Sous la calotte du Groenland dort depuis 1967 une base de 3 kilomètres de tunnels, et la fonte descend chaque été plus près de ses fûts
Depuis 1967, Camp Century, une ville souterraine de 3 kilomètres de tunnels creusés sous la calotte glaciaire du Groenland, repose endormie sous la neige. Construite par l'armée américaine avec un réacteur nucléaire portable, cette base secrète de la Guerre froide pourrait voir ses déchets toxiques remonter à la surface d'ici la fin du siècle en raison de la fonte accélérée.
Construite en 1959 sous la glace du Groenland, Camp Century est une base militaire américaine secrète dotée de 3 kilomètres de tunnels et d'un réacteur nucléaire. Abandonnée en 1967 avec ses déchets toxiques et radioactifs, elle pourrait être progressivement exposée par le réchauffement climatique d'ici la fin du siècle, soulevant des questions diplomatiques inédites entre les États-Unis et le Danemark.
Dans les hangars poussiéreux du cosmodrome de Baïkonour dorment les navettes soviétiques du programme Bourane. Une seule d'entre elles a connu l'espace lors d'un vol automatique réussi en 1988, avant d'être écrasée par l'effondrement de son hangar en 2002. Les autres attendent toujours dans l'oubli.
Le 8 juin 1966, l'un des deux XB-70 Valkyrie jamais construits s'est disloqué au-dessus de la Californie après une collision avec un F-104. Cet avion légendaire, conçu pour survoler l'URSS à Mach 3 et coûtant 800 millions de dollars, n'a jamais connu de mission opérationnelle avant d'être détruit lors d'une simple séance photo commerciale.
Le Davy Crockett était le plus petit système d'armes nucléaires jamais construit, déployé de 1961 à 1971 en Allemagne de l'Ouest et en Asie. Conçu pour donner à de simples soldats le pouvoir de déclencher une guerre nucléaire, il a été retiré en 1967 pour une raison bien plus troublante que son coût ou son encombrement.
Dans la nuit du 26 septembre 1983, les systèmes d'alerte soviétiques détectent le départ de missiles américains. Quelques minutes pour décider du destin du monde. Un officier de garde choisit de désobéir à la procédure et d'écrire un seul mot qui changera l'histoire.
Depuis 1976, une station radio russe non officielle diffuse un bourdonnement répétitif sur 4625 kHz, vingt-cinq fois par minute, jour et nuit. Surnommée « The Buzzer » ou « la radio de l'apocalypse », ses interruptions occasionnelles laissent place à des messages codés que les radioamateurs du monde entier traquent sans relâche. Aucune autorité russe n'a jamais confirmé son existence ni sa finalité véritable.
Pendant plus d'un demi-siècle, la Suisse a semé des milliers de charges explosives dans ses ponts, tunnels et routes, prête à les détruire au premier signe d'invasion. Cette stratégie défensive unique, le Réduit national, visait à isoler le pays en coupant ses propres axes de communication pour ralentir un envahisseur potentiel.
L'Oulianovsk aurait dû être le rival soviétique des porte-avions américains Nimitz, avec ses 321 mètres et ses quatre réacteurs nucléaires. Pourtant, ce géant n'a jamais touché l'eau. Découvrez comment la dissolution de l'URSS a transformé en quelques mois un projet stratégique ambitieux en ferraille recyclée.
Depuis 1992, sous le massif de Plješevica aux confins de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine, des portes blindées massives scellent les restes d'une base aérienne secrète de la Guerre froide. Construite en secret pendant la Yougoslavie pour résister à une frappe nucléaire, cette forteresse souterraine a été intentionnellement détruite par ses propres constructeurs plutôt que de la céder à l'ennemi.
Depuis 1979, un gigantesque complexe souterrain creusé dans le granit s'étend sous la montagne de Iamantaou dans l'Oural méridional. Construit en pleine Guerre froide par Moscou, ce site de 400 km² mobilisant 60 000 travailleurs demeure un mystère impénétrable : ni mines, ni entrepôts, ni villégiature gouvernementale, mais quelque chose de bien plus secret.
Le sous-marin nucléaire soviétique K-27 repose depuis 1982 à 33 mètres de profondeur dans la mer de Kara, avec deux réacteurs encore chargés en combustible. Endommagé irrémédiablement par un accident nucléaire en 1968, cet unique exemplaire du Projet 645 a été sabordé volontairement après des tentatives infructueuses de réparation. Quarante ans plus tard, la Russie envisage enfin de le remonter. 

Entre 1962 et 1971, l'Union soviétique a mené plus d'une centaine d'explosions nucléaires « pacifiques » pour transformer la bombe atomique en outil de génie civil. Le 15 janvier 1965, une charge de 140 kilotonnes a creusé un cratère de 400 mètres de diamètre au Kazakhstan, créant un lac artificiel qui existe toujours. Soixante ans plus tard, ce lac reste radioactif, mais des habitants continuent malgré tout de s'y baigner.
En 1964, les ingénieurs américains testent Tory II-C, un réacteur nucléaire sans blindage destiné à alimenter le SLAM, un missile de croisière volant à basse altitude. Malgré le succès technique, le projet est annulé après seulement quelques semaines : l'arme est jugée trop dangereuse, même pour ceux qui devaient l'utiliser.
En 1971, l'URSS lance des sous-marins révolutionnaires aux coques en titane, capables de plonger à 900 mètres et de filer à 70 km/h. Pour les construire, les Soviétiques ont dû créer des hangars hermétiques remplis d'argon et former des ouvriers en combinaisons pressurisées. Un exploit technologique que les États-Unis ont jugé trop coûteux pour être tenté.
Depuis 1965, un réacteur nucléaire américain de la taille d'un petit réfrigérateur tourne silencieusement à plus de 1 300 km d'altitude. Lancé en pleine Guerre froide, le SNAP-10A n'a fonctionné que 43 jours avant une panne électrique, mais personne n'a jamais pu le récupérer. Il continuera à orbiter pendant des siècles, un vestige oublié de la course spatiale.
Le 15 mai 1987, l'Union soviétique a lancé Polyus, un monstre de 80 tonnes équipé d'un laser à dioxyde de carbone conçu pour détruire les satellites américains. La fusée Energia a rempli sa mission avec succès, mais un simple bug informatique — une rotation qui n'a pas su s'arrêter à 180 degrés — a précipité l'engin dans l'océan Pacifique en moins de dix minutes. 