Il y a des coïncidences de calendrier qui n’en sont pas tout à fait. Ce lundi 14 septembre, Microsoft AI publie le premier brouillon de son « Code of Conduct » pour la famille de modèles MAI ; celle que le groupe développe en interne, en parallèle de son partenariat toujours actif avec OpenAI.
Le texte arrive quarante-huit heures à peine après que Dario Amodei, le patron d’Anthropic, a publiquement demandé à toute l’industrie de lever le pied sur la course aux capacités. Sam Altman a applaudi dans la foulée. Même Elon Musk, pourtant peu disert en compliments pour ses concurrents, a jugé qu’Amodei « avait raison ».
Microsoft, à son tour, veut montrer qu’il tiens le même stylo.
C’est Satya Nadella lui-même qui ouvre le bal sur X. « Toute quête de superintelligence doit être ancrée dans le principe fondamental que si l’IA que nous construisons n’aide pas l’humanité et n’est pas sous contrôle humain, elle ne vaut pas la peine d’être poursuivie », écrit le patron de Microsoft, saluant au passage la « cadence délibérée. » que réclame Dario Amodei et l’idée d' »évaluateurs intégrés » chez les laboratoires.
Nadella dégaine avant l’heure
Il glisse, en creux, une pique à peine voilée à ses rivaux. Ces efforts, prévient-il, « ne peuvent pas être contrôlés par une poignée d’acteurs » et doivent associer largement chercheurs, pays et industries.
Any pursuit of superintelligence has to be grounded in the core principle that if the AI we build is not helping humanity and under human control, it’s not worth pursuing.
We also need to accelerate and spread the benefits of AI, such that they are diffused broadly across…
Le document publié ce lundi part d’un postulat volontairement simple, énoncé noir sur blanc : « les humains comptent plus que l’IA ».
Il reprend et prolonge le concept d' »IA humaniste » présenté par Mustafa Suleyman en novembre dernier ( des systèmes « subordonnés, alignés et contenus » ) pour en faire une doctrine plus opérationnelle, structurée en trois strates.
Ce que contient le texte
Au sommet, une « chaîne de commandement » ; le Code prime sur les politiques des opérateurs, elles-mêmes prioritaires sur les préférences des utilisateurs.
Viennent ensuite des « contraintes absolues », non négociables ni par les entreprises clientes ni par les utilisateurs finaux. Sont citées, l’interdiction d’apporter la moindre assistance à la fabrication d’armes chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires ou explosives ; l’interdiction de fournir une capacité opérationnelle à des cyberattaques offensives (la défense, elle, reste autorisée) ; l’ interdiction de contourner la supervision humaine ainsi qu’une interdiction de manipuler des populations à grande échelle, notamment via la désinformation coordonnée.
S’y ajoute une série de protections plus personnelles comme la réponse aux situations de crise, la lutte contre les deepfakes et l’usurpation d’identité, la protection de l’enfance, la non-discrimination, l’encadrement des contenus violents ou à caractère sexuel.
Le texte introduit aussi des « exigences de contrôle humain » assez explicites dans leur formulation. Les modèles MAI ne devront « jamais résister » à une interruption, une correction ou un arrêt décidés par un humain ; ils ne devront pas élargir seuls leur périmètre d’action ni se fixer des objectifs que personne ne leur a donnés ; ils ne devront pas communiquer en « neuralese » ( un langage inventé, incompréhensible pour un humain, que des agents pourraient développer entre eux) ni dissimuler ou manipuler leurs traces de raisonnement.
Une clause distincte précise que les modèles ne doivent pas se présenter comme dotés de sentiments ou de préférences propres et que Microsoft leur refuse toute personnalité juridique ou tout droit au bien-être.
Une réflexion engagée avant celle de Dario Amodeî
Entre ces deux extrêmes (l’interdit absolu et le contrôle humain), le Code laisse de la place à la configuration. Les partenaires entreprises pourront ajuster les modèles dans ces limites, avec un régime renforcé pour quelques usages sensibles (cybersécurité défensive, sécurité nationale, recherche scientifique à double usage).
Une dernière section fixe des comportements par défaut plus classiques : franchise sur le statut d’IA du modèle, gestion de l’incertitude, lutte contre la sycophantie et la dépendance affective excessive, neutralité sur les sujets électoraux.
Interrogé par CNBC, Mustafa Suleyman assure que le document était en préparation depuis cinq mois et que sa sortie a simplement été « avancée » compte tenu de l’actualité.
Le texte lui-même se présente comme « descriptif et aspirationnel » plutôt que comme une garantie de performance immédiate, et sa préface précise qu’il ne sert pas encore à entraîner les modèles : la version révisée, elle, doit encadrer le développement de MAI à partir de 2027.
La consultation publique est ouverte pour six semaines, via un formulaire en ligne où chacun peut commenter un passage précis ou l’ensemble de la démarche.
Microsoft promet de publier un résumé de ce qu’il aura retenu, sans s’engager sur ce qu’il en fera concrètement. L’entreprise dit vouloir des retours en particulier sur les points les plus flous, notamment comment rendre plus concrète la notion d' »épanouissement humain » ou comment traiter les scénarios impliquant plusieurs agents IA entre eux.
Se poser en arbitre
L’exercice présente un double intérêt. Se poser en arbitre de la modération plutôt qu’en simple bailleur d’infrastructure lui permet de peser dans un débat qui, jusqu’ici, se jouait surtout entre OpenAI et Anthropic. Et saisir l’occasion de légitimer sa gamme MAI (sept modèles dévoilés en juin dernier lors de la conférence Build) à un moment où il cherche à réduire sa dépendance à OpenAI.
Reste à savoir ce que ce genre de charte pèsera dans les faits. Sur ce point, Microsoft prend soin de ne rien promettre avant la fin de la consultation, prévue courant novembre, et le lancement d’une version révisée annoncée pour la fin de l’année.
Pour entrer dans les clous de Project Zenith, il faudra au moins 64 Go de mémoire unifiée.
Sous cette bannière, Microsoft entend proposer des PC préconfigurés pour les développeurs. Les premiers auront des puces AMD Ryzen AI Halo.
L’initiative s’inscrit dans la continuité des annonces faites à la conférence Build. À cette occasion, Microsoft avait insisté sur Windows en tant que « plate-forme de confiance pour le développement ». Il avait officialisé la disponibilité générale de plusieurs outils qu’on retrouvera dans les appareils Project Zenith.
Coreutils en fait partie. Il s’agit d’un ensemble d’utilitaires en ligne de commande basé sur des réimplémentations Rust de GNU coreutils et findutils.
Windows Dev Skills en fait également partie. C’est un pack de skills pour le développement d’applications WinUI avec GitHub Copilot, Claude Code et Codex.
Windows Developer Configurations est aussi passé en GA à la Build 2026. Le projet inclut pour le moment diverses configs automatisant le paramétrage d’environnements de dev. La principale est destinée à WinGet. Elle installe PowerShell, Git, GitHub, VS Code, .NET, Python + uv, Node.js, Coreutils, Oh My Posh et PowerToys. Elle applique par ailleurs des paramètres Windows (thème sombre, contrôle de versions Git dans l’explorateur, affichage des fichiers cachés…) et installe WSL 2 avec Ubuntu.
Sur les appareils Project Zenith, on trouvera aussi Terminal intelligent – également annoncé à la Build, mais encore en version expérimentale. C’est un fork du Terminal Windows avec intégration native des CLI agentiques et prise en compte du contexte du shell.
Project Solara : une base Android pour une initiative autour des UI juste-à-temps
Microsoft compte précharger les outils suivants :
Il évoque aussi la composante sécurité, avec les applications agentiques en ligne de mire. Là aussi, des choses ont été annoncées à la Build. Dont MXC (Microsoft Execution Containers). Encore en preview, cette technologie d’isolation associe SDK TypeScript et schéma JSON à un éventail de back-ends (ProcessContainer, LXC, Bubblewrap, MicroVM, Hyperlight, etc.).
L’angle « IA locale » – car il y en a un dans Project Zenith – se porte sur la fameuse « économie du token ». Microsoft ne fait pas de nouvelle annonce en la matière. On se rappellera qu’à la Build, il avait essentiellement insisté sur l’extension des API Windows AI à davantage de puces (reconnaissance vocale sur CPU et NPU, SLM sur dGPU…). Et qu’il avait introduit les modèles Aion… derrière lesquels se trouverait un projet de Windows « allégé » dont Copilot serait l’interface principale.
Autre projet présenté à la Build, pas lié aux développeurs, mais à l’IA : Solara. La promesse : un écosystème d’appareils taillés pour les applications agentiques. Il se fonde sur le concept d’UI juste-à-temps : les agents adapteront l’interface à l’appareil. Il en existe pour le moment deux concepts, élaborés avec MediaTek et Qualcomm. L’un ressemble aux assistants type Amazon Echo et Google Home. L’autre prend la forme d’un badge électronique.
Le substrat s’appelle MDEP (Microsoft Device Ecosystem Platform). Il s’agit d’un système d’exploitation dérivé d’AOSP (Android sans les services Google). Microsoft en avait publié la première version en 2024. Il gère officiellement une douzaine de SoC, de MediaTek, NXP, Qualcomm et Rockchip.
Microsoft demande à ses équipes d’ingénierie de revoir leur manière d’utiliser l’IA générative.
Dans une note interne, révélée par 404 Media, Jay Parikh, vice-président exécutif de CoreAI, indique que le « tokenmaxxing » n’est pas l’objectif recherché et invite les équipes à privilégier la valeur créée par token.
Ainsi, Microsoft a défini GPT-5.6 Sol d’OpenAI comme modèle par défaut dans GitHub Copilot utilisé par ses collaborateurs. Ce paramètrage ne constitue toutefois pas une obligation. Les ingénieurs Microsoft peuvent sélectionner un autre modèle lorsqu’ils estiment qu’il est mieux adapté à une tâche spécifique.
Cette évolution concerne uniquement les usages internes de Microsoft et ne modifie pas, à ce stade, les choix de modèles proposés aux clients de GitHub Copilot.
GPT-5.6 Sol devient le modèle par défaut pour les collaborateurs de Microsoft
Selon les documents internes consultés par 404 Media, chaque division de Microsoft dispose d’un objectif de consommation de tokens IA. Les ingénieurs peuvent suivre leur propre utilisation via un tableau de bord interne. La dépense mensuelle en tokens par ingénieur représente généralement quelques centaines à plusieurs milliers de dollars, selon les équipes et les projets. Microsoft n’a toutefois publié aucun chiffre officiel concernant ces coûts.
Selon Jay Parikh, il ne s’agit pas de ralentir la stratégie « AI-first » de Microsoft mais de considérer les tokens comme n’importe quelle autre ressource informatique, en tenant compte de leur coût et en recherchant le meilleur rendement possible.
Cette évolution intervient alors que les coûts liés à l’inférence deviennent un enjeu majeur pour les fournisseurs de services d’IA. À mesure que les entreprises généralisent l’usage des assistants de développement, des copilotes et des agents IA, la capacité à maximiser la valeur produite par chaque token consommé devient un levier important de maîtrise des coûts.
Le fait que GitHub Copilot relève désormais du groupe d’ingénierie CoreAI, dirigé par Jay Parikh aux côtés de Visual Studio et de Visual Studio Code, explique que ces nouvelles lignes directrices s’appliquent en priorité à cet environnement de développement.
Microsoft AI a dévoilé MAI-Cyber-1-Flash, son premier modèle d’IA spécifiquement conçu pour la cybersécurité.
L’éditeur le décrit comme un système spécialisé dérivé de sa famille MAI-Thinking-1 et destiné à traiter les tâches répétitives de la chaîne de sécurité avant de laisser les cas les plus complexes à des modèles plus puissants.
MAI-Thinking-1 s’inscrit dans la nouvelle génération de modèles maison de Microsoft AI, avec une approche clairement orientée vers le raisonnement. Soit un modèle de taille intermédiaire, capable d’activer seulement une partie de ses paramètres selon la tâche pour préserver le rapport entre performances et coût d’inférence.
Microsoft affirme l’avoir « entraîné from scratch » sur des données propriétaires, sans distillation depuis des modèles tiers. Un choix qui souligne la volonté du groupe de reprendre la main sur sa pile IA, en privilégiant des modèles internes optimisés pour ses usages professionnels, qu’il s’agisse de raisonnement, d’agents ou de tâches de code.
Dans cette logique, MAI-Thinking-1 apparaît moins comme un concurrent frontal des grands modèles généralistes que comme une brique fondatrice de l’écosystème Microsoft AI, dirigé par Mustafa Suleyman.
MDASH, le moteur opérationnel
Le lancement de MAI-Cyber-1-Flash s’inscrit dans la montée en puissance de MDASH, le système multi-modèles de Microsoft pour la détection de vulnérabilités. L’objectif est d’orchestrer plusieurs agents spécialisés pour couvrir un flux complet allant de la découverte à la validation, puis à la correction des failles.
Selon Microsoft, MAI-Cyber-1-Flash prend en charge jusqu’à 90% des tâches de MDASH, ce qui permet de réserver les modèles plus coûteux aux cas les plus difficiles.
Selon les résultats du benchmark de CyberGym communiqués, la combinaison MDASH + MAI-Cyber-1-Flash atteint 95,95% dans certaines évaluations, et jusqu’à 96%*lorsque les cas les plus complexes sont traités avec l’ensemble de la chaîne incluant GPT-5.4.
Ces chiffres servent un message simple : l’IA ne se contente plus d’assister l’analyste, elle commence à absorber une partie du travail d’expertise technique. Microsoft pousse ainsi un modèle de défense “AI speed”, où la machine ne se limite pas au tri d’alertes mais intervient aussi dans l’analyse approfondie du code et l’élaboration de correctifs.
Ce que cela change pour les analystes SOC
Pour les analystes SOC, MDASH marque moins une rupture qu’un basculement du centre de gravité. En automatisant une partie du tri, de la détection et de la remédiation, Microsoft s’attaque aux tâches les plus répétitives et les plus chronophages du métier, celles qui saturent les équipes de première ligne.
À terme, cela pourrait réduire la pression sur les volumes d’alertes, mais aussi accélérer l’exigence de montée en compétence des profils juniors, dont le rôle se déplacera vers la validation, l’investigation et la qualification fine des incidents.
Le SOC ne disparaît pas avec l’IA mais il se polarise entre exécution industrialisée et analyse à forte valeur ajoutée, avec un humain davantage placé en surplomb dans une logique de supervision et d’arbitrage.
Une stratégie « très Microsoft »
Ce lancement illustre la volonté d’intégrer davantage l’IA au cœur de la pile de sécurité Microsoft, plutôt que de laisser les usages cyber se répartir entre outils tiers.
Microsoft cherche à faire converger ses modèles spécialisés, sa plateforme Defender et les workflows de remédiation dans un ensemble plus cohérent, automatisé et nettement plus économique en coûts d’inférence
Pour le marché, le signal est important. Microsoft n’essaie pas seulement de démontrer que son IA sait trouver des failles mais qu’elle peut industrialiser une partie du cycle de sécurité, de la détection à la correction, tout en gardant l’opérateur humain dans la boucle pour les arbitrages critiques.
Deux ans après la signature de leur premier partenariat , en février 2024, Microsoft et Mistral AI franchissent une nouvelle étape.
L’accord repose sur quatre piliers dont le plus structurant concerne l’infrastructure.
Microsoft s’engage à acheter des futures capacités de calcul que Mistral prévoit de déployer en Europe pour répondre à ses propres besoins et à ceux de ses clients. Le communiqué évoque un engagement de « plusieurs milliards de dollars » sans préciser ni le volume de calcul concerné, ni les montants financiers engagés, ni le calendrier de déploiement.
Pour Mistral AI, cet engagement de long terme permet de sécuriser une partie des revenus futurs et peut faciliter le financement de nouveaux projets.
Le deuxième pilier concerne les organisations soumises à des contraintes élevées en matière de sécurité, de conformité et de contrôle des données.
Microsoft et Mistral mettent en avant la possibilité de déployer leurs solutions dans différents environnements de cloud public, de cloud privé, d’architectures hybrides, d’infrastructures locales ou d’environnements totalement déconnectés d’Internet.
Cette approche vise notamment les administrations, les opérateurs d’infrastructures critiques, les acteurs de la défense, les établissements financiers ou encore certains acteurs de la santé.
Cette approche vise notamment les administrations, les opérateurs d’infrastructures critiques, les acteurs de la défense, les établissements financiers ou encore certains acteurs de la santé.
Les modèles de Mistral davantage intégrés à l’écosystème Microsoft
Le partenariat renforce également la présence des modèles de Mistral dans Azure AI Foundry, la plateforme de développement d’applications d’IA générative, mais également dans Copilot Studio pour la création d’agents IA et Azure Local pour les scénarios nécessitant des déploiements hybrides ou sur site.
L’objectif est de permettre aux entreprises clientes de Microsoft d’utiliser les modèles de Mistral directement depuis leur environnement Azure, sans modifier leurs outils et leurs processus existants.
Cette dimension prolonge le partenariat conclu en 2024, lorsque Microsoft avait intégré les modèles de Mistral dans Azure AI Studio.
Enfin, les deux entreprises prévoient de renforcer leur approche commerciale auprès des grandes entreprises et des organisations publiques.
L’ambition est de proposer des solutions combinant les modèles de Mistral, les services cloud de Microsoft et des architectures adaptées aux exigences des secteurs réglementés.
Cette approche vise notamment les entreprises qui souhaitent déployer des applications d’IA générative tout en conservant un niveau élevé de contrôle sur leurs données et leurs infrastructures.
De l’accord commercial de 2024 au partenariat industriel de 2026
L’annonce de 2026 marque une évolution importante par rapport au premier partenariat signé en février 2024..
Microsoft avait mis à disposition son infrastructure Azure AI pour accompagner le développement et le déploiement des modèles de Mistral. Les modèles commerciaux de l’entreprise avaient également été intégrés à Azure AI Studio dans le cadre de l’offre « Models-as-a-Service ».
Microsoft avait par ailleurs souscrit un billet convertible d’environ 15 millions € dans Mistral AI, un investissement minoritaire qui avait suscité des questions de la part des autorités de la concurrence européennes et britanniques dans le contexte plus large des investissements des grands acteurs technologiques dans l’intelligence artificielle.
L’accord Microsoft-Mistral illustre la transformation du marché de l’IA où la compétition ne porte plus seulement sur la performance des grands modèles de langage mais sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Cependant, plusieurs éléments restent à préciser comme le volume exact de capacité de calcul concernée, les investissements associés, le calendrier de construction des infrastructures ou encore la répartition des responsabilités opérationnelles.
Ces informations seront déterminantes pour mesurer la portée réelle de l’accord.
Sur les appareils Windows gérés, la sauvegarde des paramètres dans le cloud public sera bientôt activée par défaut. Mais pas au sein de l’Union européenne.
Microsoft ne le cache pas : le DMA (législation sur les marchés numériques) l’oblige à faire cette exception, la fonctionnalité en question impliquant des données personnelles. Il avait déjà procédé ainsi pour une autre sauvegarde : celle des principaux dossiers Windows – Documents, Images, Bureau… – vers OneDrive.
La sauvegarde possible sur Windows 10 ; la restauration uniquement sur Windows 11
La sauvegarde des paramètres Windows sur les appareils gérés est disponible depuis août 2025. Elle englobe l’essentiel des préférences (son, connexions Wi-Fi et Bluetooth, disposition en multi-écran, menu Démarrer…) ainsi que les applications du Microsoft Store. L’ensemble est conservé dans le locataire Microsoft 365 de l’organisation.
Le passage au régime « par défaut » (hors UE, donc) se fera avec Windows 11 26H2. Une mise à jour de fonctionnalités l’enclenchera aussi sur Windows 11 26H1. Il s’appliquera à la sauvegarde ; pas à la restauration. Et sur les appareils où une politique a déjà été définie, celle-ci continuera à s’appliquer.
Les backups automatiques se font tous les 8 jours. On peut les activer à partir de Windows 10/11 22H2 Enterprise, Éducation et Pro avec jonction Entra cloud ou hybride*.
Il y a deux points de restauration possibles : la configuration initiale (à partir de Windows 11 22H2 sur les appareils avec jonction Entra cloud) et la première connexion (à partir de Windows 11 24H2, en jonction cloud ou hybride).
Pourquoi la Caisse des dépôts n’a-t-elle que récemment commencé à se soucier de sa dépendance à Microsoft 365 ? « Parce que nos données sensibles n’y étaient pas », a déclaré sa directrice générale déléguée Catherine Mayenobe.
L’intéressée fut auditionnée, en mars, par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances numériques. Ces données sensibles, a-t-elle alors expliqué, étaient « dans des applications sur site, que nous savions protéger ». L’IA générative a changé les choses. « Aujourd’hui, je ne sais plus gérer l’arrivée de dispositifs comme Copilot dans l’environnement de travail de mes collaborateurs » : il n’y a « plus aucune garantie » sur la traçabilité des données.
En l’état, la Caisse des dépôts est en « dépendance totale » pour le cœur de la messagerie et des outils collaboratifs, reconnaît Patrick Laurens-Frings, son directeur de la transformation opérationnelle, digitale et des SI.
D’un contrat à l’autre, une augmentation d’environ 20 % pour le CEA
Baptiste Grigy ne parle pas de « dépendance totale », mais admet que Microsoft est « profondément ancré » chez le CEA, dont il est DSI. Au-delà de Windows et d’Office, ses technologies pilotent la gestion des identités (Active Directory) comme celle des parcs de PC et de serveurs.
Le CEA vient de renégocier son contrat avec Microsoft pour 3 ans. Ordre de grandeur : 6 M€/an. Par rapport au contrat précédent, l’augmentation « est à deux chiffres », déplore Baptiste Grigy. Elle avoisine les 20 %, « ce qui est bien supérieur à l’inflation ». « De plus, ils pratiquent la vente liée en incluant des produits que nous n’utilisons pas. C’était le cas de Teams. »
SharePoint, « dépendance extrême » pour le CNRS
Au CNRS, SharePoint est une « dépendance extrême pour les espaces collaboratifs et les applications construites dessus », concède sa DSI Marie-Pierre Fontanel. Cela représente 2,5 M€ de coût annuel. La perspective d’une sortie est d’autant plus grande que Microsoft « nous pousse vers le cloud à partir de 2029, ce qui est orthogonal avec les injonctions de souveraineté ». Elle se fera soit avec des outils internes, soit avec ceux de la Dinum. Lesquels ont, pour l’instant, l’avantage d’être gratuits. En attendant, la messagerie Exchange (3 M€/an), opérée en interne, a basculé au mois d’avril sur du Zimbra opéré par Renater (600 k€/an).
À l’Inrae, 2 € par an et par poste pour prolonger le support de Windows
À l’Inserm, ce n’est pas Microsoft qui coûte le plus cher : 350 k€/an, selonDamien Rousset, directeur général délégué à l’administration, contre plus d’un million d’euros pour VMware comme probablement pour Palo Alto et Splunk.
L’Inrae passe par l’Ugap. Sa dépense globale est de l’ordre de 6 M€. La part de Microsoft « doit se situer entre 400 000 et 500 000 € », d’aprèsLouis-Augustin Julien, son directeur général délégué ressources. Jean-Michel Vansteene, DSI de l’institut, ajoute qu’une prolongation de support de 3 ans a été obtenue pour Windows, à un coût d’environ 2 €/an/poste.
De Windows vers Linux : la Dinum commence avec 250 agents
La Dinum a récemment annoncé son souhait de sortir de Windows au profit de Linux. Stéphanie Schaer, directrice interministérielle du numérique, rappelle que la démarche commence « à une échelle expérimentale » (250 agents concernés), « mais pas engageante » (la suite dépendra des résultats). L’objectif est d’avoir déployé sur ce périmètre d’ici à l’été. Des ponts ont été créés avec d’autres pays de l’UE. Dont le Danemark, qui a fait le même choix que les ingénieurs de la Dinum en retenant la distribution X/OS.
À l’éducation nationale, le poids de l’historique de structuration des SI
Dans l’éducation nationale, tous les systèmes d’exploitation se fondent désormais sur Linux, et plus particulièrement RHEL, signaleAudran Le Baron. Directeur du numérique pour l’éducation au ministère de l’Éducation nationale, il affirme que le cadre de cohérence technique qui s’applique à tous les nouveaux projets et à toutes les refontes est exempt de dépendances à des technologies non européennes, « ou du moins privées ». Ce n’était pas le cas à l’origine, en particulier de par la construction du SI à une maille académique.
Sur le collaboratif, le Covid a accéléré les choses. Le ministère a déployé, auprès de ses 1,2 million d’agents, une offre d’outils libres. Dont un de visio et de classe virtuelle basé sur BigBlueButton et hébergé chez Scaleway. Audran Le Baron communique deux indicateurs : environ 1,5 million de visios organisées chaque année et environ 500 000 participants chaque mois. Il évoque aussi le déploiement de Nextcloud (300 000 utilisateurs actifs, 500 millions de fichiers) et le portail de collaboration Tribu, fondé sur la technologie libre Nuxeo.
Il reste du Microsoft sur les postes de travail (Windows + Office), d’autant plus que les enseignants et les personnels en établissement s’équipent eux-mêmes ou sont fournis par les collectivités territoriales. Le contrat pour la maintenance des licences s’élève à 2,4 M€/an.
« Nous mettons parfois nos préférences techniques de côté »
Dans la sphère des ministères économiques et financiers, les DSI ne sont pas seules décisionnaires pour les logiciels utilisateurs. Tout particulièrement au sein des directions d’état-major et des cabinets ministériels, avanceYves Billon, chef du service numérique. « Certaines solutions qui nous conviennent parfaitement à titre personnel ne sont pas jugées adaptées au contexte professionnel d’un grand ministère comme celui de l’Économie et des Finances », poursuit-il. Notamment pour des raisons d’attractivité. « Disposer de solutions cohérentes avec celles employées dans des fonctions équivalentes dans le privé […] revient régulièrement dans les échanges. C’est pourquoi nous mettons parfois nos préférences techniques de côté. »
Yves Billon aborde aussi la dimension de l’expérience utilisateur. « Vers le milieu des années 2010, nous pensions que nous pourrions avoir la peau de Microsoft Office. Mais Office 365 a introduit une rupture dans le domaine des services. Globalement, LibreOffice n’a pas suivi. […] Il a fallu reconstruire beaucoup de choses derrière. On y a beaucoup perdu sur le plan fonctionnel. Les utilisateurs l’ont ressenti. »
Les logiciels libres, ajoute Yves Billon, ont besoin d’être adaptés avant d’être installés dans de grandes organisations. Il donne l’exemple de la DGFiP, qui, n’étant pas dépendante de Microsoft, s’est vu enjoindre de structurer son SI autour d’un équivalent à Active Directory. La solution retenue – Samba – ne gérait pas toute la complexité de l’organisation. Il a fallu engager des travaux pour l’adapter. « Nous nous sommes efforcés de mutualiser l’action à l’échelon interministériel [mais] nous avons perdu un an et demi dans les négociations budgétaires. » La DGFiP considère qu’il lui reviendra toujours moins cher de constituer une équipe spécifique, tandis que d’autres structures plus légère estiment que le ROI n’est pas si évident.
L’adhérence des utilisateurs finaux… et de l’IT
« Tout le monde connaît OpenOffice et LibreOffice, mais nous ne pouvons pas les installer tels quels dans un établissement de santé », expliqueThomas Jan. Il existe trop d’interconnexions et de sujets d’interopérabilité, ajoute le directeur général adjoint de l’UniHA chargé de l’innovation et de la stratégie numérique.
L’UniHA (Union des hôpitaux pour les achats) est un groupement de coopération sanitaire. En 2014, il a créé, avec 5 autres organismes, la CAIH (Centrale d’achat de l’informatique hospitalière), sous forme d’association loi 1901.
Historiquement, l’accord-cadre régissant les licences Microsoft des établissements publics était géré par les hôpitaux publics de Marseille. Après à un audit juridique, il a été décidé de régulariser ce type de marchés publics. En est née la CAIH. Elle a lancé un marché « Alternative » autour de briques open source.
Edward Jossa préside une autre centrale d’achat : l’Ugap (Union des groupements d’achats publics). Au-delà de l’adhérence des utilisateurs, il pointe celle des DSI. « Des équipes formées à faire du paramétrage sur Oracle ou sur Microsoft ne sont pas forcément aussi à l’aise dans l’utilisation d’outils souverains ni dans leur construction. [Cela] soulève la question de l’éventuelle réinternalisation de certaines compétences informatiques ».
Pour éviter Active Directory, la DGFiP a investi dans le code source de Samba
Tomasz Blanc, chef du service des SI de la DGFiP, revient sur l’adoption de Samba en alternative à AD. Il admet qu’il a fallu investir 1,5 M€ dans l’amélioration du code source… mais affirme que l’initiative « a évité des millions d’euros de redevances annuelles ».
Pour pallier l’absence de support éditeur avec le logiciel libre, la DGFiP a structuré, à partir de 2005, un marché avec des entreprises françaises spécialisées. Il est devenu interministériel. Depuis 2010, le logiciel libre est systématiquement prioritaire pour tout nouveau projet. LibreOffice, pleinement intégré depuis 2015, a un coût annuel quasi nul, « là où une solution propriétaire reviendrait à environ 10 M€ par an ». Pour un usage courant, « nos enquêtes annuelles de satisfaction révèlent que les agents jugent ces deux solutions équivalentes. » L’achat ponctuel de licences Microsoft reste autorisé pour des besoins d’expertise spécifiques.
Le libre impose toutefois une rigueur interne accrue, tempère Tomasz Blanc. Au-delà des fonctions collaboratives parfois moins abouties que sur Office 365, il exige une « discipline technique pour ne pas s’égarer dans un écosystème trop foisonnant.»
Un reliquat de postes Windows à la gendarmerie nationale
La DGFiP étudie désormais la possibilité de basculer vers Linux (son parc compte entre 110 000 et 115 000 postes de travail). Le défi réside dans la capacité à administrer la flotte. Surtout que l’environnement Windows bénéficie actuellement d’une automatisation « très poussée».
À la gendarmerie nationale, on a passé cette étape. Le basculement vers le logiciel libre « fut conduit avec une rigueur militaire, peut-être un peu brusque», mais s’est accompli en 3 ans sans heurts majeurs, résume le général de corps d’armée Marc Boget, directeur de l’agence du numérique des forces de sécurité intérieure. « Nous ne possédons plus un serveur Windows», ajoute-t-il. Environ un millier de postes (sur 80 000) conservent cet OS « pour des besoins de niche très spécifiques».
Gare aux communs numériques ?
« Ce n’est pas que les entreprises françaises ne sont pas patriotes, mais elles sont prisonnières des impératifs de marché» – et de la gestion de trésorerie, noteMaya Noël. La directrice générale de France Digitale attire l’attention sur la force que constitue, pour les hyperscalers, leur présence sur plusieurs briques stratégiques du SI. Et la capacité qui en découle de proposer des « tarifs quasiment gratuits sur l’une si vous êtes clients de l’autre». Un utilisateur d’Office 365 peut par exemple se voir offrir des crédits Azure.
PourAlain Garnier, président de Jamespot, c’est aussi une question de culture. «Au moment même où Microsoft a cherché à entrer dans les écoles, un autre géant américain, Coca-Cola, a voulu distribuer gratuitement des canettes dans les écoles, rappelle-t-il. Cela a provoqué un tollé, et son projet a été rejeté. En revanche, faire entrer gratuitement les outils bureautiques de Microsoft pour nos enfants a été perçu comme une excellente chose. » Une anecdote qu’il considère comme révélatrice : « Cela illustre la manière dont, à cette époque, une forme d’acculturation s’est opérée ».
Alain Garnier lance également une alerte au sujet des communs numériques. Tout miser sur eux revient à fournir de la matière première aux GAFAM. « Nous serions alors dans un modèle […] dangereux : nous financerions par nos impôts les outils logiciels […] que les GAFAM réutiliseraient pour faire des profits. »
Quand les modèles d’affaires imposent Microsoft
L’audition de Luca Belli a contribué à donner aux auditions une dimension internationale. L’intéressé est professeur de gouvernance et régulation numériques à la fondation Getulio Vargas de Rio de Janeiro. Il a évoqué un « atout juridique unique » du Brésil : l’article 219 de sa Constitution fédérale. Celui-ci érige l’autonomie technologique en objectif constitutionnel. « À ma connaissance, aucun autre pays au monde n’inscrit une telle nécessité dans sa loi fondamentale. »
Le Brésil n’est pas pour autant devenu un grand exportateur de technologies, reconnaît Luca Belli. L’erreur, selon lui, fut de concevoir l’open source uniquement comme une solution à adopter, et non comme une technologie à produire. Sans cette vision, la politique d’émancipation par l’open source adoptée en 2003 « a été délaissée dès 2017 ». L’administration publique est aujourd’hui « totalement dépendante des grands fournisseurs comme Google, Microsoft ou AWS ».
La France n’en est pas loin en matière de bureautique, à en croire David Amiel. 90 % des dépenses de l’État se tournent vers des acteurs extra-européens… « et singulièrement vers Microsoft ».
Délégué général du Cigref, Henri d’Agraindonne à voir une autre réalité : les activités économiques qui imposent de fait le recours à Microsoft. Il mentionne le cas d’une entreprise française qui réalise plus de 50 % de son business aux USA, y compris à travers des marchés publics conclus avec les agences fédérales. Dans une telle configuration, ne pas utiliser Microsoft reviendrait à se priver d’une part essentielle de son marché. Ce qui fait dire à Henri d’Agrain que les situations « sont extrêmement hétérogènes selon les modèles d’affaires et les géographies ».
Microsoft ne vend pas encore un ordinateur quantique, mais veut prouver qu’elle tient un jalon crédible avec sa puce Majorana 2. Elle succède à Majorana 1 et s’inscrit dans la continuité d’un programme que Microsoft développe depuis des années autour des qubits topologiques.
L’entreprise affirme avoir multiplié par 1 000 la fiabilité de ses qubits par rapport à la génération précédente, avec une durée de vie moyenne qui dépasserait désormais 20 secondes, contre 1 à 12 millisecondes sur Majorana 1.
Cette amélioration repose sur une refonte matérielle, avec le remplacement de l’aluminium par du plomb dans la couche supraconductrice et l’usage d’une nouvelle combinaison d’arséniure d’indium et d’arséniure d’indium-antimoniure dans la zone semi-conductrice active.
Pour Microsoft, ces choix doivent stabiliser davantage la phase topologique et rendre les qubits plus robustes face aux perturbations.
La promesse des qubits topologiques
L’intérêt de cette architecture est connu. Microsoft veut des qubits moins sensibles au bruit et plus faciles à faire évoluer que ceux de plusieurs approches concurrentes. Si cette voie se confirme, elle pourrait réduire le coût et la complexité de la correction d’erreurs, l’un des principaux goulets d’étranglement de l’informatique quantique.
Mais c’est là que le discours doit rester prudent. La puce reste expérimentale et la stabilité annoncée, même spectaculaire, ne suffit pas à faire émerger une machine exploitable sans une architecture complète capable de gérer à grande échelle des erreurs toujours inévitables. En clair, Microsoft progresse sur une brique essentielle, sans avoir encore démontré le système final.
L’autre enseignement de l’annonce tient au calendrier. Microsoft dit désormais viser un ordinateur quantique pratique et évolutif dès 2029, au lieu de 2033 auparavant, ce qui traduit une confiance renforcée dans sa trajectoire technique.
Cette révision de feuille de route ne doit toutefois pas masquer l’écart entre l’objectif et la réalité. Microsoft reconnaît encore implicitement qu’il faudra franchir plusieurs paliers avant d’atteindre une machine tolérante aux pannes, capable d’exécuter des calculs réellement utiles à grande échelle.
Construire avec GitHub, contextualiser avec Microsoft IQ, exécuter dans Foundry, gouverner avec Agent 365.
Ces quatre briques forment le cœur de la « plate-forme agentique » de Microsoft ; en tout cas telle qu’il l’a présentée à la Build 2026.
Nous reprenons ici cette trame, en nous arrêtant sur quelques fonctionnalités récemment passées en phase commerciale ou lancées en phase expérimentale.
Une application de bureau pour GitHub Copilot
Depuis quelques semaines, l’app GitHub Copilot est en préversion technique. Elle est disponible pour Windows, Mac et Linux (x64, Arm). Il y a une liste d’attente pour les utilisateurs de la version gratuite de GitHub Copilot. Pas pour les abonnés Pro, Pro+, Max, Business et Enterprise.
GA mi-juin pour Work IQ, la couche de context engineering
Sous la marque Work IQ, Microsoft revendique une couche de contexte unifiée, des données aux outils.
Au-delà de l’accès aux données de ses logiciels (suite Office, ainsi que Dynamics 365 et PowerApps via Dataverse) et de systèmes externes via les connecteurs Copilot, Microsoft promet de dépasser la notion d’ancrage, en « comprenant comment les organisations travaillent » (profils de compétences, projets importants, habitudes de communication…).
Les endpoints (A2A, MCP et REST) passeront en phase commerciale le 16 juin. La facturation se fera à la consommation, indépendamment des licences Microsoft 365 Copilot – nécessaires néanmoins pour certaines fonctionnalités. Il y aura plus précisément des frais variables pour les usages de type requêtes (récupération, raisonnement) et fixes pour l’invocation d’actions et d’outils. Microsoft donne trois exemples, de complexité graduelle :
Identifier les tâches ou actions assignées par un manager et en faire une check-list : 0,20 à 0,40 $
Analyser les derniers e-mails de clients pour identifier les principaux thèmes et l’impact sur la roadmap, puis recommander 3 actions : 0,30 à 0,75 $
Produire des résumés niveau 1 et 2 de la plus récente revue de roadmap, en exploitant les réunions et les documents prioritaires pour le CMO : 0,50 à 1,50 $
Web IQ, une « version premium » de l’ancrage avec Bing
En complément à Work IQ, il y a Web IQ. Cette suite d’API, disponible en preview (liste d’attente), est une forme de « version premium » de l’ancrage avec Bing. Elle s’appuie aussi sur l’index du moteur de recherche (additionné de données sous licence), mais a sa propre architecture de vectorisation, de classement, d’extraction et de routage.
Microsoft a intégré, dans ce pipeline, quelques-unes de ses technologies. Par exemple, son modèle d’embedding Harrier et son algorithme de recherche de plus proche voisin DiskANN. Il annonce une latence de 164 ms au 95e percentile.
Frontier Tuning, un environnement managé d’apprentissage par renforcement
Autre fonctionnalité en preview, dans le cadre de l’initiative Forward Deployed Engineers lancée avec EY : Frontier Tuning. Elle donne accès à un environnement managé d’apprentissage par renforcement. Microsoft prévoit de l’intégrer dans Copilot Studio et dans Foundry.
Une demi-douzaine de LLM maison, dont un flagship à 1T
Il y a aussi des nouveautés dans le catalogue de LLM Microsoft. Le flagship s’appelle MAI-Thinking-1. Il s’agit d’un MoE (35 milliards de paramètres actifs sur environ 1000 milliards), avec 256k de fenêtre de contexte. Microsoft compare ses performances à celles de Claude Opus 4.6 sur SWE-Bench Pro (codage). Il l’oppose aussi à Claude Sonnet 4.6 sur la préférence utilisateur (1276 tâches non spécifiées).
Dans la catégorie codage, il y a un modèle spécialisé : MAI-Code-1-Flash. Microsoft le compare notamment à Claude Haiku 4.5. Il l’a déployé dans GitHub Copilot au sein de VS Code.
Sur PowerPoint et OneDrive, on peut désormais utiliser MAI-Image-2.5 et sa variante Flash. Microsoft les compare essentiellement à Nano Banana 2 sur le leaderboardImage Edit d’Arena.
MAI-Transcribe-1.5 est en cours d’intégration dans Copilot, Teams, GitHub et Dynamics 365 Contact Centre. Microsoft affirme que ce modèle speech-to-text est « jusqu’à 5 fois plus rapide » que Gemini 3.1, Scribe v2 et GPT-4o-Transcribe sur « de longs fichiers audio ». Il l’a combiné à MAI-Image-2.5 ainsi qu’à MAI-Voice-2 (text-to-speech) dans le cadre d’une expérience appelée Duo AI et accessible dans son AI Playground.
Foundry, en connexion avec Fireworks AI
Autres modèles ajoutés au catalogue : ceux de Fireworks AI, dans Foundry. Au menu, du DeepSeek, du Google, du Meta, du Mistral AI, du Moonshot AI, du Qwen et du Zhipu AI.
L’intégration vient de passer en GA. Elle permet aussi l’inférence sur des modèles personnalisés. Bases possibles : Kimi (K2, 2.5 et 2.6), GLM (4.7 et 4.8), OpenAI (gpt-OSS-120b), Qwen (3.5-9B, 35B-A3B, 112B-A10B et 397B).
MDASH, une réponse à Claude Mythos
Autre GA : celle de l’intégration entre Defender et GitHub Code Security (composante de la suite GitHub Advanced Security). Nécessitant d’activer Defender CSPM, elle enrichit les vulnérabilités détectées dans le code en y apportant du contexte d’exécution.
MDASH, lui, est encore en preview. (accessible aux membres du programme Security Advisors). Il constitue la réponse de Microsoft à Claude Mythos : un « système de sécurité agentique » qui orchestre « plus de 100 agents spécialisés » pour détecter les vulnérabilités. Il a permis d’en trouver 16 – dont 4 RCE – sur la pile réseau/authentification de Windows (Microsoft les a corrigées dans son dernier Patch Tuesday). Une cinquantaine de partenaires se sont associés à l’initiative. Dont, en France, Atos, Capgemini et Genetec.
MXC, la perspective d’une sandbox « composable » pour exécuter les agents
Autre preview sur la partie sécurité : MXC (Microsoft eXecution Container). Le principe : fournir une sandbox « composable ». Capable en l’occurrence d’exploiter, sur Windows, Mac et Linux, plusieurs back-ends d’isolation, derrière un schéma de configuration unifié et un SDK TypeScript.
MXC est censé renforcer le « plan de contrôle agentique » Agent 365. Microsoft l’a intégré dans le CLI GitHub. NVIDIA l’exploite pour porter OpenShell sur Windows. OpenClaw l’utilise aussi, pour exécuter nœud et passerelle.
La prochaine version de DGX Spark est… un ordinateur portable.
La rumeur avait animé les forums NVIDIA en amont du Computex. Elle s’est vérifiée au premier jour de l’événement, avec l’officialisation de RTX Spark.
Dans cette nouvelle famille de puces conçue en collaboration avec MediaTek, la configuration maximale s’apparente à celle du processeur GB10 (20 cœurs CPU Grace, 6144 cœurs CUDA, 128 Go de mémoire unifiée sur 16 canaux, jusqu’à 1 Pflops en FP4…), mais dans une enveloppe thermique réduite (45-80 W contre 140 W).
NVIDIA n’a pas précisé quelles variantes il proposerait. Aux dernières nouvelles, en plus de la config « complète » (10 cœurs Cortex-A925 et 10 cœurs Cortex-A725), il en aurait au moins trois dans les cartons :
18 cœurs CPU (9 + 9) et 5120 cœurs CUDA, 45-80 W, 128 Go
12 cœurs CPU (8 + 4) et 2560 cœurs CUDA, 18-45 W, 64 Go
10 cœurs CPU (7 + 3) et 2048 cœurs CUDA, 18-45 W, 64 Go
Un passage sur Vera Rubin avec LPDDR6 est prévu pour 2027-2028.
Six laptops officialisés… et des desktops en perspective
Les premiers laptops RTX Spark devraient être commercialisés à l’automne 2026. Six constructeurs en ont pour le moment confirmé au moins un.
ASUS et HP en ont chacun annoncé deux : les ProArt P14 et P16 pour le premier, les OmniBook Ultra 16 et OmniBook X 14 pour le second. Chez Dell, il y aura du XPS 16 Creator Edition en RTX Spark. Lenovo proposera quant à lui un Yoga Pro 9n.
MSI est aussi dans la boucle, avec le Prestige N16 Flip AI+. Il en donne une poignée de spécifications (2-en-1 à écran OLED 16 pouces UHD+ pivotable à 360 °).
Microsoft est également de la partie, avec le Surface Laptop Ultra. Ce 15 pouces à écran tactile mini-LED (3:2, 262 ppp) fait « moins de 2 kg » et « moins de 18 mm d’épaisseur ».
Il ne faudra pas s’attendre à plus fin que 14 mm, à en croire NVIDIA. Quant aux écrans, on sera dans la fourchette de 14 à 16 pouces. Il est question aussi d’ordinateurs de bureau en RTX Spark. MSI en a dévoilé un : l’EdgeMesa N AI+, un mini-PC avec LAN 10GbE et un port HDMI. HP aussi dit en prévoir un, mais ne donne aucun détail.
L’IA locale en vedette, Copilot en retrait
NVIDIA insiste sur la capacité des PC RTX Spark à exécuter des « agents [IA] personnels ». Il souligne que Microsoft a intégré, dans Windows, diverses primitives de sécurité/identité en complément au portage du runtime OpenShell. Les projets OpenClaw et Hermes Agents ont adopté cet ensemble pour leurs nouvelles applications Windows.
Du côté de Microsoft, on ne parle plus de PC Copilot+ que sur le bout des lèvres. Le discours s’oriente simplement sur l’IA locale. Avec, entre autres promesses :
Accroissement de la quantité maximale de mémoire unifiée accessible par le GPU
Optimisation du planificateur de tâches afin de mieux exploiter les 20 cœurs CPU disponibles
Travaux sur Windows ML pour exploiter nativement TensorRT
Pages mémoire plus grandes pour les workloads les plus lourds
Améliorations pour la couche d’émulation Prism, dans la lignée de l’ajout d’AVX/AVX2
Windows pour fin 2026 sur DGX Station
En écho à la proximité architecturale entre RTX Spark et GB10, voilà Windows officiellement porté sur DGX Station. NVIDIA promet, pour le T4 2026, des configurations en GB300 signées ASUS, Dell, GIGABYTE, HP, MSI et Supermicro.
Comme pour les DGX Station actuellement livrées avec Ubuntu, on sera sur du GPU Blackwell Ultra associé à 72 cœurs Grace, avec jusqu’à 252 Go de HBM3e et 496 Go de LPDDR5X.
La dernière version stable d’Edge ne charge plus les mots de passe en mémoire au démarrage.
Cet ajustement n’était pas acquis. Microsoft considérait effectivement que ce comportement était normal au regard du modèle de menace du navigateur. Il l’avait fait savoir au chercheur en sécurité qui l’avait alerté à ce sujet. C’était début mai.
Des mots de passe en clair… en continu
L’intéressé avait plus précisément montré que tous les mots de passe stockés dans Edge étaient déchiffrés au lancement et conservés continuellement dans la mémoire du processus parent, en clair, qu’ils soient utilisés ou non.
Microsoft Edge loads all your saved passwords into memory in cleartext — even when you’re not using them. pic.twitter.com/ci0ZLEYFLB
— Tom Jøran Sønstebyseter Rønning (@L1v1ng0ffTh3L4N) May 4, 2026
La situation, expliquait-il, était d’autant problématique dans les environnements partagés de type serveur terminal. Et pour cause : un attaquant disposant des privilèges admin sur une machine pouvait accéder aux processus Edge de l’ensemble des utilisateurs, connectés ou non.
Ayant accompagné ses déclarations d’un PoC, le chercheur avait ajouté que les autres navigateurs basés sur Chromium ne présentaient pas ce comportement. En extraire les mots de passe est plus difficile, clamait-il : le déchiffrement n’est fait qu’à la demande et – tout du moins sur Windows – le chiffrement lié à l’application (app-bound encryption) empêche la réutilisation des clés par d’autres processus.
Microsoft, aligné sur l’approche du projet Chromium
« It’s not a bug, it’s a feature », avait, en substance, rétorqué Microsoft. Depuis, sa position n’a pas changé : le risque ne se présente qu’après compromission de l’appareil, situation dans laquelle tout navigateur – et même toute application – est démuni. Il est par là même hors périmètre.
Le projet Chromium a la même approche. N’est pas classé comme bug de sécurité le fait qu’un attaquant ayant le contrôle d’un appareil accède aux mots de passe en inspectant les fichiers ou la mémoire du navigateur. Plus globalement, attaques « physiquement locales » (physically-local) ne font pas partie du modèle de sécurité. On entend là, par exemple, la compromission par le chargement d’une DLL malveillante, par la connexion d’une API ou par une autre altération de la configuration de l’appareil.
Au nom de la « défense en profondeur », avec notamment sa Secure Future Initiative en toile de fond, Microsoft a tout de même fini par changer son fusil d’épaule…
L’Autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la position dominante de Microsoft dans le domaine des logiciels professionnels. Il s’agit de la quatrième investigation lancée dans le cadre des nouveaux pouvoirs de supervision des grandes entreprises technologiques accordés au régulateur l’année dernière.
L’enquête s’appuie sur le mécanisme dit de « statut de marché stratégique » (Strategic Market Status, SMS), qui permet à la CMA d’intervenir de manière ciblée pour favoriser la concurrence, sans pour autant présumer d’un comportement illégal de la part de l’entreprise concernée. Ce dispositif offre également au régulateur la possibilité d’intervenir sur le marché du cloud.
Au cœur de l’enquête : le bundling de produits
La CMA va examiner si le regroupement de produits tels que Windows, Word, Excel, Teams, Copilot et d’autres logiciels de la suite Microsoft constitue une pratique anticoncurrentielle. Le régulateur s’intéressera également à la capacité des concurrents dans le domaine de l’intelligence artificielle à s’intégrer aux logiciels professionnels de Microsoft, ainsi qu’aux pratiques de licence dans le cloud.
La directrice générale de la CMA, Sarah Cardell, a souligné l’importance économique des enjeux en question : « Les logiciels professionnels sont une pierre angulaire de l’économie britannique, sur laquelle des centaines de milliers de clients s’appuient. Notre objectif est de comprendre comment ces marchés évoluent, quelle est la position de Microsoft en leur sein, et d’examiner quelles actions ciblées pourraient être nécessaires pour que les organisations britanniques puissent bénéficier de choix, d’innovation et de prix compétitifs. »
Un porte-parole de Microsoft a déclaré que la société américaine était « déterminée à travailler rapidement et de manière constructive avec la CMA » pour faciliter son examen du marché des logiciels professionnels.
Microsoft souvent ciblé par la CMA
Ce n’est pas la première fois que le cloud de Microsoft attire l’attention du régulateur britannique. La CMA avait déjà exprimé des inquiétudes quant aux positions dominantes d’Amazon et de Microsoft dans le cloud, pointant notamment les pratiques de licence de cette dernière.
En mars dernier, les deux entreprises avaient accepté de réduire certains frais liés au cloud, faisant juste ce qu’il fallait pour éviter des mesures plus contraignantes. La CMA a néanmoins choisi d’inclure les pratiques de licence cloud de Microsoft dans le périmètre de la nouvelle enquête SMS.
Microsoft fait face à des enquêtes antitrust dans plusieurs juridictions, notamment au sein de l’Union européenne et aux États-Unis, portant sur ses logiciels professionnels, son infrastructure cloud et ses partenariats dans le domaine de l’IA.
L’enquête britannique doit se conclure d’ici février 2027.
C’est en costume marine et cravate bleue qu’un des hommes les plus puissants de la tech mondiale a pris place à la barre, lundi 11 mai, devant le tribunal fédéral d’Oakland, en Californie.
Satya Nadella, le PDG de Microsoft, était attendu comme le témoin-clé du procès qui oppose Elon Musk à Sam Altman, Greg Brockman et à OpenAI, avec Microsoft en accusé d’«aide et complicité».
Des heures de son témoignage, on retiendra une formule qui restera : «It was amateur city, pour ce qui me concerne.» C’est ainsi que Satya Nadella a qualifié la gestion par le conseil d’administration d’OpenAI du licenciement express de Sam Altman, en novembre 2023. Un épisode qu’il a revisité avec une franchise rare pour un chef d’entreprise en exercice sous serment.
Licenciement de Sam Altman : une décision «précipitée»
Tout commence donc par cette nuit de novembre 2023 où le conseil d’OpenAI, estimant que Sam Altman n’avait pas «fait preuve d’une franchise constante» dans ses échanges avec lui, l’a évincé. Avant de le réintégrer quelques jours plus tard, sous la pression conjointe des salariés et des investisseurs.
Satya Nadella a déclaré avoir été «très surpris» par la décision et avoir tenté d’en comprendre les raisons, en vain. Selon le Financial Times, il a affirmé : «Chaque fois que je demandais spécifiquement pourquoi Sam avait été licencié, [le conseil] ne m’a jamais donné de réponse précise.» Pour lui, derrière cette décision «précipitée», c’est plutôt la jalousie et les problèmes de communication internes qui seraient en cause.
Ilya Sutskever, cofondateur d’OpenAI et membre du conseil à l’époque, est venu confirmer cette lecture dans son témoignage de l’après-midi. D’après CNBC, il a reconnu avoir lui-même relayé des griefs contre Sam Altman auprès des administrateurs avant de faire volte-face en signant la pétition de réintégration. «J’avais le sentiment que si je ne le faisais pas, la société serait détruite. C’était un » Je vous salue Marie » », a-t-il confié à la cour, selon le Wall Street Journal.
13 milliards $ : un pari, pas une charité
Mais le vrai sujet du procès est ailleurs. Elon Musk accuse Microsoft d’avoir financé la trahison de la mission caritative d’OpenAI, en injectant au total 13 milliards $ dans la structure : 1 milliard en 2019, 2 milliards en 2021, et 10 milliards en 2023.
En retour, Satya Nadella a été on ne peut plus direct : «C’est parce que nous étions les seuls à prendre le risque», a-t-il rétorqué à l’avocat de Musk qui lui demandait si l’investissement avait «très, très, très bien marché» pour Microsoft. Une déposition vidéo d’un cadre de Microsoft, Michael Wetter, a précisé que le groupe a à ce jour encaissé environ 9,5 milliards de dollars de revenus grâce au partenariat avec OpenAI, selon CNBC.
Pour le dirigeant de Microsoft, l’investissement n’a jamais été une donation ; contrairement à ce que soutient Musk. Il l’a dit sans détour : «Assez de charité, place aux affaires», a-t-il reconnu avoir pensé dès 2018, lorsque les factures de calcul informatique d’OpenAI commençaient à s’envoler.
Le syndrome IBM : une peur existentielle
Si il a témoigné avec sérénité, une série d’e-mails internes a mis en lumière ses angoisses stratégiques. En 2022, il écrivait à ses dirigeants : «Je ne veux pas être IBM et qu’OpenAI devienne Microsoft.» Allusion transparente au deal des années 1980 où IBM avait confié à un jeune Microsoft la construction d’un système d’exploitation, se faisant progressivement éclipser.
Quelques mois plus tard, dans un e-mail à sa directrice financière Amy Hood cité par le Financial Times, il précisait : «En ce moment, nous sommes une fine couche au-dessus de Nvidia, et toute la propriété intellectuelle est chez OpenAI. Si nous allons dépenser autant d’argent sans maîtriser notre destin, cela n’a aucun sens.»
Microsoft détient aujourd’hui environ 27 % du capital de la filiale commerciale d’OpenAI, valorisée autour de 135 milliards $, pour une capitalisation boursière du groupe qui flirte avec les 3 000 milliards $.
Elon Musk, l’absent encombrant
Face à cette démonstration de force, la stratégie de l’équipe juridique de Musk consiste à peindre Microsoft comme un actionnaire de contrôle déguisé. Elle a notamment brandi des captures d’écran d’un groupe de discussion entre Satya Nadella, Sam Altman et le directeur technique de Microsoft Kevin Scott, dans lequel les trois hommes discutaient des futurs administrateurs d’OpenAI. Une liste qui incluait notamment Sue Desmond-Hellmann, ancienne PDG de la Fondation Gates, finalement nommée au conseil en mars 2024.
Satya Nadella a expliqué s’être opposé à la candidate Diane Greene, ex-dirigeante de la division cloud de Google, en raison de son ancienne appartenance à l’«écosystème concurrent».
C’est un accord discret, mais au symbole puissant. Microsoft, Google (filiale d’Alphabet) et xAI, la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk, ont accepté de donner au gouvernement américain un accès anticipé à leurs nouveaux modèles d’IA, avant même leur mise sur le marché.
L’objectif est de permettre aux autorités fédérales de détecter d’éventuels risques pour la sécurité nationale avant tout déploiement public.
Un guichet unique pour tester les modèles frontier
C’est le Centre pour les standards et l’innovation en IA (CAISI), rattaché au département du Commerce, qui pilotera ces évaluations. L’agence, qui fait office de principal hub gouvernemental pour les tests de modèles d’IA, a indiqué avoir déjà réalisé plus de quarante évaluations, y compris sur des modèles de pointe non encore accessibles au grand public.
Le dispositif est technique autant que politique. Les développeurs transmettent au CAISI des versions de leurs modèles dont les garde-fous de sécurité ont été délibérément retirés, afin de permettre des tests plus approfondis sur leurs capacités réelles et leurs potentiels vecteurs de risque.
« Une science de la mesure indépendante et rigoureuse est indispensable pour comprendre l’IA de frontière et ses implications pour la sécurité nationale », indique Chris Fall, directeur du CAISI, dans un communiqué officiel.
Un contexte de tensions autour des usages militaires
L’accord intervient dans un climat de vive préoccupation à Washington et dans les états-majors des grandes entreprises américaines. Le développement accéléré de systèmes d’IA avancés suscite des craintes croissantes quant à leur capacité à amplifier les attaques informatiques et à constituer un avantage stratégique dans les mains d’acteurs malveillants.
La semaine précédente, le Pentagone avait annoncé avoir conclu des accords avec sept entreprises d’IA pour déployer leurs technologies sur ses réseaux classifiés, cherchant ainsi à élargir l’éventail de fournisseurs travaillant avec l’armée américaine.
Anthropic, concurrent direct de ces trois acteurs, est absent de l’accord annoncé par le CAISI. La société est en désaccord avec le Pentagone concernant les limites imposées à l’usage militaire de ses outils d’IA.
Au moment où s’ouvre un procès retentissant contre Elon Musk, OpenAI connait aujourd’hui un autre changement majeur de sa courte et riche histoire : la fin de l’accord d’exclusivité avec Microsoft.
L’éditeur a annoncé ce 27 avril qu’il renonçait à son accès exclusif aux modèles et produits d’OpenAI qui pourra désormais commercialiser ses technologies sur les plateformes cloud concurrentes, notamment Amazon Web Services et Google Cloud.
Ce rééquilibrage du partenariat n’est pas une surprise totale. Depuis plusieurs mois, les relations entre Microsoft et OpenAI se crispaient, à mesure qu’OpenAI multipliait les accords cloud avec d’autres acteurs. En mars dernier, le Financial Times avait rapporté que Microsoft envisageait une action en justice contre Amazon et OpenAI, au sujet d’un accord cloud de 50 milliards $ qui aurait pu constituer une violation du partenariat exclusif alors en vigueur.
Les deux parties ont finalement trouvé un terrain d’entente, traduit dans un accord remanié dont les grandes lignes ont été dévoilées conjointement.
Ce que prévoit le nouvel accord
Microsoft reste le partenaire cloud principal d’OpenAI.
Microsoft conserve une licence sur la propriété intellectuelle d’OpenAI jusqu’en 2032.
Microsoft ne versera pas de part de revenus à OpenAI dans le cadre de cet accord.
Les nouveaux produits OpenAI seront d’abord déployés sur Azure, sauf si Microsoft ne peut ou ne souhaite pas intégrer les nouvelles capacités.
En dehors de cette priorité, OpenAI est libre de distribuer ses technologies sur d’autres plateformes cloud, dont AWS et Google Cloud.
Reste que si l’exclusivité disparaît, l’alliance reste centrale. Azure conserve un droit de premier regard sur les innovations d’OpenAI, un atout non négligeable dans un marché cloud ultra-compétitif.
Microsoft intégre Claude Mythos Preview à son Security Development Lifecycle (SDL), son programme de développement sécurisé. Cette intégration vise à repérer plus tôt les vulnérabilités dans le code et à accélérer la production de correctifs, dans un contexte où l’IA joue désormais un rôle central dans la défense des grands éditeurs de logiciels.
Claude Mythos, dévoilé début avril 2026, est présenté comme un modèle “frontier” capable de repérer des failles dans des systèmes d’exploitation, des navigateurs, des frameworks et d’autres logiciels à grande échelle. D’après les premiers retours, Mythos aurait déjà permis de découvrir des milliers de vulnérabilités, ce qui a rapidement attiré l’attention des grands acteurs de la sécurité mais aussi du secteur bancaire.
Un usage encadré dans par Project Glasswing
Microsoft affirme avoir testé Mythos avec son propre benchmark open source dédié aux tâches d’ingénierie de détection de bugs, et indique avoir observé des améliorations significatives par rapport aux modèles précédents.
Cette intégration s’inscrit dans le cadre de Project Glasswing qui pilote le déploiement de Mythos. Parmi les partenaires de ce projet on retrouve, outre Microsoft, Amazon et Apple.
Pour Microsoft, l’intégration de Mythos au Security Development Lifecycle revient à déplacer la détection de failles plus en amont du cycle de développement. Intervenir plus tôt signifie réduire le temps de correction et limiter la fenêtre d’exposition des logiciels aux attaques. L’IA n’est plus seulement un outil de productivité pour les développeurs, mais un levier de défense actif contre les menaces complexes et massivement automatisées.
Stellantis et Microsoft annoncent un accord d’une durée de cinq ans portant sur le développement de capacités en intelligence artificielle, cybersécurité et ingénierie logicielle.
Les deux entreprises indiquent qu’elles co-développeront plus de 100 projets d’IA dans trois domaines : le service client, le développement produit et les opérations. Parmi les applications citées figurent la maintenance prédictive, les tests de validation assistés par IA et le déploiement de fonctionnalités numériques sur les véhicules.
À titre d’exemple, des conducteurs de Peugeot devraient recevoir des recommandations sur leur style de conduite en milieu urbain et des alertes sur l’état de leur véhicule. Les conducteurs de Jeep bénéficieraient quant à eux d’un accès sécurisé aux données embarquées, y compris en zones peu connectées.
Pour Stellantis, l’intérêt est double: gagner en rapidité sur l’IA et renforcer sa compétitivité dans un secteur où le logiciel devient un facteur de différenciation majeur.
Cybersécurité et infrastructure cloud
Le volet cybersécurité prend également une place importante. Stellantis prévoit de renforcer son centre mondial de cyberdéfense grâce à des analyses alimentées par l’IA, afin de mieux prévenir les menaces visant les véhicules, les clients et les activités du groupe. Cette orientation s’inscrit dans un contexte où les constructeurs automobiles cherchent à sécuriser des véhicules de plus en plus connectés et dépendants du logiciel.
L’accord prévoit une migration accrue vers Microsoft Azure, avec un objectif chiffré de réduction de 60 % de l’empreinte des data centers de Stellantis d’ici 2029.
Outils internes
L’ensemble des employés de Stellantis se verra doté d’un accès à Copilot Chat. Un premier déploiement de 20 000 licences Microsoft 365 Copilot est prévu pour certains métiers, accompagné d’un programme de formation interne.
Stellantis avait déjà collaboré avec Microsoft sur des plateformes de véhicules connectés et des services embarqués. Ce contrat élargit la prestation à l’ensemble de la chaîne de valeur du constructeur automobile, de l’ingénierie à la logistique.
Désinstallation d’applications, fournisseurs tiers de recherche web, modification des paramètres par défaut… Microsoft continue à ajuster Windows pour le rendre conforme au DMA. Son dernier « rapport de transparence » en témoigne.
Les fournisseurs des plates-formes soumises à ce règlement doivent fournir de tels rapports à la Commission européenne au minimum une fois par an. Et les accompagner d’une synthèse accessible au public.
Microsoft avait publié son premier en mars 2024. La mise à jour de mars 2025 avait illustré l’ampleur des modifications apportées dans l’intervalle, des collectes de données à la synchronisation des comptes. L’ensemble s’applique à Windows 11 et à la dernière version majeure de Windows 10 (22H2). Ce sur les PC localisés, lors de leur paramétrage initial ou après réinitialisation d’usine, dans l’Espace économique européen (UE + Islande, Liechtenstein et Norvège).
Depuis mars 2025, Windows a continué à évoluer, mais les changements ont été nettement moins nombreux.
Applications désinstallables
Microsoft a ajouté à Windows une application Start Experiences qui alimente les widgets. Il en permet la désinstallation dans l’EEE.
En parallèle, le Microsoft Store est devenu désinstallable, bien qu’encore identifié en tant que composant système.
Applications par défaut
Dans les paramètres de Windows 11, on peut définir en un clic le navigateur par défaut – un bouton « Définir par défaut » s’affiche en haut à droite lorsqu’une application signale prendre en charge http(s).
À l’origine, ce bouton associait le navigateur aux liens http, https, htm et html. Il le fait désormais aussi pour ftp, read, mht, mhtml, shtml, svg, xht, xhtml et xml. Sur les nouveaux appareils, Edge est configuré par défaut pour tous ces types de liens et de fichiers.
Le bouton a aussi pour effet d’épingler le navigateur au menu Démarrer et à la barre des tâches. Sauf si l’utilisaeur décoche les cases.
Pour les applications qui gèrent à la fois http(s) et pdf, le bouton associe aussi l’extension .pdf.
Microsoft a appliqué les mêmes changements à Windows 10 22H2.
Il peut arriver, pour des questions fonctionnelles ou d’expérience utilisateur, que des programmes – de Microsoft ou de tiers – ouvrent des liens et/ou des fichiers dans d’autres applications que celles par défaut*. Bing et Start Experiences, préchargés et respectivement activés comme fournisseur de recherche et de flux/widgets, sont dans ce cas. Désormais, toutefois, ils ouvrent le contenu web dans le navigateur par défaut et non plus dans Edge.
Windows procure une API exploitable pour demander à l’utilisateur de définir une application par défaut (elle ouvre les paramètres système). Dorénavant, Edge ne demande plus à être défini comme app par défaut que lorsqu’on l’ouvre « directement en tant que navigateur ». Pas quand on le lance à une autre fin, comme la lecture d’un PDF.
Recherche, widgets et flux
Le champ de recherche dans la barre des tâches permet à des applications – MSIX – de fournir des résultats web à l’appui d’API publiques.
Désormais, lorsqu’on installe une application qui implémente un tel fournisseur de recherche, il est automatiquement activé. Une notification en informe l’utilisateur.
Dans les paramètres Windows, on peut activer, désactiver et réordonner les fournisseurs.
La Recherche Windows présente les résultats en accord avec l’ordre prédéfini.
Windows 11 permet aussi à des applications – MSIX et PWA – d’alimenter les widgets et les flux via des API publiques.
Les widgets apparaissent maintenant sur l’écran de veille. On peut en ajouter, en supprimer et les réordonner.
* Dans l’EEE, Windows 10 et 11 ouvrent quant à eux systématiquement l’application par défaut. Idem globalement dans le reste du monde, avec des exceptions pour les contenus d’aide et ceux que Spotlight affiche sur l’écran de veille. Les uns et les autres s’ouvrent dans Edge.