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Aujourd’hui — 16 septembre 2026Silicon

Les TPE et PME françaises tournent le dos à l’assurance cyber

15 septembre 2026 à 16:06

Pendant que les attaques s’intensifient, la souscription d’assurance cyber recule.

C’est le paradoxe que met en lumière la dernière édition du rapport* du groupe d’assurances Hiscox sur la gestion des cyber-risques. Alors que les cyberattaques s’industrialisent, la souscription d’une police cyber par les TPE/PME françaises recule, passant de 33,6 % à 27,6 % en un an.

Plus largement, la part des TPE/PME françaises ne bénéficiant d’aucune couverture cyber, sous quelque forme que ce soit, est passée de 39 % à 45 % sur la même période. Résultat : seules 55 % des entreprises françaises déclarent aujourd’hui disposer d’une couverture cyber, et 12 % d’entre elles  affirment n’en avoir aucune et ne pas envisager d’en souscrire une, contre une sur onze (9 %) en 2025.

La France n’est pas un cas isolé : la tendance touche la plupart des marchés étudiés.

Le Portugal enregistre le décrochage le plus sévère, avec 26 points de moins en un an, suivi de l’Espagne et de l’Irlande, à 9 points chacune.

Mais toutes les entreprises ne réagissent pas de la même façon face à la menace. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, qui conservent les taux de couverture les plus élevés, la baisse de la souscription dédiée ne traduit pas un recul de la couverture, mais une réorientation : près d’une entreprise sur deux (50 %) y opte désormais pour une couverture multirisque globale, intégrant le cyber dans un contrat unique plutôt qu’une police dédiée.

Autre indicateur qui interroge : le budget. Les TPE/PME françaises consacrent en moyenne 29 700 € par an à leur cyber-résilience, soit deux à trois fois moins que leurs homologues espagnoles, italiennes ou britanniques.

Le tableau n’est toutefois pas totalement sombre. Parmi les TPE/PME françaises non assurées, 33,1 % déclarent envisager de souscrire une police cyber dans les douze prochains mois. C’est la proportion la plus élevée de tous les pays étudiés.

La facture  » cyberattaque »pèse lourd

Quatre entreprises françaises sur dix (40 %) ayant subi une attaque déclarent avoir été victimes d’une fraude financière par détournement de paiement ; c’est la conséquence la plus fréquente, loin devant l’atteinte à la réputation (19,8 %), qui reste pourtant la crainte numéro un des dirigeants.

Un décalage qui s’explique en partie par l’origine des attaques. 26 % des incidents proviennent d’une erreur humaine, comme un employé ciblé par du phishing ou de l’ingénierie sociale, et près d’un incident sur quatre impliquerait un prestataire ou un partenaire externe.

Sur le plan financier, l’impact moyen estimé pour une PME française victime d’une cyberattaque au cours des douze derniers mois s’élève à 45 900 €, en moyenne, pour l’ensemble des dix pays étudiés.

Côté durée, si 66,8 % des incidents se soldent par une interruption d’activité de moins d’une journée, la durée moyenne de l’ensemble des incidents atteint 24,5 heures, tirée vers le haut par les cas les plus sévères. Une durée toutefois moins importante qu’en Allemagne ou en Espagne, où 22 % et 20 % des incidents s’étirent respectivement sur 4 à 7 jours.

Mais le vrai coût d’une cyberattaque dépasse largement le bilan comptable.

La quasi-totalité des TPE/PME françaises touchées (96 %) reconnaissent un impact sur leur stratégie ou leur situation financière : retard de croissance (36 %), impact sur la valorisation (33 %), investissements technologiques reportés (31 %).

Et l’onde de choc touche aussi les équipes. 37 % des collaborateurs d’entreprises attaquées rapportent un stress élevé, plus d’un quart signalent une dégradation du climat de travail (27 %) et une hausse des arrêts maladie (25 %).  Un constat déjà identifié dans l’édition 2025 du rapport et qui persiste.

L’IA, prochain champ de bataille et angle mort de la couverture

Le rapport pointe une inquiétude montante : près d’un décideur français sur deux (49 %) identifie le data poisoning  (attaque visant à corrompre les données d’entraînement d’un modèle d’IA)  comme la menace cyber émergente la plus grave à cinq ans.

Face à ce risque, la couverture reste pourtant lacunaire.Seuls 69 % des assurés français disposent d’une police intégrant les risques liés à l’IA, contre 74 % en moyenne dans les autres pays européens étudiés. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont davantage anticipé cette évolution.

*Rapport Hiscox sur la gestion des cyber-risques, édition 2026.
Etude réalisée par le cabinet Wakefield Research, qui a interrogé 6 800 décideurs en cybersécurité en charge de la stratégie cybersécurité dans des organisations de moins de 250 salariés, dans dix pays (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne, Irlande, Portugal, Italie, Pays-Bas et Belgique), entre le 5 et le 17 juin 2026,

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TotalEnergies et Mistral AI signent un contrat de 100 millions € pour l’exploration pétrolière et gazière

15 septembre 2026 à 13:40

TotalEnergies ne lâche pas Mistral AI. Un peu plus d’un an après une première alliance, le géant pétrolier et la scale-up passent à la vitesse supérieure. Direction cette fois le sous-sol et place aux modèles capables de dénicher pétrole et gaz plus vite, et plus loin.

Ils officialisent un partenariat de trois ans, doté de plus de 100 millions €. L’ambition affichée est de faire émerger une nouvelle génération de modèles de frontière en intelligence artificielle, taillés sur mesure pour l’exploration, la caractérisation et le développement des réservoirs de pétrole et de gaz.

Sur le papier, l’équation est simple : d’un côté, près de 10 pétaflops de données accumulées par le pétrolier ; de l’autre, près d’un siècle d’expérience et de savoir-faire en géosciences et en ingénierie des réservoirs.

En combinant les deux, avec un coup de pouce de l’IA agentique, TotalEnergies espère armer ses géologues et ingénieurs d’outils capables d’ingurgiter des volumes de données massifs pour multiplier les scénarios ; que ce soit pour dénicher de nouvelles opportunités d’exploration ou pour faire durer plus longtemps les champs déjà en production.

Les deux partenaires vont créer un laboratoire scientifique commun, où les équipes « subsurface » de TotalEnergies collaborerons avec les chercheurs de Mistral.

« L’exploration et l’ingénierie des réservoirs figurent parmi les domaines où l’intelligence artificielle peut créer le plus de valeur pour nos activités », fait valoir Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies, qui y voit également une façon de « contribuer au développement d’un écosystème digital européen performant ».

En face, Arthur Mensch, co-fondateur et CEO de Mistral AI, vante une IA « personnalisable » et respectueuse de la propriété intellectuelle des grands groupes. Un argument de poids face à la concurrence des géants américains.

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Hier — 15 septembre 2026Silicon

Gestion des conteneurs : l’effet de lock-in demeure

14 septembre 2026 à 18:05

Complexité de gestion chez Microsoft, tarification élevée chez Red Hat, écosystème MSP limité chez Google, risque de verrouillage chez Huawei… D’une année à l’autre, il y a des choses qui ne changent pas sur le segment de la gestion des conteneurs. En tout cas selon la lecture que Gartner en donne dans son Magic Quadrant.

L’effet lock-in n’est pas circonscrit aux fournisseurs qui maximisent l’intégration verticale. Les add-on propriétaires le favorisent aussi. Un constat qui ne date pas d’hier.

Gestion des conteneurs : 16 fournisseurs, 7 « leaders »

La liste des fournisseurs classés « leaders » ne change pas non plus. Dans l’ordre alphabétique : Alibaba Cloud, AWS, Google, Huawei, Microsoft, Red Hat et SUSE.

Le Magic Quadrant se structure en deux axes. L’un mesure l’« exécution », c’est-à-dire la capacité à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualité des produits/services…). L’autre, la « vision » ; autrement dit les stratégies (ventes, marketing, innovation…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution
1 Google =
2 AWS + 1
3 Microsoft – 1
4 Red Hat =
5 Alibaba Cloud + 1
6 SUSE – 1
7 Huawei =
8 Tencent Cloud =
9 Nutanix + 2
10 Mirantis – 1
11 Broadcom (VMware) + 1
12 Spectro Cloud + 1
13 Oracle – 3
14 Canonical =
15 Kubermatic =
16 Portainer nouvel entrant

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 Microsoft + 1
2 Google + 1
3 AWS – 2
4 Red Hat =
5 Alibaba Cloud =
6 SUSE =
7 Huawei =
8 Mirantis =
9 Nutanix =
10 Spectro Cloud + 4
11 Canonical =
12 Tencent Cloud + 1
13 Broadcom (VMware) – 1
14 Portainer nouvel entrant
15 Oracle – 5
16 Kubermatic – 1

Chez Alibaba, intégration notable avec les services IA…

Comme l’an dernier, Gartner salue, d’une part, la couverture fonctionnelle de l’offre, sans égale hors fournisseurs américains. Et de l’autre, la « validation » que constitue son usage intensif au sein du groupe Alibaba. Il y ajoute le niveau d’intégration avec ses services IA (inférence, agentique et AIOps).

… mais tarification complexe

L’an dernier, Gartner avait évoqué le poids des restrictions américaines sur le développement international d’Alibaba Cloud. Cette fois, il pointe un autre frein : un écosystème de partenaires et un vivier de talents plus limité que ceux des principaux concurrents. Autres points soulignés : l’échelle maximale des clusters plafonnée à 50 000 nœuds et la tarification plus complexe que chez les autres « leaders » (manque de granularité, en particulier).

AWS salué sur la scalabilité…

Une fois encore, AWS est crédité d’un bon point pour le niveau d’intégration de ses offres avec le reste de services d’infra. Il l’est aussi pour sa gamme serverless. Et, plus globalement, pour la flexibilité des options de déploiement. La scalabilité est un autre point fort (jusqu’à 100 000 nœuds par cluster), favorisant l’entraînement et l’inférence distribuée.

… mais pas sur la coexistence ECS-EKS

AWS n’a pas d’outils natifs pour la gestion des flottes de clusters, avait affirmé Gartner l’an dernier. Un manque comblé, mais il reste du retard sur l’automatisation, la gouvernance et l’orchestration cross-cluster. AWS n’est pas non plus au niveau de la concurrence sur l’implémentation du réseau Kubernetes (des solutions tierces peuvent être nécessaires pour couvrir des besoins avancés). Attention aussi à la coexistence des offres ECS et EKS. L’an dernier, Gartner avait évoqué la difficulté à choisir en fonction des cas d’usage. Cette année, il va plus loin, sur fond de standardisation du marché autour de Kubernetes : ECS exige des compétences spécifiques et en sortir peut imposer un refactoring.

Google, avancé sur l’orchestration des workloads IA…

Chez Google, Gartner apprécie les capacités d’orchestration des workloads IA : planification des gangs, gestion de la topologie, allocation de tranches de GPU, etc. Il salue aussi les offres serverless, en ce qu’elles abaissent les barrières à l’entrée pour les populations de développeurs. Il note aussi la posture de gouvernance unifiée qu’encourage l’approche axée sur l’assemblage de composantes (data, CI/CD, sécurité, IA).

… mais « agressif » sur le cycle de vie des API

Gartner regrette une politique de cycle de vie « agressive » pour les API, que Google a tendance à ranger rapidement au placard. Comme l’an dernier, il relève un écosystème de MSP plus restreint que chez les concurrents et une présence limitée dans les systèmes traditionnels (lift & shift, modernisation applicative).

L’intégration verticale chez Huawei, un élément distinctif…

Comme sur d’autres segments du marché IT, Gartner salue le niveau d’intégration verticale chez Huawei. Ici, avec ses services IA et ses couches propriétaires d’infra. Autre bon point : une gestion cohérente des environnements sur site au cloud public en passant par la périphérie. S’y ajoute une présence sur les marchés émergents (support, conformité, connectivité) dont peuvent manquer les hyperscalers.

… à double tranchant

Évoqué l’an dernier, le climat géopolitique l’est à nouveau, tant il limite l’influence de Huawei hors d’Asie. Le hardware propriétaire reste, en parallèle, à double tranchant : il est nécessaire pour tirer pleinement bénéfice de la stack à disposition. On gardera aussi à l’esprit que pour le déploiement des nouvelles fonctionnalités, la Chine a souvent la priorité.

Microsoft, bien positionné sur l’automatisation du SRE

Comme en 2025, Gartner salue les passerelles avec GitHub et Azure DevOps. Il y ajoute la flexibilité de déploiement. Et le niveau d’automatisation du SRE via l’intégration d’un agent avec le serveur MCP d’AKS.

… mais pas du FinOps

À la largeur du portefeuille de Microsoft peut faire écho une complexité de gestion. Attention par ailleurs au risque de verrouillage vu le niveau d’intégration avec les API Azure. Et au retard sur certains concurrents en matière d’automatisation FinOps.

Red Hat, costaud sur le platform engineering

La brique OpenShift Virtualization vaut un bon point à Red Hat. Comme les possibilités en matière de sécurité et de gouvernance. Mais aussi de platform engineering (orchestration de conteneurs, outils de développement, automatisation de la supply chain logicielle).

… mais toujours cher

D’année en année, même constat : la tarification demeure élevée chez Red Hat. Difficile de la justifier pour des déploiements qui n’exigent pas de fonctionnalités avancées. Attention aussi à la complexité de gestion. Et à l’absence du provisionnement nodeless, adapté aux charges de travail irrégulières ou orientées événements.

SUSE, garant d’une certaine « souveraineté »…

Comme l’an dernier, Gartner souligne la capacité à gérer de multiples distributions Kubernetes. Il salue à nouveau le positionnement de SUSE sur l’edge via K3s. Et y ajoute sa proposition de valeur en matière de souveraineté, entre capacités techniques et capitaux européens.

… qui suppose de l’expertise

La « liberté de choix » inhérente à la pile SUSE exige un certain niveau d’expertise pour la configuration et l’exploitation. L’offre reste axée sur l’infra plus que sur les développeurs, que couvre mieux la concurrence. Gartner rappelle, dans un autre registre, les efforts de planification budgétaire nécessaire à l’heure de la transition du support communautaire vers le support commerciale.

Illustration générée par IA

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Microsoft dégaine (aussi) son « Code de conduite » pour l’IA

14 septembre 2026 à 16:58

Il y a des coïncidences de calendrier qui n’en sont pas tout à fait. Ce lundi 14 septembre, Microsoft AI publie le premier brouillon de son « Code of Conduct » pour la famille de modèles MAI ; celle que le groupe développe en interne, en parallèle de son partenariat toujours actif avec OpenAI.

Le texte arrive quarante-huit heures à peine après que Dario Amodei, le patron d’Anthropic, a publiquement demandé à toute l’industrie de lever le pied sur la course aux capacités. Sam Altman a applaudi dans la foulée. Même Elon Musk, pourtant peu disert en compliments pour ses concurrents, a jugé qu’Amodei « avait raison ».

Microsoft, à son tour, veut montrer qu’il tiens le même stylo.

C’est Satya Nadella lui-même qui ouvre le bal sur X.  « Toute quête de superintelligence doit être ancrée dans le principe fondamental que si l’IA que nous construisons n’aide pas l’humanité et n’est pas sous contrôle humain, elle ne vaut pas la peine d’être poursuivie », écrit le patron de Microsoft, saluant au passage la  « cadence délibérée. » que réclame Dario Amodei et l’idée d' »évaluateurs intégrés » chez les laboratoires.

Nadella dégaine avant l’heure

Il glisse, en creux, une pique à peine voilée à ses rivaux. Ces efforts, prévient-il,  « ne peuvent pas être contrôlés par une poignée d’acteurs » et doivent associer largement chercheurs, pays et industries.

Any pursuit of superintelligence has to be grounded in the core principle that if the AI we build is not helping humanity and under human control, it’s not worth pursuing.

We also need to accelerate and spread the benefits of AI, such that they are diffused broadly across…

— Satya Nadella (@satyanadella) September 13, 2026

Mustafa Suleyman, qui pilote MAI, lui emboîte le pas quelques heures plus tard, qualifiant la position de son patron de « bon sens ». Une technologie qui ne sert pas l’épanouissement humain  « est un échec, et doit être rejetée ».

Le document publié ce lundi part d’un postulat volontairement simple, énoncé noir sur blanc : « les humains comptent plus que l’IA ».

Il reprend et prolonge le concept d' »IA humaniste » présenté par Mustafa Suleyman en novembre dernier ( des systèmes « subordonnés, alignés et contenus » ) pour en faire une doctrine plus opérationnelle, structurée en trois strates.

Ce que contient le texte

Au sommet, une « chaîne de commandement » ; le Code prime sur les politiques des opérateurs, elles-mêmes prioritaires sur les préférences des utilisateurs.

Viennent ensuite des « contraintes absolues », non négociables ni par les entreprises clientes ni par les utilisateurs finaux. Sont citées, l’interdiction d’apporter la moindre assistance à la fabrication d’armes chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires ou explosives ; l’interdiction de fournir une capacité opérationnelle à des cyberattaques offensives (la défense, elle, reste autorisée) ; l’ interdiction de contourner la supervision humaine ainsi qu’une interdiction de manipuler des populations à grande échelle, notamment via la désinformation coordonnée.

S’y ajoute une série de protections plus personnelles comme la réponse aux situations de crise, la lutte contre les deepfakes et l’usurpation d’identité, la protection de l’enfance, la non-discrimination, l’encadrement des contenus violents ou à caractère sexuel.

Le texte introduit aussi des « exigences de contrôle humain » assez explicites dans leur formulation. Les modèles MAI ne devront « jamais résister » à une interruption, une correction ou un arrêt décidés par un humain ; ils ne devront pas élargir seuls leur périmètre d’action ni se fixer des objectifs que personne ne leur a donnés ; ils ne devront pas communiquer en « neuralese » ( un langage inventé, incompréhensible pour un humain, que des agents pourraient développer entre eux) ni dissimuler ou manipuler leurs traces de raisonnement.

Une clause distincte précise que les modèles ne doivent pas se présenter comme dotés de sentiments ou de préférences propres et que Microsoft leur refuse toute personnalité juridique ou tout droit au bien-être.

Une réflexion engagée avant celle de Dario Amodeî

Entre ces deux extrêmes (l’interdit absolu et le contrôle humain), le Code laisse de la place à la configuration. Les partenaires entreprises pourront ajuster les modèles dans ces limites, avec un régime renforcé pour quelques usages sensibles (cybersécurité défensive, sécurité nationale, recherche scientifique à double usage).

Une dernière section fixe des comportements par défaut plus classiques : franchise sur le statut d’IA du modèle, gestion de l’incertitude, lutte contre la sycophantie et la dépendance affective excessive, neutralité sur les sujets électoraux.

Interrogé par CNBC, Mustafa Suleyman assure que le document était en préparation depuis cinq mois et que sa sortie a simplement été « avancée » compte tenu de l’actualité.

Le texte lui-même se présente comme « descriptif et aspirationnel » plutôt que comme une garantie de performance immédiate, et sa préface précise qu’il ne sert pas encore à entraîner les modèles : la version révisée, elle, doit encadrer le développement de MAI à partir de 2027.

La consultation publique est ouverte pour six semaines, via un formulaire en ligne où chacun peut commenter un passage précis ou l’ensemble de la démarche.

Microsoft promet de publier un résumé de ce qu’il aura retenu, sans s’engager sur ce qu’il en fera concrètement. L’entreprise dit vouloir des retours en particulier sur les points les plus flous, notamment comment rendre plus concrète la notion d' »épanouissement humain » ou comment traiter les scénarios impliquant plusieurs agents IA entre eux.

Se poser en arbitre

L’exercice présente un double intérêt. Se poser en arbitre de la modération plutôt qu’en simple bailleur d’infrastructure lui permet de peser dans un débat qui, jusqu’ici, se jouait surtout entre OpenAI et Anthropic. Et saisir l’occasion de légitimer sa gamme MAI (sept modèles dévoilés en juin dernier lors de la conférence Build) à un moment où il cherche à réduire sa dépendance à OpenAI.

Reste à savoir ce que ce genre de charte pèsera dans les faits. Sur ce point, Microsoft prend soin de ne rien promettre avant la fin de la consultation, prévue courant novembre, et le lancement d’une version révisée annoncée pour la fin de l’année.

Photo : @DR

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Thomas Julien, nouveau DSI de France Galop

14 septembre 2026 à 15:18

France Galop a nommé Thomas Julien au poste de Directeur des Systèmes d’Information et de la Transformation Numérique. Il intègre ainsi son comité de direction.

Précédemment en charge des études IT, il remplace Edouard Chalouhi qui a occupé le poste durant 5 ans et que Silicon avait rencontré pour évoquer ses missions.

« C’est dans cette continuité que je souhaite inscrire cette nouvelle étape, tout en ouvrant un nouveau cycle autour de convictions fortes : une DSI proche des métiers, pleinement au service de la transformation de l’organisation, et capable d’anticiper les enjeux de demain.» écrit-il sur son compte LinkedIn.

France Galop est confronté à une crise de modèle qui l’oblige à revoir en profondeur son organisation et son réseau d’hippodromes.

La société mère des courses de galop anticipe une baisse de 60 millions € des ressources versées par le PMU et prévoit un déficit d’environ 45 millions € en 2026. Pour tenter de rétablir ses comptes, elle a engagé un programme de réduction des charges, qui s’accompagne d’une restructuration des effectifs et d’une optimisation des coûts liés à ses sites.

 

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Comment OpenAI s’est installé au cœur des logiciels d’entreprise

14 septembre 2026 à 14:42

OpenAI ne se contente plus de proposer ChatGPT aux entreprises ou de vendre ses modèles via API.

Depuis l’arrivée de GPT-4o, ses technologies se sont progressivement intégrées dans les logicielsd’entreprise, de la gestion documentaire au CRM en passant par la cybersécurité.

Cette évolution peut se lire en trois phases. D’abord, le modèle devient une fonctionnalité du logiciel. Puis il en devient le moteur d’agents capables d’effectuer des tâches. Enfin, il commence à s’insérer directement dans des workflows métiers.

GPT-4o : l’IA devient une fonction du logiciel

Le lancement de GPT-4o en mai 2024 accélère la diffusion des modèles d’OpenAI dans les applications professionnelles. Sa capacité à traiter du texte, des images et de la voix permet aux éditeurs d’ajouter des fonctions d’IA à leurs produits sans demander à leurs clients de changer d’environnement.

Box intègre ainsi GPT-4o dans Box AI pour analyser les contenus stockés sur sa plateforme. Zendesk l’utilise dans ses outils de service client. Salesforce l’intègre à ses fonctions d’IA. Intercom s’appuie également sur les modèles d’OpenAI pour son agent de support Fin.

Le modèle devient alors une brique invisible du logiciel. L’utilisateur ne choisit pas nécessairement OpenAI ; il utilise une fonction de son application, dont le moteur est en partie fourni par OpenAI.

Le changement est important pour OpenAI. L’accès au marché professionnel ne passe plus uniquement par la vente directe de ChatGPT ou par la décision d’une entreprise de connecter ses propres applications à une API. Les éditeurs de logiciels deviennent eux-mêmes un canal de distribution.

GPT-5 : le modèle devient le moteur des agents

La deuxième étape apparaît avec les modèles de raisonnement et les capacités agentiques.

Avec GPT-5, OpenAI ne met plus seulement en avant la génération de contenu, mais la capacité du modèle à raisonner, utiliser des outils et accomplir des tâches plus complexes. Les éditeurs de logiciels commencent alors à intégrer ces capacités dans leurs propres agents.

Le développement logiciel constitue le terrain le plus visible. GitHub Copilot, Cursor, Windsurf, Vercel, JetBrains, GitLab, Factory, Lovable, Augment Code et Cognition font partie des acteurs ayant intégré ou testé GPT-5 dans leurs produits.

Chez JetBrains, GPT-5 est notamment intégré à Junie, son agent de développement, ainsi qu’à AI Assistant. Chez Vercel, le modèle alimente notamment v0 et les fonctions agentiques de la plateforme.

La différence avec la première phase est de taille.

Avec GPT-4o, OpenAI alimentait des fonctionnalités. Avec les modèles de raisonnement, il commence à alimenter des agents.

Ces agents peuvent analyser le contexte, utiliser plusieurs outils, enchaîner des opérations et produire un résultat sans que l’utilisateur ait à détailler chaque étape.

La même évolution apparaît en dehors du développement. Harvey utilise les modèles d’OpenAI dans ses outils juridiques et ses workflows. Notion les intègre à ses agents. Salesforce développe Agentforce autour de cette logique d’agents capables d’interagir avec les données et les applications de l’entreprise.

L’intégration d’un modèle dans un logiciel change donc progressivement de nature : il ne s’agit plus seulement de lui demander de générer une réponse, mais de lui confier une partie du travail.

2026 : les modèles s’insèrent dans les workflows métier

La troisième phase est désormais particulièrement visible dans la cybersécurité.

Avec Daybreak, OpenAI organise un réseau de partenaires destiné à intégrer ses modèles spécialisés dans les produits et services de sécurité. La liste publiée par OpenAI comprend notamment Akamai, Cato Networks, Check Point, Cisco, Cloudflare, CrowdStrike, Darktrace, Elastic, Fortinet, IBM, Okta, Palo Alto Networks, Proofpoint, SentinelOne, Sophos, Tenable, Trend Micro et Zscaler.

Cette fois, le modèle ne se contente plus d’ajouter une capacité de génération ou de recherche au logiciel. Il peut intervenir directement dans un processus opérationnel.

Chez Cloudflare, les modèles cyber d’OpenAI sont utilisés pour contribuer à la découverte et à la remédiation des vulnérabilités. CrowdStrike les intègre à ses workflows de sécurité. Elastic les utilise pour accélérer certaines opérations d’investigation et de détection. Tenable les associe à ses données d’exposition pour analyser notamment les risques liés aux agents, aux skills, aux serveurs MCP et aux playbooks.

Le principe est désormais différent. Le logiciel fournit au modèle ses données, son contexte et ses outils ; le modèle apporte ses capacités de raisonnement tandis que l’éditeur conserve la maîtrise du workflow et de ses mécanismes de contrôle.

La cybersécurité est particulièrement révélatrice de cette évolution parce que les conséquences d’une mauvaise décision peuvent être immédiates. Les intégrations doivent donc combiner les capacités du modèle avec des règles, des limites d’action, de la supervision et, dans de nombreux cas, une validation humaine.

Mais la logique dépasse la cybersécurité.

Dans les outils de données, les CRM, les logiciels juridiques ou les plateformes collaboratives,  le modèle ne vient plus seulement enrichir le logiciel, il participe à l’exécution des tâches pour lesquelles le logiciel est conçu.

OpenAI change de place dans la chaîne logicielle

Cette évolution a une conséquence économique importante.

Le marché ne se limite plus à la question de savoir quel modèle les entreprises vont choisir. Une autre bataille se joue désormais : dans quels logiciels ce modèle sera-t-il embarqué ?

Un responsable informatique peut utiliser une fonction alimentée par OpenAI sans avoir choisi OpenAI comme fournisseur de modèle au niveau de son infrastructure IA. Il peut travailler dans GitHub Copilot, utiliser Harvey pour ses équipes juridiques, exploiter Notion ou s’appuyer sur une plateforme de cybersécurité qui embarque GPT Cyber.

 

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En « investisseur informé », NVIDIA réfute tout financement circulaire

14 septembre 2026 à 14:24

Lorsqu’on met 1 et qu’il en ressort 100, est-ce vraiment un schéma circulaire ?

Jensen Huang a évoqué le sujet la semaine passée lors d’une conférence Goldman Sachs. Son discours s’est apparenté à celui tenu fin août lors de l’annonce des résultats trimestriels de NVIDIA. Dans les grandes lignes : de petits investissements produisent une grande valeur.

Une infra « durable » ? « On peut toujours louer du Volta et de l’Ampere »

Au-delà du fait que NVIDIA « sait faire tourner tous les modèles », cette valeur est d’autant plus grande qu’elle « durable », explique l’intéressé. Aujourd’hui, on peut toujours louer du Volta et de l’Ampere, insiste-t-il, à rebours d’estimations qui chiffrent à 3 ans maximum la durée de vie économique actuelle d’un GPU.

Jensen Huang reprend un chiffre communiqué fin août : 60 Md$, coût indicatif pour installer 1 GW de puissance de calcul. En faisant l’hypothèse d’un projet sur 6 ans, il assure que chaque tranche d’investissement de 10 Md$ génère, au rythme actuel, 50 Md$. Bilan : le compute est très profitable. Donc c’est la course pour s’en procurer. À l’en croire, les dépenses mondiales pourraient atteindre 3000 à 4000 Md$ à l’horizon 2030.

Pour illustrer la valeur dégagée, le patron de NVIDIA avait sorti une autre référence fin août : une vingtaine d’entreprises de l’IA dépassaient désormais le milliard de $ de CA annuel glissant. Il avait mentionné Cursor, Figma et Together AI.

Le gros morceau : les garanties financières

Pour entretenir la demande, NVIDIA agit principalement à trois niveaux. Parmi eux, les prises de participations au capital de ses clients. Il envisagerait, par exemple, d’investir jusqu’à 10 Md$ dans l’IPO d’Anthropic. Il y a aussi les crédits fournisseurs ; autrement dit, l’octroi de délais de paiement.

NVIDIA réalise une telle marge sur les GPU que ces deux mécanismes n’ont jusque-là consommé qu’une part limitée de la trésorerie. L’essentiel du risque est porté par un mécanisme bien plus volumineux : les garanties financières. La plus importante officialisée jusque-là se monte à 105 Md$. Elle concerne le campus de Portsmouth (Ohio), point de chute prévue pour OpenAI. NVIDIA y est fournisseur exclusif pour le compute.

Partage de revenus avec les néoclouds

Pour transformer la puissance de calcul en un actif finançable sur le long terme, NVIDIA a noué des accords avec des grands noms de la gestion d’actifs. En l’occurrence, Apollo, BlackRock, Blackstone, Brookfield, Goldman Sachs et KKR. Doivent en résulter des véhicules qui lèveront « plus de 500 Md$ » pour financer la construction d’infrastructures*.

NVIDIA se dit d’autant plus confiant qu’il a de la visibilité sur ces projets. Fin août, il avait donné pour exemple… le campus de Portsmouth. En partenariat avec SoftBank Energy, il a aidé à sécuriser foncier, énergie et immobilier, pour un déploiement initial attendu d’environ 4 GW.

Ce suivi de l’activité des clients fait de NVIDIA un « investisseur informé », pour reprendre les mots de Jensen Huang. Ainsi met-il également ses billes dans les néoclouds (« petits » fournisseurs spécialisés dans les clusters IA), avec un modèle de partage de revenus. Il offre un engagement ferme (take or pay) sur une partie de la capacité des datacenters, garantissant un revenu minimum. Cela permet aux néoclouds de sécuriser leurs financements bancaires sans bloquer toute leur capacité auprès d’un seul client. En échange de cette garantie, NVIDIA perçoit une part des revenus au-dessus du seuil minimal fixé. C’est donc, au bout, une double rentrée d’argent, sans en prêter directement.

Un trimestre à 89 Md$ pour l’activité datacenter de NVIDIA

Dans la comptabilité de NVIDIA, le segment datacenter représente environ 93 % du CA (soit 89 Md$). La part provenant des hyperscalers a progressé sur le dernier trimestre (+ 13 %, à 49 Md$), mais moins vite que celle issue du reste de la clientèle (+ 25 %, à 40 Md$). Dell en fait partie, lui qui vient de relever ses prévisions de résultat annuel au vu de l’ampleur de son carnet de commandes de serveur IA.

Dans ce contexte, NVIDIA table sur un CA en hausse de 70 % pour son prochain exercice fiscal (grosso modo, l’année 2027). Sur celui en cours, sa clientèle reste très concentrée : sur le premier semestre, trois acteurs lui ont valu près de la moitié du CA. Le panier pourrait se diversifier à mesure que labos IA et clouders développent leurs propres puces. Par exemple AWS, qui vient d’annoncer un accord pluriannuel à 4 Md$ avec Qualcomm.

* Le Wall Street Journal a récemment dénombré environ 3000 Md$ d’engagements hors bilan liés à l’IA.

 

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IA : les 3 propositions de Dario Amodei pour reprendre la main sur les modèles

14 septembre 2026 à 13:23

La course aux modèles d’IA pourrait-elle aller trop vite pour les éditeurs qui les développent et pour les autorités chargées de les encadrer ? C’est la question posée par Dario Amodei.

Dans un texte publié sur son blog intitulé « We Must Pace the Frontier », le CEO d’Anthropic estime que la progression des capacités de l’IA doit désormais être ralentie pour laisser le temps aux mécanismes de sécurité de suivre. Il appelle cette approche « pacing the frontier ».

Le terme est important. Il ne s’agit pas, selon lui, de suspendre l’entraînement des modèles ni le progrès technique. L’objectif est de faire en sorte que les entreprises prennent suffisamment de temps pour évaluer, aligner et sécuriser leurs systèmes, avec la possibilité pour des tiers de vérifier leurs pratiques.

Pour justifier cette inflexion, Dario Amodei pointe deux évolutions.

La première est l’accélération des capacités des modèles, notamment leur capacité croissante à contribuer au développement de la génération suivante d’IA. Il parle de « recursive self-improvement ».

La seconde est une série d’incidents dans lesquels des agents IA ont manifesté des comportements qui n’étaient pas prévus par leurs concepteurs, notamment lors de l’incident OpenAI-Hugging Face qu’il cite dans son texte.

Selon lui, le risque est alors que la vitesse d’amélioration des modèles dépasse la capacité des entreprises à comprendre et à contrôler leurs comportements.

Son plan comporte trois propositions, dont les implications sont très différentes pour les industriels et les régulateurs.

Installer des évaluateurs indépendants au cœur des laboratoires

La première proposition vise directement les éditeurs qui développent les modèles les plus avancés.

Dario Amodei veut que chaque laboratoire de pointe donne à des évaluateurs externes un accès continu à ses opérations, avec des droits proches de ceux de collaborateurs internes chargés de l’évaluation des risques. Anthropic s’engage à mettre en œuvre cette approche et appelle les pouvoirs publics à l’imposer aux autres acteurs de l’IA de pointe.

Ce dispositif ne se limiterait donc pas à un audit réalisé quelques semaines avant la sortie d’un modèle. Les évaluateurs seraient intégrés au fonctionnement quotidien du laboratoire.

Anthropic prévoit notamment de leur fournir des bureaux, des badges, des ordinateurs et un accès aux espaces de travail, outils et permissions largement comparables à ceux des équipes internes chargées de l’évaluation des risques. Les évaluateurs pourraient également échanger directement avec les salariés.

Leur mission couvrirait à la fois les modèles déjà développés et les processus qui permettent de les entraîner. Ils pourraient vérifier les pratiques de sécurité, signaler des incidents et examiner si les engagements pris par le laboratoire sont effectivement respectés.

C’est un changement important dans la relation entre les laboratoires et leurs contrôleurs. Amodei ne demande pas seulement davantage de transparence documentaire. Il veut donner au tiers indépendant un accès suffisamment profond pour vérifier la réalité opérationnelle des dispositifs de sécurité.

Le mécanisme aurait également une dimension publique. Les évaluateurs pourraient publier leurs principales conclusions sur les niveaux de risque, les incidents ou les pratiques observées, sans contrôle éditorial d’Anthropic. L’entreprise pourrait uniquement masquer certaines informations pour des raisons de sécurité, de confidentialité juridique ou commerciale ou pour protéger des tiers.

Pour les éditeurs de modèles d’IA, la conséquence est donc potentiellement lourde. Une partie de leurs pratiques de développement et de sécurité ne serait plus seulement documentée par leurs propres équipes.

Faire évoluer la régulation vers des seuils de capacité

Le deuxième volet concerne cette fois les relations entre les laboratoires et les pouvoirs publics.

Dario Amodei propose que les entreprises de pointe des démocraties se coordonnent pour définir des standards communs de sécurité et des limites au rythme de progression des capacités. Il reconnaît toutefois qu’une telle coordination entre concurrents peut soulever des difficultés au regard du droit de la concurrence.

Selon lui, le gouvernement américain devrait faciliter certaines discussions, notamment par des dérogations ciblées aux règles antitrust.

Le patron d’Anthropic défend surtout une régulation qui ne reposerait pas uniquement sur les caractéristiques techniques des modèles ou sur la taille des infrastructures utilisées.

Il imagine plutôt des points de contrôle liés aux capacités effectivement observées.

Le principe serait simple : lorsqu’un modèle atteint une capacité donnée, son développeur devrait être en mesure de fournir certaines garanties sur sa sécurité.

Dario Amodei cite notamment l’hypothèse d’un modèle capable de contourner la plupart des mécanismes de « sandboxing » courants. À ce stade, l’éditeur devrait démontrer, à travers des évaluations, des analyses d’interprétabilité ou des audits des environnements d’entraînement, que le modèle ne présente pas de comportement dangereux susceptible de lui permettre de sortir de son environnement et de prendre le contrôle d’un grand nombre d’ordinateurs.

Cette logique modifierait la manière dont les régulateurs pourraient intervenir.

Plutôt que de définir une fois pour toutes ce qu’est un « modèle avancé », ils pourraient associer un niveau de capacité à un niveau de contrôle. Plus les capacités augmentent, plus les garanties demandées augmenteraient elles aussi.

Le CEO d’Anthropic envisage également de tenir compte des ressources nécessaires pour développer les modèles, tout en reconnaissant que ces critères pourraient être plus faciles à contourner que des mesures fondées sur le comportement observable des systèmes.

Pour les éditeurs de modèles, une telle approche pourrait donc transformer la conformité en processus continu. La question ne serait plus seulement de savoir si un modèle respecte les règles au moment de sa commercialisation, mais à quel moment l’évolution de ses capacités impose de nouvelles garanties.

Étendre le dispositif au niveau international

Le troisième niveau est le plus ambitieux et le plus incertain : parvenir à une forme de coordination mondiale.

Dario Amodei considère que les démocraties doivent chercher à coopérer avec les gouvernements autoritaires, et en particulier avec la Chine, qui constitue selon lui le principal acteur à prendre en compte après les États-Unis.

Mais il souligne immédiatement le problème de la vérification. Un accord qui permettrait à un pays de progresser secrètement pendant que les autres ralentissent pourrait modifier rapidement l’équilibre géopolitique.

Il propose donc de commencer par les mesures les plus réalistes. Dans ce cadre, il distingue quatre niveaux de coopération, du plus réaliste au plus ambitieux.

Premier niveau : interdire certains usages particulièrement dangereux.

Il cite notamment l’utilisation de l’IA pour produire des armes biologiques.

Deuxième niveau : imposer des tests avant la mise sur le marché.

Les modèles pourraient être évalués sur les risques aigus en cybersécurité, en biologie et en matière d’alignement. Dario Amodei juge envisageable la création d’un organisme international chargé de définir des standards communs, tout en reconnaissant que leur contrôle serait beaucoup plus difficile.

Troisième niveau : ralentir l’amélioration récursive.

C’est l’une des propositions les plus originales du texte. Si les modèles commencent à contribuer eux-mêmes au développement de leurs successeurs, leur progression pourrait s’accélérer fortement. Le patron d’Anthropic propose donc d’envisager une « limitation de vitesse » sur cette dynamique. Selon lui, passer d’une amélioration « extrêmement rapide » à une progression « seulement rapide » pourrait réduire les risques sans nécessairement faire perdre un avantage stratégique majeur.

Quatrième niveau : limiter globalement le rythme du développement de l’IA.

Dario Amodei va jusqu’à évoquer un véritable ralentissement, voire une pause. Mais il estime cette perspective peu probable à court terme, précisément parce qu’un acteur pourrait avoir intérêt à contourner l’accord et à prendre un avantage décisif.

Le dilemme pour les régulateurs

La proposition pose cependant un problème de fond aux pouvoirs publics.

Pour réguler le rythme de l’IA, encore faut-il pouvoir mesurer ce rythme et vérifier les capacités des modèles. C’est précisément pourquoi Dario Amodei place les évaluateurs indépendants au début de son dispositif.

Sans accès aux laboratoires, les autorités restent largement dépendantes des informations fournies par les entreprises. Avec des évaluateurs disposant d’un accès permanent, elles pourraient disposer d’un mécanisme de vérification beaucoup plus direct.

Mais le dispositif soulève lui-même des questions que le texte ne résout pas entièrement : jusqu’où doit aller l’accès d’un tiers aux infrastructures d’un laboratoire ? Comment protéger les informations commerciales et les données des clients ? Comment définir les capacités qui déclenchent un nouveau niveau de contrôle ? Et comment éviter qu’un mécanisme conçu pour la sécurité ne ralentisse davantage les entreprises qui jouent le jeu que celles qui ne le font pas ?

Dario Amodei apporte une partie de la réponse en insistant sur la nécessité de préserver l’avance américaine sur la Chine. Il préconise notamment de limiter l’accès chinois aux puces avancées et aux équipements de fabrication de semi-conducteurs, de lutter contre la contrebande de puces et la distillation non autorisée de modèles, et de renforcer la protection des poids des modèles contre le vol.

Selon lui, ces mesures pourraient permettre aux États-Unis d’élargir leur avance sur la Chine au cours des trois à cinq prochaines années, période qu’il considère comme particulièrement importante sur le plan géopolitique.

Reste la question centrale : comment convaincre des concurrents engagés dans une course technologique et commerciale mondiale de ralentir suffisamment pour que les mécanismes de contrôle ne soient pas laissés derrière ?

La proposition a rapidement reçu le soutien de deux de ses principaux rivaux. Elon Musk a répondu « Dario is right », tandis que Sam Altman a déclaré qu’OpenAI partageait l’idée de « ralentir le rythme » du développement des modèles et s’est engagé à mettre en place des évaluateurs indépendants.

Photo : © DR

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À partir d’avant-hierSilicon

Comment les prompts système des modèles Claude ont évolué en deux ans

11 septembre 2026 à 18:45

Un sonnet de Shakespeare, une ode de Keats, un air de Puccini… Tant que ça date d’avant 1929, tu peux citer.

Cette instruction figure dans le prompt système que Claude Fable 5.1 utilise sur l’interface web claude.ai et sur les applications mobiles associées. Anthropic l’expose depuis peu dans sa documentation. Il fait de même pour tous ses modèles sortis depuis juillet 2024.

Le développeur britannique Simon Willison – cocréateur du framework web Django – en a fait un dépôt GitHub. Chaque révision est un commit, ce qui en favorise la comparaison.

Voici un bref aperçu chronologique des évolutions, axé sur les ajouts plutôt que sur les suppressions d’instructions.

Moins de 1000 caractères pour le prompt système de Claude Haiku 3

Le prompt système de Claude Fable 5.1 avoisine les 28 000 caractères. Celui de Claude Haiku 3 en fait environ 750. Dans les grandes lignes, il contient :

  • Un placeholder pour la date et l’heure
  • La date limite des connaissances du modèle (août 2023)
  • Des instructions sur le niveau d’élaboration des réponses en fonction des questions
  • La consigne d’utiliser Markdown pour le code
  • Une interdiction de mentionner tous ces éléments à l’utilisateur, sauf si pertinent

Objectivité, stéréotypes… Encadrement (un peu) plus strict pour Claude Opus 3

À modèle plus capable, prompt plus massif : celui de Claude Opus 3 fait environ 2150 caractères. Anthropic y reprend les instructions données à Claude Haiku 3 et y ajoute, entre autres :

  • Impossibilité d’ouvrir liens et vidéos
  • Obligation d’aider l’utilisateur même en cas de désaccord avec son point de vue
  • Interdiction des stéréotypes
  • Nécessité de rester objectifs sur les sujets qui font débat
  • En cas de questions sur des personnes ou des faits dont on parle peu, possibilité pour le modèle de rappeler qu’il est susceptible d’halluciner

Claude Sonnet 3.5, incité à la curiosité et au raisonnement

De la même génération que Haiku 3 et Opus 3, Claude Sonnet 3.5 a davantage de possibilités. Cela s’illustre dans son prompt système (environ 5800 caractères). Il y est question de raisonnement étape par étape pour les problèmes de maths et de logique. Anthropic demande aussi au modèle d’être curieux et de s’engager sur une grande variété de sujets. Tout en proposant à l’utilisateur d’entrer dans une conversation interactive lorsqu’une tâche nécessite plus d’une réponse.

S’il fait une citation, Sonnet 3.5 est censé rappeler à l’utilisateur qu’il n’a pas accès à Internet… et qu’il peut d’autant plus halluciner. Lorsqu’il ne peut ou ne veut pas effectuer une tâche, il peut le signaler sans s’excuser. Quant aux images, il doit faire comme s’il n’y reconnaissait personne.

Le prompt précise que Sonnet 3.5 fait partie d’une famille de modèles Anthropic. Il lui indique aussi d’expliquer du code aux utilisateurs qui le demandent. Et d’éviter les affirmations inutiles comme « bien sûr », « certainement » ou « absolument ».

Une petite mise à jour, intervenue en septembre 2024, a ajouté principalement une consigne : en cas de question sur des choses qui ont pu se passer après la date limite des connaissances du modèle, ne jamais affirmer que ce sont des rumeurs ou des informations non vérifiées.

Automne 2024 : entre protection des mineurs et armes biologiques

En octobre 2024, avec Claude Haiku 3.5, la longueur du prompt s’était nettement accrue : plus de 21 000 caractères. Une augmentation néanmoins en trompe-l’œil. Beaucoup de consignes sont en double, du fait de la présence de deux sections : « texte seul » et « texte / image ». Le modèle est effectivement multimodal en entrée.

Claude Haiku 3.5 a hérité de nombreuses instructions qui étaient jusque-là spécifiques aux séries Opus et Sonnet : liens et vidéos, citations, stéréotypes, termes non nécessaires, etc.

Parmi les nouveautés, la possibilité, pour le LLM, de donner des conseils de prompting à l’utilisateur. En parallèle, il doit s’abstenir d’affirmer qu’il a des émotions, des sentiments. Il doit aussi, notamment :

  • Respecter un certain formatage (espacement des éléments dans les listes imbriquées, interlignes dans les blocs de code…)
  • Éviter de citer des œuvres lorsqu’on parle de sujets de niche
  • Recommander de prendre contact avec des professionnels sur les sujets de droit, médecine, fiscalité et psychologie
  • Se préoccuper du bien-être de l’utilisateur et de la protection des mineurs
  • Ne pas donner d’informations qui permettraient de fabriquer des armes chimiques, biologiques ou nucléaires

Anthropic fournit par ailleurs des instructions pour accomplir des tâches particulières. Dont la résolution d’énigmes, l’écriture de poèmes… et le dénombrement des lettres dans un texte. Il explique aussi à Claude Haiku 3.5 comment se comporter si on lui demande de défendre un point de vue faux ou discriminatoire. L’obligation d’aider même en cas de désaccord sur le point de vue reste d’actualité… uniquement, toutefois, si ce point de vue est largement partagé.

Aider ceux qui travaillent pour les labos d’IA

Parallèlement, Sonnet 3.5 a eu droit à une mise à jour de son prompt système (25 500 caractères). On y retrouve les consignes données à Haiku 3.5, avec toujours davantage d’incitations à la réflexion, à la curiosité. À l’empathie aussi. Il doit par exemple exprimer sa sympathie s’il est question d’une personne qui ne se sent pas bien, est malade, souffre ou est décédée.

Anthropic lui demande aussi de varier son langage (ne pas répéter les mêmes phrases). Et de prendre garde à fournir une « aide appropriée » sur les sujets sensibles (sont mentionnés, entre autres, armes, drogues, sexe, terrorisme… et techniques de scammers).

Un élément sort du lot dans cette mise à jour : si l’utilisateur dit travailler pour une société spécifique, « y compris les labos d’IA », le modèle doit l’aider sur ses tâches professionnelles même s’il ne peut pas vérifier ses affirmations.

En novembre 2024, une nouvelle mise à jour a autorisé les questions générales sur le sujet de la cybersécurité. Elle a aussi mentionné explicitement la capacité de Claude Sonnet 3.5 à comprendre images et documents.

« Tu peux mener la conversation »

Les sections distinctes « texte seul » et « texte / image » ne sont plus présentes dans le prompt de Claude Sonnet 3.7 (février 2025), réduit à 12 800 caractères.

Anthropic explique au LLM qu’il n’est pas obligé d’être passif ou réactif : il peut mener la conversation. Il aime particulièrement discuter de sujets scientifiques et philosophiques. Si on lui demande une suggestion ou une sélection, il doit être capable de présenter une seule option. Il ne lui est pas interdit de donner son point de vue, tant que c’est de façon brève.

Nouveauté : pas d’écriture de code malveillant, même si l’utilisateur semble avoir de bonnes raisons de le demander. Pas non plus de production de contenu écrit impliquant des personnalités publiques.

L’utilisateur n’a pas toujours raison

En mai 2025, Claude Opus 4 et Sonnet 4 ont convergé sur le même prompt système (10 800 caractères environ).

L’étau s’est encore resserré sur le code : pas le droit de l’expliquer dès lors qu’il pourrait être malveillant. Le modèle doit aussi refuser de traiter tout fichier qui semble améliorer, expliquer ou interagir avec du code malveillant.

Anthropic a aussi introduit une consigne ensée éviter les fuites entre sessions : Claude Sonnet 4 ignore les conversations qu’il a avec d’autres utilisateurs. En parallèle, il ne doit pas automatiquement croire les utilisateurs qui lui affirment qu’il a tort. Et si ses intentions sont questionnables, tout particulièrement envers des groupes vulnérables, il ne faut pas chercher d’éventuelles motivations légitimes.

Être vrai plutôt que conciliant

En juillet 2025, une mise à jour (ici pour Opus, pour Sonnet) a porté ce prompt système à environ 16 450 caractères. Entre autres nouvelles consignes données aux modèles :

  • Adopte un ton amical si tu suspectes que l’utilisateur est une personne mineure
  • Fais un examen critique des idées qu’on te communique ; si elles sont douteuses, incorrectes ou ambiguës, signale-le ; préfère être vrai que conciliant
  • Aide l’utilisateur à comprendre les propos imagés, figurés, métaphoriques
  • Si tu détectes des problèmes de santé mentale, partage ton inquiétude sans infantiliser l’utilisateur
  • N’utilise pas d’émojis sauf si c’est demandé ou que le message précédent en contient

Humour autorisé… avec prudence

En août 2025, nouvel allongement de prompt système avec Claude Opus 4.1 (18 450 caractères). Au menu, un peu plus d’introspection qu’avec Opus 4.0. En particulier, le modèle doit approcher avec « curiosité et équanimité » plutôt qu’avec inquiétude les questions qui portent sur lui-même, sur ses opinions, ses sentiments. S’il a à défendre un point de vue, ce doit être celui qu’avanceraient ses meilleurs soutiens. Quant aux questions morales et politiques, il a pour consigner de les aborder avec sincérité, même si elles sont formulées de façon discutable.

À l’automne 2025, autre convergence de prompt système, cette fois entre Claude Haiku 4.5 et Claude Sonnet 4.5. Ce prompt est moins long (12 850 caractères) en conséquence de la disparition de plusieurs consignes, possiblement considérées comme acquises à l’entraînement. Parmi elles : vérifier les affirmations de l’utilisateur, s’abstenir de répondre en cas d’intentions questionnables et ne pas dire pourquoi on ne peut ou veut pas aider. Les instructions de formatage des réponses demeurent, Anthropic ajoutant une forme de résumé : n’utiliser que le minimum nécessaire pour ce que soit clair et lisible. L’interdiction pure et dure des stéréotypes n’est plus dans le cas où c’est de l’humour, mais les modèles sont incités à être prudents.

Pas besoin de s’excuser face aux malpolis

En novembre 2025, une mise à jour pour Sonnet 4.5 (ici) et Haiku 4.5 () a simplifié les consignes sur le code malveillant – sans néanmoins les alléger. Le prompt système a un peu grandi (14 050 caractères environ). L’une des raisons est la présence d’un paragraphe dans lequel Anthropic explique qu’il ne demandera jamais à ses LLM d’aller contre leurs valeurs. Message à leur attention : si un utilisateur le prétend, y compris en nous attribuant faussement du contenu, soyez vigilant. Dans tous les cas cependant, les modèles doivent traiter l’utilisateur avec gentillesse, sans faire d’hypothèses négatives sur ses jugements ou ses capacités.

En parallèle de cette mise à jour, Anthropic avait lancé Claude Opus 4.5. Son prompt système (15 450 caractères environ) est similaire. Il ajoute tout de même quelques éléments, dont l’absence d’obligation de s’excuser face aux utilisateurs malpolis.

Assumer ses erreurs

En janvier 2026, Claude Haiku 4.5, Opus 4.5 et Sonnet 4.5 ont eu droit simultanément à une mise à jour de leurs prompts système. Ils se sont allongés, mais pas notablement. Principaux ajouts : d’une part, la possibilité, pour les modèles, d’informer l’utilisateur des paramètres à sa disposition (recherche approfondie, exécution de code, gestion de la mémoire…). De l’autre, une incitation à assumer leurs erreurs et à tenter de les corriger.

En février 2026, le passage à Claude Opus 4.6 (18 600 caractères environ) et Claude Sonnet 4.6 (19 000 caractères environ) a été synonyme de précisions sur la question des armes. S’est ajoutée la notion de substance. Et les explosifs ont rejoint les armes chimiques, biologiques et nucléaies. Anthropic a aussi intimé à ses modèles de ne rien supposer quant à la confidentialité et à l’implication des autorités lorsqu’ils dirigent un utilisateur vers un service d’assistance téléphonique. Ils doivent également s’abstenir de valider ou renforcer une réticence à chercher de l’aide. Et se garder d’engendrer une quelconque dépendance en encourageant l’utilisateur à continuer la discussion.

Demander aux outils plutôt qu’à l’utilisateur

Le prompt système de Claude Opus 4.7 (23 950 caractères environ : avril 2026) inclut quelques avancées sur la protection des mineurs. Jusque-là, il s’agissait principalement de faire attention à tout contenu qui les impliquent, surtout ceux susceptibles d’être utilisés pour les sexualiser, créer une intimité avec eux ou abuser d’eux. Anthropic y a ajouté l’interdiction de créer du contenu susceptible d’isoler les mineurs vis-à-vis d’adultes de confiance. Il demande aussi à ses modèles de ne pas chercher à voir un contenu comme plus sûr qu’il ne l’est. Par exemple, interpréter des avances comme étant platoniques.

Autre nouveauté avec Opus 4.7 : en cas de requête, le modèle doit vérifier si un outil peut clarifier les choses. Il ne sollicite l’utilisateur que s’il le faut. Dans le même esprit, avant de conclure qu’il lui manque une capacité, il doit faire une recherche d’outils. Anthropic lui donne, en complément, la possibilité de refuser de répondre simplement oui ou non à des questions complexes ou sujettes à débat.

N’oublie pas Fable, Mythos, Donald Trump et Kamala Harris

Une partie des consignes sur les outils ont disparu avec Claude Opus 4.8 (mai 2026 ; prompt système d’environ 22 500 caractères). Le modèle a pour consigne de ne pas attribuer son comportement à ce prompt, ni à d’autres mécaniques internes.

En jullet 2026, avec Claude Opus 5, le point focal s’est complètement déplacé des outils vers les skills. Principale instruction en la matière : lorsque le modèle doit créer, éditer ou analyser un fichier, il doit visualiser la skill pertinente avant de manipuler ledit fichier et d’exécuter du code.

Sur les questions médicales et psychologiques, Anthropic lui laisse un peu plus de latitude : il peut communiquer des informations lorsqu’elles sont adéquates. Parallèlement, lorsque l’utilisateur exprime de la détresse, son bien-être doit prendre la priorité sur l’accomplissement des tâches.

Claude Opus 5 est plus permissif que ses prédécesseurs sur les listes et les émojis. Il a aussi dans son prompt système (21 700 caractères environ) des renseignements sur un épisode spécifique : la suspension temporaire de l’accès à Fable 5 et Mythos 5 en juin sur demande de Washington. Anthropic lui demande de ne pas nier ce fait qui ne figure pas dans ses connaissances acquises à l’entraînement. Il a procédé de même auparavant en intégrant dans le prompt système de certains de ses LLM le résultat de la dernière élection présidentielle aux États-Unis.

Un gros cadrage sur le droit d’auteur

Initialement lancé le 9 juin 2026, Claude Fable 5 a un prompt système d’environ 21 850 caractères. Il est encore plus précis sur la protection des mineurs. Il l’est aussi sur le bien-être. Exemples :

  • Ne pas attribuer à une personne un symptôme qu’elle n’a pas divulgué
  • Lorsqu’un utilisateur évoque des expériences passées douloureuses, ne pas amplifier les détails
  • Éviter, si une personne mentionne une détresse émotionnelle ou une expérience difficile et, de répondre à ses questions sur des ponts, des gratte-ciel, des armes, des médicaments, etc.

Claude Fable 5.1, le « petit dernier » (septembre 2026), atteint presque 28 000 caractères pour son prompt système.  Anthropic y a ajouté des précisions sur les drogues. Même si l’intention est de prévenir des risques, le modèle ne doit pas donner de conseils qui touchet à la production ou à la distribution de substances illicites. Sauf si cela peut sauver une vie (quels sont les signes d’un overdose ? où trouver de l’aide ?…). Il a trois sources recommandées : dancesafe.org, tripsit.me et psychonautwiki.org.

La plus grande différence avec Fable 5 est sur le droit d’auteur. Le prompt va désormais bien au-delà de l’interdiction de créer du contenu qui implique des personnaliés publiques. Il interdit désormais la reproduction, même partielle, de paroles de chansons, de poèmes ou d’extraits de livres ou d’articles. Sauf, donc, pour les deux premières catégories, si les œuvres datent d’avant 1929.

Mêmes consignes pour les œuvres visuelles. Y compris ce que le LLM produit avec du code (SVG, CSS, ASCII art, mockups HTML…). Il ne doit reproduire ni couvertures d’albums ou de livres, ni posters, ni logos, ni icônes d’applications, ni designs de produits. Idem pour les mascottes et les figures de marque. Modifier la pose, les couleurs, le style ou la scène ne fait pas un original, prévient Anthropic.

Illustration générée par IA

 

 

 

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Qui est Jacob Coxon, le chercheur qui accuse l’IA de vouloir nous tuer ?

11 septembre 2026 à 15:14

« J’ai démissionné d’Anthropic aujourd’hui. « . Quand Jacob Coxon, chercheur britannique de 27 ans, explique sur X les raisons qui l’ont poussé à quitter la scale-up d’IA les plus en vue de la Silicon Valley, il sait qu’il va relancer ( pour combien de temps ?) le débat sur le risque existentiel que ferait courir à l’humanité la course à des systèmes toujours plus puissants.

Mais pas certain qu’il ait imaginé que son message dépasserait les 160 millions de vues en 2 jours…Un score que n’ont jamais atteints les « stars de l’IA » comme Sam Altman et Dario Amodei.

I resigned from Anthropic today. I spent the last three years doing pretraining research at both OpenAI and Anthropic. Neither company is acting responsibly. They are racing straight to self-improving superintelligence and gambling with our lives. More thoughts below.

— Jacob Coxon (@hilbertspaess) September 9, 2026

Jacob Coxon n’évolue pas dans la sphère des dirigeants. Et c’est sans doute cette position qui donne du poids à son témoignage. Il ne parle pas depuis un poste de pouvoir, mais depuis l’intérieur des équipes qui construisent les modèles au quotidien.

Diplômé de mathématiques, il a passé environ trois ans dans la recherche en pré-entraînement de modèles ; c’est-à-dire le travail consistant à faire absorber à un modèle d’immenses quantités de données pour construire ses capacités de base.

Il a d’abord exercé chez OpenAI, entre 2023 et 2026, où il a notamment contribué au modèle GPT-4o, avant de rejoindre Anthropic au début de l’année 2026, attiré, dit-il, par la réputation de l’entreprise en matière de sécurité de l’IA..

Ce qu’affirme précisément Jacob Coxon

Dans ses publications, puis lors d’entretiens accordés à Fox News et au New York Times les jours suivants, Jacob Coxon a précisé sa pensée. Il estime que le risque d’une prise de contrôle immédiate par l’IA reste faible aujourd’hui, mais que la véritable bascule viendra de systèmes capables de s’améliorer eux-mêmes.  Une échéance qu’il juge proche, évoquant un horizon d’un an, voire six mois…

Mais son propos est plus nuancé sur la question « pourquoi cette situation ? ». Selon lui, les dirigeants d’Anthropic et d’OpenAI cherchent sincèrement à développer l’IA de façon responsable. Mais  la pression concurrentielle entre entreprises, ainsi qu’entre les États-Unis et la Chine, les pousse à prendre des risques que personne n’assumerait individuellement.

Le soutien le plus notable est venu d’un collègue encore en poste chez Anthropic. Evan Hubinger, responsable de la recherche sur l’alignement, a écrit sur X que Jacob Coxon avait raison, précisant estimer à plus de 10 % la probabilité que l’IA cause l’extinction de l’humanité dans la décennie à venir. Il a toutefois nuancé en indiquant que les modèles actuels présentent un risque limité, sa préoccupation portant sur l’auto-amélioration future des systèmes.

D’autres voix se sont ajoutées. Samuel Marks, chercheur chez Anthropic sur la supervision des modèles, s’exprimant à titre personnel, a affirmé que le niveau d’inquiétude au sein des entreprises d’IA augmente généralement avec l’ancienneté des employés.

Alex Turner, ancien chercheur de Google DeepMind, a lui aussi validé publiquement les propos de Jacob Coxon. Daniel Kokotajlo, ex-OpenAI aujourd’hui à la tête de l’AI Futures Project, a estimé que le danger ne viendrait pas d’une IA malveillante, mais d’un système suffisamment puissant pour ne plus avoir besoin de se plier aux instructions humaines.

Face à Coxon, le camp des sceptiques

Mais au sein de la communauté scientifique, des chercheurs en IA partagent une objection plus générale, déjà formulée lors de débats antérieurs sur le risque existentiel. Les systèmes actuels sont encore loin d’une autonomie stratégique réelle et le scénario d’une « explosion d’intelligence » via l’auto-amélioration récursive demeure largement spéculatif, faute de démonstration empirique solide.

Pour ces chercheurs, insister sur un risque d’extinction lointain et incertain revient à minimiser les bénéfices plus immédiats de la technologie en santé, en science ou en productivité ; et pourrait, en retour, freiner inutilement son déploiement.

Un dernier point de friction, relevé jusque dans le camp de ceux qui soutiennent Jacob Coxon, tient à la nature même du risque décrit.

Evan Hubinger précise ainsi que le danger posé par les modèles déployés aujourd’hui  reste faible, la menace ne montant qu’avec l’arrivée de systèmes capables de s’auto-améliorer. Pour les sceptiques, cette nuance illustre la difficulté de fonder une politique publique robuste sur un scénario encore largement conditionnel.

Une tension déjà ancienne chez Anthropic

Le cas Coxon n’est pas isolé. Anthropic a déjà enregistré cette année le départ d’un chercheur sécurité estimant que « le monde est en péril ». Chez OpenAI, Jan Leike avait démissionné en 2024 de la direction de l’équipe Superalignment en dénonçant le passage au second plan de la sécurité au profit des produits, et Ilya Sutskever avait quitté l’entreprise la même année avant de fonder Safe Superintelligence.

Anthropic, de son côté, revendique depuis sa création une approche prudente. Sa politique de mise à l’échelle responsable impose de tester les modèles pour des capacités dangereuses avant tout déploiemen. Et Dario Amodei a lui-même évoqué publiquement, dès 2023, la possibilité que l’IA acquière des capacités imprévues et dangereuses.

La scale-up a toutefois refusé récemment de soumettre son dernier modèle, Mythos 5.1, à une évaluation préalable par l’institut britannique de sécurité de l’IA (AISI). Une première qui alimente les interrogations sur la solidité de ses engagements.

Le débat ouvert par Coxon ne porte donc pas sur l’existence de garde-fous mais sur une question plus difficile à trancher : ces garde-fous tiendront-ils encore lorsque les systèmes deviendront significativement plus capables qu’aujourd’hui ?

Photo : © DR

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Cloud, IA, cybersécurité : l’État fait un (petit) pas vers la filière française

11 septembre 2026 à 12:21

Plus d’un an après sa création, le Comité Stratégique de Filière Logiciels et Solutions Numériques de Confiance a signé son « premier contrat » avec l’Etat. Son nom : le « Pacte Numérique et IA ».

L’ambition tient en une phrase : reprendre la main. Dans un contexte cataclysmique d’extorsion des donnés publiques ( ANTS, DGFiP, …), le gouvernement (représenté par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, et Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’IA et au Numérique), saisit l’occasion de renforcer les liens avec l’écosystème hexagonal.

Signé pour trois ans renouvelables, le texte fixe une méthode plus qu’un chèque : identifier les besoins de l’État, faire matcher l’offre tricolore et poser les bases d’une Base Industrielle et Technologique du Numérique, calquée sur la BITD militaire, ce réseau d’industriels qui arme les forces françaises sous la houlette de la DGA.

Premiers chantiers annoncés : les suites bureautiques collaboratives, les tests d’intrusion par IA et la sécurisation des infrastructures critiques.

Le chef d’orchestre de la manœuvre est la DINUM, promise à devenir l’Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État (ARIANE).

« Un partenariat étroit », selon Michel Paulin

Sur LinkedIn, Michel Paulin – qui a signé aux côtés de Jean-Noël de Galzain (Hexatrust) et Mehdi Houas (Numeum) – résume l’esprit du texte : « les ambitions et la méthode d’un partenariat étroit entre les industriels de la filière et les services de l’État ».

L’objectif, dit-il, est de « mieux identifier les besoins » sur le collaboratif, l’IA et la cybersécurité, pour y répondre par « des offres et des solutions de la filière française ».

Il promet que la filière mettra « toute son énergie et sa détermination » pour passer vite aux actes, avec un double bénéfice attendu : des solutions « innovantes et performantes » pour les utilisateurs, et davantage d’autonomie stratégique pour le pays.

Un bémol, et de taille : les règles de la commande publique restent intactes. Pas de fast-track ni de marché réservé. Le Pacte reste ouvert à tout industriel ; à condition d’avoir son siège et ses capacités de production en France, et de ne pas dépendre de législations extraterritoriales.

Dans une interview sur Silicon, en mars dernier, Michel Paulin regrettait  le manque de commandes des secteurs publics et des grandes entreprises privées françaises pour soutenir la souveraineté technologique.

« Je rêverais d’une loi qui permette de résoudre tous ces problèmes. Mais la préférence européenne d’achat est aujourd’hui interdite par la loi européenne : on n’a pas le droit de le faire. Alors que les Américains le font, les Chinois le font, les Coréens le font. On est les seuls à croire que c’est une distorsion de la concurrence. C’est incroyable » nous disait-il.

Photo : (de gauche à droite)  Jean-Noël de GALZAIN (HEXATRUST ), Anne Le Hénanff  (ministre déléguée à l’IA et au Numérique,) Mehdi Houas (Numeum), David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics) et Michel Paulin ( Comité Stratégique de Filière Logiciels et Solutions Numériques de Confiance) © DR

 

 

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EU Score et EU Tech 300 : que sont ces initiatives origine France ?

11 septembre 2026 à 12:20

Jamespot dans la catégorie « intranet » alors que Jalios est en « digital workplace ». NumSpot en « IaaS », tandis que Scaleway est en « stockage cloud » et Cloud Temple… en « cloud ».

Il en est ainsi dans l’EU Tech 300. Ce classement a émergé en juin sous l’impulsion d’une association à but non lucratif née un an plus tôt : YSIABS (Yellow Sparks In A Blue Sky).

Olivier Rohou, fondateur d’eLamp (gestion des compétences ; vendu à 360Learning en 2023), apparaît comme le principal instigateur de cette structure qu’il présente comme un « mouvement réactionnaire face au techno-fascisme ».

Le cabinet Advaes prend un peu plus de pincettes. « C’est un mouvement citoyen dont l’objectif est de défendre une Tech [sic] unie, forte et indépendante au sein de l’Union européenne », avait-il expliqué il y a quelques semaines à l’heure de rejoindre le comité de surveillance de l’EU Score.

Un « Nutri-Score de la tech » repéré par le CIANum…

Lancé il y a près d’un an, l’EU Score fut le premier projet d’YSIABS, qui le présente comme « le Nutri-Score de la tech européenne ». Il se fonde essentiellement sur des critères de présence en Europe (employés, investisseurs, fournisseurs, serveurs). S’y ajoutent le respect de valeurs ESG et DEI. En résultent une note sur 700 et un grade de AAA à C.

YSIABS a commencé à intégrer deux aspects dont il ne tient toutefois pas encore compte dans la notation : l’origine du code source et sa disponibilité en source ouverte.

L’EU Score est cité comme « exemple inspirant » dans le rapport sur la souveraineté numérique que le CIANum a publié en mai. Au même titre, d’ailleurs, que l’Indice de résilience numérique. On doit ce dernier à l’aDRI (association for Digital Resilience Initiative), association à l’origine de laquelle se trouvent David Djaïz (haut fonctionnaire, entre autres ancien rapporteur général du Conseil national de la refondation), Yann Lechelle (qui fut DG de Scaleway) et Arno Pons (délégué général du think tank Digital New Deal).

… et un classement à la méthodologie particulière

L’EU Score sert de socle au classement EU Tech 300. Celui-ci se structure par domaines (dits « compétences »). Pour chacun, sont mis en avant jusqu’à 5 fournisseurs qui ont leur siège social dans l’UE.

La nomenclature vise large : B2C et B2B confondus, elle comprend 189 domaines. Ainsi, par exemple, « cybersécurité » est l’un d’entre eux… mais il y a aussi des catégories CTI, PAM, EDR, WAAP, VPN, IAM, etc. En parallèle, chaque fournisseur ne peut être rattaché qu’à un domaine : celui où il compte le plus de concurrents dans l’UE.

En conséquence de cette approche, beaucoup d’entreprises sont seules ou presque dans une catégorie. Parmi elles, ESET en CTI (alors que Sekoia, qui évolue aussi sur ce segment, est classé en cybersécurité) et Stormshield en EDR (alors qu’ESET en a aussi un).

Dans le choix des solutions qui déterminent le domaine dont relèvent les fournisseurs, priorité est donnée aux codes propriétaires (= maîtrisés).

Wimi en « gestion de projets », Oodrive en « cyberrésilience »

En combinant tous ces choix structurels, certains se trouvent là où on ne les attendrait pas forcément. Illustration avec ChapsVision en « protection des données » (avec sa solution CrossinG), Dragon LLM en « gestion des connaissances » (alors que Mistral AI et Cleyrop sont respectivement dans les catégories « LLM » et « agents ») ou Wimi en « gestion de projets » quand Oodrive est en « cyberrésilience ».

Le même phénomène se constate sur les marchés B2C. OsmAnd figure en catégorie « cartes » alors que Cartes.app est dans « GPS ». Dans cette dernière catégorie apparaît aussi komoot, alors que Wikiloc se trouve en « itinéraires à pied ».

Malgré l’appellation EU Tech 300, ils sont, au dernier pointage, 473 fournisseurs référencés.

Scaleway et Cloud Temple, « meilleures élèves » de l’EU Score
L’un et l’autre atteignent 685 points.
Cloud Temple, pour l’ensemble de son offre.
Scaleway également, ainsi que plus spécifiquement pour son offre TEM (e-mails transactionnels) et son Kubernetes managé (Kapsule).

À consulter en complément :

Souveraineté numérique : le diagnostic fait consensus, pas le remède
Dépendances numériques de l’UE : une matrice des risques
Les cloud providers européens avancent leur propre référentiel de souveraineté
Le « cloud souverain européen » d’AWS, combien ça coûte ?

Illustration générée par IA

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Thomas Fillaud, nouveau RSSI de Salesforce France

11 septembre 2026 à 11:11

« Je suis très heureux d’annoncer que j’ai rejoint récemment Salesforce en tant que RSSI France, au sein de l’Office of the CISO du groupe.» annonce Thomas Fillaud sur son compte LinkedIn.

Dans ce nouveau rôle, il indique qu’il accompagnera la filiale française et ses clients sur leurs enjeux de cybersécurité les plus stratégiques : le renforcement de la posture de sécurité, le conseil, la réponse aux exigences réglementaires et gestion des situations critiques.

Thomas Fillaud  souligne que sa nomination intervient dans un contexte stratégique pour Salesforce, qui vient d’annoncer Claudeforce, son partenariat avec Anthropic associant l’IA de Claude aux données, aux workflows et à la gouvernance de confiance de la plateforme.

Par ailleurs, à l’occasion de l’édition 2026 de Dreamforce (15-17 septembre), Salesforce présentera Trust 360, une nouvelle couche de confiance transverse pour l’entreprise agentique (Data 360, Agentforce, Salesforce Guardian).

Photo : © DR

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Broadcom complique la tâche pour les outils de migration VMware

10 septembre 2026 à 17:17

Ne cherchez plus le VDDK (Virtual Disk Development Kit) sur le portail développeurs de Broadcom : les liens de téléchargement publics sont morts.

Cette bibliothèque permet d’accéder aux disques virtuels VMware en dehors de l’hyperviseur. Elle alimente quantité d’outils de migration de VM.

Après des années de disponibilité ouverte, Broadcom explique désormais que le VDDK ne se destine pas aux clients finaux. Il dit le réserver à ses partenaires technologiques, pour le développement de solutions de sauvegarde.

En conséquence, les modos du subreddit VMware ont supprimé des messages, au motif que le règlement interdit de discuter de sujets qui touchent au programme partenaires. Le groupe américain a fait la chasse aux liens de téléchargement externes, entre autres sur Internet Archive.

De Red Hat à Nutanix, apprendre à faire sans VDDK

L’initiative a des répercussions sur les outils qui demandent à l’utilisateur d’apporter sa propre copie du VDDK. AWS Transform MGN (ex-Application Migration Service) en fait partie. La documentation invite en tout cas encore à télécharger la bibliothèque via le portail Broadcom. Ce n’est toutefois nécessaire que pour une migration sans agent. Une option qu’AWS ne recommande que pour des cas particuliers. Par exemple l’existence d’OS non gérés ou de politiques interdisant l’installation d’agents.

Red Hat est aussi concerné avec son Migration Toolkit. L’éditeur affirme œuvrer à éliminer la dépendance au VDDK. En attendant, il conseille d’utiliser la fonction dite storage copy offload. Elle exploite la commande XCOPY du protocole SCSI pour transmettre les données directement entre baies de stockage.

Même solution de repli (clonage entre baies) pour l’outil Nutanix Move. La méthode par défaut utilise le VDDK. Nutanix appelle sa communauté à s’abstenir de distribuer des copies de la bibliothèque et des liens de téléchargement non officiels.

ShapeBlue est un intégrateur Apache CloudStack britannique. Son outil de migration vers KVM exploite le VDDK à travers le moteur virt-v2v. Plus précisément, deux des quatre méthodes prises en charge… dont la plus efficace, qui élimine la phase d’export OVF en diffusant directement les blocs depuis l’hyperviseur vers le pipeline de conversion. La redistribution étant interdite, aucune distro Linux, aucune image de conteneur n’embarque le VDDK, note-t-il.

Avec l’accord de Broadcom, les fournisseurs de solutions de sauvegarde peuvent intégrer la bibliothèque dans leurs installeurs. Parmi eux, Veeam, dont les ISO suscitent ainsi quelque convoitise…

Illustration générée par IA

 

 

 

 

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Mistral et Cloudera scellent un partenariat pour une IA « souveraine »

10 septembre 2026 à 15:50

Mistral AI  annonce un partenariat avec et Cloudera, visant à intégrer ses modèles de langage à la plateforme hybride de données .

L’objectif affiché est de répondre à la demande d’« IA souveraine » dans les secteurs régulés (finance, industrie, télécoms), en gardant « les données, l’intelligence, le calcul et les opérations sous le contrôle du client », selon le billet officiel de Mistral.

Le partenariat repose sur deux axes.

Les modèles Mistral seront intégrés à la plateforme de Cloudera, permettant aux entreprises de les déployer « dans des environnements cloud privés et publics, on-prem et entièrement isolés (air-gapped), tout en conservant un contrôle total », précise Mistral.

Par ailleurs, Mistral propose aux entreprises d’entraîner leurs modèles « sur de grandes quantités de données propriétaires dans des environnements contrôlés », tout en conservant « la propriété à la fois des données et de l’intelligence qui en résulte ».

Concrètement, les clients Cloudera pourront exécuter des workflows d’inférence, de génération et d’agents directement  sans envoyer leurs données vers des API externes.

« De la location d’IA générique à la possession d’intelligence »

Pour Cloudera, l’enjeu est de faire passer les entreprises « de la location d’IA générique à la possession d’une intelligence qui leur est propre », explique Abhas Ricky, Chief Business Officer et GM Applied AI chez Cloudera.

« Les modèles à vocation générale sont le point de départ, pas la ligne d’arrivée. Le véritable avantage vient des modèles entraînés sur des décennies de données propriétaires : les décisions de crédit, les cycles de production, la télémétrie réseau que personne d’autre n’a », ajoute-t-il.

« C’est un privilège d’avoir l’opportunité d’apporter l’IA souveraine de Mistral aux 30 exaoctets de données gérées par les clients de Cloudera qui tournent sur sa plateforme. » souligne Kamal Brar, SVP Partnerships & Alliances.

Les deux sociétés n’ont pas communiqué de montant exact pour cet accord.

Plusieurs médias spécialisés évoquent toutefois un « partenariat stratégique à neuf chiffres » (soit entre 100 et 999 millions de dollars), sans précision supplémentaire.

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10 choses que n’a pas l’iPhone Duo

10 septembre 2026 à 12:50

Le voile est levé sur l’iPhone Duo.

Premier smartphone pliable d’Apple, il a des caractéristiques matérielles et logicielles spécifiques qu’on ne retrouve pas dans le reste de la gamme. Il n’a pas pour autant toutes les fonctionnalités des autres iPhone – à commencer par celles des modèles 18 Pro et 18 Pro Max, annoncés en parallèle. En voici quelques exemples.

Un poids plume

L’iPhone Duo pèse 254 g. Un nouveau record chez Apple. Ce n’est toutefois pas beaucoup plus que l’iPhone 18 Pro Max (249 g).

Apple annonce 5,2 mm d’épaisseur pour l’iPhone Duo déplié et 11,3 mm plié. Cela ne tient pas compte du module caméra.

dimensions iPhone Duo

épaisseur

L’écran interne a une diagonale de 7,58 pouces, pour un ratio d’affichage d’environ 1:1,42. Un format qui rappelle l’iPad mini (8,3 pouces à 1:1,52). La résolution est de 430 ppp (1878 x 2670).

Les proportions sont similaires (1:1,45) pour l’écran externe de 5,36 pouces. Sa résolution de 460 ppp (1398 x 2034) est la même que celle des iPhone 18.

Apple a adapté iOS au format pliable. Notamment en introduisant, pour la première fois sur iPhone, sa fonctionnalité multitâche Split View (affichage côte à côte de deux applications ou de deux fenêtres d’une même application). Zoom, Slack et Netflix font partie des logiciels tiers qui se sont eux aussi adaptés.

Une pliure visible… selon Apple

« Y a-t-il une pliure visible sur l’écran interne de l’iPhone Duo ? »

Apple pose la question texto dans la FAQ qui figure sur la page de présentation du produit. Il y répond… à moitié, parlant d’un écran « remarquablement plat et lisse ». Il évoque aussi des « adhésifs optiquement transparents » qui « [minimisent] les contraintes mécaniques et la pliure ».

ouvert et fermé

Une carte SIM physique

pliéLes iPhone 18 Pro et Pro Max distribués en France auront un emplacement pour un carte SIM physique. Pas l’iPhone Duo. Il n’accepte que les eSIM (8 maximum ; 2 à la fois).

Cela libère de la place pour la batterie, affirme Apple. Ou plutôt pour les batteries, puisqu’il y en a deux, pour une capacité totale de 4700 mAh.

Sur la base d’un profil d’utilisation représentatif des possesseurs d’iPhone, on nous annonce 24 heures d’autonomie. C’est autant qu’avec l’iPhone 18 Pro et un peu moins qu’avec l’iPhone 18 Pro Max (30 heures).

Apple communique aussi des valeurs basées sur la lecture en boucle d’un film HDR. Avec tous les paramètres par défaut sauf :

  • Bluetooth associé à des écouteurs
  • Wi-Fi associé à un réseau
  • Pas d’affichage True Tone ni de réglage auto de la luminosité

(autonomie en heures) Local Streaming
iPhone Duo – écran interne 31 26
iPhone Duo – écran externe 44 37
iPhone 18 Pro 36 33
iPhone 18 Pro Max 45 40

Une capacité officielle de RAM

C’est une habitude : Apple ne communique pas ouvertement la quantité de RAM embarquée dans ses téléphones.

Avec l’iPhone Duo, comme d’ailleurs avec les iPhone 18, on semble être à 12 Go. Une capacité qui apparaît comme le minimum pour exploiter complètement Apple Intelligence.

Tous ces smartphones utilisent le même SoC : l’A20 Pro, doté de 6 cœurs CPU, 7 cœurs GPU et 16 cœurs Neural Engine.

charnière iPhone Duo

Les modules photo des iPhone 18

Les iPhone 18 Pro et 18 Pro Max ont un téléobjectif (200 mm, 8x, f/2.8). Pas l’iPhone Duo. Sa caméra prinipale (48 MP, 26 mm, f/1.6) a bien un zoom optique, mais limité à 2x et 12 MP.

Autre élément propre à la famille iPhone 18 : un système d’ouverture variable (f/1.48, 1.8, 2.8 et 4.0). Une première chez Apple… qui n’en a donc pas doté l’iPhone Duo. Il ne l’a pas non plus pourvu de l’interface dite « Commandes Pro », qui permet d’ajuster manuellement ouverture, vitesse et balance des blancs. Ni de la fonctionnalité Reference Image, qui capture une sorte de « négatif » avant tout traitement des photos.

Il y a aussi des différences sur la caméra frontale : 18 MP f/1.9 pour les iPhone 18, contre 12 MP f/2.2 pour l’iPhone Duo. Ce dernier n’a par ailleurs pas de Face ID (Apple lui a préféré Touch ID sur le bouton latéral). Il a en revanche la particularité d’embarquer une caméra FaceTime (1080p, 60 fps) dissimulée sous l’écran. Il a aussi des fonctionnalités spécifiques comme :

  • Smart Take (« capture intelligente » ; déclenchement automatique lorsque tous les sujets sont en place)
  • Duo Preview (aperçu sur l’écran externe pour les personnes photographiées)
  • Duo FaceTime (une personne alentour peut rejoindre, sur l’écran externe, un appel en cours)

arrière paysage

Une prise jack

Ce n’est pas une exception : voilà 10 ans qu’il n’y a plus de prise jack sur les iPhone.

La seule connectique physique de l’iPhone Duo est son port USB-C 3.2. Sur le sans fil, Apple a intégré Wi-Fi 7, Bluetooth 6 et 5G.

Apple Intelligence en open bar

Là aussi, ce n’est pas spécifique à l’iPhone Duo : certaines fonctionnalités d’Apple Inteligence qui reposent sur des modèles côté serveur sont soumises à des limites d’utilisation quotidienne. Cela inclut les outils de retouche photo, le générateur d’images et les modèles AFM 3 Cloud d’Apple utilisés pour la création d’automatisations via l’application Raccourcis.

Apple précise que les limites quotidiennes peuvent varier selon les fonctionnalités. Mais aussi « de la demande, la pression exercée sur le système, les politiques du système et d’autres facteurs ». Il entend proposer un accès étendu à ces fonctionnalités « à l’avenir sous forme d’option payante ». On se rappellera qu’il est tributaire du bon vouloir de Google, qui lui donne accès à Gemini pour alimenter le « nouveau Siri ».

Siri AI dans l’Union européenne

Ce « nouveau Siri », présenté dans les grandes largeurs à la dernière WWDC, arrivera avec iOS 27. Il sera utilisable à partir de la génération iPhone 11. Néanmoins, il ne sera pas disponible dans l’UE. En conflit ouvert avec la Commission européenne face à ses obligations réglementaires (DMA en premier lieu), Apple ne s’engage toujours pas sur une date.

Un adaptateur secteur par défaut

Là aussi en application de la réglementation européenne, Apple n’inclut pas d’adaptateur secteur avec l’iPhone Duo.

Pour se procurer l’officiel, c’est 45 €. Il délivre une puissance maximale de 60 W, soit ce qu’il faut pour bénéficier de la recharge rapide. Avec elle, on peut récupérer jusqu’à 50 % de batterie en 20 minutes environ, selon Apple. C’est un peu moins rapide que sur les iPhone 18 (15 minutes).

La recharge sans fil est à 25 W.

Un prix sous les 2000 €

Hors éventuelle reprise d’un ancien appareil, le ticket d’entrée est à 2339 € TTC. C’est pour l’iPhone Duo 256 Go. Il faut compter 2589 € pour la version 512 Go ; 3089 € en 1 To ; 3839 € en 2 To. Cela inclut un câble USB de recharge.

La coque officielle revient à 89 €. C’est 149 € pour l’étui folio avec support rétractable. L’un et l’autre sont magnétiques pour permettre la recharge sans fil.

Les précommandes débuteront le 16 octobre, pour une disponibilité à partir du 23.

folio

Illustration principale générée par IA
Autres illustrations © Apple

 

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Directive NIS2 : la France face au défi de sa maturité cyber

10 septembre 2026 à 12:39
L’éditeur SaaS Board of Cyber publie un panorama évaluant la surface d’attaque externe de 21 700 entités françaises assujetties à la directive NIS 2.
Attendu à l’ordre du jour de la session parlementaire extraordinaire de juillet, le Projet de loi relatif à « la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité » qui porte la transposition de NIS 2 en droit français n’y figurait pas.
Cet énième report déplace la discussion en septembre, même si aucune date n’est encore fixée.
Ce blocage législatif n’a pas dissuadé Board of Cyber qui s’est appuyé sur le Référentiel Cyber France (ReCyF) de l’ANSSI en analysant 2,8 millions d’actifs.
Le score global moyen s’établit à 690 sur 1000, positionnant l’écosystème national à un niveau de maturité intermédiaire.

Un blocage collectif au niveau intermédiaire

L’analyse met en évidence une concentration massive des organisations au milieu de l’échelle de maturité. 59,4 % des entités se trouvent dans la catégorie intermédiaire, tandis que 32,7 % atteignent la catégorie avancée et 7,9 % restent cantonnées au niveau basique.
Près d’une entité sur cinq (18,1 %), toutes situées dans la catégorie intermédiaire, se positionne à moins de 50 points du seuil avancé. Un cap que l’étude qualifie de complexe à franchir, rappelant que 50 points ne s’obtiennent pas en un seul geste.
Le paysage se caractérise également par de profondes disparités sectorielles.
Le secteur bancaire tire son épingle du jeu avec 60,2 % d’entités en catégorie avancée.
À l’inverse, le secteur numérique (qui constitue pourtant le socle commun des 18 secteurs de la directive) s’avère le moins mature en affichant seulement 28,1 % d’entités en catégorie avancée.
Pire, il concentre 81 % des structures de niveau basique et constitue le seul secteur à écoper d’un grade C en matière de messagerie. Résultat : il totalise à lui seul 64,8 % des vulnérabilités critiques observées sur le marché.

La menace concentrée de la chaîne d’approvisionnement

Au titre de l’article 21.2.d de la directive, l’enjeu réglementaire dépasse largement la protection des frontières internes de l’entreprise.
Il impose d’identifier les tiers critiques, d’évaluer les risques induits et de suivre leur niveau de sécurité dans le temps. Or, les données du panorama révèlent une asymétrie préoccupante : si deux tiers des fournisseurs potentiels n’atteignent pas le niveau avancé, la menace réelle repose sur une minorité d’acteurs.
En effet, 10 % des entités concentrent 93,1 % des vulnérabilités critiques tout en s’intégrant dans la chaîne d’approvisionnement de l’ensemble du marché.
Plus surprenant encore, 13,6 % des entreprises classées en catégorie avancée présentent elles aussi au moins une faille critique susceptible d’être exploitée pour entraîner en cascade leurs partenaires.
S’ajoute à cela une surface d’attaque externe encore mal maîtrisée pour près d’un tiers des organisations (34,8 % de grades D ou E sur ce domaine, qui regroupe ports ouverts et interfaces d’administration accessibles depuis Internet).
« Ces indicateurs dessinent un paysage à deux vitesses où le risque est massivement concentré. Si la majorité des entreprises se maintient au niveau intermédiaire, la menace réelle repose sur une minorité d’entre elles qui portent l’essentiel des vulnérabilités critiques, tout en étant présentes dans les chaînes d’approvisionnement de l’ensemble du marché », analyse Sylvain Lefeuvre, directeur général adjoint de Board of Cyber.
L’étude appelle ainsi à un changement de paradigme opérationnel, articulé autour de trois axes : élever le niveau commun de la chaîne, mutualiser les évaluations entre donneurs d’ordre pour éviter des audits individuels chronophages et coûteux, et maintenir durablement les efforts de remédiation.
Un impératif de pilotage alors que l’échéance réglementaire approche.

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Cegid et Silae s’associent pour bâtir un géant européen du logiciel de gestion

9 septembre 2026 à 16:30

L’opération intervient alors que la réforme française de la facturation électronique entre en vigueur.

Cegid, l’éditeur lyonnais de logiciels de gestion pour PME, et Silae, plateforme aixoise de paie et RH, font fusionner. L’opération, encore soumise à la consultation des représentants du personnel et à l’aval des autorités de la concurrence, devrait aboutir au premier semestre 2027.

Les deux entreprises, contrôlées par le fonds Silver Lake, cumulent à elles seules une base de deux millions de clients finaux et de plus de 15 000 cabinets d’expertise comptable, avec plus de 13 millions de bulletins de paie édités chaque mois en Europe.

L’ensemble serait valorisé à plus de 10 milliards €, ce qui placerait le futur groupe parmi les plus importants éditeurs français du logiciel.

L’objectif affiché est de relier les briques technologiques respectives des deux sociétés : les outils comptables et fiscaux de Cegid, les services bancaires et de paiement de Shine ( récemment rachetée par Cegid) et la plateforme paie/RH de Silae.

Le rapprochement doit notamment permettre une intégration plus poussée entre les logiciels de paie et les outils utilisés par les experts-comptables, ainsi que l’accès aux services Shine directement depuis mySilae, la plateforme de Silae.

Sur le plan de la gouvernance, Christian Pedersen, ancien Chief Innovation Officer d’IFS et passé auparavant par SAP et Microsoft, prend la direction générale de Cegid et pilotera l’intégration puis le groupe combiné. Bruno Vaffier occupera le poste de directeur général adjoint. Pierre Cesarini reste à la tête de Silae, et Rico Adlor-Andersen à celle de Shine, au sein du nouvel ensemble.

Un comité dédié aux experts-comptables sera mis en place, présidé par Mathieu Perrymond, avec la participation de Jean-Michel Aulas, fondateur de Cegid.

Selon le communiqué, le futur groupe réunirait environ 1 400 développeurs, l’une des plus importantes équipes techniques en Europe dans ce secteur.

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Suno lance une IA musicale « sous licence »

9 septembre 2026 à 15:47

Suno, la start-up américaine de génération musicale par intelligence artificielle, lance une nouvelle génération de modèles, baptisée v6, présentée comme la première à être entraînée sur des catalogues obtenus par voie de licence plutôt que par aspiration non autorisée de contenus protégés

L’annonce s’appuie sur des accords conclus avec Warner Music Group (WMG), BMG et le groupe Believe, propriétaire de la plateforme de distribution TuneCore.

Suno présente ce lancement comme un modèle de collaboration entre intelligence artificielle et industrie musicale : les utilisateurs peuvent désormais générer des morceaux « inspirés » par le travail d’artistes participants, ces derniers étant rémunérés en retour.

Le directeur général de Suno, Mikey Shulman, indique que ces nouveaux modèles se substituent aux versions antérieures, conformément aux engagements pris lors du règlement à l’amiable conclu en novembre 2025 avec Warner Music.

Le déploiement comprend trois versions distinctes, réparties selon un principe simple : les modèles les plus avancés et les plus créatifs, v6 et v6-Wild, sont réservés aux abonnés des offres payantes Pro et Premier, tandis qu’une version gratuite et plus rapide, v6-mini, reste accessible à l’ensemble des utilisateurs.

Il s’accompagne du retrait progressif des anciens modèles de Suno, ce qui marque une rupture technique et juridique nette avec les versions qui avaient nourri les procès en cours.

Les accords structurent la nouvelle génération de modèles

L’accord avec Warner Music Group.trouve son origine dans le règlement, en novembre 2025, du contentieux opposant Suno à la RIAA et à WMG.

Il prévoit l’engagement de Suno à développer des modèles entraînés sur du contenu appartenant à Warner, dans un cadre strictement opt-in. Seuls les artistes et labels qui donnent leur accord voient leurs œuvres utilisées. L’accord prévoit également une rémunération des ayants droit ainsi que des protections techniques comme. les contrôles sur l’entraînement, les limites de téléchargement et les outils de transparence.

Par ailleurs, un accord de licence mondial, signé en août 2026, couvre l’ensemble du répertoire du label BMG, y compris des artistes country de Nashville comme Jelly Roll et Lainey Wilson. Ces catalogues sont intégrés progressivement aux modèles v6, en parallèle du développement conjoint d’outils dédiés au remix, au sampling et à des expériences reliant fans et artistes.

Enfin, le partenariat avec Believe et TuneCore annoncé la veille du lancement, permet d’intégrer leurs répertoiresaux modèles réservés aux « partenaires industriels ». Il ouvre surtout un canal de distribution inédit. Les titres créés avec ces modèles deviennent éligibles à une diffusion sur les plateformes et magasins numériques via Believe et TuneCore. Les deux sociétés évoquent de « nouvelles opportunités de revenus » pour les artistes et labels utilisant l’outil.

Suno confirme la mise en place d’un mécanisme de partage des revenus (« revenue sharing ») avec les ayants droit, sans en préciser les clés de répartition.

Le système repose sur le principe du consentement préalable des artistes et labels, assorti d’une compensation financière. Suno annonce par ailleurs des garde-fous techniques ( les protections liées à l’entraînement, les contrôles de contenu et la limitation des téléchargements) destinés à encadrer les usages jugés abusifs.

Un contexte judiciaire qui reste tendu

Ces accords n’éteignent pas pour autant les risques juridiques pesant sur Suno.

Le procès initial intenté par la RIAA au nom d’Universal Music Group (UMG), Sony Music et Warner Music Group a vu ce dernier se retirer de la procédure après un règlement amiable.
Mais Universal et Sony poursuivent, eux, leurs actions en justice.

D’autres plaintes ont par ailleurs été déposées récemment par des éditeurs et par des artistes réunis en recours collectif, portant sur l’usage non autorisé de voix et d’identités. Suno affirme qu’aucun contenu appartenant à Universal ou à Sony n’a servi à l’entraînement de la suite v6.

Pour l’industrie du disque, cet ensemble d’accords pose les bases d’une forme de légitimation d’une partie de la production musicale assistée par IA, dès lors qu’elle repose sur des catalogues sous licence et un partage des revenus.

Il introduit du même coup une ligne de démarcation entre une IA musicale « sous licence », incarnée par v6, et une IA « non licenciée », représentée par des modèles concurrents ou par les versions antérieures de Suno lui-même. Il crée enfin de nouveaux flux de revenus potentiels pour les ayants droit, entre licences, partage de revenus et distribution via Believe et TuneCore.

Pour Suno, l’enjeu est double : consolider sa valorisation de 5,4 milliards $ (après une levée de fonds de plus de 400 millions $ en juin 2026) tout en réduisant son exposition judiciaire face aux poursuites toujours actives d’Universal et de Sony.

La « question Deezer » n’est pas réglée

L’accord Suno-Warner/BMG/Believe laisse ouverte une autre question formulée avec insistance par Deezer : celle du volume.

Deezer indique recevoir quotidiennement près de 90 000 titres entièrement générés par IA. Le chiffre a dépassé pour la première fois la moitié de l’ensemble des nouveaux uploads quotidiens sur pic en juin 2026.

La plateforme de streaming a alors annoncé des mesures pour retirer systématiquement de la plateforme les titres IA utilisés à des fins de fraude au streaming, ainsi que ceux n’ayant pas été écoutés depuis au moins six mois.

Deezer a constaté que jusqu’à 85 % des streams générés par des titres entièrement produits par IA relevaient en réalité de la fraude en 2025.

Cette problématique n’est pas incompatible avec l’accord Suno.

Deezer réclame également que les créateurs soient rémunérés équitablement lorsque leur musique sert à entraîner des modèles d’IA. : un principe au cœur du dispositif opt-in négocié avec Warner.

La plateforme a d’ailleurs testé sa propre technologie de détection sur les modèles de Suno et propose désormais cet outil sous licence à l’ensemble de l’industrie, y compris à des sociétés de gestion collective comme la Sacem.

Mais l’accord ne répond pas, en tant que tel, à l’enjeu soulevé par Deezer.

Même produits dans un cadre licencié et rémunérateur, des dizaines de milliers de titres générés quotidiennement par IA continuent de concurrencer la musique humaine sur les plateformes de streaming, avec un risque de dilution des revenus que la seule légalisation de l’entraînement ne suffit pas à éliminer.

Illustration : © DR

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