L’Italie a lancé en 1962 une autoroute de 442 kilomètres annoncée pour deux ans : ce qui l’a laissée en chantier jusqu’en 2016 n’était ni le relief ni les 368 milliards de lires
En 1962, l'Italie promet de construire en deux ans une autoroute de 442 km en Calabre. Il en faudra cinquante-quatre. Ce n'est pas la montagne ni le budget qui explique ce retard vertigineux, mais une combinaison d'atermoiements politiques, de faillites d'entreprises et d'infiltrations mafieuses.
Le pont de Tancarville, inauguré en 1959 avec ses 608 mètres de travée, était un triomphe du génie civil français. Mais c'est paradoxalement son succès qui l'a relégué à l'ombre : engorgé par la circulation, il a dû partager sa route avec le pont de Normandie en 1995.
En 2014, le Nicaragua lance un chantier démesuré : un canal de 278 km pour concurrencer Panama. Une décennie plus tard, seule une route de terre compactée subsiste. Un projet pharaonique tombé à l'eau, avec ses milliers de victimes et ses promesses évaporées.
Depuis 1971, l'Italie rêve de relier la Sicile à la Calabre par un pont suspendu de 3 330 mètres. Cinquante-cinq ans plus tard, aucune construction n'a débuté, mais déjà plus de 950 millions d'euros ont disparu en études, indemnités et contentieux. Entre obstacles techniques redoutables et revirements politiques, ce projet pharaonique reste le symbole d'une bureaucratie paralysée.