Airbus a sélectionné Scaleway comme fournisseur d’une infrastructure cloud destinée à moderniser certaines applications métiers tout en intégrant des capacités dédiées à l’intelligence artificielle.
Airbus avait lancé un appel d’offres pour identifier un fournisseur capable de combiner des capacités cloud performantes, un contrôle opérationnel européen, une sécurité juridique et une autonomie stratégique pour ses applications sensibles et ses données industrielles.
Scaleway fournira une plateforme pour prendre en charge des applications couvrant la conception des aéronefs, l’ingénierie, la production industrielle et les opérations de l’entreprise.
Selon Airbus, l’hébergement de ces systèmes dans un environnement cloud européen doit renforcer la protection de sa propriété intellectuelle et de ses données industrielles, tout en assurant la continuité de ses opérations aéronautiques à l’échelle mondiale.
« Le fait que les modèles Mistral soient déjà déployés sur l’infrastructure Scaleway nous permettra d’accélérer notre approche en matière d’IA », a déclaré Catherine Jestin, directrice du numérique chez Airbus.
Airbus migrera environ 70 applications critiques vers Scaleway d’ici fin 2028. Au maximum, le programme pourra couvrir jusqu’à 900 applications au cours des cinq à six prochaines années.
Scaleway annonce l’acquisition de Qarnot, société spécialisée dans le calcul haute performance (HPC) pour l’ingénierie, la simulation et la recherche.
Avec ce rachat, Scaleway ajoute une offre HPC dédiée à sa plateforme cloud et IA, aux côtés de ses services de cloud et d’intelligence artificielle existants.
Qarnot a développé une technologie de refroidissement liquide direct des serveurs. Selon l’entreprise, ce procédé permet de récupérer jusqu’à 95 % de la chaleur produite par les serveurs HPC, sans effet sur les performances de calcul. Cette chaleur est ensuite réinjectée dans des réseaux de chauffage urbain, des équipements publics ou des sites industriels.
Refroidissement liquide et récupération de chaleur
Qarnot compte parmi ses clients MaiaSpace, Alpine Racing, Natixis et ATR Aircraft. Sa plateforme est utilisée pour des simulations complexes avec des cycles de validation ramenés de plusieurs jours à quelques heures selon l’entreprise et une capacité de calcul ajustable à la demande, sans dépendre d’un cluster interne.
Les deux entreprises s’appuient sur les standards de l’Open Compute Project pour la conception de leurs infrastructures.
Damien Lucas, CEO de Scaleway, indique que l’enjeu porte désormais sur la valorisation de l’énergie consommée par le calcul au-delà de sa seule efficacité et que l’expertise de Qarnot en récupération de chaleur fatale s’inscrit dans cette logique.
Les conditions financières de l’opération ne sont pas communiquées.
En juin dernier, Scaleway avait fait l’acquisition de Saagie qui développe une plateforme de DataOps permettant d’automatiser, orchestrer et superviser les projets de données sur l’ensemble de leur cycle de vie, de la collecte à l’exploitation.
Entre 2 % et… 600 % : telle est la fourchette d’augmentation de prix qui s’appliquera chez Scaleway au 1er juin 2026.
La hausse touche divers services cloud (instances virtuelles, serverless, stockage, réseau). Elle affecte aussi quelques serveurs bare metal (Iridium) et les Dedibox. Ainsi que certaines extensions de noms de domaine.
Aucune instance GPU épargnée
Toutes les instances de développement sont concernées. Les DEV1 et les PLAY2 prendront 2 %. Quant à la STARDUST, la moins chère, elle voit son tarif horaire augmenter de 300 % (de 0,00015 à 0,0006 €).
Trois familles d’instances à usage général vont coûter plus cher : GP1 (+ 2 %), PRO2 (+ 2 %) et BASIC3 (+ 3 %).
Les STANDARD2, STANDARD3, BASIC2 et POP2 échappent à la hausse de prix.
Pas de hausse non plus pour les instances optimisées calcul (COMPUTE3, POP2-HC), mémoire (MEMORY-3, POP2-HM) et réseau (POP2-HN).
En revanche, les instances GPU sont toutes concernées. En l’occurrence, les L40S (+ 5 %), les L4 (+ 5 à + 5,6 %) et les H100 (+ 5 à + 10 %).
Le serverless compute va coûter (nettement) plus cher
Sur la partie serverless compute, les prix augmentent sur trois plans :
Mémoire pour jobs et conteneurs : + 100 % (de 0,000001 à 0,000002 €/Go-s)
Provisionnement : + 39 % (de 0,0000036 à 0,000005 €/Go-s)
Consommation : + 42 % (de 0,000012 à 0,000017 €/Go-s)
Le stockage object prend 10 % en classe Standard Multi-AZ ; 7 % en classe Standard One Zone. Même augmentation pour le stockage bloc (SSD), tandis que les snapshots coûteront 11 % de plus.
Jusqu’à 25 % pour les IPv4 flexibles et près de 50 % pour les load balancers
Les IPv4 flexibles régionales et zonales reviendront respectivement 14 et 25 % plus cher.
Scaleway facturera 18 % de plus pour une passerelle publique M et 31 % en S. Ce sera + 25 % pour les IP associées.
Les load balancers S et M prendront respectivement 44 et 46 % (et les IP, 25 %).
La plus grosse hausse, de 600 %, concerne les zones DNS pour domaines externes (passage de 0,001 à 0,007 €/h).
Autour de 15 % pour les Iridium et les Dedibox Core
Côté serveurs bare metal, les hausses se concentrent sur la gamme la plus performante : les Iridium (en AMD EPYC). Les plus importantes seront pour l’EM-I520E (+ 14 %, à 569,99 €/mois), l’EM-I220E (+ 15 %, à 229,99 € et l’EM-I320E (+ 17 %, à 349,99 €).
Même stratégie pour les serveurs dédiés (Dedibox), avec des augmentations centrées sur la famille Core. Au programme, de + 12,5 % (XS, passant à 134,99 €/mois) à 16,7 % (M, passant à 349,99 €).
8 % pour le .eu, 23 % pour le .ai, 33 % pour le .dev…
Au-delà des coûts de la RAM et du stockage, Scaleway estime qu’il ne peut plus non plus couvrir la hausse des prix de gros des noms de domaine. Voici la situation pour une poignée d’entre eux :
TLD
Ancien prix – création
Nouveaux prix – création
Ancien prix – renouvellement
Nouveau prix – renouvellement
.ai
130 €
160,03 € (+ 23 %)
260 €
160,03 €
.app
22,98 €
29,51 € (+ 28 %)
22,98 €
29,51 € (+ 28 %)
.com
12,32 €
12,34 €
12,32 €
12,34 €
.dev
19,08 €
25,32 € (+ 33 %)
19,08 €
25,32 € (+ 33 %)
.eu
5,52 €
5,98 € (+ 8 %)
5,52 €
5,98 € (+ 8 %)
.io
90,01 €
98,89 € (+ 10 %)
90,01 €
98,89 € (+ 10 %)
.me
15,83 €
18,46 € (+ 17 %)
15,83 €
18,46 € (+ 17 %)
.net
13,09 €
13,11 €
14,42 €
14,44 €
.org
11,93 €
8,61 €
13,14 €
14,56 € (+ 11 %)
.site
32,73 €
36,01 € (+ 10 %)
32,73 €
36,01 € (+ 10 %)
.tech
52,23 €
63,96 € (+ 22 %)
52,23 €
63,96 € (+ 22 %)
OVHcloud est déjà passé par là
OVHcloud a lui aussi décidé d’augmentations, appliquées depuis le 1er avril.
On recense des hausses de 4 à 10 % sur certaines VM à usage général, optimisées calcul et optimisées mémoire.
Sur les instances de bases de données (MySQL, PostgreSQL, Valkey, Kafka, Opensearch), c’est 5 à 10 %. Les IP flottantes ont pris 8 %.
Pour les configurations de base (hors suppléments RAM/disque), les augmentations dans les gammes de serveurs dédiés vont de :
4 à 25 % pour les Advance
5 à 11 % pour les Rise
6 à 8 % pour la Game
3 à 9 % pour les Scale-A
3 à 10 % pour les Scale-I
Pour les HGR, 12 % (HCI) à 24 % (SAP)
Les IPv4 supplémentaires sont passées de 1,50 à 2 € HT/mois.
Dans la gamme VPS, de nombreuses références 2026 ont pris entre 40 et 50 %.
Et le futur hébergeur du Health Data Hub est… Scaleway.
La transition depuis Azure devrait se concrétiser entre fin 2026 et début 2027. À cette échéance, le nouvel hébergement permettra en tout cas permettre de « gérer en autonomie une copie de la base principale du SNDS », nous affirme-t-on.
Les offres cloud françaises et européennes sont désormais dans les clous au niveau de la sécurité, explique le Health Data Hub : les éléments attendus « sont immédiatement disponibles ou accessibles à court terme ». Scaleway fait écho à ces propos, rappelant disposer de la certification HDS et estimant avoir « démontré la crédibilité de sa trajectoire de qualification SecNumCloud ».
Il y a 7 ans, Scaleway écarté – entre autres – pour manque de PaaS
Le Health Data Hub rappelle avoir conçu la plate-forme « pour prévoir une réversibilité ». Une étude avait effectivement été conduite lors de la phase de préfiguration. Achevée en février 2019, elle avait donné l’avantage à Azure.
Sécurité
Fonctionnalité & Performance
Coûts & Délais
Azure
OVH
Pas de GPU dans l’environnement certifié HDS
Pas de véhicule contractuel existant
Santéos
Coûts de réalisation chiffrés à 2,5 M€
Durée estimée entre 5 et 8 mois, pas de véhicule contractuel
AWS
Pas agréé / certifié HDS
Pas de véhicule contractuel
GCP
Pas agréé / certifié HDS
Pas de véhicule contractuel
Docaposte
Pas de CPU / GPU dimensionné pour la science des données
–
Padawan
Pas agréé / certifié HDS
Dimensionnement ne permettant pas de répondre aux besoins du HDH
Complexité de contractualisation élevée (institut de recherche)
Teralab
Pas agréé / certifié HDS
Dimensionnement ne permettant pas de répondre aux besoins du HDH
–
CASD
Pas agréé / certifié HDS
Pas de GPU, peu de latitude pour ajouter des fonctionnalités
Tarif par utilisateur élevé
OBS
Pas de GPU dans l’offre souveraine
Offre IaaS, délai d’intégration important
Pas de véhicule contractuel existant
Outscale
Pas agréé / certifié HDS
Pas de GPU
Offre IaaS, délai d’intégration important
Dans la synthèse de cette étude, le principal fournisseur mis en avant outre Microsoft était OVH. Le Health Data Hub soulignait, en particulier, que son PaaS manquait de maturité. Il aurait ainsi fallu intégrer de nombreuses solutions tierces. Synonymes, entre autres, de traces moins cohérentes et de délais supplémentaires en phase de réalisation.
Sur la partie données, OVH n’avait pas d’alternative à Azure Data Factory (ETL, événements, workflow), Azure Data Catalog (gouvernance). Sur la partie projet, il n’en avait pas, entre autres, pour Azure DevOps, Azure CosmosDB et Power BI. En matière de sécurité, il n’avait pas d’équivalent au SIEM Sentinel, ni au coffre-fort Azure Key Vault.
Architecture initialement envisagée avec OVH
Le Health Data Hub décrivait alors l’offre d’OVH comme « principalement IaaS [mais] évoluant sur du PaaS minimisant les coûts d’intégration ». Il présentait, au contraire, celle de Scaleway comme « principalement IaaS induisant des coûts d’intégration ».
Au printemps 2020, le Health Data Hub avait mis en œuvre de sa première version. Il avait fait remarquer que les acteurs français avaient présenté des trajectoires qui retardaient d’au moins un an sa feuille de route. Seul Azure était disponible à court terme et pleinement sécurisé, avait-il ajouté.
C’est une commande publique à forte valeur symbolique. La Commission européenne a officialisé l’attribution d’un appel d’offres de 180 millions € pour ses services de cloud souverain, répartis entre quatre fournisseurs exclusivement européens pour une durée de six ans. Le contrat, lancé en octobre 2025, marque une étape concrète dans la stratégie de Bruxelles pour s’affranchir de sa dépendance aux géants technologiques non européens.
Quatre acteurs et un cahier des charges
Les heureux élus sont le luxembourgeois Post Telecom, l’allemand StackIT ( filiale du groupe Schwarz, propriétaire de Lidl et Kaufland), le français Scaleway, entité dédiée aux centres de données du groupe Iliad et le belge Proximus. Ces prestataires ont été retenus sur la base du Cloud Sovereignty Frameworkde la Commission, un référentiel qui impose notamment que des entités non européennes ne puissent exercer qu’un contrôle limité sur les technologies utilisées ou les services fournis.
Mais les consortiums qui se profilent derrière ces têtes d’affiche sont tout aussi révélateurs des équilibres industriels en jeu. Post Telecom s’appuie ainsi sur deux partenaires français : OVHcloud et Clever Cloud. Proximus, de son côté, a constitué un groupement d’envergure associant Mistral AI, Clarence, le groupe de défense Thales, ainsi que S3NS, la coentreprise de centres de données fondée par Thales et Google Cloud.
Un signal politique et industriel
« Cet appel d’offres soutient les efforts plus larges de la Commission pour renforcer sa propre souveraineté, en consolidant le contrôle stratégique sur les technologies et infrastructures clés » indique l’exécutif européen.
Pour OVHcloud, l’annonce revêt une importance particulière. Son fondateur et PDG Octave Klaba a salué la sélection du consortium Post Telecom, soulignant que ce contrat permettrait de desservir les quelque quarante agences de la Commission européenne et de « prouver qu’il existe des alternatives crédibles en Europe ».
Très heureux d’annoncer que notre consortium Post Telecom / Deep / CleverCloud / OVHcloud a été choisi pour fournir le Cloud pour les >40 agences de la Commission Européenne. Merci pour la confiance ! On sera au rendez-vous pour démontrer qu’il existe des alternatives crédibles… pic.twitter.com/47iXVfriXl
Après des années de débats et de déclarations d’intention, Bruxelles passe enfin à l’acte en orientant une commande significative vers des acteurs locaux, capables de répondre à des exigences strictes en matière de contrôle des données. Un précédent qui, espérons le, fera école auprès des États membres.