C'est l'histoire d'un smartphone Pixel de Google sur lequel il n'y a absolument rien... Vous l'allumez, pas une icône d'application, rien à faire défiler, pas de widget météo et ce genre de conneries... Non, vous avez juste l'heure, un gros bouton "micro" au milieu de l'écran et une ligne de saisie tout en bas pour ceux qui préfèrent taper.
L'écran d'accueil au complet : l'heure, le bouton à maintenir pour parler, et la ligne de saisie pour ceux qui préfèrent taper.
Ce truc ça s'appelle RistOS, et c'est un firmware pour Google Pixel 10a qui a pour objectif de remplacer le lanceur d'Android par un assistant vocal. Tout ce qui reste ensuite du téléphone tient dans un menu qui apparaît sur le côté : Téléphone, messages, appareil photo, galerie, cartes hors ligne (c'est Organic Maps, embarqué dans l'image), lampe torche et réglages.
Sept accès, et c'est fini. Pas d'app store, pas de navigateur, pas de compte Google, et évidemment aucun moyen d'ajouter quoi que ce soit.
Le menu sorti sur le côté, ses sept entrées, et rien d'autre à faire glisser.
Le projet repose sur GrapheneOS, sans être affilié ni à celui-ci ni à Google, et il ne tourne que sur le
Pixel 10a
(lien affilié), que Google vend encore la "modique" somme de 389 €.
Bref, par défaut, si vous appuyez sur ce gros bouton micro, absolument rien n'écoutera ce que vous avez dit, parce que l'image publique ne contient aucune adresse de serveur. Pour que cela fonctionne, vous devrez aller dans les réglages et remplir le champ dédié afin de lui indiquer l'URL de votre backend Rist. C'est donc le serveur,
que vous devez installer comme ceci
, qui récupèrera l'audio encodé et qui ensuite vous répondra au travers du téléphone.
L'idée, c'est que comme ça, on peut changer de téléphone sans souci, puisque tout est centralisé sur le serveur. C'est donc assez tranché comme usage, surtout que l'install efface tout ce qui est sur l'appareil. Mais bon, c'est peut-être ça le futur... Une coquille vide qui discute avec un serveur IA personnel, qui se trouve chez vous.
Par contre, n'espérez plus pouvoir utiliser votre téléphone pour appeler, par exemple, un service d'urgence, ça ne fonctionnera pas. Et si vous préférez simplement virer l'emprise de Google de votre téléphone sans avoir à vous monter un serveur entier derrière,
/e/OS fera le travail
.
Il y a 2 jours, GrapheneOS que vous connaissez tous parce que c'est l'Android que la police déteste, a détaillé une fonction baptisée secure paste, qui change la façon dont Android sert le contenu du presse-papiers aux applications. Le principe c'est qu'une application peut relire ce qu'elle a copié elle-même, mais rien de ce que les autres ont copié.
Android dans sa version de base n'est pas resté les bras croisés sur ce sujet, mais il s'est arrêté en chemin et depuis Android 10, seules l'application affichée à l'écran et le clavier par défaut peuvent lire le presse-papiers, ce qui a fermé la porte à celles qui tournent en arrière-plan. Puis Android 12 a ajouté une notification à la première lecture d'un contenu venu d'ailleurs, et enfin Android 13 vide le presse-papiers au bout d'un moment.
Mais depuis, plus rien...
Le trou qui reste,
Microsoft l'a documenté
en mars 2023. La version 7.9.2 de l'application SHEIN (oui, le site de fringues), téléchargée plus de cent millions de fois, lisait périodiquement le presse-papiers, et si elle y trouvait en même temps un signe dollar et un "://", elle expédiait le contenu vers un serveur distant.
Et la restriction d'Android 10 n'a rien empêché, tout simplement parce que l'application tournait au premier plan. Le comportement problématique de l'app SHEIN a ensuite disparu en mai 2022, après un signalement à Google, mais le problème de fond n'a jamais été réglé. Et j'imagine que d'autres apps actuellement sur le PlayStore appliquent la même technique sans que personne ne l'ait encore remarqué.
Secure paste de GrapheneOS s'attaque donc à ça en changeant la règle plutôt qu'en ajoutant un avertissement, et cette fois être affiché à l'écran ne donne plus droit à rien. Une application privée d'accès sait toujours qu'un élément est disponible, et peut en inspecter le type, l'horodatage de copie et la présence de mise en forme. Mais le contenu lui-même, son libellé et ses données annexes ne lui sont plus offerts sur un plateau d'argent.
Et le "collage" continue de marcher lui, parce que c'est vous qui l'autorisez. Que vous colliez depuis la barre de sélection de texte, depuis le clavier, depuis un service d'accessibilité ou avec un raccourci clavier, le système délivre une autorisation courte, liée à l'application qui reçoit et à l'élément en cours. Et pour les applications qui dessinent leur propre barre de sélection, comme celles codées en Flutter, un bouton "Coller" est visible dans le clavier par défaut.
Le plus vif d'esprit qui me lisent sont déjà debouts sur leur chaise et hurlent à travers leur écran : Et comment ça se passe pour "couper" ? Qui décide ?? Hé bien le réglage existe en version globale et par application, et il est autorisé par défaut, pour ne rien casser des applications déjà installées. Autrement dit, personne ne sera protégé sans l'avoir décidé et c'est à vous d'aller basculer en collage seulement celles à qui vous ne faites pas confiance.
Maintenant, calmez-vous les groupies de GrapheneOS parce que rien de tout ça n'est encore livré. Le code est visible dans
une pull request ouverte
depuis le 22 août dernier mais toujours pas fusionnée. GrapheneOS dit vouloir l'intégrer bientôt, sans donner de date et le mécanisme ne porte que sur la lecture, donc il ne dira rien des applications qui écrivent dans le presse-papiers pour y remplacer ce que vous venez de copier (coucou les détourneurs de transactions crypto)...
La même annonce parle aussi de l'application Messaging, dont l'interface vient d'être refaite en Compose, et le projet lâche au passage un chantier autrement plus lourd : faire du RCS directement dedans, chiffrement de bout en bout compris, pour ne plus avoir besoin de Google Messages. Héhé... Aujourd'hui, RCS marche très bien sur GrapheneOS, mais uniquement avec l'application de Google et sa couche Google Play isolée et c'est de ça dont ils veulent se passer.
Comme le RCS n'est pas une plateforme ouverte en pratique (pas autant que le SMS et le MMS quoi) et que tout cela repose sur l'infrastructure de Google et des opérateurs, le plan, c'est donc de refaire d'abord la partie que Google Messages assure, en gardant Google Play isolé pour l'activation, puis de s'en passer chez les opérateurs qui le permettent... à condition qu'ils acceptent le client de GrapheneOS, ce qui n'est pas gagné...
Quand je pense que Google, ces grands hypocrites qui ont passé des années à réclamer qu'Apple adopte RCS au nom de l'ouverture,
coupe lui-même le service
depuis 2024 sur les téléphones rootés et une partie des ROM alternatives. GrapheneOS y échappe mais ça donne quand même l'idée de l'accueil qu'un client maison pourrait espérer... On verra bien.
Mais bon, si vous êtes sur GrapheneOS, je serais vous, je surveillerais cette histoire de presse-papiers sécurisé parce que quand ça arrivera, vous serez encore plus béton face aux apps problématiques.
Nos smartphones centralisent notre vie privée, des finances aux échanges personnels. Cette concentration de données sensibles nous expose à des cybermenaces croissantes. GrapheneOS répond à cet enjeu par une version d’Android durcie, conçue pour renforcer la confidentialité.
Ce projet refonde techniquement le système pour limiter l’exposition des informations personnelles. Il renforce les protections logicielles et favorise un contrôle local des données. Cette architecture plus robuste transforme l’appareil en un outil plus sécurisé, mieux protégé contre certaines formes de surveillance et d’attaques.
Origine du projet et objectif d’un Android différent
GrapheneOS repose sur Android Open Source Project, souvent abrégé en AOSP. Il s’agit de la base libre d’Android, sans les services propriétaires ajoutés par Google. À partir de cette fondation, le projet construit une version modifiée du système, centrée sur des choix techniques orientés sécurité.
L’objectif initial ne consiste pas à créer une nouvelle interface ou un écosystème totalement différent. Il s’agit plutôt de renforcer les protections internes du système. Cela passe par des modifications profondes du comportement d’Android, notamment dans la gestion de la mémoire, du sandboxing et des permissions.
Ce positionnement attire surtout des utilisateurs sensibles à la confidentialité ou à la protection de données professionnelles. On y retrouve également des profils techniques, intéressés par une approche plus contrôlée du système mobile. L’ensemble reste volontairement proche d’Android pour conserver une compatibilité logicielle large.
GrapheneOS : un système pensé pour renforcer la sécurité mobile
L’une des principales caractéristiques de GrapheneOS repose sur le durcissement du système. Plusieurs mécanismes internes sont modifiés pour limiter les possibilités d’exploitation en cas de faille logicielle. Les protections mémoire sont renforcées afin de rendrecertaines attaquesplus difficiles, selon les types de vulnérabilités.
En parallèle, le système réduit la surface d’attaque globale. Certaines fonctions moins essentielles sont restreintes ou isolées. Cette approche limite les interactions inutiles entre applications et composants système. Chaque élément fonctionne de manière plus cloisonnée que sur Android standard, en fonction des composants concernés.
Le sandboxing des applications est également renforcé. Chaque application dispose d’un environnement plus strictement isolé. Cela limite les accès croisés aux données et réduit les risques de compromission globale du système en cas d’application vulnérable, sans les éliminer totalement.
GrapheneOS et la gestion de la vie privée sur Android
GrapheneOS se distingue par une approche orientée vers la confidentialité. Par défaut, le système ne repose pas sur les services Google intégrés. Cela limite les échanges de données avec des services externes au système de base et réduit certaines formes de suivi.
Les permissions sont également gérées de manière plus granulaire. L’utilisateur peut contrôler plus précisément l’accès au réseau, aux capteurs ou aux données locales. Ce niveau de contrôle permet de limiter les informations partagées par chaque application, selon les besoins et les usages.
Il reste toutefois possible d’utiliser certains services Google. Ils fonctionnent alors dans un environnement isolé appelé sandbox. Cette solution permet de conserver une compatibilité avec certaines applications, tout en limitant leur accès au système principal. L’équilibre entre usage et confidentialité dépend ainsi de la configuration choisie.
La compatibilité avec les applications Android
GrapheneOS reste basé sur Android, ce qui lui permet de faire fonctionner la majorité des applications classiques. Les applications de messagerie, de navigation ou de streaming fonctionnent généralement sans modification particulière. L’expérience reste donc proche d’un Android standard dans de nombreux cas, même si des différences peuvent apparaître selon les applications et les configurations utilisées.
Cependant, certaines applications peuvent se comporter différemment. C’est notamment le cas des services fortement dépendants des API Google. Dans ces situations, des ajustements peuvent parfois être nécessaires pour garantir leur bon fonctionnement, selon le niveau de dépendance de l’application et ses exigences techniques.
Le mode sandbox pourGoogle Play permet de résoudre une partie de ces limitations. Il offre un compromis entre compatibilité et isolation. Cette solution est souvent utilisée pour les applications bancaires ou professionnelles qui nécessitent certains services spécifiques, sans toutefois garantir une compatibilité complète dans tous les cas.
GrapheneOS et les appareils compatibles basés sur Google Pixel
Le système est principalement compatible avec les smartphones Google Pixel récents. Ce choix s’explique par leurs caractéristiques matérielles avancées. Les Pixel intègrent notamment des mécanismes de sécurité renforcés, en particulier au niveau du démarrage sécurisé et du support logiciel associé.
Le composant matériel de sécurité joue un rôle clé dans la protection globale du système. Il permet de vérifier l’intégrité du logiciel au démarrage et de limiter certaines modifications non autorisées. Cette base matérielle facilite l’application des protections mises en place par GrapheneOS, notamment sur lesappareils officiellement supportés.
Cependant, cette approche réduit le choix des appareils compatibles. Tous les fabricants Android n’offrent pas le même niveau de contrôle matériel ou de suivi logiciel nécessaire à ces exigences. C’est pourquoi le projet reste centré sur un nombre limité de modèles, principalement les Pixel récents encore pris en charge.
Limites techniques et compromis d’utilisation
L’installation de GrapheneOS nécessite plusieurs étapes techniques. Le déverrouillage du bootloader est requis, ce qui implique une manipulation volontaire du système. Cette opération efface les données du téléphone et demande donc une préparation préalable, notamment unesauvegarde complète.
L’utilisation quotidienne reste proche d’Android, mais certaines habitudes peuvent évoluer. L’absence de services Google intégrés peut nécessiter des alternatives pour certaines applications. Cela dépend fortement des usages et des choix de configuration de chaque utilisateur, selon les services effectivement utilisés.
Par ailleurs, la compatibilité matérielle constitue une contrainte à prendre en compte. Certains capteurs ou fonctionnalités spécifiques ne sont pas toujours pris en charge, selon les modèles et leur niveau de support officiel. Je vous conseille donc de bien vérifier la liste des compatibilités avant de migrer afin d’éviter des limitations d’usage.
GrapheneOS et les mises à jour du système Android
Le projet suit de près les mises à jour de sécurité d’Android. Les correctifs sont intégrés régulièrement afin de maintenir un niveau de protection élevé, dans la limite du calendrier des mises à jour disponibles. Cette réactivité constitue un élément central du fonctionnement de GrapheneOS.
Les mises à jour peuvent inclure des correctifs liés à des vulnérabilités critiques. Certaines de ces failles peuvent être exploitées à distance si elles sont non corrigées, selon leur nature et leur contexte d’exploitation. Le suivi continu permet donc de réduire ces risques et de renforcer la sécurité globale du système, sans toutefois les éliminer totalement.
Le développement reste indépendant, mais repose sur la base AOSP. Cela permet de conserver une compatibilité avec Android tout en appliquant des modifications spécifiques. La stabilité générale du système dépend ainsi de cet équilibre entre intégration rapide des mises à jour, personnalisation et contraintes liées au matériel supporté.
L’installation sur un smartphone compatible
L’installation de GrapheneOS se fait principalement via des outils officiels fournis par le projet. Une méthode d’installation via navigateur est également proposée pour simplifier le processus sur certains appareils compatibles, notamment les modèles Pixel pris en charge. Elle guide les étapes de configuration de manière progressive.
Avant l’installation, le déverrouillage du bootloader est nécessaire. Cette étape modifie l’état de sécurité du téléphone et entraîne l’effacement complet des données. Il est donc indispensable d’effectuer une sauvegarde complète avant toute manipulation, afin d’éviter toute perte d’informations.
Le processus reste accessible, mais il demande de suivre les instructions avec attention. Les étapes sont documentées de manière détaillée afin de limiter les erreurs, même si une certaine aisance technique est souvent utile. Une fois l’installation terminée, le système démarre directement sur GrapheneOS, sans surcouche constructeur.
Les usages quotidiens possibles
Dans un usage quotidien, GrapheneOS permet d’assurer les fonctions classiques d’un smartphone. La navigation web, la messagerie et les réseaux sociaux fonctionnent dans la plupart des cas, selon les applications utilisées et leur configuration. L’expérience reste donc globalement proche d’un Android standard.
Pour les usages professionnels, le système peut offrir un environnement plus contrôlé. Les données sensibles bénéficient d’une isolation renforcée, selon la configuration du système et les applications installées. Cela peut être utile dans des contextes où la sécurité et la maîtrise des informations sont prioritaires, sans constituer une garantie absolue selon les usages.
Cependant, les différences deviennent plus visibles avec les services fortement liés à l’écosystème Google. Certains ajustements peuvent alors être nécessaires pour garantir un fonctionnement fluide, en fonction du niveau de dépendance des applications. L’expérience varie donc selon les applications utilisées et leur dépendance aux services externes.
GrapheneOS dans l’écosystème Android actuel
GrapheneOS occupe une place particulière dans l’univers Android. Il ne cherche pas à remplacer les versions classiques du système, mais à proposer une alternative centrée sur la sécurité et la confidentialité. Cette approche repose sur des choix techniques spécifiques, orientés vers le durcissement du système et la réduction des surfaces d’exposition.
Le projet reste indépendant et open source. Il évolue en parallèle des versions d’Android basées sur AOSP, tout en intégrant régulièrement les correctifs de sécurité publiés par l’écosystème Android. Cette indépendance permet une certaine flexibilité dans les choix techniques et dans le rythme d’intégration, selon les contraintes de compatibilité.
Cependant, les contraintes liées au matériel et à la compatibilité limitent son adoption à grande échelle. Tous les appareils Android ne sont pas pris en charge, ce qui réduit son public potentiel, notamment en dehors des modèles Pixel supportés. Malgré cela, le projet s’inscrit dans une tendance plus large où la sécurité mobile prend une importance croissante dans les usages numériques modernes.