En creusant à 2 850 mètres d’altitude une fosse de 5 kilomètres de long et 1 kilomètre de profondeur, les Chiliens ont littéralement dû passer sous leur propre mine
À 2 850 mètres d'altitude dans le désert d'Atacama, Chuquicamata est devenue si profonde qu'il a fallu l'inverser : passer de l'extraction à ciel ouvert à une mine souterraine plongée sous l'ancien cratère. Un défi technique et symbolique qui prolonge la vie de ce géant minier de 50 ans supplémentaires.
Banaba, un atoll du Pacifique, n'a pas disparu sous les eaux montantes : il a été littéralement excavé, tonne par tonne, pour extraire du phosphate. Entre 1900 et 1979, 90 % de l'île a été enlevée, ses habitants ont été forcés à l'exil à Rabi aux Fidji, et une mémoire collective s'efforce de survivre.
Depuis quarante ans, la mine d'Ok Tedi en Papouasie-Nouvelle-Guinée déverse sans contrôle des dizaines de millions de tonnes de résidus miniers chaque année dans la rivière Fly. Au lieu de tout emporter vers l'océan comme prévu, le fleuve déborde sur ses berges, étouffant la forêt tropicale et détruisant les moyens de subsistance de 50 000 personnes.
Nauru, petite île du Pacifique, a vendu son sous-sol pendant un siècle. Résultat : 80 % de sa surface n'est plus qu'un chaos de pinacles coralliens aiguisés, sans terre ni végétation. Une catastrophe écologique aux conséquences sanitaires dévastatrices.
Le 20 novembre 1980, un forage de routine en Louisiane perce accidentellement le plafond d'une immense mine de sel souterraine. En trois heures, le lac Peigneur s'effondre, avalant une plateforme, des barges et des centaines d'hectares de terrain dans un vortex dévastateur. Un seul trou de 36 centimètres suffit à transformer à jamais un paisible lac d'eau douce.
Le Bagger 293, pelle géante allemande pesant 14 200 tonnes, est deux fois plus lourde que la tour Eiffel. Pourtant, grâce à une ingénierie remarquable, cette machine ne s'enfonce pas dans le sol qu'elle éventre chaque jour. Son secret : une répartition rigoureuse du poids sur des chenilles massives.
Pendant dix-sept siècles, les ravins de Cerdagne ont été attribués à l'érosion naturelle. Une nouvelle étude révèle que des ingénieurs romains ont déplacé 2 millions de mètres cubes de montagne en utilisant des techniques hydrauliques avancées pour extraire l'or des alluvions pyrénéennes.