La dune du Médoc avance de plusieurs mètres par an, et un immeuble de quatre étages encore habité a été racheté pour être démoli
Un immeuble de quatre étages construit à deux cents mètres du rivage en 1967 a été racheté et démoli face à l'avancée rapide de la dune du Médoc. Entre 2014 et 2017, le recul moyen du pied de dune a atteint 5,2 mètres par an à la Négade. La loi Climat et résilience de 2021 impose désormais aux communes côtières une cartographie d'évolution du trait de côte et des mesures d'urbanisme adaptées.
Sur les ruines d'un marécage infesté de moustiques du Languedoc, l'architecte Jean Balladur a créé en 1964 une cité balnéaire révolutionnaire : La Grande-Motte et ses pyramides de béton. Longtemps décriée et surnommée « Sarcelles-sur-Mer », cette expérience urbaine radicale d'après-guerre a finalement été reconnue comme un patrimoine remarquable du XXe siècle. 
À Seseña, près de Madrid, Francisco Hernando a lancé la construction de 13 500 logements destinés à accueillir 40 000 habitants. Mais l'éclatement de la bulle immobilière en 2008 a figé le chantier, laissant un quartier déserté où 80 % des logements restaient vides. Vingt ans plus tard, ce « Manhattan de la Manche » connaît une seconde vie, mais pour des raisons bien différentes du projet initial.
Kangbashi, ce quartier de Mongolie-Intérieure construit depuis 2004, incarnait le rêve urbain démesuré de la Chine : accueillir un million de résidents. Deux décennies plus tard, il n'en abrite que 10% malgré une lente croissance démographique. Entre infrastructures colossales et avenues vides, la ville fantôme chinoise par excellence se réinvente.
Le 28 mai 1932, une digue de 32 kilomètres ferme le Zuiderzee et crée l'IJsselmeer. Quelques décennies plus tard, des villes entières émergent du fond marin asséché. Aujourd'hui, 365 000 habitants vivent dans les polders, sur des terres qui gisaient sous plusieurs mètres d'eau un siècle auparavant.
Au début des années 2000, un groupe indien a lancé la construction de Lavasa, une ville imaginée pour 300 000 habitants sur les collines du Maharashtra. Inspirée par Portofino, avec ses façades pastel et son lac artificiel, la ville semblait promise à un avenir radieux. Vingt ans plus tard, elle reste une cité fantôme : 400 logements prêts mais invendables, des centaines d'immeubles achevés sans habitants, et une dette abyssale qui a mené à la faillite.
Sous la banlieue de Kasukabe se cache l'une des plus impressionnantes infrastructures hydrauliques du monde : le G-Cans, un réseau souterrain de 6,4 kilomètres capable d'avaler une piscine olympique par seconde. Invisible au quotidien, ce temple de béton armé protège Tokyo des inondations grâce à des turbines d'avion recyclées et 59 colonnes massives de 500 tonnes chacune.
En 1994, Hong Kong a détruit Kowloon Walled City, un quartier de 33 000 habitants sur seulement 2,6 hectares, la zone la plus densément peuplée au monde. Avant sa démolition, des chercheurs, photographes et architectes ont mené une course contre la montre pour documenter ce labyrinthe urbain unique, révélant un écosystème autogéré remarquablement fonctionnel.
Au cœur de Saint-Louis, une forêt dense a repris possession d'un terrain de 57 acres pendant 50 ans, recouvrant les ruines du complexe de logement social Pruitt-Igoe, financé par 36 millions de dollars de fonds publics en 1954. Construit avec ambition par l'architecte Minoru Yamasaki, ce projet révolutionnaire s'est effondré en seulement 18 ans, devenant le symbole de l'échec du modernisme urbain américain. Aujourd'hui, cette friche boisée face aux appétits immobiliers reste un lieu de mémoire sacré pour ses anciens résidents.
Entre 1898 et 1994, la Cité fortifiée de Kowloon a incarné l'urbanisme sauvage : un quartier de 2,6 hectares où 33 000 habitants s'entassaient dans 350 immeubles construits sans architecte, sans inspecteur et sans aucune autorité. Avec une densité de 1,2 million d'habitants par kilomètre carré, cette enclave sans loi est devenue le laboratoire involontaire d'une cohérence architecturale impossible.
Un incendie « XXL » et « imprévisible » selon les autorités a ravagé 19 000 hectares de forêt et forcé l'évacuation de 140 000 personnes en quelques jours. La métropole bordelaise, que beaucoup croyaient protégée par sa taille et son urbanisation, s'est retrouvée aux portes des flammes en raison d'une géographie particulière et d'un urbanisme qui a grignoté la forêt des Landes plutôt que de la contourner.
Sous les rues du 7e arrondissement de Lyon se cachent deux stations de métro construites mais jamais ouvertes au public : Lortet et Plaine des Jeux. Depuis leur création, ces deux fantômes de béton restent invisibles aux voyageurs, même si certains peuvent les apercevoir depuis l'avant des rames en circulation.
Depuis 1912, la Bièvre coule sous les pieds des Parisiens du 13e arrondissement, enterrée après avoir été transformée en égout à ciel ouvert par les industries textiles. Bien que des projets de réouverture émergent en banlieue, rouvrir cette rivière à Paris pose des défis techniques et financiers colossaux : 20 mètres de béton et d'infrastructure urbaine à traverser, des coûts avoisinant plusieurs dizaines de millions d'euros, et des eaux à assainir avant toute renaissance.
En France, trois communes ont pris des arrêtés municipaux interdisant officiellement de mourir. Derrière cette absurdité juridique se cache une crise réelle : des cimetières saturés, des terrains inaccessibles et une administration bloquée depuis des décennies.