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NetApp acquiert JetStream Software

18 août 2026 à 14:05

NetApp a officialisé l’acquisition de JetStream Software, un éditeur spécialisé dans la reprise après sinistre (DR) et la migration d’environnements VMware.

Avec cette opération, le spécialiste du stockage entend renforcer son offre de cyber-résilience et de protection des données à l’ère de l’IA. L’enjeu est notamment d’étendre la couverture de NetApp au-delà de ses propres baies de stockage, en permettant de protéger des workloads VMware tournant sur « pratiquement n’importe quelle plateforme de stockage » et de les restaurer sur des services cloud NetApp, notamment Azure NetApp Files.

Les entreprises continuent de s’appuyer massivement sur VMware pour leurs applications critiques, tout en cherchant à migrer progressivement vers le cloud sans rupture opérationnelle ni explosion des coûts. Pour beaucoup d’entre elles, la reprise après sinistre constitue une première étape concrète avant une migration plus large des charges de production.

Une couche d’orchestration pour les environnements VMware

NetApp positionne donc JetStream comme un accélérateur de cette trajectoire : les entreprises peuvent commencer par déporter leur dispositif de reprise dans le cloud, puis faire évoluer progressivement une partie de leur production en fonction de leur stratégie et de leur maturité.

JetStream ne se limite pas à répliquer des volumes. Sa technologie orchestre également la reconstruction et le redémarrage ordonné des machines virtuelles sur un site de reprise.

La solution protège en continu les workloads VMware grâce à des filtres I/O installés au niveau de l’hôte, avant de répliquer les données vers un stockage objet, comme Azure Blob. Elle permet également de regrouper les machines virtuelles interdépendantes au sein de « domaines protégés » (protected domains), qui définissent à la fois le périmètre de reprise et les priorités de redémarrage.

Lorsqu’un incident survient, JetStream coordonne le basculement, le retour arrière et les tests de reprise en s’appuyant sur des runbooks. Ceux-ci permettent notamment d’ordonner le démarrage des machines virtuelles, d’ajuster les ressources CPU et mémoire, de modifier l’adressage IP et de tenir compte des dépendances entre applications.

La solution prend par ailleurs en charge la récupération à un point précis dans le temps. Cette fonction peut notamment être utilisée dans le cadre d’un incident de type ransomware, en permettant de reconstruire les applications dans un réseau isolé avant leur réintégration dans l’environnement de production.

JetStream en complément de SnapMirror

Dans l’architecture documentée par JetStream, le site de reprise peut s’appuyer sur Azure VMware Solution (AVS) ainsi que sur des datastores vSAN ou Azure NetApp Files. Les données répliquées peuvent, de leur côté, être stockées dans Azure Blob. Cette architecture dissocie ainsi le stockage utilisé pour la réplication des ressources de calcul nécessaires à la reprise.

NetApp précise que JetStream ne remplace pas SnapMirror, qui reste sa solution de réplication privilégiée pour les environnements reposant sur ses propres infrastructures de stockage.

Les deux technologies répondent à des périmètres différents. SnapMirror assure la réplication des données dans les environnements NetApp, tandis que JetStream étend la protection aux infrastructures VMware reposant également sur des systèmes de stockage tiers. Surtout, la technologie apporte une couche d’orchestration destinée à coordonner la remise en service des applications, au-delà de la simple réplication des données.

NetApp renforce son positionnement sur la cyber-résilience

JetStream Software est basée à San José, en Californie, et dispose également d’une filiale à Bangalore, en Inde. Selon  Axios, l’entreprise avait auparavant levé environ 13 millions $.

NetApp n’a pas communiqué le montant de l’acquisition. Le calendrier précis d’intégration de la technologie dans les offres NetApp n’a pas non plus été détaillé publiquement.

L’intérêt de l’opération réside surtout dans l’élargissement du périmètre couvert par NetApp. Jusqu’ici fortement associé au stockage, le groupe ajoute une couche d’orchestration permettant de gérer la reprise d’environnements VMware indépendamment de la plateforme de stockage sous-jacente. Cette approche rapproche NetApp des capacités proposées par les spécialistes de la reprise après sinistre, du DRaaS et de la protection applicative.

Les prochains mois permettront surtout de mesurer la manière dont NetApp compte intégrer JetStream à son portefeuille commercial. Les modalités de licensing, le éventuel bundling avec les offres existantes et le positionnement des futurs produits seront particulièrement observés.

La feuille de route concernant les clients actuels de JetStream constituera également un point d’attention, tout comme l’éventuelle extension de la technologie à d’autres hyperscalers au-delà d’Azure.

Enfin, l’articulation avec les récentes acquisitions et initiatives de NetApp dans le domaine des données et de l’IA permettra de déterminer si JetStream restera principalement une brique dédiée à la résilience des environnements VMware ou s’il deviendra progressivement un élément plus large de la stratégie de protection et de mobilité des workloads du groupe.

 

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NetApp mise sur DataPelago pour rester dans la course à l’infra IA

20 juillet 2026 à 15:55

NetApp s’offre DataPelago, une société spécialisée dans l’infrastructure de données pour l’IA.

La transaction, dont le montant n’est pas communiqué,  illustre l’évolution rapide d’un marché longtemps dominé par la logique de capacité et de performance. Désormais, il est structuré par l’impératif de rendre les données immédiatement exploitables par les modèles et les moteurs d’analyse.

C’est précisément sur ce terrain que NetApp veut se différencier, en transformant sa base installée dans le stockage en plateforme d’activation des données pour l’IA
DataPelago apporte à NetApp une brique pensée pour automatiser la découverte, la gouvernance et l’activation des données à la source, avec une couche d’intelligence accélérée par GPU.

Ce positionnement répond à une demande croissante des entreprises : limiter la multiplication des copies de données, réduire les temps de préparation et simplifier l’accès aux informations dans des environnements hybrides souvent fragmentés.

Les grands acteurs de l’infrastructure cherchent à capturer davantage de valeur au-delà du stockage pur. Les fournisseurs de cloud, les spécialistes de la donnée et les acteurs du calcul accéléré convergent tous vers le même territoire : celui de la pile technique qui rend l’IA industrialisable.

Pour NetApp, l’enjeu consiste à ne pas rester cantonné à un rôle de fournisseur d’espace ou de performance alors que les clients recherchent désormais des architectures capables d’orchestrer la donnée de bout en bout.

L’intégration de DataPelago doit précisément renforcer cette promesse : faire du stockage un point d’entrée vers l’exploitation IA, et non une simple couche d’archivage ou de transit.

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Agents IA : Bruxelles dégaine une mesure d’urgence contre Meta

10 juin 2026 à 12:54

Il aura suffi de quelques mois pour que Bruxelles dégaine son arme d’urgence.

Le 9 juin, la Commission européenne a ordonné à Meta de rouvrir l’accès à son API WhatsApp Business aux assistants IA concurrents. Et ce gratuitement, le temps que l’enquête en cours arrive à son terme. Une décision inédite qui place le marché naissant des agents IA au cœur des batailles réglementaires européennes.

Fait notable, la procédure s’appuie sur le droit antitrust classique, et non sur le Digital Markets Act. Une voie plus longue, mais que la Commission choisit délibérément ici pour son caractère d’urgence. Une première dans le secteur de l’IA.

Tout commence à l’automne dernier. Jusqu’en janvier 2026, Meta autorisait les assistants IA tiers à interagir avec les utilisateurs de WhatsApp, comme elle le fait pour d’autres entreprises telles que les agences de voyage en ligne ou les services clients.

ChatGPT, Perplexity, ou encore des acteurs plus modestes comme Luzia ou Poke.com pouvaient ainsi être sollicités directement depuis l’application. Mais en octobre 2024, Meta annonce qu’à partir du 15 janvier, seul son propre assistant, Meta AI, restera accessible sur la plateforme.

Trois sociétés déposent plainte (1). La Commission ouvre une enquête formelle en décembre, puis notifie des griefs à Meta début mars. Sous pression, il réouvre l’accès à ses rivaux mais contre rémunération. Une concession en trompe-l’œil.

Un verrou posé en octobre, une porte forcée en juin

Dans un discours au ton direct, Teresa Ribera, sa vice-présidente exécutive chargée de la concurrence, démonte d’abord la manœuvre de Meta.

Le tarif d’accès imposé aux concurrents est « si élevé qu’en pratique, il n’est pas économiquement soutenable pour eux.» L’accès reste donc  « en pratique bloqué pour tous les assistants IA, à l’exception, bien sûr, de l’assistant de Meta.»

La Commission reconnaît elle-même que les mesures provisoires sont un outil rare. La dernière fois qu’elle y avait eu recours remontait à 2019.

Mais Teresa Ribera assume pleinement le choix : « Lorsque le dommage peut survenir rapidement et qu’il existe un risque que des entreprises soient contraintes de quitter le marché, nous devons utiliser nos outils.»

La leçon des marchés numériques passés est dans toutes les têtes. « Le fait que les autorités de la concurrence n’aient pas agi suffisamment rapidement a peut-être conduit à ce que des acteurs dominants s’enracinent au point que les marchés ne soient plus ouverts à une véritable concurrence. » admet-elle.

L’injonction est d’une simplicité revendiquée. « Nous demandons simplement à Meta de revenir à ce qu’elle faisait elle-même jusqu’en janvier de cette année. Rien de plus.»

L’ordre court jusqu’à la conclusion de l’enquête, au plus tard en juin 2029. Meta dispose de cinq jours ouvrés pour s’y conformer.

6 700 startups IA en Europe

Derrière la bataille juridique, c’est une vision de l’écosystème technologique européen que défend Bruxelles.

Teresa Ribera affirme que l’Europe compte quelque 6 700 startups IA. « Les mesures provisoires s’adressent à toutes, y compris aux acteurs américains comme les deux plaignants californiens de ce dossier. Nos règles ne cherchent pas à être protectionnistes. Elles se soucient uniquement des intérêts des consommateurs européens et d’un terrain de jeu équitable.».

Meta n’entend pas en rester là. «  La Commission européenne a décidé qu’OpenAI et certaines des plus grandes entreprises du monde pourraient utiliser le produit payant WhatsApp Business gratuitement .» tonne un porte-parole. « C’est une ingérence réglementaire subventionnée par les nombreuses entreprises européennes qui, elles, paient. Nous ferons appel.»

Meta souligne par ailleurs que ses concurrents disposent d’autres canaux d’accès à l’IA comme les  App Stores, les systèmes d’exploitation, les sites web ou les partenariats industriels.

 

(1) The Interaction Company ( développeur américain de Poke.com), la startup française Agentik, et un concurrent espagnol

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