Vue lecture

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.

Bruxelles teste le cloud sécurisé de Thales pour ses projets d’armement

Un an. C’est le temps que s’accorde la Commission européenne pour tester grandeur nature une messagerie et un espace de travail collaboratif capables de manier les secrets de la défense continentale. Pour ce test, elle a choisi Thales dont la suite TrustNest R-Suite vient d’obtenir l’homologation qui lui manquait pour se connecter au réseau classifié de l’exécutif européen.

L’affaire touche à un point sensible de l’autonomie stratégique européenne. Comment des ingénieurs, des officiers de programme et des industriels de dix pays différents peuvent-ils coéditer un cahier des charges de missile ou de drone sans que la donnée ne transite, même une seconde, par une infrastructure hors de contrôle européen ?

Depuis sa création en 2021, le Fonds Européen de Défense (FED) est devenu l’un des principaux leviers de Bruxelles pour renforcer l’industrie militaire du continent.

Le dispositif a démarré avec une enveloppe proche de 7,3 milliards € sur la période 2021-2027, revalorisée depuis de 1,5 milliard supplémentaire dans le cadre du réexamen à mi-parcours du budget européen, pour financer notamment les projets rattachés à la plateforme « Technologies stratégiques pour l’Europe ». Le seul exercice 2026 mobilise environ un milliard d’euros répartis sur une trentaine de sujets, du combat aérien à la résilience énergétique en passant par le cyber et l’espace.

Le chaînon manquant de la coopération d’armement

Mais ces projets, souvent pilotés par des consortiums associant grands groupes et PME de plusieurs Etats membres, butaient jusqu’ici sur un angle mort : la coédition de documents et le travail à distance via le cloud. Elément déterminant de la réussite des projets, cette fonctionnalité restait jusqu’alors incompatible avec les exigences de sécurité applicables dès qu’un document relevait de la classification « Restreint Union Européenne » (R-UE/EU-R). Visioconférence, partage de fichiers, coédition en temps réel : ces usages, banals dans n’importe quelle entreprise, restaient impossibles dès qu’un document touchait au secret de défense partagé entre Etats.

L’étape franchie ces derniers jours est réglementaire mais décisive. La Commission européenne et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) viennent de délivrer conjointement l’homologation R-UE/EU-R qui autorise l’interconnexion entre R-Cloud et le réseau classifié de l’exécutif bruxellois. Sans ce feu vert technique, aucune expérimentation grandeur nature n’était possible.

Chez Thales, l’ambition derrière ce pilote d’un an est d’imposer TrustNest R-Suite comme la référence des grands programmes stratégiques, qu’ils soient français ou européens.

L’enjeu dépasse le confort d’usage. Pour les projets financés par le FED, les équipements développés grâce à ces subventions doivent rester libres de toute restriction imposée par des pays tiers, Etats-Unis compris. Une contrainte qui renvoie directement à la réglementation américaine ITAR régissant l’exportation de matériel militaire. Un outil collaboratif hébergé et homologué en Europe devient, dans ce cadre, un argument presque aussi stratégique qu’un radar ou un missile.

Reste à savoir si l’expérimentation confirmera la promesse d’une France capable de transformer une avance réglementaire en avantage industriel durable.

The post Bruxelles teste le cloud sécurisé de Thales pour ses projets d’armement appeared first on Silicon.fr.

Renault dévoile un deuxième drone kamikaze développé pour l’Europe de l’Est : il peut être transporté à la main et sera fabriqué en France

Renault Tutatis Drone 2026 Thales

Toutatis est un projet distinct de Chorus. En parallèle du drone de transport de lourde charge explosive développé avec Turgis Gaillard, Renault s’associe à Thales pour un drone kamikaze léger, capable d’être transporté par des soldats à pied. Le constructeur automobile vise l’export et la demande en Europe de l’Est.

Thales lance un S3NS allemand…toujours avec Google Cloud

Thales et Google Cloud annoncent la création d’une nouvelle entité dédiée au cloud souverain en Allemagne. Cette structure sera détenue et contrôlée à 100 % par Thales en Allemagne. Elle disposera d’un personnel et d’une direction allemands, et fonctionnera de manière juridiquement et opérationnellement indépendante de Google Cloud.

L’infrastructure sera hébergée en Allemagne, soumise au droit allemand, s’appuiera sur la technologie de Google Cloud, mais dans une infrastructure isolée. Elle cible les organismes publics allemands et les secteurs soumis à de fortes contraintes réglementaires.

Aucun tiers, y compris des entités non européennes, ne pourra accéder aux données qui y sont stockées ou traitées.

La solution est disponible en accès anticipé depuis l’annonce. La disponibilité générale est prévue d’ici fin 2026. L’offre vise ensuite les certifications C5 et le cadre C3A, propres au marché allemand.

Le modèle S3NS reproduit à l’échelle européenne

Cette région allemande reprend le modèle technologique et opérationnel de PREMI3NS, l’offre de S3NS déjà déployée en France. S3NS a obtenu la qualification SecNumCloud 3.2 pour cette offre fin 2025.

La mise en place des deux régions, française et allemande, ouvre une capacité de reprise d’activité transfrontalière entre les deux sites, tout en maintenant les exigences de souveraineté propres à chaque pays. Selon Thales, c’est la première fois qu’un modèle de cloud de confiance vise simultanément plusieurs certifications locales dans deux pays européens distincts.

Thales est présent en Allemagne depuis 1880. Le groupe y emploie 2 300 collaborateurs répartis sur neuf sites, dans les domaines de la défense, de la sécurité, de l’aéronautique et de l’identité numérique.

Le nom officiel de la nouvelle entité allemande sera communiqué dans les prochains mois.

Illustration : © DR

The post Thales lance un S3NS allemand…toujours avec Google Cloud appeared first on Silicon.fr.

❌