Depuis la création de la DATAR en 1963, désenclaver les villages est un objectif constant : ce qui a fait baisser le rideau de leurs boutiques une fois la route ouverte porte un nom chez les géographes
Depuis 1963 et la création de la DATAR, relier les villages par des routes était censé les sauver. Mais les géographes ont découvert un paradoxe troublant : l'effet tunnel. Cette infrastructure censée les désenclaver les vide en réalité de leurs commerces et habitants.
Sous les Alpes suisses s'étire depuis 2016 un tube de 57 kilomètres qui a changé la face du fret ferroviaire européen. Le tunnel de base du Saint-Gothard file presque droit sous des sommets culminant à plus de 2 000 mètres, une platitude qui bouleverse tout. Un ouvrage de 17 années de forage qui reste à ce jour le plus long tunnel ferroviaire du monde.
Le tunnel de base du Saint-Gothard, le plus long tunnel ferroviaire du monde avec ses 57 km, a nécessité 17 ans de percement et l'extraction de 28,2 millions de tonnes de roche. Cette montagne évacuée n'a pas été gaspillée : recyclée en granulats pour le béton ou transformée en îles écologiques dans un lac, elle a participé à sa propre transformation.
Entre 1878 et 1883, des équipes françaises et britanniques ont creusé près de 4 kilomètres de galeries sous la Manche à l'aide de machines à vapeur et d'air comprimé, un exploit technique réalisé un siècle avant l'ouverture officielle du tunnel actuel. Ce chantier fantôme, arrêté brutalement par peur d'une invasion, a été muré et oublié, jusqu'à sa redécouverte accidentelle en 1974.
Ouvert en 2003, le tunnel du Somport devait être le cœur d'un grand axe européen reliant Bordeaux à Saragosse. Mais l'État a renoncé à construire l'autoroute française d'accès, laissant ce tube de 8,6 km pratiquement vide avec un trafic qui ne représente que la moitié des prévisions.