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Cybercriminalité en Inde : Ils se rencontrent en prison avant de monter leurs arnaques

13 septembre 2026 à 06:00

La prison comme pépinière de cybercriminels. En Inde, l’enquête sur une fraude numérique de 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) est menée. Elle révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient des contacts en détention avec des spécialistes de la cyberfraude. Ils rejoindraient ensuite leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux. Ceux-ci permettent de déplacer ou de retirer l’argent volé.

Les points clés de cet article :

  • Une enquête sur une fraude de 8,6 millions de roupies révèle des liens noués en prison entre délinquants et cybercriminels

  • Une autre affaire portant sur plus de 110 millions de roupies a conduit à l’application de la loi contre le crime organisé du Maharashtra
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Cybercriminalité en Inde : Des contacts noués en prison puis exploités après la libération

La police a arrêté Tejas Lokhande, 24 ans, et Avinash Baklikar, 28 ans, dans le cadre de l’enquête. Le premier présente des antécédents liés à des infractions traditionnelles, dont un enlèvement. Le second, lui, entretiendrait des liens avec un réseau de cybercriminalité.

D’après les enquêteurs, les deux hommes se seraient rencontrés environ un an plus tôt à la prison de Yerwada. Ils y étaient détenus, chacun, dans des affaires distinctes. Libérés sous caution il y a environ six mois, ils seraient restés en contact. Tejas Lokhande aurait ensuite participé aux activités de fraude numérique de son nouveau comparse.

La police cherche désormais à déterminer dans quelle mesure les relations nouées en détention facilitent le recrutement de délinquants. Ces délinquants rejoindraient ensuite des organisations cybercriminelles. L’attrait serait principalement économique. Les escroqueries en ligne permettent de manipuler des sommes importantes sans confrontation physique directe avec les victimes.

Cette évolution ne signifie pas que les délinquants deviennent tous des pirates informatiques. Les réseaux fragmentent leurs opérations entre plusieurs intervenants. Certains attirent les victimes, d’autres fournissent des comptes bancaires. Ils retirent aussi les fonds, procurent des cartes SIM ou transfèrent l’argent vers de nouveaux comptes.

 En Inde, l’enquête sur une fraude numérique de 8,6 millions de roupies (soit environ 78 000 euros) révèle un rapprochement entre délinquance traditionnelle et escroqueries en ligne. Selon la police de Pimpri-Chinchwad, près de Pune, certains individus condamnés pour enlèvement, extorsion ou vol noueraient en détention des contacts avec des spécialistes de la cyberfraude avant de rejoindre leurs réseaux une fois libérés. Ces recrues ne contactent pas nécessairement les victimes. Elles fournissent plutôt des comptes bancaires, des cartes SIM et des relais locaux permettant de déplacer ou de retirer l’argent volé.
Les prisons indiennes deviennent des surcursales du cybercrime organisé

Les comptes bancaires « mules » au cœur du dispositif

Cette organisation par couches complique le travail des enquêteurs. Chaque participant peut n’exécuter qu’une tâche limitée sans connaître l’ensemble du réseau. Les personnes disposant déjà de contacts criminels et de relais locaux deviennent alors utiles. Elles servent à ouvrir ou louer des comptes bancaires, pour faire circuler les fonds.

La police de Pimpri-Chinchwad avait déjà observé ce phénomène dans une affaire portant sur plus de 110 millions de roupies. Les escrocs avaient détourné cette somme auprès d’une personne âgée grâce à une fausse application de trading. La police avait arrêté neuf suspects et gelé environ 26,5 millions de roupies. Certains suspects auraient fourni des comptes « mules » en échange d’une part des sommes transférées.

En avril, les autorités avaient appliqué contre ce groupe le Maharashtra Control of Organised Crime Act (MCOCA). Cette législation est réservée aux réseaux criminels organisés. Les autorités avaient également repéré des profils comparables en mars, lors du démantèlement d’une structure de cyberfraude. Cette structure opérait depuis une villa de Lonavala.

L’enquête actuelle dépasse donc le seul suivi des transactions bancaires. Les policiers examinent aussi les antécédents des suspects, leurs relations en prison et les contacts entretenus après leur libération. Elle met en lumière une transformation de la criminalité organisée indienne. Les compétences numériques restent entre les mains de spécialistes. Les délinquants traditionnels fournissent, eux, les ressources humaines et matérielles indispensables au blanchiment des fonds.

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Crypto : l’Inde ordonne le blocage de 15 plateformes offshore

9 septembre 2026 à 17:11

Quinze noms sur la liste noire de New Delhi. L’unité de renseignement financier du ministère indien des Finances (FIU-IND) a notifié quinze plateformes crypto offshore. Motif : non-respect de la législation antiblanchiment. Weex, Blofin, Rezorex, Bitunix, DigiFinex, Toobit, XT.com, Latoken, WOO X, Pionex, ChangeNow, SimpleSwap, FixedFloat, WhiteBIT et Guardarian servaient des utilisateurs indiens sans s’être jamais enregistrées auprès du régulateur.

L’agence réclame en parallèle le retrait de leurs applications et le blocage de leurs adresses web. Objectif : couper l’accès public. La même procédure avait déjà balayé neuf exchanges internationaux fin 2023, avec Binance et KuCoin en tête de liste.

  • La FIU-IND vise 15 plateformes crypto offshore (Weex, Blofin, WhiteBIT, Pionex, ChangeNow…) et exige le retrait de leurs applications
  • Le PMLA impose depuis mars 2023 un enregistrement à tout prestataire servant des utilisateurs indiens
  • Binance, KuCoin, Bybit et Coinbase sont toutes revenues sur le marché indien après amende et enregistrement auprès de la FIU
  • La fiscalité crypto indienne pousse chaque année des milliards de dollars de volumes vers l’offshore, selon l’Esya Centre

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Crypto et blanchiment : le PMLA s’applique bien au-delà des frontières indiennes

La procédure s’appuie sur le Prevention of Money Laundering Act (PMLA), la loi indienne contre le blanchiment de capitaux. Depuis mars 2023, son périmètre couvre les prestataires de services sur actifs numériques virtuels (VDA, pour virtual digital assets). Cette catégorie juridique regroupe en Inde les cryptomonnaies et les NFT. Enregistrement auprès de la FIU, déclarations d’opérations suspectes et conservation des données s’imposent à toute plateforme qui touche un client indien. Aucune présence physique requise, a précisé le ministère des Finances.

La liste ne se limite pas aux exchanges classiques. ChangeNow, SimpleSwap, FixedFloat et Guardarian sont des services de swap instantané ou des rampes d’accès fiat, utilisables sans compte et avec une vérification d’identité minimale. En clair, New Delhi vise l’activité réellement exercée plutôt que l’étiquette affichée par le service, ce qui élargit d’un coup le champ des acteurs concernés.

L’agence a accompagné ses notifications d’un avertissement aux investisseurs indiens.

« Les produits crypto et les NFT ne sont pas régulés en Inde, et les transactions peuvent n’offrir aucun recours réglementaire en cas de pertes.»

Communiqué de la FIU-IND, unité de renseignement financier du ministère indien des Finances

De Binance à Bybit, le péage de l’enregistrement

Le scénario a déjà été joué. En effet, fin 2023, la FIU avait adressé des mises en demeure à neuf exchanges offshore, parmi lesquels Binance, KuCoin, Huobi, Kraken, Gate.io, Bittrex, Bitstamp, MEXC et Bitfinex. Leurs applications ont disparu des magasins indiens quelques semaines plus tard, avant que les négociations ne s’ouvrent une à une.

Binance a retrouvé le marché en 2024 après avoir réglé une amende de 2,25 millions de dollars. KuCoin s’en est tirée pour environ 41 000 dollars et un enregistrement en bonne et due forme. Bybit a suspendu ses services en Inde en janvier 2025 le temps de finaliser son dossier, avant de rétablir l’accès complet à son application neuf mois plus tard. Coinbase a rouvert les inscriptions aux utilisateurs indiens une fois inscrite au registre, fin 2025. Bref, toujours le même motif. Aucune de ces plateformes n’a quitté durablement le pays. Ainsi, les quinze nouvelles ciblées connaissent déjà la marche à suivre : payer l’amende, puis déposer un dossier auprès de la FIU.

Fiscalité crypto : l’Inde alimente elle-même l’exode vers les plateformes crypto offshore

L’attrait de ces plateformes non enregistrées tient d’abord à la note fiscale. Depuis juillet 2022, les plus-values crypto subissent en Inde un impôt forfaitaire de 30 % sans imputation possible des pertes. Une retenue à la source de 1 % (TDS) frappe chaque cession, ce qui rend le trading actif structurellement perdant sur les plateformes domestiques. Résultat : la fiscalité indienne fait fuir 6,1 milliards de dollars par an vers l’offshore, calcule l’Esya Centre. En face, seulement 52 millions de dollars de taxes perçues chaque année.

Les utilisateurs indiens n’ont pas déserté pour autant. Le pays occupe la première place de l’indice mondial d’adoption crypto de Chainalysis depuis trois éditions consécutives. Une adoption portée par une population jeune et par des échanges de pair à pair difficiles à recenser. Par ailleurs, retirer une application d’un magasin déplace le trafic vers un VPN ou un site miroir, hors de portée du fisc comme des radars de la FIU.

Cependant, Washington emprunte la trajectoire inverse. L’OCC, régulateur bancaire fédéral américain, a validé sous conditions les agréments de banque de confiance de Circle, Ripple, BitGo, Fidelity Digital Assets et Paxos en décembre 2025. Il a ensuite ouvert la porte à Crypto.com et à Bridge, la filiale crypto de Stripe, début 2026. Block, la société de Jack Dorsey derrière Square et Cash App, y a déposé à son tour un dossier pour Builders Bank & Trust. L’établissement ne prendrait ni dépôts ni crédits. Il se consacrerait à la conservation de bitcoins et au règlement en stablecoins, adossé aux 10,7 milliards de dollars de volume Bitcoin traités par le groupe en 2025.

Enfin, faute de loi dédiée aux actifs numériques, la FIU reste le seul guichet pour les plateformes qui visent les dizaines de millions d’Indiens détenteurs de cryptomonnaies. Ces derniers sont déjà pressurés par une fiscalité crypto parmi les plus dures au monde. Le document de consultation promis par le ministère des Finances n’a toujours pas été publié. Les notifications antiblanchiment font, en attendant, office de politique publique.

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