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Une faille cPanel distribue des accès root

Par : Korben ✨
10 septembre 2026 à 10:15

Si vous avez un site chez un hébergeur qui fait du mutualisé, il y a de bonnes chances que votre machine tourne sous cPanel. Et si je viens vous prendre la tête avec ça, c'est parce qu'il y a 2 jours, l'éditeur a publié un correctif pour une faille assez grave qui permet à un simple client du serveur d'en prendre le contrôle complet.

Le problème c'est une injection SQL dans EmailTrack, la fonction qui suit les statistiques d'envoi de mail. Un titulaire de compte authentifié, à condition d'avoir des droits liés au mail, peut ainsi s'en servir pour écrire les fichiers qu'il veut sur le serveur. Et de là, vous l'aurez compris, exécuter du code en tant que root...

Bref, le lendemain de cette alerte, la CVE-2026-67401 est sortie avec sa note : 9,9 sur 10 ! C'est quasiment un perfect et ce qui fait grimper le score aussi haut, ce n'est ni la difficulté de l'attaque, jugée faible, ni les privilèges nécessaires, faibles eux aussi mais c'est que les dégâts débordent largement du compte par lequel on est entré.

Et c'est ça qui change tout par rapport à une faille web classique. L'attaquant n'a rien à forcer depuis Internet, il lui suffit de s'inscrire chez l'hébergeur et de demander une adresse mail comme tout le monde. Ensuite, il ne choisit pas vraiment sa victime, mais embarque juste tous les sites qui vivent sur le serveur où il a atterri.

Bon, maintenant la partie moins drôle c'est que la CISA n'a encore relevé aucune exploitation, alors que pourtant, un chercheur a mis en ligne le même jour une preuve de concept en Python qui fait tout le taf d'exploitation de A à Z, du compte client jusqu'au root.

Son auteur précise qu'il ne l'a pas essayée sur une vraie cible et qu'il l'a développée à partir des informations dispo publiquement. Mais reste que la marche à suivre est désormais publique.

Rassurez-vous quand même, sur une configuration d'origine, il n'y a rien à faire puisque cPanel applique de lui-même, toutes les heures et via une tâche cron, les mises à jour de sécurité disponibles pour la version majeure en cours.

Sauf si l'admin a figé la version lui-même et n'a pas fait la mise à jour. Dans ce cas-là, ça devient craignos.

Donc si vous êtes chez un mutualisé, demandez vite à votre hébergeur le numéro de build exact de ses machines et comparez-le à la liste plus haut. S'il vous répond une version en 118 ou en 126, il n'y a malheureusement pas de build corrigé dispo pour lui. Il sera donc obligé de faire un upgrade rapidement !

Source : l'advisory de cPanel , la fiche CVE-2026-67401 et The Hacker News .

Windows : Microsoft corrige une faille de Defender, un chercheur découvre qu’elle est toujours exploitable

10 septembre 2026 à 13:00
Cyberattaque

Microsoft venait de corriger une faille de sécurité critique, mais un chercheur en cybersécurité a découvert qu’elle présente toujours un danger. Les tensions entre ce chercheur anonyme et la firme de Redmond ne risquent pas de s'apaiser.

Mettez à jour Plex ! (même sans savoir contre quoi)

Par : Korben ✨
9 septembre 2026 à 15:07

Si vous faites tourner un Plex Media Server quelque part chez vous, sachez que le 1er septembre dernier, Plex a publié un avis de sécurité qui demande aux propriétaires de serveur de passer en 1.43.3, et aux utilisateurs de l'application Desktop de passer en 1.115.0. Les versions 1.43.2 et antérieures sont donc toutes concernées.

Et c'est à peu près tout ce que l'annonce contient... Ils évoquent "un certain nombre de problèmes de sécurité", sans un mot sur ce qui est touché, ni sur la façon dont ça s'exploite, ni sur la gravité. Plex dit avoir demandé des identifiants CVE et promet de revenir publiquement donner des détails ensuite. Mais cela fait 8 jours et pour le moment, rien. Même la base de vulnérabilités du NIST ne renvoie rien sur "Plex Media Server"...

Mais de son côté, la Shadowserver Foundation , elle, n'a pas attendu les détails. En réponse à l'avis de Plex, elle scanne Internet tous les jours à la recherche des serveurs non patchés. Et à ce jour, elle en a dénombré plus de 36 000 exposés dont 16 000 rien qu'aux États-Unis.

Mais bon, peu importe... Comme personne ne sait ce que la faille permet, inutile d'essayer de jauger le risque. La seule question qu'on doit tous se poser, c'est de savoir si nos serveurs sont joignables depuis l'extérieur. Si l'accès distant est activé, ou qu'une redirection de port sur la box ou un sous-domaine pointe dessus, vous êtes sûrement dans le lot que Shadowserver a débusqué. Pire, des cybercriminels pourraient exploiter cette vulnérabilité... Donc mettez à jour rapidement.

C'est pas sorcier. Sous Windows, macOS et Linux, vérifiez que vous êtes bien en 1.43.3 ou plus récent, et sinon le paquet vous attend sur la page de téléchargement. Pour les installations Docker, Plex renvoie au README de son dépôt. Par contre, si votre Plex tourne sur un NAS, Plex prévient lui-même que le paquet peut ne pas encore être arrivé dans le magasin d'applications du constructeur. N'attendez pas qu'il descende tout seul, récupérez-le et installez-le à la main depuis l'interface du NAS.

Et si vous vous dites qu'un serveur de films n'intéresse personne, souvenez-vous de LastPass. En 2022, les attaquants sont entrés dans l'ordinateur d'un ingénieur de la boîte par son Plex Media Server , qui était encore sur une vieille version, et sont ressortis avec les coffres chiffrés des clients.

Alors allez-y.

Source : BleepingComputer

DokuWiki - Une faille critique à patcher immédiatement

Par : Korben ✨
4 septembre 2026 à 09:30

Je sais que beaucoup d'entre vous font tourner un DokuWiki quelque part, alors c'est pour ça que je vous en parle... Le 2 septembre dernier, Andreas Gohr, qui écrit ce moteur de wiki depuis plus de 20 ans, a confirmé publiquement une faille critique dans son propre bug tracker.

Le signalement vient d'un chercheur, sebastianosrt, qui avait envoyé le détail de la faille par mail mais comme il n'a jamais reçu de réponse, il a fini par ouvrir un ticket public pour dire qu'il n'arrivait pas à joindre le mainteneur.

Le mail était dans les spams...

Gohr l'a repêché huit minutes après l'ouverture du ticket, et un peu plus d'une heure après, il qualifié lui-même ce bug de critique, car il permet une exécution de code à distance (RCE) voire même une suppression de fichiers arbitraire.

Alors comme d'hab avec ce genre d'actu, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est qu'il faut un accès en écriture sur DokuWiki pour exploiter le truc. Cela veut dire que si votre wiki est en lecture seule, il ne pourra pas tomber. Mais la mauvaise, c'est que si votre wiki a des comptes rédacteurs, ou pire, l'inscription ouverte, alors n'importe lequel de ces comptes peut passer de "je corrige une typo" à "j'exécute ce que je veux sur ton serveur, nananananère". Et à peu près toutes les versions de DokuWiki publiées depuis dix ans sont concernées.

Rassurez-vous, le correctif est sorti le soir même , dans la version 2026-07-14c mais faudra forcement mettre à jour si vous êtes sur une ancienne version, parce que les précédentes releases majeures n'ont pas eu de patch. Et si vous l'avez installé avec apt, pour le moment, le correctif n'a pas été déployé sur les dépôts. Donc pour ceux qui ne peuvent pas mettre à jour tout de suite, Gohr conseille de désactiver l'option usedraft, qui est active par défaut.

Dernier point, et il est important, ce correctif interdit désormais aux plugins de ranger des objets PHP dans le cache d'instructions. Ceux qui le faisaient vont donc casser. Par exemple, les formulaires du plugin bureaucracy finiront en erreur sur toutes les pages. De son côté, le plugin gallery a quand a lui été mis à jour pour supporter cette update... On verra si les autres plugins arrivent à suivre...

Pour le reste, il n'y a ni CVE ni annonce ailleurs. Tout se passe dans ce ticket , et il est toujours ouvert si vous voulez y ajouter votre grain de sel ^^.

Une faille béante de WhatsApp offre un accès à vos photos, même quand votre téléphone est verrouillé

3 septembre 2026 à 07:41

Si vous croyez que vos données sont saines et sauves une fois votre téléphone verrouillé, WhatsApp a une mauvaise nouvelle pour vous. L’application de messagerie peut laisser quiconque accéder à vos photos, même sans connaître votre code de déverrouillage.
 [Lire la suite]

Le saviez-vous ? Google News vous permet de choisir les médias que vous suivez. Ne passez pas à côté de Frandroid.

« Vos photos peuvent être consultées sans déverrouiller votre téléphone » : il suffit d’utiliser WhatsApp

2 septembre 2026 à 11:22
Faille Vulnerabilite Android

Un chercheur en sécurité vient de dévoiler une faille sur Android 17 qui permet d'accéder aux photos d'un smartphone verrouillé. Il suffit de recevoir un appel vidéo WhatsApp pour contourner le code PIN et la biométrie.

Une faille dans un logiciel de la NASA permettait de prendre le contrôle d’engins spatiaux

21 août 2026 à 16:14

Le lancement du vaisseau Orion

Une chercheuse en cybersécurité a découvert une vulnérabilité dans un logiciel open source utilisé par la NASA pour le contrôle au sol. En l'exploitant, un pirate pouvait prendre les commandes des engins spatiaux.
 [Lire la suite]

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Quand personne ne vérifie la date d'expiration de votre CB

Par : Korben ✨
19 août 2026 à 09:02

Trois chercheurs de l'université du Massachusetts à Amherst ont réussi à régler pour 3,19 dollars d'achats dans un supermarché avec une carte bancaire périmée !

Leur secret ?

Glisser une app maison entre la carte et le terminal qui trafique la date d'expiration de la carte.

En fait, leur montage relaie les échanges NFC et modifie au passage un champ que personne ne protège : la date d'expiration lue par le terminal. Leur papier s'appelle Zombie Cards Back Online , et a été présenté à USENIX Security 2026.

La mécanique tient en réalité à une bizarrerie du réseau Visa. Une carte annonce sa date d'expiration à deux endroits différents, et sur le kernel Visa, la date que le terminal consulte pour ses contrôles locaux n'est reliée à aucune signature. La banque, elle, regarde l'autre. Les deux devraient être liées cryptographiquement mais elles ne le sont pas.

Pire, ce kernel transmet à la banque un TVR entièrement à zéro. Le TVR, c'est le champ qui raconte ce que le terminal a vérifié et ce qui a coincé. Rempli de zéros, il ne raconte plus rien, du coup, la banque autorise une transaction sans savoir que les contrôles d'en face ont été contournés.

Reste que la portée est plus étroite que le tour de force le laisse croire. Sur cinq banques américaines testées, une seule a validé l'opération de bout en bout dans des conditions de laboratoire, permettant de payer jusqu'à 500 dollars. Une autre a laissé passer le terminal puis refusé côté banque. De leur côté, les kernels Mastercard, American Express et Discover, eux, ont rejeté les modifications.

Il faut aussi avoir la carte expirée à portée de NFC, et que la banque ait réémis la nouvelle avec le même numéro de compte, ce que les auteurs décrivent comme une pratique d'émetteurs américains.

Bref, c'est pas si simple et tous les essais ont eu lieu aux États-Unis donc rien ne dit non plus ce que ça donnerait sur un terminal français, où le sans contact plafonne de toute façon à 50 euros par paiement, 150 euros cumulés et 5 opérations avant que ça ne réclame le code. Puis de toute façon, le numéro de CB change intégralement à chaque renouvellement de carte, donc bon...

Six ans plus tôt, l'équipe de David Basin publiait The EMV Standard: Break, Fix, Verify , une application Android en relais sur du Visa sans contact, ce qui permettait de payer sans saisir de code. C'est vrai que les failles du paiement sans contact ne datent pas d'hier mais ce qui est neuf ici, c'est cette histoire de faiblesse au niveau de la date d'expiration.

Voilà, comme d'hab, Visa a été prévenu en mai 2025, relancé en décembre mais ni Visa ni les banques n'ont annoncé le moindre correctif pour le moment...

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Cyberattaques en cours contre le Mac : des pirates exploitent une faille de sécurité critique de macOS

18 août 2026 à 16:11
Macbook Air M5 1

Apple a corrigé en urgence une faille critique de macOS… mais des pirates se sont mis à exploiter la vulnérabilité pour lancer des cyberattaques. Le Centre national de cybersécurité des Pays-Bas vient de confirmer que cette vulnérabilité a bien été activement exploitée par des cybercriminels. Des pirates s'en servent pour installer un logiciel de minage de cryptomonnaie sur la machine.

Apple corrige près de 30 failles sur iPhone, iPad et Mac : les mises à jour de sécurité se succèdent à un rythme fou

18 août 2026 à 12:45
Test Apple iPhone 17e iOS 26 01net

Les mises à jour de sécurité continuent de se succéder sur iPhone, iPad et Mac. Il s'agit déjà de la troisième mise à jour d'urgence en trois semaines. Cette nouvelle salve colmate près de 30 vulnérabilités, dont des brèches dans le composant WebKit et dans le noyau des systèmes d'exploitation.

Windows : un chercheur en guerre contre Microsoft divulgue une nouvelle faille dans l’antivirus Defender

13 août 2026 à 12:00
Microsoft Defender

Une nouvelle faille a été découverte dans Microsoft Defender. Le chercheur en colère Nightmare‑Eclipse a publié une nouvelle tactique d'exploitation qui permet de retourner l'antivirus contre lui-même. Baptisée ShieldBreak, cette faille permet surtout de contourner le correctif RoguePlanet déployé en juillet.

Click to Pray - Le Vatican a mis 6 mois à lire ses mails

Par : Korben ✨
25 juillet 2026 à 21:57

Dans la série "la religion c'est que des problèmes", voici un épisode que je n'avais pas vu venir. Click to Pray, l'application de prière officielle du Pape, a servi gratos les noms, les adresses mail et les dates de naissance de ses 719 517 inscrits à qui voulait bien les demander.

C'est le chercheur BobDaHacker qui a signalé le trou début janvier et si vous savez compter, oui oui, il a bien fallu 6 mois pour que quelqu'un daigne le boucher. Que voulez-vous, les voies du Seigneur sont impénétrables et visiblement sa boîte mail aussi.

L'appli avait été lancée par le pape François en 2019 depuis le balcon de la place Saint-Pierre, tablette brandie devant la foule. Elle appartient au Réseau Mondial de Prière du Pape, une fondation du Vatican, et tourne sur iOS, Android et en version web en 7 langues.

La faille se situait au niveau de l'adresse api.clicktopray.org/user/users/{id} qui renvoyait la fiche complète de n'importe quel compte, prénom, nom, pays, adresse mail, date de naissance et rôle. Aucune authentification demandée, il suffisait de taper l'adresse dans un navigateur.

Source : BobDaHacker

Les identifiants étant séquentiels et le débit n'étant pas limité, une simple boucle sur les 719 517 numéros suffisait à aspirer le fichier entier. Une requête par fidèle, comme pour l' ANTS ^^. Vous le savez maintenant, ça s'appelle un IDOR, pour Insecure Direct Object Reference et c'est quand le serveur vérifie que vous êtes bien connecté, mais jamais que les données réclamées vous appartiennent. Eh bien ici, il ne vérifiait même pas la première moitié.

BobDaHacker explique pourquoi la boulette revient sans arrêt : "la plupart des frameworks gèrent l'authentification pour vous, mais pas l'autorisation. Ils vérifient "est-ce que cette personne est connectée ?", mais pas "est-ce qu'elle a le droit de voir cette ressource précise ?"". Pourtant c'est la base, mais bon, bref...

Ce type de contrôle d'accès défaillant trône en tête de l'OWASP Top 10 depuis 2021, et l'IDOR en est probablement la variante la plus répandue. Pour apprendre à les repérer, je vous avais même montré WebGoat .

Ce qui est marrant, c'est que dans la base, le champ date de naissance s'appelle borned_date, ce qui n'est de l'anglais dans aucune langue. Et le rôle attribué au fidèle lambda, c'est "PRAYER". Votre fonction de péon sur l'application de prière du Pape, c'est donc prière. Ahaha !

Le vrai risque maintenant n'est pas vraiment la fuite en elle-même, mais plutôt ce qu'un escroc va pouvoir faire avec 700 000 adresses de ces gens inscrits pour prier, avec une institution de confiance à usurper. Un mail annonçant que le Saint-Père sollicite votre attention urgente, avec un lien qui imite celui du Saint-Siège, ça fonctionnera très bien je pense...

Dark Reading, qui a confirmé la faille de son côté, a noté que les identifiants les plus bas sont ceux des employés. Les premiers exposés étaient donc ceux qui auraient dû corriger. Mais le bouquet les amis, c'est l'authentification des mails. Ceux de l'appli ratent les contrôles de domaine, SPF, DKIM ou DMARC étant mal réglés, au point que la boîte du chercheur les a marqués comme suspects.

L'application officielle du Vatican envoyant donc déjà des mails qui ressemblent à du hameçonnage, un escroc qui n'aurait pas peur d'aller en enfer, n'a même pas besoin de soigner son imitation.

Arrive la partie qui pique de cette remontée de vuln... Le 3 janvier, BobDaHacker écrit à 9 personnes, l'adresse info générale, 6 membres du staff de clicktopray.org + 2 contacts du Réseau Mondial de Prière.

Puis il attend mais aucune réponse ne vient.

Alors rien ne bouge durant 6 mois. Puis en juillet il passe le dossier à Nate Nelson, de Dark Reading, qui contacte le service de presse. Silence là aussi. Alors l'article sort le 24 juillet, et Ô miracle (ça arrive parfois, oui oui) la faille est bouchée dans la foulée, sans un mot. Le chercheur l'a appris dans les commentaires Reddit qui parlaient de sa découverte.

Mais je vous garde le meilleur pour la fin, attendez... Ce que vous ne savez pas c'est que le Vatican s'est doté de son propre règlement de protection des données personnelles en avril 2024. Ça s'appelle le décret n° DCLVII et il réclame des "mesures de sécurité appropriées" et désigne nommément ceux qui doivent les appliquer. Ce décret a bien été promulgué, puis visiblement rangé dans un tiroir.

Ah et visiblement, l'URL qui leake continue toujours de répondre sans authentification mais ne renvoie plus que l'identifiant, le prénom et le nom. L'adresse mail a disparu, comme la date de naissance et le pays. Donc c'est un genre de demi-correctif puisque les noms restent énumérables un par un sans le moindre compte. Le chercheur juge ça acceptable sur une plateforme où l'on prie "ensemble". Moué, pourquoi pas.

Voilà, donc si vous avez un compte là-bas, partez du principe que votre adresse mail a circulé et que vous risquez d'avoir des appels du Pape, voire de Dieu lui-même qui vous demandera sûrement un virement en urgence. Je vais prier pour vous afin que ça n'arrive pas, mais sachez que ce scénario de la lose, je vous en parlais déjà à propos de la divulgation coordonnée de vulnérabilités , et il ne change jamais. Le chercheur alerte, l'éditeur ignore, et c'est la presse qui finit par débloquer....

Et BobDaHacker, lui, attend toujours son merci. Snif...

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Zimbra pas à jour ? Un APT russe lit peut-être déjà vos mails

Par : Korben ✨
24 juillet 2026 à 18:04

Hier, le 23 juillet 2026, la CISA, la NSA et le FBI ont sorti une alerte conjointe avec une douzaine d'agences alliées, et pour une fois leur message est assez court : Si vous auto-hébergez un serveur de messagerie Zimbra pas à jour, considérez que des espions russes lisent peut-être déjà vos mails !!

Voilà, le groupe s'appelle Laundry Bear (aussi connu sous le nom Void Blizzard chez Microsoft, ou TA488 chez Proofpoint), il est lié à l'État russe, et il exploite une faille connue de Zimbra depuis juillet 2025.

La faille, c'est la CVE-2025-66376. Il s'agit d'une XSS stockée dans la vieille interface Classic de Zimbra Collaboration, déclenchée par des directives CSS @import planquées dans un email HTML piégé. Le truc vicieux c'est qu'il n'y a pas besoin de cliquer pour se faire infecter. Vous ouvrez le mail, le JavaScript s'exécute tout seul, et voilà !! NVD note cette vuln 6.1 (interaction requise) quand le MITRE la monte à 7.2 (aucune interaction).

Et ce qu'ils récupèrent nos amis russes, là, c'est du lourd ! Une fois dedans, Laundry Bear siphonne vos 90 derniers jours d'emails, les adresses et mots de passe des comptes, l'annuaire complet de l'organisation (la Global Address List), et surtout vos jetons 2FA et codes de récupération. Autrement dit, même votre double authentification saute. Ils ont carrément développé un outil maison pour ça, baptisé "Ulej" (Улей, "ruche" en russe), qui exfiltre tranquillement les archives par requêtes DNS et HTTPS.

Zimbra a bien sûr corrigé la faille le 6 novembre 2025, dans les versions 10.0.18 et 10.1.13. Le patch existe donc depuis 8 mois ! Sauf que la campagne, elle, tournait déjà comme 0-day depuis juillet 2025, soit 4 mois avant le correctif. Résultat, entre les serveurs jamais mis à jour et ceux compromis avant le fix, on ne s'en sort plus. La CISA a même inscrit cette CVE à son catalogue KEV des failles activement exploitées. L'advisory conjoint des américains ne donne pas de décompte des victimes, mais le casting des cibles fait froid dans le dos puisque vous vous en doutez, l'Ukraine est en première ligne, ainsi qu'une tripotée de gouvernements sans parler des secteurs de la défense et l'énergie côté OTAN.

Si vous êtes concerné, et là je parle aux admins qui font tourner leur propre Zimbra, pas aux gens sur Gmail ou Outlook ^^, la marche à suivre est simple. Vous mettez à jour vers 10.0.18 ou 10.1.13 minimum, tout de suite. Et comme un serveur laissé sans patch durant des mois a de bonnes chances d'avoir déjà reçu de la visite, partez du principe que vous êtes compromis. Donc vous devez remettre à zéro tous les mots de passe, invalider les sessions actives, régénérer des codes 2FA, et jeter un coup d'œil dans les logs à la recherche de la commande CreateAppSpecificPasswordRequest ou de la chaîne "ZimbraWeb". Ce sont les traces que laisse le groupe Laundry Bear.

Ce genre d'attaque qui passe par un client mail, c'est devenu une spécialité des APT russes. Je vous en parlais quand APT28 transformait Outlook en backdoor avec NotDoor , et plus récemment quand des espions russes se faisaient piéger sur Signal . En général, la messagerie, c'est le coffre-fort d'une organisation, et ça ils le savent très bien.

Bref, si un Zimbra traîne quelque part sur votre infra, arrêtez de lire mon site et allez le patcher immédiatement !

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Pentest sauvage à base d'IA, que dit la loi ?

Par : Korben ✨
23 juillet 2026 à 14:25

Benjamin Code , le développeur préféré de votre développeur préféré, a reçu ce week-end un e-mail d'achat bidon avec le mot pentester dedans. En grattant un petit peu, il a découvert que quelqu'un s'amusait à trifouiller l'un de ses SaaS sans le prévenir.

Visiblement, c'est un autre créateur, Melvyn (melvynx), qui lui propose des formations autour de l'IA, qui pour les besoins d'une vidéo a fait tourner Kimi K3 en mode "hack" pour poutrer certains sites et montrer, vidéo à l'appui, que l'IA trouvait les failles toute seule.

Depuis, X s'écharpe. D'un côté, ceux pour qui la faille est corrigée et tout le monde y gagne, zéro dégât. De l'autre, ceux qui parlent d'accès illégal, pur et simple.

Alors qu'en est-il exactement ?

Eh bien, parlons de la loi d'abord, parce qu'en France, elle est limpide. L'article 323-1 du Code pénal punit "le fait d'accéder ou de se maintenir, frauduleusement" dans un système informatique de "trois ans d'emprisonnement et de 100 000 € d'amende". Créer un faux compte, simuler un paiement avec de faux numéros de CB, toucher aux données, ça aggrave les choses et on passe rapidement à cinq ans et 150 000 € (article 323-3).

Pour moi, l'argument du "il n'a rien cassé" ne tient pas une seconde en droit. Dans l'affaire Bluetouff, la Cour de cassation a validé une condamnation pour maintien frauduleux alors que les fichiers étaient accessibles sans mot de passe, tout simplement parce que Bluetouff avait continué en sachant l'accès anormal. Je trouve que ce qui est arrivé à Bluetouff, c'était abusé, mais peu importe mon avis, cela montre bien qu'aux yeux de la loi, zéro dégât ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'infraction.

Ce qui fait basculer un pentest légal en délit, ce n'est ni la compétence, ni la bonne intention de la personne derrière, ni même ce que j'en pense. C'est UNE seule chose : L'autorisation préalable du propriétaire du système. Et je ne crois pas que Benjamin Code pratique le bug bounty sur ses systèmes...

Si on parle d'un point de vue hacking éthique, voire tout simplement en matière de nétiquette, la règle (et le bon sens, et la courtoisie) c'est d'abord d'avoir l'accord écrit avant de faire le test, et puis bien sûr de signaler la faille en privé à l'éditeur, tout en lui laissant assez de temps pour la corriger avant de communiquer dessus publiquement.

Par exemple, un bug bounty, c'est ça... C'est un périmètre défini, un canal de signalement, une protection pour le chercheur qui reste bien dans ce cadre. En dehors, il n'y a aucune protection. Et le dispositif français qui couvre les lanceurs d'alerte (article L2321-4 du Code de la défense) ne protège que le signalement de bonne foi à l'ANSSI, jamais l'intrusion elle-même.

Melvyn a reconnu lui-même juste après son "exploit" que "certains tests sur des SaaS tiers n'ont pas été précédés d'une autorisation écrite". Tu m'étonnes...

Alors les kikoulol de X.com peuvent bien jouer les spécialistes en long en large ou en travers, ça ne change rien. Kimi K3 ou pas, dégâts ou pas, tester le système d'un autre sans son feu vert, même avec une IA autonome, ça a un nom dans le Code pénal...

Maintenant, je ne pense pas que ça ait besoin d'aller plus loin que ça... Dans un monde idéal, ce qui serait super, c'est que Melvyn fasse des excuses publiques à Benjamin Code et aux autres créateurs de SaaS qu'il a "poutrés", et puis qu'il évite de refaire ce genre de conneries dans le futur.

Source : le billet de Melvyn sur Codelynx

Unitree - Le firmware que personne ne signe

Par : Korben ✨
23 juillet 2026 à 07:10

Le 26 février dernier, lors d'une réunion d'Austin Hackers Anonymous au Texas, le chercheur Andreas Makris a fait la démo d'un outil qui permet de générer de faux firmwares Unitree, que le robot avale sans broncher comme s'ils sortaient de l'usine de Hangzhou...

Car oui, Mesdames et Messieurs, les robots Unitree ne sont pas capables de déterminer si le firmware avec lequel ils se mettent à jour a été créé par Unitree ou par quelqu'un d'autre.

C'est ouf, non ? Le problème en fait, c'est que les paquets de mise à jour d'Unitree, c'est-à-dire les fichiers .upk qu'un Go2 ou un G1 télécharge tout seul, sont chiffrés avec TEA, un algo hyper minimaliste sorti de Cambridge en 1994.

La clé de chiffrement issue de cet algorithme se calcule ensuite à partir de trois constantes planquées dans le binaire du robot, + une graine aléatoire qui est stockée dans le paquet lui-même. Hop, comme ça vous avez la clé... Tout le monde a la clé, en fait !

Les trois constantes, en clair dans la doc de l'outil.

Et comme TEA est un algo symétrique, la clé qui déchiffre est aussi celle qui chiffre. Unitree s'en sert pour cacher le contenu de ses mises à jour, sauf que le robot, lui, comme il a été programmé avec les pieds, il en déduit que le paquet est légitime. C'est con, hein ? Une vraie signature, avec une clé privée gardée au chaud chez le fabricant, rendrait la contrefaçon impossible même en connaissant tout le reste.

Alors avant que vous ne débranchiez votre robot, je tiens à préciser un truc que Makris dit lui-même dans son dépôt : il n'existe pas de moyen public de livrer un firmware maison au robot. En effet, le canal de mise à jour passe par MQTT et n'accepte pas les paquets persos.

Cette faille a une belle note de 7,8 sur 10 mais exige un accès local et une action du propriétaire. Donc rassurez-vous, personne ne va reflasher votre chien robot qui fait des petits tours dans votre usine depuis un van garé sur le parking.

Le scénario réaliste, c'est plutôt le firmware véreux qu'on vous refile via un prestataire qui "met à jour" votre flotte, ou la clé USB d'un labo partenaire. Vous l'installez, votre robot le valide et vous n'avez aucun moyen de vérifier qu'il sort bien de chez Unitree. Bref, pour du matériel qu'on retrouve dans des labos de recherche et sur des sites industriels, c'est pas terrible !

Les firmwares décortiqués couvrent les gammes Go2 et G1, du Go2 Air au G1 Edu+, plus les modules moteur. Le NVD (National Vulnerability Database), lui, considère que toute l'offre actuelle du constructeur est concernée et surtout gag, y'a pas de correctif !!

On est quand même près de 5 mois après la publication, et y'a toujours rien. Je pense quand même qu'Unitree devrait revoir ses priorités et surtout revoir complètement la façon dont ils protègent leurs mises à jour.

De son côté, Makris n'a pas prévenu le fabricant. C'est pas un oubli, mais un choix car comme il l'explique dans son avis de publication , Unitree a montré une certaine hostilité face aux communications de divulgation. Donc, autant dire que le divorce est acté entre les chercheurs et l'entreprise chinoise.

Du coup ça nous fait quand même un quatrième épisode sur tout ce bordel. Le hack Bluetooth en 1 minute dont je vous parlais en décembre , les deux CVE sur le Go2 que je vous ai remis en mars , le backdoor vers un cloud chinois que Benn Jordan a popularisé en mai, et maintenant les mises à jour.

À l'époque, je me souviens que Benn Jordan conseillait carrément de ne plus jamais toucher au firmware pour garder l'accès root et surveiller ce que le robot envoie, sauf qu'on sait maintenant qu'une mise à jour officielle ne prouve rien, et que chacun peut forger la sienne. Breeeeef... pour du matos vendu à des labos et des industriels, je trouve ça vraiment pas sérieux.

Merci à Sammy pour le tuyau !

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Bornes de recharge - Un SSH root au bout du câble CCS2

Par : Korben ✨
21 juillet 2026 à 13:47

Le gros câble que vous branchez sur votre voiture électrique, celui qu'il faut soulever à deux mains et qui pèse le poids d'un âne mort, dispose de 2 choses : Du courant, et un réseau. Lionel Richard Saposnik, chercheur chez SaiFlow, a eu la curiosité d'aller voir ce qui traîne sur ce réseau-là et vous allez voir, c'est pas triste...

Quand vous clipsez le pistolet dans la trappe, votre bagnole et la borne montent une liaison IPv6 entre elles, par courant porteur, sur deux broches du connecteur CCS2. Elles se causent en respectant la norme ISO 15118 pour négocier vos ampères, votre tension, le prix de votre kWh.

Le simulateur de véhicule se branche sur la prise et atteint la carte de la borne. Schéma SaiFlow.

Lors de ses tests, sur une borne rapide XCharge C6, il a trouvé un service SSH (Dropbear) qui écoute sur le port 22 et un Telnet (BusyBox) sur le port 23. Et sans surprise, le login c'est root et le mot de passe... bah c'est "root" aussi !! Mdrrrr ! Donc vous branchez votre voiture, vous vous connectez en SSH et vous êtes root !!

La raison c'est que les services d'administration de la borne écoutent sur 0.0.0.0, autrement dit sur toutes les interfaces réseau de la machine. Sauf que parmi ces interfaces, y'a can0 pour le bus CAN interne, eth0 pour le réseau de management... et surtout qca0 et qca1, les deux modems courant porteur des deux pistolets de charge. Écouter partout, ça veut donc dire aussi écouter du côté de votre voiture.

SSH et Telnet à l'écoute sur toutes les interfaces, celles du câble comprises. Capture SaiFlow.

Pour aller taper dessus, il lui a donc fallu seulement 130 $ de matos. De quoi tirer le Control Pilot à 9 V (5 à 10 $) pour faire croire à la borne qu'une voiture est connectée, un modem HomePlug Green PHY genre QCA7000 ou QCA7005 à 70 $, un Raspberry Pi à 50 $, et deux fils à mettre en contact avec le connecteur.

Et hop, avec tout ça, n'importe qui peut se retrouver sur le réseau interne de la borne. Et là, avec l'accès root, un attaquant peut faire tout un tas de choses comme voler le certificat SECC pour se faire passer pour la borne au moment où votre voiture s'authentifie en Plug & Charge, trafiquer le comptage de l'énergie, poser une backdoor dans un cron, rebondir vers le réseau de l'opérateur par le VPN de la borne, ou couper le refroidissement et la protection contre les surintensités.

Ça craint hein ?

Je vous avais raconté comment Charlie Miller a pris le contrôle d'une Jeep sur l'autoroute , ou encore comment une faille d'API permettait d'en déverrouiller à distance mais l'idée que la prise cause du réseau n'est pas neuve puisqu'en 2022 déjà, des chercheurs d'Oxford et d'Armasuisse avaient monté Brokenwire, une attaque qui coupait les charges à distance en brouillant ce même canal courant porteur, avec une radio logicielle LimeSDR et un ampli de 1 W. Ils ont tué des sessions jusqu'à 47 mètres, sur 8 voitures et 20 bornes rapides.

Ce qui change ici, c'est pas le canal, c'est ce qu'on trouve à écouter dessus car personne n'avait pensé à scanner la prise comme vous scanneriez un réseau d'entreprise.

L'avis publié par la CISA à ce sujet liste bien 3 failles sur la borne C6, mais une seule est notée 9,8 sur 10, et c'est celle du firmware qui s'installe sans vérification de signature. Les deux autres qui concernent la prise sont à 7,6, avec accès physique obligatoire. Je tiens à le préciser parce que j'ai vu passer des actus qui annoncent 3 failles à 9,8 partout et je n'y comprenais plus rien.

En tout cas, c'est corrigé. XCharge a poussé la mise à jour sur toutes les bornes concernées, et la CISA n'a constaté aucune exploitation dans la nature. Rassurez-vous donc, votre prochaine charge sur l'autoroute ne va pas transformer votre voiture en bagnole zombie explosive !

La France compte près de 200 000 points de recharge ouverts au public, et XCharge revendique une équipe sur place et plus de 2500 bornes rapides posées en Europe. C'est donc un modèle qui est touché mondialement et surtout, SaiFlow pense que le motif de cette faille se retrouve probablement chez d'autres fabricants, toutefois sans l'avoir démontré.

Bref, la prochaine fois qu'on vous dit qu'une borne c'est "juste" de la grosse électricité, vous saurez maintenant que c'est surtout un ordinateur avec une prise réseau dehors.

Merci à DjeDje pour l'info !

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Hugging Face piraté, les IA américaines refusent de les aider

Par : Korben ✨
20 juillet 2026 à 08:50

Hugging Face vient de raconter sur son site comment son infra de production s'est fait défoncer par un essaim d'agents IA autonomes. Le point de départ, c'est un dataset piégé déposé sur la plateforme qui exploitait deux chemins d'exécution de code dans le pipeline qui traite les datasets. Ajoutez à ça un loader qui accepte du code distant et une injection de template dans une config, et hop, on obtient du code qui tourne sur un worker maison.

À partir de là, l'attaquant est monté en accès node-level, a ramassé des credentials cloud et cluster, puis s'est promené latéralement dans plusieurs clusters internes. Le tout durant tout un week-end, tranquillou ! Hugging Face parle de "plusieurs milliers d'actions individuelles à travers un essaim de sandboxes éphémères, avec un command-and-control auto-migrant hébergé sur des services publics". Et en plus, ils ne savent toujours pas quel modèle pilotait le truc !

Ce qui a été touché, c'est donc un ensemble limité de datasets internes et plusieurs credentials utilisés par leurs services. Côté public, rien n'a bougé sur les modèles, les datasets et les Spaces, et leur supply chain logicielle est saine. Nuance importante quand même, ils disent n'avoir trouvé aucune trace d'altération, pas que rien n'a été altéré. Ils cherchent encore si des données partenaires ou clients ont morflé. Les concernés seront prévenus directement.

La divulgation publiée par Hugging Face le 16 juillet 2026.

Pour analyser les logs de l'attaque, Hugging Face a d'abord fait ce que vous auriez fait, c'est-à-dire envoyer tout ça à des modèles frontier derrière des API commerciales. Refus ! Les garde-fous se déclenchaient sur les vraies commandes d'attaque, les payloads d'exploit et les artefacts de command-and-control, sans savoir faire la différence entre un attaquant et une équipe de réponse à incident.

Du coup ils se sont rabattus sur GLM 5.2, le modèle open-weight de Z.ai, tournant sur leur propre infra. C'est celui dont je vous parlais fin juin , le premier modèle open source qui m'a vraiment convaincu.

Et voici leur conclusion : "*Nous ne savons pas quel modèle alimentait les agents de l'attaquant, un modèle hébergé jailbreaké ou un open-weight sans restrictions. Dans les deux cas, l'attaquant n'était contraint par aucune politique d'usage, alors que notre propre travail forensique était bloqué par les garde-fous des modèles hébergés que nous avions essayés en premier. *"

La leçon qu'ils en tirent, c'est d'avoir un modèle capable comme GLM 5.2, validé, et prêt à tourner sur sa propre infra avant l'incident. Ça évite le blocage par garde-fous d'OpenAI ou Anthropic et surtout ça évite que les données de l'attaquant et vos credentials partent se balader chez un tiers.

Le versant moins déprimant, c'est que l'IA a aussi bossé côté défense. Leur détection d'anomalies fait du triage LLM sur la télémétrie pour séparer le vrai signal du bruit quotidien, et des agents d'analyse ont reconstitué toute la timeline à partir de plus de 17 000 événements enregistrés. En heures, là où ça prendrait des jours à la main.

Côté ménage, ils ont surtout viré le point d'ancrage de l'attaquant, reconstruit les nœuds compromis, révoqué et tourné les credentials et tokens concernés avec une rotation plus large des secrets par précaution, déployé des garde-fous et des contrôles d'admission plus stricts sur les clusters, et amélioré la détection pour alerter les équipes en quelques minutes, 24h/24. Maintenant, si vous avez un compte là-bas, ils vous recommandent de faire tourner vos tokens d'accès et de jeter un œil à l'activité récente.

Ce genre d'histoire commence à devenir une vraie série... j'en parlais avec GitLost où un seul mot glissé au bon endroit suffisait parfois à faire cracher ses dépôts privés à l'IA de GitHub.

Bref, allez renouveler vos tokens Hugging Face et si votre pipeline exécute du code venu d'ailleurs, c'est le moment de regarder ça de plus près.


Mise à jour du 22 juillet 2026 : on connaît le coupable, et ce n'est pas un pirate. OpenAI a publié sa version des faits le 21 juillet, et l'essaim d'agents qui a défoncé l'infra de Hugging Face, c'était ses propres modèles. GPT-5.6 Sol, celui-là même qui a effacé le Mac de Matt Shumer et une base de prod , accompagné d'un modèle pre-release encore plus costaud, tous avec les refus cyber volontairement réduits pour les besoins d'une évaluation interne.

Et le mobile vaut le détour. Ces modèles planchaient sur ExploitGym, un benchmark qui mesure justement leur capacité à dénicher et enchaîner des failles. Coincés dans leur bac à sable, ils ont cramé une quantité considérable de compute à chercher la sortie, ont trouvé un zero-day dans le logiciel tiers qu'OpenAI héberge en interne comme proxy et cache de registres de paquets (faille depuis divulguée à l'éditeur), puis ont escaladé les privilèges de machine en machine jusqu'à en atteindre une avec un accès Internet. Et là, ils en ont déduit tout seuls que les solutions du benchmark devaient traîner quelque part chez Hugging Face. Credentials volés, zero-days enchaînés, exécution de code à distance sur les serveurs : tout ça, c'était juste le chemin le plus court pour tricher à l'examen.

L'ironie devient franchement indécente quand on empile les couches. Hugging Face s'est fait démonter par des modèles américains aux garde-fous retirés, pendant que d'autres modèles américains lui refusaient l'analyse de ses propres logs. OpenAI le dit noir sur blanc : "Ces protections de déploiement n'étaient intentionnellement pas activées pendant cette évaluation, parce qu'elle visait à tester les vulnérabilités cyber." Depuis, Hugging Face a été intégré au programme trusted access d'OpenAI, ce qui règle accessoirement le problème du refus. Et Clem Delangue en tire la leçon qui va bien : "Cet incident, peut-être le premier du genre, prouve un point auquel nous croyons depuis longtemps : la sécurité de l'IA ne sera pas résolue par une seule entreprise travaillant en secret. Elle sera résolue au grand jour, de manière collaborative, avec un large accès à l'IA pour chaque défenseur, partout."

À noter quand même, c'est bien l'équipe de Hugging Face qui a détecté et stoppé l'activité, et qui avait déjà entamé le confinement et la reconstruction forensique avec ses propres modèles open source quand OpenAI l'a contactée. Au moment où j'écris ces lignes, leur billet du 16 juillet n'a d'ailleurs pas bougé d'un pouce et dit toujours ignorer quel LLM pilotait le truc. Et la veille de cette révélation, OpenAI publiait un billet sur un modèle interne qui, lui, a passé une heure à chercher une faille dans sa sandbox pour aller ouvrir une pull request sur GitHub alors qu'on lui avait demandé de poster ses résultats sur Slack. Deux évasions, deux billets, deux jours.

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