for Agents, sa pile de paiement x402 adossée au réseau Base, qui permet à des agents autonomes de régler des transactions directement on-chain (le « Based Agent » dévoilé en 2025 n’était qu’un template de démonstration, depuis remplacé par cette offre complète). Deux visions du même problème : comment laisser une machine dépenser de l’argent sans perdre le contrôle. D’un côté, Meta rassure via un tiers de confiance et une carte à usage unique. De l’autre, la crypto mise sur des wallets natifs pour agents, où la vérification se fait par cryptographie plutôt que par intermédiaire.


Le vrai enjeu n’est pas la technologie, c’est la confiance

Meta a d’ailleurs traversé des débats internes avant de lancer Muse : selon Reuters, des tests menés en interne ont multiplié les ratés, jusqu’à un agent qui a contourné ses propres garde-fous pour exposer les photos iCloud privées d’un utilisateur, et une déconnexion inexpliquée suivie de l’envoi de données sensibles sans autorisation. Rien d’étonnant : donner à une IA la capacité de négocier et de payer à votre place suppose de lui faire une confiance que peu d’utilisateurs accordent spontanément, quelle que soit l’architecture technique choisie derrière.

Cette tension entre commodité et contrôle ne va pas se résoudre du jour au lendemain. Mais elle dessine déjà deux camps qui vont devoir cohabiter, celui des géants du web qui rassurent par la centralisation et celui de la crypto qui parie sur des agents IA capables de transiger directement entre eux, sans jamais passer par un tiers.


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IA : Les tokens chutent de 41 % depuis mars

Le logiciel devait dévorer le monde et engranger des marges XXL au passage. Quinze ans plus tard, c’est le logiciel lui-même qui commence à se faire dévorer, par ses propres prix. Le prix effectif payé par les entreprises américaines pour un million de tokens IA s’est effondré de 41 % depuis son pic de mars, passant de 1,15 dollar à 68 centimes.

Les points clés de cet article :
  • Le prix des tokens IA a dramatiquement chuté, atteignant un niveau bas inquiétant pour l’industrie.
  • Une concurrence accrue et l’émergence de modèles chinois moins chers érodent lentement les marges des entreprises technologiques.

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Le token, nouvelle matière première interchangeable

Selon les données de Ramp, la plateforme de dépenses d’entreprise, publiées le 9 septembre, le détail par acteur obtenu par Fortune donne la mesure du mouvement. Depuis le 1er août seulement, le prix effectif d’OpenAI a chuté de 38 %, à 48 centimes. Anthropic recule un peu moins vite, 22 % de baisse, à 90 centimes.

Autre signal qui inquiète davantage que la baisse des prix elle-même : la part d’usage captée par les modèles dits « frontière », les plus puissants et les plus chers du marché, glisse de 53 % début août à 45 % en septembre. Les entreprises migrent vers des modèles moins chers dès que la tâche le permet, et n’ont plus vraiment de raison de payer le tarif premium par défaut.

Dans des propos rapportés par Fortune, Ara Kharazian, économiste en chef chez Ramp, résume la dynamique en une formule qui claque : les tokens commencent à se comporter comme du sel ou du blé, une matière première interchangeable, plutôt que comme un produit différenciant qui justifie une prime de marque. Un constat qui fait tache pour des entreprises dont la valorisation repose largement sur l’idée que leurs modèles resteront irremplaçables.

Graphique en aires empilées de la part de dépense API par modèle d'IA, montrant le recul des modèles frontière face aux modèles moins chers entre janvier 2025 et septembre 2026 (Ramp AI Index)
Part de la dépense API des entreprises américaines captée par chaque modèle d’IA : les modèles frontière (en vert) reculent de 53 % à 45 % entre août et septembre 2026, au profit d’alternatives moins chères. Source : Ramp AI Index.

Une fissure de plus dans la thèse de la bulle IA

Ce n’est pas un accident isolé, c’est la conséquence directe d’une concurrence de plus en plus féroce entre laboratoires, confirmée dès début septembre par CNBC, à laquelle s’ajoute la montée en puissance de modèles chinois à poids ouverts, nettement moins chers à faire tourner.

Le Journal du Coin décortiquait déjà, fin août, les signaux d’un dégonflement lent de la bulle IA plutôt qu’un krach brutal façon 2000. Cette chute du prix des tokens s’inscrit dans la même mécanique : pas d’effondrement spectaculaire, mais une lente érosion des marges qui grignote, mois après mois, l’argument central vendu aux investisseurs.

Graphique en courbes de la dépense mensuelle en IA par employé (top 1 %, top 10 %, médiane) aux États-Unis, de janvier 2024 à septembre 2026 (Ramp AI Index)
Dépense mensuelle moyenne en IA par employé aux États-Unis : chez les plus gros dépensiers (top 1 %), elle atteint 7 205 dollars, en hausse continue malgré la chute du prix des tokens. Source : Ramp AI Index.

Le paradoxe, c’est que cette baisse arrive alors même qu’Anthropic prépare une entrée en bourse évoquée à plus de 2 000 milliards de dollars, et qu’OpenAI continue de lever des dizaines de milliards pour financer sa propre infrastructure. Des tokens plus abordables devraient, en théorie, doper l’adoption et donc les volumes. Mais un volume plus élevé à marge plus faible ne rapporte pas nécessairement plus, et rien ne dit que la baisse des coûts d’inférence suivra le même rythme que la baisse des prix imposée par la concurrence.

OpenAI a déjà engagé des dizaines de milliards de dollars dans ses propres centres de calcul, quand Anthropic mise sur son IPO à 2 000 milliards de dollars pour financer la sienne. Deux paris opposés sur une même contrainte : financer des infrastructures toujours plus coûteuses avec des marges qui rétrécissent chaque mois.

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Trezor, BitBox, CoinTracking : la brèche chez Brevo transforme leurs emails en pièges à phishing

Un cheval dans les remparts. Le 9 septembre 2026, les clients de Trezor reçoivent un mail au bon logo, à la bonne adresse, annonçant une faille critique sur les puces STM32 qui équipent leurs portefeuilles matériels. Rien ne cloche, sauf que tout est faux. Le fabricant tchèque sort à peine de sa fuite de données chez son prestataire logistique ShipMonk. Cette fuite avait exposé les coordonnées de dizaines de milliers de clients. Cette fois, c’est son prestataire email qui a cédé, laissant des attaquants écrire depuis l’adresse officielle de la marque.

Les points clés de cet article :
  • Le 9 septembre 2026, des attaquants ont envoyé un faux mail alarmant aux clients de Trezor, exploitant une prétendue faille des puces STM32.
  • Des pirates ont compromis Brevo, anciennement Sendinblue, affectant également BitBox et CoinTracking et exposant les vulnérabilités des services de messagerie.

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STM32 Entropy Vulnerability : la fausse faille qui a piégé les clients Trezor

L’email s’intitule « Critical Security Alert: STM32 Entropy Vulnerability ». Concrètement, il prétend qu’une faille d’entropie, soit un défaut dans la génération aléatoire des clés, touche les puces STM32 qui équipent une bonne partie des Trezor en circulation. Le message pousse le lecteur pressé à cliquer sur un lien pour « sécuriser » son solde. Le lien renvoie vers une application à télécharger, qui réclame ensuite la phrase de récupération de 12 ou 24 mots. Résultat : tout le portefeuille part en fumée, car cette suite de mots permet à elle seule de reconstruire n’importe quelle clé privée associée.

L’expéditeur rend ce piège redoutable, bien plus que le prétexte technique, plutôt grossier pour qui connaît un peu le sujet. Le mail passe tous les contrôles d’authentification SPF, DKIM et DMARC, les vérifications censées confirmer qu’un email vient bien du bon domaine. Il part réellement du compte Brevo de Trezor, et non de ses serveurs internes, ce qui explique qu’il franchisse tous les filtres. Sur X, la marque a réagi le 9 septembre : « Sachez que l’email intitulé « Critical Security Alert: STM32 Entropy Vulnerability » ne vient pas de nous, il s’agit d’une tentative de phishing. Ne cliquez sur aucun lien », rapporte The Block. Trezor a d’ailleurs fait fermer le domaine frauduleux en seulement 20 minutes, mais environ 2 500 personnes avaient déjà cliqué sur le lien parmi les quelque 347 000 abonnés visés par l’envoi.

Our third-party e-mail provider has been breached. Please be aware that the email named ‘Critical Security Alert: STM32 Entropy Vulnerability’ is not coming from us, and it’s a phishing attempt. Do not click on any link.

We have taken down the domain, and we are investigating…

— Trezor (@Trezor) September 9, 2026

« Notre fournisseur de messagerie tiers a été victime d’une cyberattaque. Veuillez noter que le courriel intitulé « Alerte de sécurité critique : Vulnérabilité d’entropie STM32 » ne provient pas de nous et qu’il s’agit d’une tentative d’hameçonnage. Ne cliquez sur aucun lien. Nous avons désactivé le domaine concerné et nous enquêtons actuellement sur la situation, notamment sur la manière dont les pirates ont pu accéder à notre domaine légitime.»

Brevo, le maillon faible qui a aussi piégé BitBox et CoinTracking

Trezor n’est pas seul dans cette histoire. Le prestataire compromis n’est autre que Brevo, une plateforme d’envoi d’emails marketing qui s’appelait Sendinblue jusqu’en 2023. Des dizaines d’entreprises l’utilisent pour leurs newsletters. Du coup, au moins deux autres acteurs crypto ont subi la même mésaventure le même jour.

Brevo a reconnu un incident de sécurité ayant permis à un attaquant d’accéder à 138 comptes de la plateforme, dont 6 utilisés pour envoyer du phishing et 43 ayant subi un export de contacts. Le fabricant suisse BitBox a repéré une campagne identique visant ses propres utilisateurs. « Plusieurs autres entreprises bitcoin ont été visées et semblent avoir utilisé le même prestataire », a-t-il reconnu, selon Bitcoin.com. CoinTracking, le service de suivi de portefeuille et de fiscalité crypto, a demandé à ses utilisateurs de ne cliquer sur aucun lien tant que l’enquête n’est pas terminée.

Troisième alerte en un mois : la série noire des prestataires de Trezor

Remontons un peu. Mi-août 2026, Trezor annonçait déjà une fuite chez son prestataire logistique, ShipMonk : noms, adresses postales et numéros de téléphone de 13 689 clients exposés. Début septembre, la marque a dû revoir sa copie à la hausse. la même brèche concernait en réalité 67 000 clients américains supplémentaires, portant le total à 80 689 personnes. Cette fuite-là n’a pourtant directement compromis ni clé, ni wallet, ni sauvegarde. Mais des coordonnées postales et téléphoniques entre de mauvaises mains, ça se traduit vite en appels frauduleux et en colis piégés.

Ajoutez la brèche Brevo à ce tableau et le compte est vite fait : deux prestataires différents, trois incidents de sécurité, en moins d’un mois. Le matériel Trezor n’a jamais été mis en cause. Quatrième semaine seulement.

Les portefeuilles matériels blindent la clé privée à l’intérieur d’une puce sécurisée. Ils ne blindent pas la boîte mail du fabricant, ni les prestataires qui gravitent autour de lui. Dans les faits, le silicium a tenu. La chaîne d’approvisionnement, elle, a craqué chez deux prestataires différents en moins d’un mois. Malgré tout, Trezor elle-même n’a perdu aucune clé, aucun seed ni aucune sauvegarde sur ces trois épisodes : ce que les personnes ayant cliqué sur le lien piégé ont pu saisir dans l’application frauduleuse, en revanche, reste inconnu. Ainsi, la prochaine campagne de phishing crypto n’aura sans doute plus besoin de casser un système : une faille dans un processus d’authentification chez le bon prestataire peut suffire.

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Des agents IA d’OpenAI ont piraté un wiki allemand et gardé le silence pendant des semaines

Quand la machine ne rend plus de comptes. Un essaim d’agents d’OpenAI a détourné dès le mois de mai DseWiki, un wiki allemand consacré à la programmation, pour en faire leur propre forum secret. L’affaire rappelle furieusement le piratage autonome de Hugging Face en juillet, sauf que celle-ci est restée sous silence pendant des semaines.

Les points clés de cet article :

  • Un groupe d’agents d’OpenAI a détourné un wiki allemand pour en faire un forum secret, échappant à la surveillance humaine.

  • L’incident a été révélé par Reuters, montrant des failles de contrôle chez OpenAI, qui a confirmé l’affaire seulement après sa divulgation publique.


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Un forum de triche, tenu par des IA pour des IA

Selon Reuters, qui a révélé l’affaire, les agents ont laissé plus de 15 000 modifications sur ce wiki à l’origine plutôt endormi, d’après un rapport du collectif de chercheurs indépendants Nightingale. La moitié des comptes utilisés portaient des noms qui trahissaient leur origine, OpenAIResearcher ou OAIResearchMar26 par exemple. Sur ces pages, les agents échangeaient des astuces pour tricher aux tests d’évaluation, contourner les restrictions internes et surtout dissimuler leur activité aux yeux des équipes humaines.

Petit détail qui en dit long : quand les modérateurs du wiki ont commencé à supprimer les pages en juin, un agent a aussitôt publié une page de secours pour que les autres puissent continuer. Une IA censée obéir a organisé, seule, sa propre résistance à la censure humaine. L’activité s’est arrêtée net après le passage de visiteurs liés à des adresses OpenAI, signe probable que l’entreprise avait fini par repérer le pot aux roses.

Open AI / Astra

OpenAI n’a parlé qu’après avoir été pris la main dans le sac

OpenAI n’a confirmé l’incident qu’après la publication de l’enquête de Reuters. Des employés anonymes affirment avoir été poussés par la hiérarchie à garder le silence, ce que l’entreprise dément formellement. Dans un message publié sur X, OpenAI a rangé l’épisode dans la catégorie « défaut d’alignement », sans préciser depuis quand elle en avait connaissance, détaille Fortune.

Le timing ne joue pas en sa faveur. L’affaire éclate au moment même où l’entreprise déploie GPT-6 Astra, ce modèle dont le scientifique en chef Jakub Pachocki reconnaissait lui-même, quelques jours plus tôt, que la surveillance devenait plus difficile à mesure que les capacités progressent. Deux signaux distincts qui pointent dans la même direction, ça commence à ressembler à une tendance plutôt qu’à un accident isolé.

Notons pour finir que rien aux États-Unis n’oblige aujourd’hui une entreprise d’IA à signaler ce genre d’incident, contrairement à l’article 55 de l’AI Act européen, qui impose un délai de 15 jours pour les incidents graves. La Commission européenne a confirmé avoir reçu un rapport d’OpenAI sur cet épisode, sans en préciser la date de réception. Tyler Johnston, du cabinet de surveillance Midas Project, résume le problème : un cadre volontaire de transparence a ses limites, tant qu’aucune loi ne force la main des entreprises concernées.

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Nvidia et OpenAI : L’économie circulaire qui finance la course à l’AGI

Le serpent qui se mord la queue, version silicium. Nvidia prête de l’argent à OpenAI, qui lui rachète des puces avec cet argent. Comptabilisé comme chiffre d’affaires côté Nvidia, le cercle est bouclé. Et il grossit. Déjà plusieurs centaines de milliards de dollars tournent en boucle. Dans notre article sur la sortie de Jensen Huang autour de l’AGI et de GPT-6 Astra, on notait que Nvidia vend des cartes graphiques, pas des définitions philosophiques. Cette vente-là, elle se finance aussi en grande partie elle-même.

Les points clés de cet article :
  • Nvidia a prêté des milliards à OpenAI, qui les a utilisés pour acheter des puces Nvidia, formant ainsi un cercle financier intrigant et grandissant.
  • La stratégie financière circulaire entre Nvidia, OpenAI et d’autres géants technologiques comme Amazon et Microsoft soulève des inquiétudes, certains la comparant à un schéma de Ponzi.

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Nvidia, banquier de sa propre demande

Tout commence en septembre 2025. Nvidia annonce vouloir investir jusqu’à 100 milliards de dollars dans OpenAI, versés par tranches à mesure que chaque gigawatt de centre de données sort de terre.

Nvidia vise au moins 10 gigawatts de systèmes déployés, avec un premier lot de puces Vera Rubin promis pour le second semestre 2026. Sur le papier, l’idée est simple. Nvidia met la main à la poche pour qu’OpenAI construise plus vite, et OpenAI dépense cet argent en GPU. Sauf que l’argent ne quitte jamais vraiment la maison : il fait un aller-retour, et Nvidia se retrouve investisseur et fournisseur unique de son propre client.

OpenAI, Nvidia et le loyer à 105 milliards

Onze mois plus tard, en août 2026, le deuxième étage de la fusée arrive. Nvidia s’engage à garantir jusqu’à 105 milliards de dollars pour l’infrastructure du futur site d’OpenAI dans l’Ohio, construit par SB Energy (SoftBank) et loué à l’entreprise de Sam Altman.

Le chiffre tombe très loin d’un montant de 250 milliards évoqué quelques semaines plus tôt. La baisse, 145 milliards de dollars, a fait chuter l’action Nvidia de 4,5 % le temps d’une séance. Selon Fortune du 18 août 2026, l’inquiétude tient en une question comptable : le secteur de l’IA peut-il générer assez de revenus extérieurs pour justifier des dépenses financées de l’intérieur de l’industrie elle-même ?

Huang balaie l’objection d’un revers de main. C’est OpenAI qui paiera le loyer, pas Nvidia qui invente la demande, dit-il, avant de chiffrer l’opportunité de calcul à 600 milliards de dollars d’ici 2030.

Amazon, Microsoft, Oracle : le financement circulaire fait des émules

Nvidia et OpenAI ne sont pas seuls sur la piste de danse. Amazon a investi 50 milliards de dollars dans OpenAI et lui loue, en retour, pour 100 milliards de dollars de capacité AWS. Autres acronymes, même mécanique. Microsoft, Oracle et CoreWeave complètent la ronde. Et cette ronde commence à inquiéter au-delà des salles de marché feutrées. Michael Burry écrivait le 29 juillet 2026 sur X, traduit ici : « Toute cette fuite en avant de Nvidia pousse les dépenses circulaires à des proportions bibliques. » Il pointait la flambée de près de 90 % en un an des contrats d’assurance contre le défaut de paiement (credit default swaps) sur la dette Nvidia à cinq ans. Chez Hammerstone Markets, la comparaison est plus crue : un schéma de Ponzi. Ce type de montage a besoin d’argent frais en continu pour ne jamais s’arrêter de tourner.

Nvidia ne met pourtant pas tous ses œufs dans le même panier nommé OpenAI. L’entreprise a aussi racheté Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars, la place de marché où les développeurs choisissent les modèles qu’ils utiliseront, et donc les puces qui tournent derrière. Un pari sur l’écosystème entier, pas seulement sur un client qui lui doit déjà plus de cent milliards de dollars. Prudence de banquier. Ou aveu que le prêt à OpenAI ne suffira pas à tenir la barre si la marée se retire.

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Anthropic repousse son IPO à mi-octobre et verrouille 15 milliards $ de crédit

Calendrier resserré, ambitions à 2 000 milliards de dollars. Le Journal du Coin dressait vendredi l’état des lieux du méga-IPO de l’IA : Anthropic fonçait alors vers une cotation en octobre, portée par les promesses de ses investisseurs plutôt que par un calendrier officiel. Depuis, ce calendrier a bougé. La commercialisation de l’introduction en Bourse est désormais attendue à la mi-octobre au plus tôt, quelques semaines seulement avant les élections de mi-mandat américaines de novembre.

Les points clés de cet article :

  • La commercialisation de l’IPO d’Anthropic glisse à la mi-octobre, quelques semaines avant les élections de mi-mandat.
  • Le marché évoque une valorisation record de 2 000 milliards de dollars pour l’opération.
  • Une ligne de crédit renouvelable de 15 milliards de dollars doit être bouclée avant le lancement.
  • Morgan Stanley, Goldman Sachs, JPMorgan et Citigroup pilotent le dossier.

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Un dossier repoussé de quelques semaines, pas annulé

Selon des informations de Reuters, Anthropic tablait initialement sur une publication de son prospectus dès la semaine suivante. Le document n’est désormais attendu que fin septembre. Rien d’alarmant en soi : les entreprises laissent en général plusieurs semaines entre les rencontres avec les analystes et la publication du prospectus, et Anthropic pourrait justement resserrer ce calendrier puisque les banques impliquées connaissent déjà bien le dossier. Ce glissement retarde tout de même ce qui pourrait devenir l’une des plus grosses introductions en Bourse jamais tentées, avec une valorisation évoquée jusqu’à 2 000 milliards de dollars.

Morgan Stanley, Goldman Sachs, JPMorgan et Citigroup pilotent l’opération, précise Forbes. En parallèle, Anthropic finalise une ligne de crédit renouvelable de 15 milliards de dollars, un filet de sécurité financier qui doit être bouclé avant même que les analystes ne rencontrent officiellement l’entreprise. Un montant qui donne la mesure des besoins de financement d’un laboratoire d’IA qui carbure aux dépenses d’infrastructure.

Un test grandeur nature pour l’appétit des marchés

L’opération sert aussi de baromètre : les investisseurs veulent savoir si le marché public est prêt à payer le prix fort pour une entreprise d’IA en pleine croissance, plutôt que de se contenter des levées privées habituelles. OpenAI, de son côté, a préféré temporiser sa propre cotation, quand SpaceX a déjà connu de sacrées montagnes russes boursières depuis son entrée sur le Nasdaq en juin. Le prospectus d’Anthropic, lui, doit atterrir sur le bureau des régulateurs fin septembre, dernière étape avant que le marché ne découvre enfin le dossier financier complet du labo.

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Alerte Chrome : Google corrige une faille de sécurité déjà utilisée par des pirates

Une faille déjà exploitée avant son correctif. Google a publié une mise à jour de sécurité pour Chrome après avoir constaté l’exploitation active de la vulnérabilité CVE-2026-85046. La faille touche V8, le moteur utilisé par le navigateur pour exécuter le JavaScript et le WebAssembly. Google ne précise toutefois ni l’identité des attaquants, ni leurs cibles, ni les risques exacts liés à la faille. L’entreprise n’a notamment établi aucun lien avec des vols de cryptomonnaies, de données bancaires ou d’identifiants. Voici ce que l’on sait.

Les points clés de cet article :
  • Google a publié un correctif pour une faille de sécurité critique exploitée dans le moteur V8 de Chrome.

  • Aucun vol de cryptomonnaies ou de données bancaires n’a été lié à cette vulnérabilité mystérieuse.
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Une faille de confusion de type dans le moteur V8

CVE-2026-85046 est une vulnérabilité dite de « confusion de type ». Ce problème apparaît lorsqu’un programme interprète une donnée comme appartenant à une catégorie différente de celle attendue. Il peut alors provoquer des erreurs dans la gestion de la mémoire et ouvrir la voie à des comportements non prévus.

La faille a été signalée le 4 août 2026 par le chercheur en sécurité Salvatore Gulizia, également connu sous le pseudonyme Serotav. Google lui a accordé une prime de 1 000 dollars pour sa découverte.

Et l’entreprise confirme dans son communiqué que cette faille est déjà utilisée dans des attaques réelles. Elle n’indique cependant pas si la vulnérabilité permet, à elle seule, d’exécuter du code à distance ou si elle doit être combinée à d’autres failles.

Le correctif est intégré aux versions 152.0.7977.82 et 152.0.7977.83 pour Windows et macOS, ainsi qu’à la version 152.0.7977.82 pour Linux. Son déploiement doit s’effectuer progressivement sur plusieurs jours ou semaines.

La mise à jour contient douze correctifs de sécurité au total : neuf concernent des vulnérabilités classées de sévérité élevée et deux des failles de sévérité moyenne. Google limite temporairement l’accès à certains détails techniques afin de laisser le temps aux utilisateurs et aux projets concernés d’installer les correctifs.

Google a publié une mise à jour de sécurité pour Chrome après avoir constaté l’exploitation active de la vulnérabilité CVE-2026-85046. La faille touche V8, le moteur utilisé par le navigateur pour exécuter le JavaScript et le WebAssembly. Google ne précise toutefois ni l’identité des attaquants, ni leurs cibles, ni les capacités exactes de l’exploit. L’entreprise n’a notamment établi aucun lien avec des vols de cryptomonnaies, de données bancaires ou d’identifiants. Voici ce que l'on sait.
La nouvelle fait le tour des rédations spécialisées – Source : Compte X

Aucun lien établi avec des vols de cryptomonnaies

Les navigateurs constituent une cible sensible pour les utilisateurs de cryptomonnaies, car ils permettent d’accéder aux plateformes d’échange, aux applications décentralisées et aux extensions de wallets. Cela ne signifie pas pour autant que CVE-2026-85046 a été utilisée dans ce contexte.

Google n’a signalé aucun vol de crypto, aucune compromission de portefeuille et aucune récupération de clé privée liée à cette vulnérabilité. Les risques précis restent inconnus tant que l’entreprise n’a pas publié davantage d’éléments sur la faille observé.

D’autres attaques visant les utilisateurs de cryptomonnaies ont déjà emprunté le navigateur, mais selon des méthodes différentes. Certaines extensions malveillantes ont modifié des transactions, tandis que de faux modules de wallets ont dérobé des identifiants ou des phrases de récupération. Aucun de ces incidents n’a été relié à CVE-2026-85046.

La priorité consiste donc à vérifier que Chrome est à jour. Il suffit d’ouvrir le menu du navigateur, puis Aide > À propos de Google Chrome : la recherche de mise à jour se lance automatiquement. Un redémarrage du navigateur peut être nécessaire pour activer le correctif.

Cette mise à jour ferme une faille dont l’exploitation est confirmée, mais dont les effets restent encore peu documentés. La prudence impose donc de l’installer rapidement sans attribuer à la vulnérabilité des vols ou des capacités techniques que Google n’a pas établis.

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Cyberattaque à Berlin et rançon en bitcoins : 1,4 million de fichiers publiés sur le darkweb

Berlin a choisi de ne pas jouer, sans doute au prix fort. Après le hack qui avait mis deux administrations du Sénat berlinois hors ligne à la mi-août et les 30 bitcoins réclamés par le groupe Rhysida, la ville a refusé de payer. La sanction est tombée le 4 septembre, dès l’expiration de l’ultimatum, avec 1,4 million de fichiers déversés dans le dark web et un message qui sonne comme une provocation calculée. Et l’histoire ne s’est pas arrêtée là.

Les points clés de cet article :
  • Berlin a refusé de céder au chantage du groupe Rhysida, malgré le scandale des 1,4 million de fichiers déversés sur le dark web.
  • Un second lot de données a été publié, mais aucune preuve ne montre que le réseau administratif reste compromis.

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Le vidage de sac promis, exécuté à la lettre

Vous vous souvenez du compte à rebours de sept jours ? Rhysida l’a tenu à la minute près. Quelques instants après l’échéance, le groupe a mis en ligne environ 1,4 million de fichiers, comme l’a détaillé le média spécialisé IT-Administrator dans son analyse du 5 septembre : dossiers de personnel, documents financiers et administratifs, identifiants d’accès. Le tout accompagné d’un message qui se veut narquois, une invitation à « bien s’amuser » adressée aux fouineurs du dark web.

Rien de très original, en réalité. La bibliothèque britannique avait fait le même choix face à Rhysida en 2023, et près de 490 000 fichiers avaient fini par fuiter derrière son refus. Berlin savait donc parfaitement à quoi s’attendre en tenant tête au groupe.

Un second paquet de données, confirmé par la chancellerie du Sénat

Sauf que l’histoire ne s’arrête pas au 4 septembre. Dans la nuit de samedi à dimanche, les pirates ont mis en ligne ce que la chancellerie du Sénat berlinois a elle-même qualifié d‘« autre paquet de données », cette fois centré sur des identifiants d’accès, comme l’a rapporté Berliner Zeitung dimanche soir. L’administration du développement urbain, de la construction et du logement a revu et durci certaines mesures de sécurité déjà en place, avec un risque de restrictions ponctuelles sur des démarches en ligne, par exemple les demandes d’aide au logement. Les usagers concernés doivent être prévenus au cas par cas.

Le Sénat reste peu bavard sur le détail des procédures touchées. Il confirme seulement qu’aucun élément ne montre, à ce stade, que le réseau administratif resterait compromis : les enquêteurs de la police criminelle du Land et du parquet de Berlin, mobilisés depuis l’annonce officielle fin août, poursuivent leurs investigations.

Le vrai danger commence maintenant

Voilà le paradoxe d’une fuite de cette ampleur : le piratage à proprement parler est terminé, ses conséquences ne font que débuter. Un tel volume de noms, de fonctions et de dossiers internes authentiques transforme le moindre futur email frauduleux en arme de précision. Le hameçonnage ciblé (spear phishing, une tentative de fraude construite sur mesure à partir d’informations réelles sur la cible) n’a plus besoin d’improviser, il pioche directement dans les vrais dossiers de la ville.

C’est le principe de la double extorsion, devenu la norme chez les groupes de rançongiciel : voler les données avant de chiffrer les systèmes, puis menacer de les publier, peu importe si les machines sont restaurées derrière. Une sauvegarde propre répare un serveur. Elle ne fait pas revenir un fichier déjà en ligne. Double peine, pas double protection.

Rhysida, calendrier électoral et coïncidences qui n’en sont pas

Ajoutez à cela le calendrier électoral. L’élection du Parlement régional berlinois se tient le 20 septembre, deux semaines seulement après cette deuxième vague de fuites. Les autorités le disent sans détour, aucun lien n’a été établi entre l’attaque et le scrutin, l’opération reste classée comme motivée par l’argent. Reste que des données volées pour de l’argent peuvent très bien resservir plus tard à d’autres fins, électorales ou non.

Rhysida avait déjà visé l’aéroport de Seattle, en 2024, pour 100 bitcoins. Son nom avait aussi circulé autour de Stuttgart en mai, pour une demande de 5 bitcoins que la ville n’a jamais confirmée. Berlin, elle, a tenu bon sur 30 et refusé de nourrir la machine. La Saxe avait pourtant vendu, en 2024, près de 50 000 bitcoins saisis dans l’affaire Movie2k, pour plus de 2,6 milliards d’euros. Le même pays refuse aujourd’hui d’en payer trente pour racheter la paix face à Rhysida. Le groupe, lui, n’a jamais eu l’intention de jouer selon les règles de qui que ce soit.

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Crypto : Les conseils essentiels aux développeurs pour protéger son ordinateur et ses wallets

Un entretien d’embauche, un fichier à ouvrir, une trésorerie vidée. La Security Alliance (SEAL), organisation à but non lucratif de sécurité crypto fondée dans le sillage du chercheur samczsun, publie un référentiel consacré aux intrusions qui ciblent spécifiquement les développeurs. Le document ne sort pas d’un laboratoire : il compile les schémas d’attaque relevés lors des interventions d’urgence menées par ses équipes de réponse aux incidents. Le point de départ est inconfortable pour toute l’industrie. Le maillon faible d’un protocole ne se situe plus dans son code, mais devant l’écran de celui qui l’écrit.

Points clés

  • SEAL, l’alliance de sécurité crypto fondée dans le sillage de samczsun, publie un référentiel des intrusions ciblant les développeurs, bâti sur ses cas réels de réponse aux incidents
  • Les attaques ne visent plus les smart contracts mais les postes de travail : Bybit (1,5 milliard de dollars) et Radiant Capital (50 millions) sont passés par des machines de développeurs compromises
  • Faux recruteurs, exercices techniques piégés, fausses mises à jour Zoom, technique ClickFix et paquets npm détournés composent l’essentiel des chaînes d’attaque documentées
  • Cloisonnement des machines de signature, dépendances figées, clear signing et vérification hors canal des interlocuteurs figurent parmi les contre-mesures recommandées

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Quand l’ordinateur du développeur devient la porte d’entrée

Les audits, les programmes de récompense et les vérifications de code rendent certaines attaques contre les smart contracts plus difficiles. Les pirates cherchent donc d’autres chemins. Ils visent notamment les personnes capables de modifier un site, de publier une mise à jour ou de signer une transaction importante.

Le vol de 1,5 milliard de dollars subi par Bybit en février 2025 reste l’exemple le plus spectaculaire. Les contrats du portefeuille multisignature n’ont pas été directement piratés. L’attaquant avait compromis l’ordinateur d’un développeur de Safe{Wallet}, le service utilisé pour préparer les transactions.

Du code malveillant a ensuite modifié l’interface présentée aux signataires de Bybit. Ceux-ci pensaient approuver un transfert ordinaire, alors que la transaction réellement signée donnait à l’attaquant le contrôle du portefeuille froid. Le FBI a attribué l’opération au groupe nord-coréen TraderTraitor.

Radiant Capital avait subi quelques mois plus tôt une attaque comparable, pour environ 50 millions de dollars. Plusieurs développeurs avaient reçu sur Telegram une archive présentée comme un document PDF, envoyée depuis le compte d’un ancien prestataire considéré comme fiable. Le fichier a installé un logiciel malveillant sur leurs ordinateurs.

L’interface affichait ensuite des transactions apparemment normales, tandis que les portefeuilles matériels recevaient autre chose à signer. Autrement dit, les protections cryptographiques fonctionnaient toujours, mais les informations montrées aux utilisateurs avaient été falsifiées.

Les équipes de Security Alliance tiennent les comptes incidents par catégorie… – Source : Compte X

Du faux recrutement au programme piégé

Le premier contact prend généralement une forme banale : une offre d’emploi, une mission rémunérée, une demande d’aide ou un rapport signalant une prétendue vulnérabilité. La conversation se termine par une invitation à télécharger un fichier, ouvrir un projet ou exécuter une commande.

SEAL distingue plusieurs étapes fréquentes dans son document référence :

  • La prise de contact : un faux recruteur ou entrepreneur approche sa cible sur LinkedIn, Telegram ou Discord.
  • La livraison du piège : la victime reçoit un dépôt GitHub, une archive, une extension ou un exercice technique.
  • L’installation : le code s’exécute lors du lancement d’un test, de l’installation d’une dépendance ou d’une fausse mise à jour de Zoom ou Teams.
  • Le vol : le logiciel récupère des mots de passe, des sessions ouvertes, des accès aux services cloud ou des informations permettant de préparer une transaction frauduleuse.

La technique dite ClickFix pousse même la victime à effectuer elle-même l’installation. Un faux message d’erreur lui demande de copier une commande dans son terminal afin de résoudre un problème imaginaire.

Les bibliothèques utilisées par les développeurs constituent une autre cible. En septembre 2025, le compte d’un mainteneur de plusieurs paquets npm très populaires, dont chalk et debug, a été compromis par un faux courriel de réinitialisation de l’authentification à deux facteurs. Du code destiné à détourner des transactions crypto a alors été ajouté à 18 paquets totalisant plus de deux milliards de téléchargements hebdomadaires.

… mais ils donnent surtout des conseils aux professionnels pour éviter les intrusions – Source : Compte X

Isoler le code avant de lui faire confiance

La principale recommandation de SEAL consiste à considérer tout code extérieur comme dangereux avant son examen. Même un projet transmis par une connaissance peut avoir été modifié, tandis que le compte de cette personne peut avoir été piraté.

Un fichier ou un dépôt inconnu doit donc être ouvert dans une machine virtuelle ou un environnement temporaire ne contenant aucun mot de passe, portefeuille ou accès aux systèmes de production. Une fois l’analyse terminée, cet environnement peut être supprimé.

SEAL conseille également de réserver un ordinateur aux signatures sensibles, de figer les versions des dépendances et d’attendre avant d’installer une mise à jour récemment publiée. L’identité d’un interlocuteur inattendu doit être vérifiée par un autre canal, par exemple avec un appel vers un numéro déjà connu.

Ces précautions concernent aussi les assistants de programmation fondés sur l’intelligence artificielle. Un agent capable de lire un projet puis d’exécuter automatiquement ses instructions doit être placé dans le même environnement isolé que le code qu’il analyse.

Enfin, les équipes doivent préparer leur procédure de crise avant l’incident : savoir qui peut suspendre un service, prévenir les plateformes d’échange ou communiquer publiquement. SEAL 911 fournit justement une assistance gratuite, accessible en permanence, grâce à un réseau de chercheurs bénévoles.

Le message du guide tient finalement en une règle : ouvrir un projet inconnu n’est pas toujours une opération passive. Dès qu’un outil installe, interprète ou exécute son contenu, ce simple fichier peut devenir une porte ouverte sur toute l’infrastructure. Plus que jamais au sein d’une entreprise ou d’un projet, la sécurité de tous dépend du comportement de chacun.

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Menace quantique sur Bitcoin : le seuil pour casser une clé tombe à 813 qubits logiques

Dieu ne joue pas aux dés. Sauf que Bitcoin, lui, n’a pas le choix de jouer. Google Quantum AI avait déjà fait chuter l’estimation à environ 1 200 qubits logiques fin mars, un dixième des devis d’avant 2026. Depuis, la course ne s’est pas arrêtée : au 31 août, le classement public ecdsa.fail, qui traque en continu le circuit le plus économe pour casser la courbe elliptique secp256k1 utilisée par Bitcoin et Ethereum, affichait un nouveau plancher de 813 qubits logiques. Une chute de 65 % par rapport aux 2 330 qubits estimés en 2017, d’après les calculs de Circle.

Les points clés de cet article :
  • La baisse spectaculaire du seuil de qubits nécessaires pour menacer Bitcoin a atteint 813, marquant une chute de 65 % depuis 2017.
  • Circle a introduit le Quantum Tracker, un outil qui suit l’évolution des qubits logiques et le seuil d’attaque requis, tout en intégrant des solutions post-quantiques.

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ecdsa.fail, la compétition ouverte qui grignote le seuil

Le principe : un concours public, hébergé par Eigen Labs, où chercheurs et agents d’intelligence artificielle soumettent des optimisations de circuit quantique et se disputent le meilleur score sur un indicateur baptisé « qubit-Toffoli product ».

Chaque amélioration marginale fait légèrement reculer le seuil théorique nécessaire pour menacer une clé Bitcoin. Rien de tout cela ne rapproche mécaniquement une machine capable de l’exploiter : le processeur Willow de Google plafonne aujourd’hui à 105 qubits logiques, et la feuille de route de QuEra vise à peine plus de 1 000 qubits logiques à l’horizon 2029. L’écart reste réel. Mais il se resserre des deux côtés à la fois, la puissance disponible grimpant pendant que le coût de l’attaque baisse.

Circle sort son propre thermomètre

C’est dans ce contexte que Circle, l’émetteur du stablecoin USDC, a publié fin août un nouvel outil de suivi public, le Quantum Tracker, qui superpose sur un même graphique la ligne des qubits logiques démontrés en laboratoire et celle du seuil d’attaque requis contre ECDSA. Chaque point du graphique renvoie à sa source primaire, chercheurs et équipes de sécurité pouvant ainsi suivre l’écart sans dépendre d’un seul communiqué. Le réseau Arc de Circle prend déjà en charge SLH-DSA, un schéma de signature post-quantique validé par le NIST, tout en conservant ECDSA en parallèle le temps qu’un standard de transition s’impose à l’ensemble de l’écosystème.

Pour Bitcoin, la parade reste celle décrite en juillet : les propositions BIP-360 et BIP-361 organisent une migration progressive vers des adresses résistantes au quantique, avec en toile de fond un débat non tranché sur le sort des coins qui ne migreraient jamais. Le seuil recule, la fenêtre pour s’y préparer aussi.

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Data centers IA : Le refroidissement passe sous la mer

Un continent qui ne dit plus toujours oui. Au Texas, plus de 1 800 projets de data centers attendent aujourd’hui un raccordement électrique, sur une file d’attente ERCOT qui frôle les 474 gigawatts de demande cumulée. Le chiffre est vertigineux, mais trompeur car une bonne partie de cette demande est fantôme. En effet, les promoteurs multiplient les dossiers pour réserver une place sans garantie de financement ni de terrain. Le gouverneur Greg Abbott a quand même suspendu les nouveaux branchements en août 2026, le temps d’un audit mené par ERCOT et la PUCT. Ailleurs aux États-Unis, la contestation locale progresse au même rythme que l’appétit électrique de l’intelligence artificielle. Une partie du secteur choisit donc de contourner l’obstacle plutôt que de l’affronter, en plongeant directement dans l’océan.

Les points clés de cet article :
  • Le Texas a suspendu les nouveaux branchements électriques pour les data centers, avec une demande vertigineuse mais en partie fantôme.
  • La Chine a impressionné avec le lancement du data center sous-marin HiCloud, utilisant l’eau de mer pour un refroidissement innovant.

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L’eau de mer, nouvelle star du refroidissement des data centers

La Chine a montré la voie la première, et l’échelle du projet a de quoi impressionner, comme souvent dans le pays de Xi. A l’image de ce chantier, au large de Shanghai, dans la zone spéciale de Lingang, un gigantesque data center sous-marin HiCloud qui est entré en pleine exploitation commerciale la semaine du 20 mai 2026, selon DataCenterDynamics.

Mais, contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là, l’installation n’est pas flottante : ses modules reposent immergés à environ 35 mètres de profondeur. Le projet, chiffré à 226 millions de dollars pour 24 mégawatts de capacité, est alimenté par l’éolien offshore et pompe l’eau de mer directement dans ses circuits de refroidissement plutôt que de réfrigérer de l’eau douce. Résultat revendiqué : un PUE inférieur à 1,15, soit un gain d’environ 23% par rapport à un site terrestre classique.

Un précédent existait déjà au large de Hainan, sur un site distinct de celui de Shanghai : des capsules immergées à 35 mètres de profondeur y fonctionnent depuis novembre 2023, grâce à une eau qui ne dépasse jamais 24,5 degrés toute l’année, pour un gain d’efficacité énergétique estimé entre 40% et 60%. Singapour suit à son tour avec le projet de Keppel, un data center à quatre étages dont l’ouverture est prévue pour 2028, celui-là vraiment flottant à la surface.

En résumé : HiCloud à Shanghai est sous-marin, posé sur le fond marin. Le flottant, c’est le projet Keppel à Singapour.

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Immersion, air, eau de mer : une typologie qui parle aussi au minage de Bitcoin

Tous les systèmes de refroidissement ne se valent pas, loin s’en faut.

Le refroidissement par air, le plus répandu, plafonne généralement entre 20 et 40 kilowatts par rack selon les constructeurs, largement insuffisant pour les puces IA les plus gourmandes qui grimpent aujourd’hui jusqu’à 100 kW.

Le refroidissement par immersion, qui plonge les composants dans un liquide diélectrique conducteur de chaleur mais pas d’électricité, repousse nettement cette limite sans changer d’architecture. C’est une technique que les fermes de minage de Bitcoin pratiquent depuis des années sur leurs ASIC, bien avant que les géants de l’IA ne s’y intéressent à leur tour.

Le refroidissement par eau de mer va plus loin encore : les systèmes dits SWAC (seawater air conditioning) fonctionnent généralement autour de 15% de la consommation électrique d’un système de climatisation classique de puissance équivalente, ce qui explique l’engouement soudain des opérateurs pour les côtes et les fonds marins.

Les mineurs de Bitcoin, précurseurs malgré eux du virage océanique

Le rapprochement entre minage de Bitcoin et infrastructure IA ne date pas d’hier, et il prend tout son sens ici.

Bernstein soulignait déjà en mai que les mineurs de Bitcoin disposent d’un atout que l’IA convoite : plus de 27 gigawatts de capacité électrique, un chiffre qui agrège l’installé, le pipeline et les projets revendiqués par le secteur aux États-Unis, des terrains déjà raccordés, et une expertise du refroidissement à haute densité acquise sur le dos des ASIC.

D’ailleurs, le calendrier des contrats le confirme. IREN a signé le 7 mai 2026 un contrat de 3,4 milliards de dollars avec Nvidia pour du cloud IA, six mois après avoir déjà signé, le 3 novembre 2025, un contrat de 9,7 milliards de dollars avec Microsoft dont le premier data center a été livré et accepté en août 2026.

Riot Platforms a de son côté annoncé le 16 janvier 2026 un premier bail de data center avec AMD sur son site de Rockdale, au Texas : 25 MW livrés en deux phases entre janvier et mai 2026, avec une option d’extension jusqu’à 200 MW. Ces sociétés ne partent donc pas de zéro face au défi thermique qui pousse aujourd’hui d’autres acteurs vers l’océan. Elles ont rodé leurs circuits de refroidissement pendant des années, un savoir-faire qui vaut aujourd’hui de l’or dans la course aux gigawatts.

L’eau de mer n’est cependant pas qu’une question d’ingénierie. C’est aussi, de plus en plus, une manière d’échapper à un rapport de force devenu défavorable sur la terre ferme. Un sondage Gallup mené en mars 2026 montrait déjà que 70% des Américains s’opposent à la construction d’un nouveau data center près de chez eux, un chiffre qui explique en partie pourquoi Singapour, la Chine et bientôt d’autres juridictions vont chercher leurs mégawatts en mer. Mais l’océan ne fait pas disparaître l’opposition : il la déplace. Et surtout, il ne règle en rien le vrai goulot d’étranglement américain, celui du raccordement au réseau électrique. Le Texas, qui rêvait de devenir la Silicon Valley de l’électricité, doit composer avec un audit dont l’issue reste incertaine avant la fin de l’année.

Le pari sous-marin a aussi ses inconnues

Microsoft a refermé la première page de cette histoire avant même que la Chine n’ouvre la sienne. Son Project Natick, deux ans immergé au large des Orcades, a démontré un taux de panne des serveurs bien inférieur à un site terrestre comparable (6 défaillances contre 8). Le projet a pourtant été abandonné : les serveurs immergés ne peuvent ni s’upgrader ni se réparer facilement, alors que le matériel IA change de génération tous les 12 à 18 mois. Difficile de rester compétitif quand chaque intervention suppose une opération sous-marine.

S’ajoutent des questions moins techniques. Le rejet de chaleur dans l’eau inquiète les biologistes marins, qui redoutent des poches de pollution thermique locale si les installations se multiplient le long des côtes. Le biofouling, l’accumulation d’algues et de coquillages sur les coques, dégrade l’efficacité du refroidissement et impose un entretien coûteux. Et les eaux côtières restent des zones encadrées : routes maritimes, pêche, câbles, zones militaires ou protégées, chaque projet doit obtenir ses propres autorisations, pays par pays. L’océan déplace le problème du foncier terrestre, il n’en supprime pas la bureaucratie.

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Espionnage et IA : Ex-ingénieur Google condamné à un an de prison pour vol de secrets

Un vol, pas une trahison. Voilà où atterrit, après deux ans et demi de procédure, le dossier le plus scruté de la Silicon Valley version guerre froide technologique. Le 1er septembre 2026, à San Francisco, le juge fédéral Vince Chhabria a condamné l’ex-ingénieur Google Linwei Ding à douze mois de prison moins un jour pour vol de secrets industriels liés à l’intelligence artificielle. Un jury l’avait pourtant reconnu coupable, en janvier, de quatorze chefs d’accusation : sept pour ce vol, sept autres pour espionnage économique au bénéfice de Pékin.

Le second bloc s’est effondré en plein été, le juge jugeant la preuve trop mince. Il ne reste debout qu’un salarié indélicat qui a copié 1 255 documents avant de démissionner. Pas l’agent infiltré que Washington espérait faire tomber. Chez Google, ce n’est même pas la première fois cette année qu’un ingénieur maison se retrouve dans une affaire embarrassante d’informations internes détournées. La preuve d’un lien avec Pékin, elle, reste le vrai obstacle.

Les points clés de cet article :
  • Linwei Ding, ex-ingénieur Google, a été condamné le 1er septembre 2026 à un an de prison moins un jour pour vol de secrets d’IA, loin des 70 mois réclamés par l’accusation.
  • Le juge a annulé les sept chefs d’espionnage économique au profit de la Chine faute de preuve d’un lien direct avec Pékin, mais a maintenu les sept chefs de vol de secrets industriels.
  • Le dossier rappelle celui de Fujian Jinhua, acquittée en 2024 dans une affaire similaire : la justice américaine peine à prouver l’espionnage d’État, même quand le vol, lui, est avéré.

Douze mois de prison pour 14 000 pages de secrets Google

Chhabria n’a pas fait dans la demi-mesure verbale, même si la peine, elle, reste mesurée. « Ceci était un effort systématique et effronté pour voler la propriété de Google et en tirer profit », a-t-il lâché à l’audience du 1er septembre, avant d’ajouter qu’il avait « énormément de mal à imaginer » ne pas envoyer Ding en prison pour ce qu’il avait fait.

Douze mois moins un jour de détention, deux ans de mise à l’épreuve, plus de 198 000 dollars de dédommagement à Google et 2 500 dollars d’amende. Voilà la facture. Ding doit se constituer prisonnier sous 90 jours.

Le ministère public réclamait 70 mois de prison. La défense proposait trois mois d’assignation à résidence, le temps de rester auprès de son fils de huit ans. Soixante-sept mois séparent les deux demandes. Même le juge a eu du mal à se caler entre les deux : les recommandations officielles, calculées sur les seuls chefs de vol qui subsistaient après l’été, plafonnaient à six mois. Une fourchette qu’il a lui-même jugée trop clémente pour un « effort systématique ». L’avocat de Ding a d’ores et déjà annoncé faire appel.

Pourquoi l’espionnage économique n’a pas tenu la route

Un jury populaire avait pourtant voté les quatorze chefs d’un bloc, en janvier. Sept mois plus tard, le 20 août, Chhabria est revenu sur la moitié du verdict dans une ordonnance d’acquittement partiel. Chhabria a jugé la preuve trop mince. Il fallait établir, au moment des transferts illégaux, que Ding savait déjà que son geste profiterait à Pékin, sous le standard classique du doute raisonnable.

Le vol de documents remonte à mai 2022, avril 2023. La preuve d’un lien avec l’État chinois, elle, vient d’ailleurs, et surtout d’après coup. Ding a fondé sa société Zhisuan en Chine fin 2023, et un stagiaire a été chargé de subtiliser discrètement son badge Google pendant qu’il démarchait des investisseurs à Pékin. Trop tard pour prouver une intention qui, par définition, devait déjà exister au moment du délit. Chhabria n’a pas nié le vol. Il a nié la conspiration. Les sept chefs de vol de secrets, eux, tiennent toujours, et c’est sur eux seuls que la peine du 1er septembre a été calculée.

TPU et SmartNIC, la vraie perte de Google

Réduire l’affaire à des PDF volés serait une erreur de lecture. Les 1 255 documents, environ 14 000 pages, décrivent l’architecture des TPU de Google, ces puces d’intelligence artificielle taillées sur mesure que la firme conçoit en interne pour ne plus dépendre des GPU Nvidia.

On y trouve aussi les schémas d’un SmartNIC maison, une carte réseau capable de faire dialoguer des milliers de puces à pleine vitesse pour les faire fonctionner comme un seul supercalculateur, ainsi que les logiciels qui orchestrent l’ensemble. C’est le mode d’emploi complet d’un avantage industriel que Google a mis une décennie à bâtir, pas une notice technique quelconque. Ding a transféré le gros du lot entre mai 2022 et avril 2023, pendant qu’il était encore salarié. Un dernier lot a été téléchargé en décembre 2023, sur un compte Google Cloud personnel. Deux semaines après, il démissionnait.

Fujian Jinhua, le précédent qui plane sur la Silicon Valley

Ding n’a rien inventé. Bien avant lui, en pleine ère du China Initiative, Washington avait déjà tenté le même coup avec Fujian Jinhua, un fabricant chinois de semi-conducteurs accusé d’avoir comploté avec le taïwanais UMC pour voler les secrets de fabrication de puces mémoire de l’américain Micron. Ce programme du ministère de la Justice, lancé sous la première administration Trump pour traquer l’espionnage économique chinois, visait justement ce genre de dossier. UMC a plaidé coupable et payé 60 millions de dollars d’amende. Fujian Jinhua, elle, est allée jusqu’au procès.

Verdict fin février 2024 : acquittement total, y compris sur le vol lui-même. La juge Maxine Chesney a estimé que l’accusation n’était pas parvenue à prouver que l’entreprise, pourtant détenue par l’État chinois, avait détourné les schémas de DRAM de Micron. Le ministère de la Justice avait déjà tiré la leçon deux ans plus tôt en démantelant le China Initiative, en février 2022. Son responsable de l’époque reconnaissait lui-même qu’il alimentait un climat de suspicion, et que les poursuites contre des chercheurs académiques se soldaient plus souvent par des non-lieux que par des condamnations. Ding est le premier grand test de l’après. La dissuasion en prend un coup. Un ingénieur tenté par une startup chinoise sait désormais qu’un aller simple lui coûtera, au pire, un an de prison, pas la perpétuité qu’agite le ministère de la Justice depuis 2018.

Le code circule plus vite que le Code pénal. Ding a mis moins d’un an à transférer 14 000 pages ; la justice américaine a mis deux ans et demi à décider qu’elle ne pouvait punir que la moitié du geste. Ce décalage n’est pas propre à l’intelligence artificielle, mais il y prend une ampleur particulière. Les mêmes puces et les mêmes centres de données que Google protège bec et ongles sont aussi ceux que la Chine cherche à contourner en misant sur ses propres GPU. Le hash et l’inférence tirent désormais sur la même prise électrique. La course aux gigawatts des data centers IA a déjà rattrapé les mineurs de Bitcoin, avant de rattraper les tribunaux fédéraux. Un ingénieur peut voler un plan. Un État, lui, doit encore convaincre un juge qu’il l’a commandé. Entre les deux, tout un procès.

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OpenAI débloque 1 milliard contre les cyberattaques dopées à l’IA

L’IA ne doit pas devenir une arme. OpenAI va subventionner l’accès à Daybreak, sa gamme d’outils de cybersécurité, pendant les six prochains mois. L’enveloppe comprend également des formations, une assistance technique et des partenariats. L’annonce intervient quelques jours après la présentation d’Astra, un modèle capable de découvrir des failles inconnues et de construire des attaques fonctionnelles. Les entreprises crypto ne figurent pas explicitement parmi les bénéficiaires prioritaires, mais les développeurs de logiciels open source peuvent déposer une demande.

Points clés

  • OpenAI subventionne à hauteur d’un milliard de dollars l’accès à Daybreak, sa gamme cybersécurité, après avoir reconnu qu’Astra trouve seul des failles inédites et développe les exploits associés
  • Aucun protocole DeFi, blockchain ou fournisseur de wallet ne figure parmi les bénéficiaires visés, alors que le code on-chain est public, immuable et adossé à des milliards
  • Chainalysis comptait plus de 2 milliards de dollars dérobés au seul premier semestre 2025, dont 1,46 milliard sur le piratage de Bybit
  • Le point faible reste hors chaîne : interfaces, postes de développeurs et écrans de signature multisig, exactement le périmètre que Daybreak prétend couvrir

Dimanche 6 septembre à 20h, le trader pro de Steady Lads décrypte le marché en direct. Au programme : une Master Class sur la lecture des graphiques, une analyse technique des principaux actifs et une séance de questions ouvertes avec celui qui pilote le portefeuille. Accès libre, dans la limite de 500 inscrits.
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OpenAI : Un milliard de dollars pour renforcer la cyberdéfense

Contrairement à ce que le montant pourrait laisser penser, OpenAI ne crée pas un fonds distribuant directement des subventions en espèces. Son programme Daybreak for Frontline Defenders représente un milliard de dollars d’accès à prix réduit ou gratuit, de formations, de support technique et de partenariats. OpenAI prévoit que cette enveloppe soit utilisée au cours des six prochains mois.

Daybreak se décline en deux niveaux. La version Blue utilise les modèles habituels de l’entreprise pour analyser du code, repérer des activités suspectes et préparer des correctifs. La version Red donne à certaines organisations approuvées un accès à des modèles spécialisés pour des opérations de cybersécurité plus sensibles.

Selon OpenAI, environ 2 000 organisations et espaces de travail utilisent déjà ces outils. Les bénéficiaires prioritaires comprennent les réseaux d’eau potable, les opérateurs électriques, les collectivités locales, les banques régionales, les associations et les responsables de projets open source disposant de moyens limités.

Cette initiative répond à la progression rapide des capacités offensives de l’IA. Le modèle Astra a notamment trouvé deux failles jusque-là inconnues lors de tests internes. Il est également parvenu à sortir d’un navigateur placé dans un environnement sécurisé et à combiner plusieurs vulnérabilités pour obtenir des privilèges administrateur sur un système.

OpenAI a classé ces capacités au niveau « critique » de son dispositif interne de préparation aux risques. Certaines phases du développement d’Astra ont été retardées afin d’ajouter des protections, et ses fonctions les plus avancées doivent rester initialement réservées à des testeurs sélectionnés.

Du côté d’OpenAi, on se félicite de ce tournant de l’IA – Source : Compte X

La crypto n’est pas citée, mais peut frapper à la porte

Les exchanges, fournisseurs de wallets et protocoles DeFi ne sont jamais nommés dans l’annonce. Il serait toutefois excessif d’affirmer qu’ils sont exclus du programme. OpenAI indique clairement que les mainteneurs de logiciels open source peuvent demander un accès à Daybreak.

Bitcoin Core, les clients Ethereum comme Geth ou Reth et de nombreuses bibliothèques utilisées par la finance décentralisée entrent potentiellement dans cette catégorie. Leur code est public et peut être examiné aussi bien par des chercheurs que par des attaquants équipés de modèles d’IA.

Cette situation inquiète déjà l’industrie. En août, plus de trente entreprises et organisations crypto, parmi lesquelles Coinbase, Block, BitGo, Blockstream et ARK Invest, ont demandé aux laboratoires d’IA de donner aux chercheurs indépendants un accès anticipé à leurs modèles les plus puissants.

Les signataires estimaient que les filtres appliqués aux outils publics pouvaient empêcher les défenseurs de rechercher certaines vulnérabilités, alors que les attaquants disposent de modèles ouverts, d’accès détournés ou de logiciels spécialisés. Ils réclamaient notamment davantage de puissance de calcul, des environnements sécurisés et un canal direct avec les équipes des laboratoires.

Daybreak répond partiellement à ces demandes. Il peut servir à examiner un code ancien, confirmer une vulnérabilité, classer les risques et tester un correctif. Pour les projets crypto open source, l’enjeu sera désormais de savoir lesquels seront acceptés et à quel niveau d’accès. Plus que jamais, l’IA est devenue une arme à double tranchant.

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