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Crypto : le Mexique démantèle une ferme de minage clandestine soupçonnée de blanchir l’argent des cartels

Trois cents cartes graphiques au fond d’une vallée mexicaine. Le parquet fédéral, la marine et les forces de sécurité de l’État de Puebla ont investi une propriété isolée de la commune de Tlaola. Le site se trouve dans la Sierra Norte. Ils y ont trouvé une ferme de minage entièrement clandestine. Les enquêteurs veulent maintenant savoir qui payait l’électricité, et à qui profitaient les cryptomonnaies produites.

Le communiqué du gouvernement de Puebla évoque une piste de blanchiment liée au narcotrafic. L’enquête porte aussi sur un branchement sauvage présumé sur le réseau électrique local.

Points clés

  • Les autorités mexicaines ont saisi environ 300 GPU, un transformateur et huit antennes satellite dans une ferme de minage clandestine à Tlaola, dans la Sierra Norte de Puebla
  • L’enquête porte sur un détournement présumé de courant issu d’un barrage hydroélectrique voisin et sur un possible blanchiment de fonds du narcotrafic
  • Puebla avait déjà repéré trois sites comparables dans le même périmètre et coordonne désormais ses recherches avec les États voisins
  • Chainalysis recense 154 milliards de dollars de fonds reçus par des adresses illicites en 2025, soit moins de 1 % du volume total suivi

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Une ferme de minage crypto branchée au réseau électrique mexicain

L’inventaire dressé par les autorités détonne pour un hameau de montagne : environ 300 cartes graphiques, un transformateur, quelque 80 bornes de moyenne tension et huit antennes internet par satellite. Aucune fibre optique ne dessert ce secteur montagneux. La connexion passait donc par l’orbite basse.

Le ministère public cherche à établir si le site siphonnait le courant d’un barrage hydroélectrique voisin. Le complexe de Necaxa se trouve à quelques kilomètres de là. En service depuis 1905, il est exploité par la Commission fédérale d’électricité (CFE). Les 80 bornes de moyenne tension saisies sur place orientent l’enquête dans cette direction.

Un détail intrigue quiconque connaît le matériel : 300 cartes graphiques ne produisent pas de bitcoins. Les ASIC (des circuits intégrés conçus pour une seule fonction, bien plus efficaces qu’un GPU) verrouillent le minage de Bitcoin depuis plus d’une décennie. Un parc de cartes graphiques vise donc des cryptomonnaies alternatives, encore accessibles au minage grand public. Ou alors, il sert simplement de puissance de calcul louée pour l’intelligence artificielle.

« Les cartels de la drogue semblent avoir atteint un nouveau niveau de sophistication.»

David Saucedo, analyste en sécurité, à Reuters

Les autorités ont déjà repéré trois installations comparables dans le même périmètre au cours de l’année écoulée. Elles coordonnent désormais leurs recherches avec les États voisins pour en identifier d’autres. Le parquet fédéral a refusé de commenter auprès de l’agence de presse en raison de l’enquête en cours.

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Minage crypto et blanchiment : ce que disent les précédents

L’hypothèse n’a rien d’inédit. Les analystes conformité documentent depuis des années cette typologie : acheter du matériel de minage avec des fonds illicites pour obtenir des cryptomonnaies fraîchement émises, donc vierges de tout historique.

Chainalysis a poussé l’analyse jusqu’aux pools de minage, ces coopératives où des mineurs mutualisent leur puissance de calcul avant de se partager les récompenses. Ses chercheurs ont repéré des adresses de dépôt qui mélangeaient deux origines. D’un côté des fonds liés à des rançongiciels ou à des arnaques, de l’autre des revenus de minage, le tout sur les mêmes plateformes d’échange.

« Le minage de cryptomonnaies est une composante cruciale de notre industrie, mais il présente aussi un attrait particulier pour les acteurs malveillants, car il offre un moyen d’acquérir de l’argent dont la source d’origine on-chain est totalement propre.»

Chainalysis, rapport sur le blanchiment via les pools de minage

Aucun de ces travaux ne dit comment le site de Tlaola gérait ses fonds. L’enquête locale garde deux pistes ouvertes : un revenu tiré du minage sur courant volé, ou un habillage pour de l’argent venu d’autres délits. La « propreté » d’une pièce fraîchement minée reste d’ailleurs toute relative. Chaque transfert ultérieur s’inscrit dans un registre public. Les pools versent depuis des adresses identifiées, et les plateformes régulées savent lire ces schémas. L’électricité détournée, elle, ne laisse aucune trace consultable. Un mineur qui ne paie pas son courant efface la plus grosse ligne de ses coûts d’exploitation.

Crypto et cartels : Washington resserre l’étau sur les flux

Le Trésor américain a sanctionné en mai un réseau qu’il attribue à Armando de Jesús Ojeda Avilés. Celui-ci est accusé d’avoir collecté le produit des ventes de drogue aux États-Unis, de l’avoir converti en cryptomonnaies, puis de l’avoir acheminé vers le cartel de Sinaloa. Washington a par ailleurs classé six organisations criminelles mexicaines, dont Sinaloa, parmi les organisations terroristes étrangères début 2025. De quoi alourdir l’exposition pénale de quiconque manipule ces fonds.

Chainalysis chiffre à au moins 154 milliards de dollars les sommes reçues en 2025 par des adresses signalées comme illicites. Cette progression tient pour l’essentiel aux entités sous sanctions. Le total reste sous la barre de 1 % du volume de transactions que la société surveille. Une réserve méthodologique s’impose : ces calculs excluent en général les paiements classiques aux trafiquants. Il manque, la plupart du temps, les éléments extérieurs qui permettraient d’en établir l’origine criminelle. Un registre public ne suffit pas à distinguer un virement de narcotrafic d’un transfert parfaitement légitime.

Trois cents cartes graphiques génèrent au mieux quelques dizaines de milliers de dollars par an, une paille face aux volumes d’un cartel. C’est la multiplication des sites qui change l’échelle. Puebla a déjà lancé la traque avec les États voisins pour en débusquer d’autres.

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Agressions crypto : La gendarmerie détaille sa stratégie face à l’explosion des enlèvements

Touchez pas au grisbi. Le grisbi tient aujourd’hui dans un portefeuille numérique. Et les malfaiteurs ne se contentent plus d’y toucher : ils enlèvent son propriétaire pour l’obtenir. Ce sont des commandos armés et cagoulés. Certains sont briefés à des milliers de kilomètres de leur cible, en France, depuis l’affaire Ledger qui a ouvert cette série noire en janvier 2025. La gendarmerie nationale documente aujourd’hui, dans deux articles Gendinfo signés par la commandante Céline Morin, toute l’architecture montée pour y répondre. Du relevé d’ADN sur les lieux d’un enlèvement jusqu’au gel de la rançon quelques heures après son versement.

Les points clés de cet article :
  • Les cryptorapts ont explosé en France, en partie à cause d’une fuite de données chez Waltio, exposant des milliers de détenteurs de cryptomonnaies.
  • La gendarmerie française a mis en place une réponse coordonnée impliquant des unités spécialisées pour contrer ces enlèvements, avec des opérations souvent comparées à des raids militaires.

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Les cryptorapts, un phénomène qui explose depuis la fuite Waltio

Le mot est apparu en 2017. Il a fallu attendre fin 2024 pour qu’il devienne un problème d’ordre public. Le Parquet national anticriminalité organisée recense 135 faits liés à des enlèvements ou tentatives depuis 2023, dont 47 dossiers ouverts depuis janvier 2026 seulement. Un événement lié à la détention de cryptomonnaies survient désormais tous les deux ou trois jours.

La cause tient en grande partie à une fuite de données chez Waltio, société française d’aide à la déclaration fiscale des cryptoactifs. En effet, noms et adresses de dizaines de milliers de clients se sont retrouvés exposés du jour au lendemain. Ajoutez des recrutements low-cost sur Snapchat et Telegram, des commanditaires basés à l’étranger et des exécutants sans expérience qui servent de simple main-d’œuvre. Vous obtenez une industrie criminelle qui tourne à plein régime. Le colonel Patrick Pegeot, chef de la division des opérations de l’Unité nationale de police judiciaire (UNPJ), résume le problème d’une phrase :

« la détention de cryptomonnaies revient à posséder une banque chez soi, mais sans aucune sécurité physique. ».

UNPJ, GIGN, UNCyber : l’arsenal de la gendarmerie contre les cryptorapts

Face à ce déluge de dossiers, la gendarmerie a construit une chaîne de commandement qui ressemble à celle d’un raid militaire. Le Centre national des opérations coordonne. Le Groupe de suivi et de conduite des opérations réunit les unités spécialisées. Le Poste de commandement opérationnel bâtit la stratégie propre à chaque enlèvement. Sur le terrain, la Force observation recherche du GIGN surveille le ravisseur et reconnaît les lieux au drone thermique, avant que la Force intervention n’agisse, souvent sur plusieurs sites au même moment pour éviter qu’une fuite d’information fasse tout capoter. Le GIGN déploie en moyenne 50 militaires par enlèvement, appuyé par 14 antennes territoriales.

Le lieutenant-colonel Bastien commande la Force intervention. Il résume l’objectif sans détour : « le point majeur reste le même : localiser le plus rapidement les malfaiteurs et les otages, puis intervenir très rapidement. » Il décrit lui-même l’assaut comme « un rouleau compresseur », pensé pour sidérer les ravisseurs avant qu’ils ne s’en prennent à l’otage. Pendant que le GIGN neutralise, un enquêteur du groupe cryptoactifs de l’UNCyber reste posté au poste de commandement. Un second, basé à Pontoise, trace la rançon en temps réel sur la blockchain. Il coordonne son blocage avec les plateformes d’échange. Le groupe pratique aussi le démixing, une technique qui consiste à percer les mixeurs censés brouiller l’origine des fonds volés.

Le cas de l’Yonne : quand le GIGN neutralise un cryptorapt en moins de 24 heures

Le 13 avril 2026, une mère et son fils sont enlevés dans l’Yonne contre une rançon de 400 000 euros en cryptomonnaies. Le père de famille détenait environ 450 000 dollars en staking, des fonds bloqués pour en tirer des rendements. Le commanditaire force leur déblocage et s’empare de la seed. Le groupe cryptoactifs réussit malgré tout à bloquer les droits de gestion du wallet. Une manœuvre technique jamais réalisée jusque-là, y compris par Europol.

Les otages sont libérés en moins de 24 heures. Huit personnes sont interpellées, les fonds restent entravés. Le lieutenant Julien, qui dirige le groupe cryptoactifs, précise d’ailleurs que des antennes UNCyber sont aussi implantées au sein de certaines sections de recherches locales, avec lesquelles son équipe garde un lien constant. La coopération internationale, elle, reste le maillon le plus fragile. La plupart des commanditaires opèrent depuis l’étranger, hors de portée immédiate de la gendarmerie française.

Dans l’Yonne, la bataille ne s’est donc pas jouée que dans la rue, au moment de l’assaut. Elle s’est jouée sur la blockchain, dans les minutes qui ont suivi le versement de la rançon. Le ministre de l’Intérieur en a tiré sa propre conclusion politique en lançant une riposte sécuritaire. À la gendarmerie, désormais, de prouver dossier après dossier que détenir des cryptomonnaies chez soi n’a plus besoin de virer au cauchemar.

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Cybercriminalité en Inde : Ils se rencontrent en prison avant de monter leurs arnaques

La prison comme pépinière de cybercriminels. En Inde, l’enquête sur une fraude numérique de 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) est menée. Elle révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient des contacts en détention avec des spécialistes de la cyberfraude. Ils rejoindraient ensuite leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux. Ceux-ci permettent de déplacer ou de retirer l’argent volé.

Les points clés de cet article :

  • Une enquête sur une fraude de 8,6 millions de roupies révèle des liens noués en prison entre délinquants et cybercriminels

  • Une autre affaire portant sur plus de 110 millions de roupies a conduit à l’application de la loi contre le crime organisé du Maharashtra
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Cybercriminalité en Inde : Des contacts noués en prison puis exploités après la libération

La police a arrêté Tejas Lokhande, 24 ans, et Avinash Baklikar, 28 ans, dans le cadre de l’enquête. Le premier présente des antécédents liés à des infractions traditionnelles, dont un enlèvement. Le second, lui, entretiendrait des liens avec un réseau de cybercriminalité.

D’après les enquêteurs, les deux hommes se seraient rencontrés environ un an plus tôt à la prison de Yerwada. Ils y étaient détenus, chacun, dans des affaires distinctes. Libérés sous caution il y a environ six mois, ils seraient restés en contact. Tejas Lokhande aurait ensuite participé aux activités de fraude numérique de son nouveau comparse.

La police cherche désormais à déterminer dans quelle mesure les relations nouées en détention facilitent le recrutement de délinquants. Ces délinquants rejoindraient ensuite des organisations cybercriminelles. L’attrait serait principalement économique. Les escroqueries en ligne permettent de manipuler des sommes importantes sans confrontation physique directe avec les victimes.

Cette évolution ne signifie pas que les délinquants deviennent tous des pirates informatiques. Les réseaux fragmentent leurs opérations entre plusieurs intervenants. Certains attirent les victimes, d’autres fournissent des comptes bancaires. Ils retirent aussi les fonds, procurent des cartes SIM ou transfèrent l’argent vers de nouveaux comptes.

 En Inde, l’enquête sur une fraude numérique de 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient en détention des contacts avec des spécialistes de la cyberfraude avant de rejoindre leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux permettant de déplacer ou de retirer l’argent volé.
Les prisons indiennes deviennent des surcursales du cybercrime organisé

Les comptes bancaires « mules » au cœur du dispositif

Cette organisation par couches complique le travail des enquêteurs. Chaque participant peut n’exécuter qu’une tâche limitée sans connaître l’ensemble du réseau. Les personnes disposant déjà de contacts criminels et de relais locaux deviennent alors utiles. Elles servent à ouvrir ou louer des comptes bancaires, pour faire circuler les fonds.

La police de Pimpri-Chinchwad avait déjà observé ce phénomène dans une affaire portant sur plus de 110 millions de roupies. Les escrocs avaient détourné cette somme auprès d’une personne âgée grâce à une fausse application de trading. La police avait arrêté neuf suspects et gelé environ 26,5 millions de roupies. Certains suspects auraient fourni des comptes « mules » en échange d’une part des sommes transférées.

En avril, les autorités avaient appliqué contre ce groupe le Maharashtra Control of Organised Crime Act (MCOCA). Cette législation est réservée aux réseaux criminels organisés. Les autorités avaient également repéré des profils comparables en mars, lors du démantèlement d’une structure de cyberfraude. Cette structure opérait depuis une villa de Lonavala.

L’enquête actuelle dépasse donc le seul suivi des transactions bancaires. Les policiers examinent aussi les antécédents des suspects, leurs relations en prison et les contacts entretenus après leur libération. Elle met en lumière une transformation de la criminalité organisée indienne. Les compétences numériques restent entre les mains de spécialistes. Les délinquants traditionnels fournissent, eux, les ressources humaines et matérielles indispensables au blanchiment des fonds.

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FTX : Sam Bankman-Fried joue son va-tout devant la Cour suprême

Sam Bankman-Fried a saisi la Cour suprême des États-Unis. Il veut faire annuler sa condamnation à 25 ans de prison et la confiscation de 11 milliards de dollars qui l’accompagne. Le New York Times a pu consulter la requête : l’ancien patron de FTX y affirme que son procès l’a empêché de prouver un point précis. Ses clients, selon lui, auraient fini par récupérer chaque dollar.

Le pari est mince. La haute juridiction n’accepte d’examiner qu’environ 1 % des dossiers qui lui parviennent chaque session. Cette sélection relève d’un pouvoir purement discrétionnaire.

Points clés

  • Sam Bankman-Fried tente d’obtenir l’annulation de sa condamnation et la restitution de ses avoirs devant la Cour suprême
  • Sa défense affirme que le procès l’a empêché de démontrer que les clients de FTX récupéreraient tout leur argent
  • Le plan de faillite a converti les créances en dollars de novembre 2022, quand le bitcoin valait environ 16 000 dollars
  • Sa demande de grâce reste pendante, mais Donald Trump l’a écartée et le Sénat a voté contre à l’unanimité

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FTX : l’argument du remboursement intégral porté devant la Cour suprême

La procédure porte un nom technique : le writ of certiorari. Sam Bankman-Fried demande ainsi à la Cour suprême de réexaminer une décision qu’une juridiction inférieure a rendue contre lui. Ses avocats qualifient ce réexamen d’« urgemment nécessaire ». Toute leur démonstration s’appuie sur la trésorerie de FTX.

« Il y a toujours eu largement assez d’actifs disponibles pour rembourser les clients (comme ils l’ont désormais été, avec des intérêts substantiels). »

Extrait de la requête déposée devant la Cour suprême par les avocats de Sam Bankman-Fried

Le juge Lewis Kaplan avait verrouillé cette ligne de défense lors du procès de Manhattan. Pour lui, le détournement avait eu lieu au moment des faits, peu importe un remboursement ultérieur. Les jurés n’ont donc jamais entendu parler de la solvabilité résiduelle de la plateforme.

Le ministère de la Justice n’a jamais varié sur ce point. Ses réquisitions décrivaient un montage destiné à escroquer les clients de l’exchange en « détournant des milliards de dollars de leurs fonds ». Le dossier dépassait d’ailleurs le seul périmètre des dépôts. 1,7 milliard de dollars provenant des investisseurs de FTX et 1,3 milliard provenant des prêteurs d’Alameda Research figuraient aussi parmi les chefs d’accusation. Ces deux postes restaient étrangers aux comptes clients.

L’enjeu dépasse le seul dossier FTX. La Cour suprême a tranché l’arrêt Kousisis v. United States en 2025. Ce précédent établit qu’une accusation de fraude électronique n’exige pas de prouver un préjudice financier réel pour les victimes. La requête s’appuie justement sur ce point. Les avocats de Sam Bankman-Fried demandent donc aux juges de revenir sur cette lecture, un pari risqué tant le précédent reste récent et unanime.

Remboursés en dollars de 2022, quand le Bitcoin valait 16 871 dollars

L’affirmation « les clients ont été remboursés » mérite une note de bas de page pour quiconque détenait des cryptomonnaies sur la plateforme. Les distributions ont bien eu lieu, via le plan de faillite que le tribunal du Delaware a validé. Mais ce plan a converti chaque créance en dollars à la date d’ouverture de la procédure, en novembre 2022. Les administrateurs judiciaires ont retenu un cours de 16 871 dollars, le bitcoin étant alors au creux du cycle.

Un utilisateur qui avait déposé un bitcoin sur FTX a récupéré l’équivalent de 16 871 dollars augmentés d’intérêts, pas un bitcoin. Le plan a donc honoré les créances en monnaie fiduciaire. Le cours, lui, a repris plusieurs fois sa valeur d’origine depuis. La requête se garde bien de chiffrer cet écart.

Le second volet du recours vise la confiscation de 11 milliards de dollars, qu’un juge a prononcée en mars 2024. Les avocats y voient une « amende écrasante », contraire au Huitième amendement de la Constitution américaine. Ce texte prohibe les amendes excessives, au même titre que les cautions disproportionnées et les châtiments cruels. Le montant excède de très loin toute capacité de paiement de l’intéressé. Il sert surtout de fondement légal à la saisie des avoirs que le gouvernement a récupérés au profit des victimes.

Grâce présidentielle : l’autre porte de sortie de Sam Bankman-Fried

La voie judiciaire n’est pas la seule explorée. Sam Bankman-Fried a lui-même déposé une demande de clémence en juin auprès de Donald Trump. Le bureau de l’avocat des grâces du ministère de la Justice la classe toujours comme pendante. Fait cocasse, les services de la Justice ont enregistré le dossier dans la catégorie « grâce après exécution complète de la peine ». Il reste pourtant plus de deux décennies à purger à l’intéressé.

Les signaux politiques restent défavorables. Donald Trump a écarté toute grâce en janvier devant le New York Times. Le Sénat, lui, a voté à l’unanimité contre la clémence en juillet. L’ancien milliardaire traîne un passif encombrant de ce côté du Capitole : près de 40 millions de dollars versés lors du cycle électoral 2021-2022. OpenSecrets le classait alors deuxième donateur du camp démocrate derrière George Soros.

De la valorisation à 32 milliards à la case prison

FTX avait atteint une valorisation de 32 milliards de dollars dès janvier 2022, à peine trois ans après sa création. La plateforme misait alors sur le naming d’arènes sportives et des spots publicitaires avec des célébrités. Une crise de liquidité a fait s’effondrer FTX en novembre 2022. Les fonds des clients comblaient alors les pertes d’Alameda Research, la société de trading maison de Sam Bankman-Fried.

Les autorités ont arrêté son fondateur aux Bahamas le mois suivant. Un jury l’a reconnu coupable l’année d’après, au terme d’un procès d’un mois à Manhattan. Un juge fédéral a rejeté sa demande de nouveau procès en avril. Un panel de trois magistrats de la cour d’appel du deuxième circuit a ensuite confirmé la condamnation en juin.

La Cour suprême n’a pas encore fait savoir si elle acceptait de se pencher sur le dossier. Sam Bankman-Fried purge sa peine dans un établissement fédéral de Californie. Depuis un an, il multiplie les entretiens avec la presse et continue de clamer son innocence. Sa libération reste fixée à 2044.

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Crypto : Le Trésor sanctionne Xinbi Guarantee, marché noir à 36 milliards $ sur Telegram

Il y a un an et demi, Telegram fermait Haowang Guarantee, le plus gros marché noir crypto de la messagerie, après avoir facilité pour 27 milliards de dollars de transactions illicites. Dans son ombre, un concurrent grandissait déjà. Xinbi Guarantee a fini par dépasser son aîné, avec plus de 36 milliards de dollars écoulés depuis 2022. Washington l’a rattrapé cette semaine.

Les points clés de cet article :
  • Telegram a fermé Haowang Guarantee, un marché noir crypto, mais Xinbi Guarantee a émergé comme un concurrent puissant.
  • Le Secret Service a gelé 52,8 millions de dollars liés à Xinbi, et l’OFAC l’a désignée comme organisation criminelle transnationale.
  • Le ministère de la Justice a publiquement remercié Tether pour son aide dans l’enquête, un geste inhabituel qui en dit long sur le poids pris par les stablecoins dans la lutte anti-blanchiment.

Xinbi Guarantee, le supermarché du crime en chinois

Le 8 septembre, le Secret Service a gelé 52,8 millions de dollars de crypto liés à Xinbi. Le lendemain, l’OFAC (le bureau du Trésor américain chargé des sanctions) a désigné la plateforme comme organisation criminelle transnationale. Rien d’un simple site d’échange douteux. Xinbi connectait des réseaux d’escroquerie entiers à des vendeurs de données volées, de faux papiers d’identité, d’outils de deepfake et de services de blanchiment.

« Si le crime organisé chinois peut s’offrir un site sur mesure et un service de blanchiment comme on commande à emporter, alors tout Américain qui a un compte retraite se trouve dans le rayon de l’explosion », a résumé Jeanine Pirro, procureure fédérale du district de Columbia, en dévoilant l’opération le 9 septembre. Le Scam Center Strike Force du ministère de la Justice, monté en novembre 2025, revendique désormais 938 millions de dollars saisis au total. Un chiffre qui grimpe vite, mais qui reste modeste face aux volumes qui transitent par ce genre de plateformes.

Deux sociétés ont été sanctionnées dans la foulée pour avoir prêté main-forte à Xinbi : SafeW Technology, basée à Singapour, et Anwen Technology, installée au Cambodge. Selon TRM Labs, la plateforme aurait fait transiter plus de 36 milliards de dollars depuis 2022, un volume qui la place parmi les plus gros marchés noirs jamais recensés en Asie du Sud-Est. Ces réseaux tiennent rarement sur une seule structure. Ils reposent sur toute une chaîne de sous-traitants dispersés dans la région.

Fuite vers l’USDD : le stablecoin qui échappe aux gels

Face au gel, Xinbi a dénoncé une mesure « arbitraire ». Et a aussitôt déplacé 2,8 millions de dollars vers l’USDD, un stablecoin construit sur Tron. Pourquoi celui-là précisément ? Parce qu’il ne dispose pas du même mécanisme de gel intégré que l’USDT. Tether, justement, a multiplié les gels ces derniers mois en coordination avec les autorités américaines, au point de devenir un partenaire presque routinier des enquêtes anti-blanchiment.

Le Strike Force l’a d’ailleurs remerciée nommément dans son communiqué du 9 septembre : « Le Strike Force remercie Tether pour son aide proactive dans cette enquête. » Un stablecoin sans robinet coupe-circuit devient donc, mécaniquement, le nouveau refuge de ceux qui veulent échapper à ce genre de manœuvre. Ironie du sort : plus les stablecoins « coopératifs » se resserrent, plus ils poussent les mauvais acteurs vers les moins régulés.

Ce jeu du chat et de la souris n’a rien de nouveau. Haowang fermé, Xinbi a pris le relais en quelques semaines à peine. Sanctionner une plateforme ne fait pas disparaître la demande qui l’alimentait.

Un problème structurel, pas un coup isolé

L’Inde a ordonné le blocage de 15 plateformes crypto offshore. La pression réglementaire monte sur plusieurs continents à la fois, pas seulement à Washington. Mais les intermédiaires visés changent de nom et d’adresse plus vite que les régulateurs ne publient leurs communiqués.

Le montant saisi cette semaine, 52,8 millions de dollars, ne représente qu’une fraction infime des 36 milliards qui ont transité par Xinbi depuis 2022. La vraie bataille ne se joue pas sur ce genre de coup ponctuel, aussi spectaculaire soit-il médiatiquement.

Elle se joue sur la capacité des autorités à assécher, une par une, les briques qui permettent à ces marchés de renaître ailleurs : hébergeurs, sous-traitants de paiement, stablecoins non coopératifs. Sans ça, un Xinbi remplacera l’autre. Le compteur du blanchiment crypto a déjà dépassé les 938 millions de dollars saisis depuis novembre 2025.

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Cryptomonnaies : 4 hommes mis en examen pour la séquestration d’une famille à Ploudalmézeau

Un wallet contre cinq otages. Le 20 avril, des gendarmes découvrent une famille ligotée dans son pavillon de Ploudalmézeau (Finistère). Autour de la table : les grands-parents, leur fille et ses deux enfants. Les malfaiteurs visaient les cryptomonnaies que détenait le père. Cinq mois plus tard, le parquet de Rennes annonce quatre mises en examen. La justice a d’ailleurs écroué deux suspects. C’est une avancée rare pour une série de crypto-rapts qui continue de s’allonger en France.

Les points clés de cet article :
  • Un home-jacking lié aux cryptomonnaies a secoué Ploudalmézeau : les malfaiteurs ont pris une famille en otage et volé un wallet.
  • La justice a mis en examen quatre suspects et en a incarcéré deux, une avancée rare dans les enquêtes sur les crypto-rapts en France.
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Ploudalmézeau : une nuit d’avril qui vire au home-jacking crypto

Cette nuit du 20 avril, des malfaiteurs s’introduisent dans le pavillon familial et saccagent la maison. Ils ligotent les cinq occupants pendant qu’ils s’emparent du wallet du père, actif dans les cryptomonnaies.

C’est un voisin, intrigué par le remue-ménage, qui donne l’alerte aux gendarmes avant que les assaillants ne prennent la fuite. Cependant, le procureur de Rennes ne précise pas le montant du butin emporté ce soir-là. Face à la technicité du dossier, le parquet de Brest se dessaisit au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes. Celle-ci ouvre une information judiciaire le 17 juin. Ensuite, la section de recherches de Rennes reprend l’enquête. Le groupement de gendarmerie du Finistère et la brigade de recherches de Brest l’épaulent.

Quatre suspects, deux régimes de détention pour l’affaire des cryptomonnaies

Les gendarmes interpellent les quatre suspects les 7 et 8 septembre à Bandol (Var), à Paris et à Sevran (Seine-Saint-Denis). Âgés de 18 à 37 ans, tous sont français, originaires de la région parisienne. Par ailleurs, tous ont déjà un casier judiciaire. Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes, précise que l’un des quatre est en récidive légale. La justice l’avait déjà condamné pour trafic de stupéfiants. Toutefois, le parquet reste discret sur la méthode qui a permis de remonter jusqu’à eux, cinq mois après les faits.

Parmi eux, deux sont mis en examen pour l’ensemble des faits :

  • vol avec arme en bande organisée,
  • enlèvement et séquestration,
  • association de malfaiteurs en vue de préparer un crime et blanchiment en bande organisée.

La justice les place en détention provisoire. De leur côté, les deux autres écopent d’une mise en examen plus ciblée, pour la seule association de malfaiteurs, assortie d’un contrôle judiciaire. Le contrôle judiciaire leur interdit tout contact avec les victimes ou les autres mis en examen. Il leur interdit aussi de mettre les pieds dans le Finistère. Au total, quarante militaires ont participé à l’opération. Ils viennent de la section de recherches de Rennes, du groupement du Finistère et d’unités d’intervention mobilisées sur trois départements. Enfin, l’enquête se poursuit sur commission rogatoire.

La plupart des crypto-rapts recensés en France ne débouchent sur aucune interpellation. Une fois les fonds dispersés sur la blockchain, leur traçage devient impossible. Ici, pourtant, deux suspects sont derrière les barreaux cinq mois après les faits. Les deux autres ne sont pas tirés d’affaire pour autant. La justice avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la multiplication des agressions violentes liées aux cryptomonnaies. Ainsi, Ploudalmézeau allonge une liste qui n’a pas fini de s’étoffer en 2026.

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Les gangs irlandais louent des coffres-forts pour y cacher leurs clés privées crypto

Des montres de luxe, des liasses de billets et un bout de papier. En Irlande, des organisations criminelles louent des coffres auprès de sociétés privées pour y entreposer les clés privées et les phrases de récupération donnant accès à leurs wallets, aux côtés d’espèces, de montres, de sacs de luxe ou de passeports. Le phénomène a été signalé au comité gouvernemental chargé de préparer le pays aux nouvelles règles européennes contre le blanchiment. Michael Gubbins, directeur du Criminal Assets Bureau (CAB), l’agence irlandaise chargée de saisir les avoirs criminels, a expliqué au Sunday Independent que cette pratique avait été observée au cours des enquêtes menées par son service.

Points clés

  • Le Criminal Assets Bureau irlandais constate que des gangs louent des coffres privés pour y stocker clés privées et seed phrases, aux côtés du cash et des montres de luxe.
  • Son chef Michael Gubbins juge l’usage des cryptos par le crime organisé « encore assez basique » : le liquide domine toujours le trafic de drogue.
  • Des opérateurs de hawala facturent environ 6 % de commission pour déplacer des fonds sans trace bancaire, quand un transfert on-chain coûte quelques euros mais reste public.
  • Plus de 130 des 360 millions d’euros issus des 6 000 BTC saisis à un producteur de cannabis ont déjà été réalisés, après le déblocage du premier des douze wallets.
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Des clés privées rangées avec le liquide et les passeports

« Il peut s’agir de clés de cryptomonnaies, d’espèces, de montres ou même de passeports. »

Michael Gubbins, directeur du Criminal Assets Bureau – Source : Sunday Independent

Michael Gubbins précise que ce constat repose sur l’expérience directe du CAB. Les coffres privés permettent aux criminels de disperser leurs avoirs et de limiter les conséquences d’une éventuelle saisie menée à leur domicile.

Ces observations ont été transmises à l’Anti-Money Laundering Steering Committee. Ce comité prépare notamment l’application du nouveau règlement européen contre le blanchiment, prévue à partir du 10 juillet 2027. Le texte interdira les paiements en espèces supérieurs à 10 000 euros dans le cadre d’une activité commerciale et imposera des contrôles d’identité pour certaines transactions en liquide atteignant au moins 3 000 euros.

Les prestataires de services sur cryptoactifs, les vendeurs de biens de luxe et d’autres professions exposées seront soumis à des obligations renforcées. La nouvelle autorité européenne AMLA, installée à Francfort, coordonnera les superviseurs nationaux et contrôlera directement certains établissements transfrontaliers considérés comme particulièrement risqués.

 En Irlande, des organisations criminelles louent des coffres auprès de sociétés privées pour y entreposer les clés privées et les phrases de récupération donnant accès à leurs wallets, aux côtés d’espèces, de montres, de sacs de luxe ou de passeports. Le phénomène a été signalé au comité gouvernemental chargé de préparer le pays aux nouvelles règles européennes contre le blanchiment. Michael Gubbins, directeur du Criminal Assets Bureau (CAB), l’agence irlandaise chargée de saisir les avoirs criminels, a expliqué au Sunday Independent que cette pratique avait été observée au cours des enquêtes menées par son service.
La presse spécialisée relaie l’affaire des gangs irlandais – Source : Compte X

Le liquide reste dominant dans le crime organisé

Si certains gangs utilisent les cryptomonnaies pour répartir leurs avoirs et profiter de l’anonymat qu’ils leur prêtent, Michael Gubbins juge cette utilisation « encore assez basique ». La volatilité des cours et le risque de perdre les identifiants donnant accès aux wallets limiteraient également leur adoption.

De plus, « le trafic de drogue reste une activité reposant sur le liquide », affirme Michael Gubbins, tordant au passage le cou aux idées reçues sur la crypto et le grand banditisme.

Le CAB observe surtout le développement de blanchisseurs professionnels, notamment des opérateurs de hawala. Ce système informel permet à une personne de déposer de l’argent dans un pays afin qu’un correspondant verse une somme équivalente ailleurs, sans transfert bancaire international direct. Selon Michael Gubbins, ces intermédiaires prélèvent une commission proche de 6 %.

Dans l’une de ses enquêtes, le CAB a ainsi saisi 230 000 euros en espèces dans un coffre loué auprès d’une société privée.

 En Irlande, des organisations criminelles louent des coffres auprès de sociétés privées pour y entreposer les clés privées et les phrases de récupération donnant accès à leurs wallets, aux côtés d’espèces, de montres, de sacs de luxe ou de passeports. Le phénomène a été signalé au comité gouvernemental chargé de préparer le pays aux nouvelles règles européennes contre le blanchiment. Michael Gubbins, directeur du Criminal Assets Bureau (CAB), l’agence irlandaise chargée de saisir les avoirs criminels, a expliqué au Sunday Independent que cette pratique avait été observée au cours des enquêtes menées par son service.
L’affaire Clifton Collins passionne la cryptosphère depuis de nombreuses années – Source : Compte X

6 000 bitcoins et un étui de canne à pêche disparu

Le CAB travaille parallèlement sur la plus importante saisie de cryptomonnaies de son histoire. En 2019, les autorités avaient confisqué 6 000 BTC appartenant à Clifton Collins, condamné pour production de cannabis.

Ce dernier avait réparti ses bitcoins entre douze wallets et imprimé les clés privées sur des feuilles de papier, ensuite dissimulées dans un étui de canne à pêche conservé dans une maison louée à Farnaught, dans le comté de Galway. Pendant son incarcération, le logement aurait été vidé par son propriétaire et l’étui envoyé dans une décharge. Il n’a jamais été retrouvé et son sort exact demeure inconnu.

En mars 2026, les enquêteurs sont néanmoins parvenus, avec l’aide d’Europol, à accéder au premier des douze wallets, qui contenait environ 500 BTC. D’autres récupérations ont suivi. D’après Michael Gubbins, plus de 130 millions d’euros ont désormais été réalisés sur un portefeuille global estimé à environ 360 millions d’euros.

Le CAB avait reversé près de 15 millions d’euros au Trésor irlandais l’année précédente. Les sommes déjà récupérées dans le dossier Clifton Collins représentent donc près de neuf fois ce montant annuel. Cette affaire rappelle surtout une réalité fondamentale : un wallet peut contenir des millions, mais celui qui détient sa clé privée en conserve le contrôle, même lorsque cette clé prend la forme d’une simple feuille de papier enfermée dans un coffre.

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ZeroBytes : deux arrestations et des alias à démêler

Deux arrestations frappent l’écosystème pirate du groupe ZeroBytes en France, tandis que les liens avec l’ancien groupe de hackers Epsilon, plusieurs pseudonymes et des activités postérieures compliquent encore l’attribution cyber. Non, vous ne rêvez pas ! Vous avez déjà vu cette image de titre il y a deux ans ! L’enquête autour de ZeroBytes repose […]

Espionnage et IA : Ex-ingénieur Google condamné à un an de prison pour vol de secrets

Un vol, pas une trahison. Voilà où atterrit, après deux ans et demi de procédure, le dossier le plus scruté de la Silicon Valley version guerre froide technologique. Le 1er septembre 2026, à San Francisco, le juge fédéral Vince Chhabria a condamné l’ex-ingénieur Google Linwei Ding à douze mois de prison moins un jour pour vol de secrets industriels liés à l’intelligence artificielle. Un jury l’avait pourtant reconnu coupable, en janvier, de quatorze chefs d’accusation : sept pour ce vol, sept autres pour espionnage économique au bénéfice de Pékin.

Le second bloc s’est effondré en plein été, le juge jugeant la preuve trop mince. Il ne reste debout qu’un salarié indélicat qui a copié 1 255 documents avant de démissionner. Pas l’agent infiltré que Washington espérait faire tomber. Chez Google, ce n’est même pas la première fois cette année qu’un ingénieur maison se retrouve dans une affaire embarrassante d’informations internes détournées. La preuve d’un lien avec Pékin, elle, reste le vrai obstacle.

Les points clés de cet article :
  • Linwei Ding, ex-ingénieur Google, a été condamné le 1er septembre 2026 à un an de prison moins un jour pour vol de secrets d’IA, loin des 70 mois réclamés par l’accusation.
  • Le juge a annulé les sept chefs d’espionnage économique au profit de la Chine faute de preuve d’un lien direct avec Pékin, mais a maintenu les sept chefs de vol de secrets industriels.
  • Le dossier rappelle celui de Fujian Jinhua, acquittée en 2024 dans une affaire similaire : la justice américaine peine à prouver l’espionnage d’État, même quand le vol, lui, est avéré.

Douze mois de prison pour 14 000 pages de secrets Google

Chhabria n’a pas fait dans la demi-mesure verbale, même si la peine, elle, reste mesurée. « Ceci était un effort systématique et effronté pour voler la propriété de Google et en tirer profit », a-t-il lâché à l’audience du 1er septembre, avant d’ajouter qu’il avait « énormément de mal à imaginer » ne pas envoyer Ding en prison pour ce qu’il avait fait.

Douze mois moins un jour de détention, deux ans de mise à l’épreuve, plus de 198 000 dollars de dédommagement à Google et 2 500 dollars d’amende. Voilà la facture. Ding doit se constituer prisonnier sous 90 jours.

Le ministère public réclamait 70 mois de prison. La défense proposait trois mois d’assignation à résidence, le temps de rester auprès de son fils de huit ans. Soixante-sept mois séparent les deux demandes. Même le juge a eu du mal à se caler entre les deux : les recommandations officielles, calculées sur les seuls chefs de vol qui subsistaient après l’été, plafonnaient à six mois. Une fourchette qu’il a lui-même jugée trop clémente pour un « effort systématique ». L’avocat de Ding a d’ores et déjà annoncé faire appel.

Pourquoi l’espionnage économique n’a pas tenu la route

Un jury populaire avait pourtant voté les quatorze chefs d’un bloc, en janvier. Sept mois plus tard, le 20 août, Chhabria est revenu sur la moitié du verdict dans une ordonnance d’acquittement partiel. Chhabria a jugé la preuve trop mince. Il fallait établir, au moment des transferts illégaux, que Ding savait déjà que son geste profiterait à Pékin, sous le standard classique du doute raisonnable.

Le vol de documents remonte à mai 2022, avril 2023. La preuve d’un lien avec l’État chinois, elle, vient d’ailleurs, et surtout d’après coup. Ding a fondé sa société Zhisuan en Chine fin 2023, et un stagiaire a été chargé de subtiliser discrètement son badge Google pendant qu’il démarchait des investisseurs à Pékin. Trop tard pour prouver une intention qui, par définition, devait déjà exister au moment du délit. Chhabria n’a pas nié le vol. Il a nié la conspiration. Les sept chefs de vol de secrets, eux, tiennent toujours, et c’est sur eux seuls que la peine du 1er septembre a été calculée.

TPU et SmartNIC, la vraie perte de Google

Réduire l’affaire à des PDF volés serait une erreur de lecture. Les 1 255 documents, environ 14 000 pages, décrivent l’architecture des TPU de Google, ces puces d’intelligence artificielle taillées sur mesure que la firme conçoit en interne pour ne plus dépendre des GPU Nvidia.

On y trouve aussi les schémas d’un SmartNIC maison, une carte réseau capable de faire dialoguer des milliers de puces à pleine vitesse pour les faire fonctionner comme un seul supercalculateur, ainsi que les logiciels qui orchestrent l’ensemble. C’est le mode d’emploi complet d’un avantage industriel que Google a mis une décennie à bâtir, pas une notice technique quelconque. Ding a transféré le gros du lot entre mai 2022 et avril 2023, pendant qu’il était encore salarié. Un dernier lot a été téléchargé en décembre 2023, sur un compte Google Cloud personnel. Deux semaines après, il démissionnait.

Fujian Jinhua, le précédent qui plane sur la Silicon Valley

Ding n’a rien inventé. Bien avant lui, en pleine ère du China Initiative, Washington avait déjà tenté le même coup avec Fujian Jinhua, un fabricant chinois de semi-conducteurs accusé d’avoir comploté avec le taïwanais UMC pour voler les secrets de fabrication de puces mémoire de l’américain Micron. Ce programme du ministère de la Justice, lancé sous la première administration Trump pour traquer l’espionnage économique chinois, visait justement ce genre de dossier. UMC a plaidé coupable et payé 60 millions de dollars d’amende. Fujian Jinhua, elle, est allée jusqu’au procès.

Verdict fin février 2024 : acquittement total, y compris sur le vol lui-même. La juge Maxine Chesney a estimé que l’accusation n’était pas parvenue à prouver que l’entreprise, pourtant détenue par l’État chinois, avait détourné les schémas de DRAM de Micron. Le ministère de la Justice avait déjà tiré la leçon deux ans plus tôt en démantelant le China Initiative, en février 2022. Son responsable de l’époque reconnaissait lui-même qu’il alimentait un climat de suspicion, et que les poursuites contre des chercheurs académiques se soldaient plus souvent par des non-lieux que par des condamnations. Ding est le premier grand test de l’après. La dissuasion en prend un coup. Un ingénieur tenté par une startup chinoise sait désormais qu’un aller simple lui coûtera, au pire, un an de prison, pas la perpétuité qu’agite le ministère de la Justice depuis 2018.

Le code circule plus vite que le Code pénal. Ding a mis moins d’un an à transférer 14 000 pages ; la justice américaine a mis deux ans et demi à décider qu’elle ne pouvait punir que la moitié du geste. Ce décalage n’est pas propre à l’intelligence artificielle, mais il y prend une ampleur particulière. Les mêmes puces et les mêmes centres de données que Google protège bec et ongles sont aussi ceux que la Chine cherche à contourner en misant sur ses propres GPU. Le hash et l’inférence tirent désormais sur la même prise électrique. La course aux gigawatts des data centers IA a déjà rattrapé les mineurs de Bitcoin, avant de rattraper les tribunaux fédéraux. Un ingénieur peut voler un plan. Un État, lui, doit encore convaincre un juge qu’il l’a commandé. Entre les deux, tout un procès.

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Piratage du fisc par ZeroBytes : Un membre du groupe de hackeurs arrêté et en prison

Un second relâché… Un adolescent devenu majeur entre-temps, une administration une fois de plus prise en défaut, et une piste qui finit par déboucher sur un nom. Le parquet de Paris a confirmé ce vendredi 4 septembre la mise en examen et le placement en détention provisoire d’un homme soupçonné d’appartenir au groupe de pirates ZeroBytes, auteur revendiqué du piratage massif de la DGFiP cet été. Un second suspect, mineur de moins de 16 ans, a lui été relâché à l’issue de sa garde à vue. Voici ce que l’on sait de cette avancée judiciaire, et pourquoi elle concerne directement les détenteurs de cryptomonnaies.

Les points clés de cet article :
  • Un homme soupçonné d’appartenir au groupe ZeroBytes a été mis en examen pour le piratage massif de la DGFiP, tandis qu’un second suspect mineur a été relâché.
  • Les pirates ont accédé à 678 000 dossiers contenant des informations sensibles, facilitant ainsi le repérage de cibles fortunées pour des attaques de cryptomonnaies.

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ZeroBytes, un suspect de 18 ans, pas un inconnu de la justice

Le principal intéressé a 18 ans. C’est tout ce que le parquet de Paris a livré sur son identité dans les éléments relayés par BFMTV.

Par ailleurs, deux dossiers pèsent déjà à son casier :

  • une première mise en examen en juin 2024,
  • une seconde en janvier 2025.

Toutes deux pour des faits de piratage commis quand il était encore mineur. À 18 ans à peine, il en serait donc déjà à sa troisième affaire. Vitesse rare, ou signe que la justice ne l’avait tout simplement jamais lâché.

Un pseudonyme circule déjà en marge de l’enquête, ChatNoir. Selon les informations de Seb Latombe (@seblatombe) journaliste cybersécurité et surtout fondateur de FrenchBreaches, le suspect serait un visage déjà connu du petit monde du hacking francophone, cofondateur présumé du collectif Epsilon. En mars 2024 déjà, un groupe se revendiquant d’Epsilon, avec parmi ses membres un certain ChatNoir, avait détourné les comptes X de BFMTV et de RMC pour y diffuser ses propres messages. Si le lien se confirme, l’adolescent aurait donc bel et bien multiplié les cibles bien avant de s’en prendre au fisc.

🔴 Selon nos informations, le suspect de 18 ans est connu sous le pseudonyme « ChatNoir », cofondateur présumé du collectif Epsilon.

Déjà mis en examen dans les affaires Free, LDLC, BFM-TV et RMC, il est désormais soupçonné d’appartenir à ZeroBytes et d’avoir participé au… https://t.co/Sh9cIiYa0W

— Seb (@seblatombe) September 4, 2026

Le second suspect interpellé, lui, a moins de 16 ans. Relâché après sa garde à vue, il n’est pas mis hors de cause pour autant. Ses ordinateurs restent entre les mains des enquêteurs, qui comptent bien en éplucher le contenu.

Une fuite de 678 000 dossiers, du pain béni pour les braqueurs de crypto

Tout part de deux intrusions, fin juin puis fin juillet, que la DGFiP a fini par admettre le 13 août. Méthode plutôt artisanale sur le papier : usurper l’accès d’un agent, puis aspirer en rafale ce que l’outil de recherche interne veut bien livrer. Le butin, lui, ne l’est pas du tout, artisanal. 678 000 particuliers et professionnels s’y retrouvent, avec noms, dates de naissance, adresses, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source.

Repérer une cible fortunée devient un jeu d’enfant avec ce genre de fichier en main. Or la France concentre déjà l’essentiel des wrench attacks recensées dans le monde, ces agressions où la victime est forcée sous la menace de transférer ses cryptomonnaies. Un fisc qui sait qui a de l’argent et où il habite devient, dans ce contexte précis, une arme. ZeroBytes affirme d’ailleurs détenir une seconde base, cadastrale cette fois, portant sur plusieurs millions de personnes. La DGFiP ne l’a ni confirmée ni infirmée.

« Les impôts, c’était que le début », prévient ZeroBytes

Deux pirates, pas de bannière politique, l’appât du gain comme seul étendard. Interrogé sur ses motivations, le duo cite l’argent et, tout aussi franchement, le goût du pouvoir. Avant de s’en prendre au fisc, ZeroBytes avait déjà revendiqué des attaques contre Intermarché et la Fédération française de handball. Le groupe dit aussi avoir mis la main, cet été, sur des données d’un grand opérateur téléphonique et d’un groupe hôtelier, sans que ces entreprises n’aient confirmé quoi que ce soit pour l’instant.

Une partie du butin fiscal aurait même déjà changé de mains. Le groupe assure, dans des propos rapportés par l’AFP, avoir vendu des fichiers à deux acheteurs pour plusieurs milliers d’euros, avec l’idée qu’une même base peut se revendre autant de fois qu’il y a de clients. ZeroBytes a prévenu sur X, sans détour : les impôts n’étaient qu’un hors-d’œuvre.

Une mise en examen n’efface pas ce passif. Le fichier bancaire FICOBA avait déjà exposé 1,2 million de comptes en février, sur un système distinct de la même administration. Deux failles en six mois, un groupe qui revend ce qu’il vole, et un vivier de cibles qui continue de grossir pendant que la justice, elle, avance dossier par dossier.

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Crypto et terrorisme : 4 267 USDT au cœur d’un procès en Corée du Sud

Sept virements, 4 267 USDT. Le montant tiendrait dans le budget mensuel d’un étudiant, et il vaut à quatre ressortissants ouzbeks des poursuites pour financement du terrorisme en Corée du Sud. La division des enquêtes de sécurité de l’agence métropolitaine de police de Gwangju les a interpellés en avril avant de rendre le dossier public, selon le Korea JoongAng Daily. Le meneur présumé a été inculpé, placé en détention et comparaît désormais devant le tribunal. Les trois autres sont poursuivis sans incarcération. L’un des quatre faisait l’objet d’une notice rouge d’Interpol, ce signalement international qui demande aux polices membres de localiser et d’arrêter provisoirement une personne recherchée.

Points clés

  • La police de Gwangju poursuit quatre ressortissants ouzbeks pour financement du terrorisme, dont le meneur présumé placé en détention.
  • 4 267 USDT envoyés en sept virements à Katibat Tawhid wal Jihad, groupe désigné par l’ONU et Washington depuis 2022.
  • Flux inverse inédit : des cryptos reçues du groupe converties en onze voitures d’occasion et deux pelleteuses (121 000 dollars) expédiées en Syrie.
  • Trois wallets et un compte au nom de l’épouse reconstitués par les enquêteurs, une seconde notice rouge d’Interpol identifiée.

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Des pelleteuses coréennes expédiées vers la Syrie

Entre août 2024 et avril 2025, le principal suspect aurait adressé 4 267 USDT, soit un peu plus de 4 200 dollars, en sept transferts au profit de Katibat Tawhid wal Jihad (KTJ). Ce groupe implanté en Syrie et actif depuis 2013 rassemble majoritairement des combattants originaires d’Asie centrale. Il figure sur les listes d’organisations terroristes de l’ONU et des États-Unis depuis 2022.

C’est le flux inverse qui intéresse surtout les enquêteurs. Le meneur présumé aurait reçu des cryptomonnaies de KTJ, puis les aurait dépensées en onze voitures d’occasion et deux pelleteuses, pour un total de 170 millions de wons (environ 121 000 dollars), matériel ensuite embarqué vers la Syrie. Les trois autres mis en cause auraient prêté la main aux achats et aux formalités d’exportation.

« Les affaires liées au terrorisme précédentes portaient sur l’envoi de fonds à des groupes terroristes, mais il s’agit du premier cas de réception de fonds provenant d’un groupe terroriste, suivie de l’achat et de la fourniture de véhicules en retour. »

Division des enquêtes de sécurité, agence métropolitaine de police de Gwangju – Source : Korea JoongAng Daily

Le choix du support n’a rien d’exotique. La Corée du Sud expédie chaque année plusieurs centaines de milliers de véhicules d’occasion depuis les ports d’Incheon et de Pyeongtaek, dont une part massive vers l’Asie centrale, le Moyen-Orient et l’Afrique. Une cargaison de 121 000 dollars se noie dans ce trafic, et deux engins de chantier destinés à la reconstruction syrienne n’ont rien pour attirer l’œil d’un douanier.

Le montant tiendrait dans le budget mensuel d'un étudiant, et il vaut à quatre ressortissants ouzbeks des poursuites pour financement du terrorisme en Corée du Sud. La division des enquêtes de sécurité de l'agence métropolitaine de police de Gwangju les a interpellés en avril avant de rendre le dossier public, selon le Korea JoongAng Daily. Le meneur présumé a été inculpé, placé en détention et comparaît désormais devant le tribunal. Les trois autres sont poursuivis sans incarcération. L'un des quatre faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol, ce signalement international qui demande aux polices membres de localiser et d'arrêter provisoirement une personne recherchée.
La Corée du Sud a arrêté quatre ressortissants ouzbeks suspectés d’avoir financier le terrorisme – Source : Compte X

Trois wallets, un compte au nom de l’épouse, un permis emprunté

Le mode opératoire décrit par la police tient d’ailleurs de l’artisanat prudent. Le suspect faisait tourner trois wallets personnels, encaissait le produit des ventes de voitures sur un compte ouvert au nom de son épouse et a présenté le permis de conduire d’un tiers au moment de son interpellation. Arrivé en Corée du Sud en 2017 avec un visa étudiant, diplômé d’une université de Daejeon, il séjournait dans le pays en situation irrégulière depuis 2023.

Les poursuites s’appuient sur la loi interdisant le financement du terrorisme, texte adopté par Séoul en 2008 sous la pression des recommandations du GAFI (Groupe d’action financière, l’organisme intergouvernemental qui fixe les standards antiblanchiment). Détail qui n’a probablement rien d’un hasard : la Corée applique depuis 2022 la travel rule, qui oblige les plateformes d’échange à transmettre l’identité de l’expéditeur et du bénéficiaire pour tout transfert supérieur à un million de wons, environ 700 dollars. Les sept virements reprochés tournent autour de 610 USDT chacun, juste sous le seuil.

À sa première audience, en juin, le principal accusé a contesté l’essentiel des charges. L’argent servait selon lui à couvrir les frais de sa famille, et il affirme ignorer l’identité des acheteurs des véhicules. Il assure également qu’un frère cadet n’a rejoint KTJ que pour se protéger, sur fond de violences visant les Ouzbeks en Syrie. Les enquêteurs, eux, disent avoir identifié un deuxième suspect visé par une notice rouge d’Interpol et poursuivent leurs investigations.

Le paradoxe d’un stablecoin trop bavard

Un groupe armé qui accepte des USDT accepte aussi un émetteur capable de geler ses fonds d’un clic. Tether revendique ainsi plusieurs milliards de dollars immobilisés à la demande d’autorités judiciaires dans une soixantaine de juridictions, et l’unité T3 Financial Crime Unit, montée avec TRON et TRM Labs, affiche des centaines de millions de dollars bloqués sur des adresses signalées depuis son lancement. Le registre public fait le reste : chaque transfert reste consultable des années plus tard, horodaté, rattachable à un cluster d’adresses.

D’où la sortie de piste vers le hors-chaîne. Convertir de la valeur en tôle et en hydraulique, c’est revenir au blanchiment par le commerce que le GAFI documente depuis des décennies, avec ses connaissements falsifiés et ses factures gonflées. Les voitures d’occasion coréennes remplissent ici la fonction que l’or ou les containers de textile occupent ailleurs, à ceci près que la partie amont du circuit a laissé une trace intégrale.

C’est cette trace qui a permis de reconstituer sept virements, trois wallets et une chronologie de vingt mois. Avec des espèces convoyées par valise ou un canal de type hawala, il n’aurait rien subsisté d’équivalent à verser au dossier. Le procès du meneur présumé se poursuit à Gwangju, et la police annonce d’autres interpellations à venir. Le blanchiment est, et restera toujours, le problème numéro 1 des organisations criminelles du monde entier. Et la crypto n’y peut rien.

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