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Winamp et Deezer s’unissent pour réinventer le lecteur musical culte

30 juillet 2026 à 13:10

Le pionnier du lecteur MP3 historique et le leader français du streaming musical s’unissent pour répondre à une problématique majeure : comment concilier l’usage des fichiers locaux avec les services de streaming ? Ce partenariat stratégique vise à proposer une expérience hybride unique sur le marché mondial de la musique numérique, annonce le communiqué de presse commun de Deezer et Winamp.

Une convergence technologique pour une expérience hybride

Le cœur de cet accord repose sur l’intégration de la technologie et du catalogue mondial de Deezer au sein de l’écosystème Winamp. Plutôt que de se substituer aux plateformes existantes, Winamp entend devenir le hub ultime de l’audio. L’objectif est de fusionner en une seule interface commode le streaming premium, les fichiers musicaux locaux (MP3, etc.), les radios en ligne, les podcasts et les collections privées stockées sur le cloud.

Cette architecture nouvelle permettra aux utilisateurs et utilisatrices de ne plus avoir à jongler entre plusieurs applications pour profiter de leurs collections. Le nouveau lecteur Winamp, prévu pour début 2027, mise sur une personnalisation poussée et des fonctionnalités sociales pour offrir une identité propre. Il ne s’agit pas d’une simple surcouche de Deezer, mais d’une réinvention de l’expérience d’écoute où l’auditeur reste maître des sources d’écoute.

En s’appuyant sur la technologie de Deezer pour l’infrastructure de streaming, Winamp se concentre sur la conception de l’interface et du modèle d’abonnement. Cette stratégie permet de capitaliser sur sa base de plus de 40 millions d’utilisateurs actuels tout en modernisant un logiciel qui a pourtant peu évolué techniquement depuis plus de deux décennies. Pour Thierry Ascarez, directeur du développement commercial de Winamp Group, ce partenariat « marque le rapprochement de deux entreprises qui partagent une même passion pour l’innovation musicale. Deezer fournit l’infrastructure de streaming, tandis que Winamp conçoit une expérience produit entièrement nouvelle. Les utilisateurs ne découvriront pas simplement un service de streaming supplémentaire : ils découvriront une nouvelle génération du lecteur Winamp. »

Vers un nouveau standard de la consommation audio

Ce rapprochement marque une étape importante pour l’industrie, montrant que les « anciens » venus de l’ère du MP3 conservent de la valeur et peuvent se réinventer – même tardivement. Pour Deezer, c’est une opportunité de toucher une audience historique très fidèle, d’autant que la plateforme ne permet pas, contrairement à Spotify ou Tidal, de lire des fichiers audio stockés localement.

Le projet ouvre également la voie à une réflexion sur la souveraineté des données musicales et la fluidité des catalogues mixtes. En permettant l’accès simultané aux fichiers locaux et aux bibliothèques cloud, le partenariat répondrait à une demande croissante de liberté musicale que les plateformes de streaming classiques ont parfois tendance à restreindre.

Un pas de côté bienvenu dans la communication de Deezer, qui se concentrait depuis plus d’un an à ne partager que de bien tristes nouvelles au sujet de la déferlante IA sur son catalogue de musique en streaming.

Plus de 50 % des mises en ligne quotidiennes : Deezer alerte sur le raz-de-marée de la musique par IA

22 juillet 2026 à 11:10

Nouveau point d’étape pour la plateforme de streaming française Deezer, qui publiait hier un communiqué alarmant sur l’état de la musique générée par intelligence artificielle. Seulement un mois après que Deezer annonçait que 44% des mises en ligne quotidiennes sur la plateforme étaient générées par IA, le service déplore aujourd’hui plus de 50 % des uploads – soit plus de 90 000 morceaux chaque jour. Un seuil critique, qui force le service de streaming musical à prendre des mesures drastiques.

La musique générée par IA franchit un nouveau cap

Quelques jours après qu’un piratage a fait la lumière sur les pratiques de Suno, le principal pourvoyeur de musique générée par IA, Deezer publie un bilan alarmant. Plus de la moitié de la musique uploadée quotidiennement sur sa plateforme (et ses concurrents) est désormais partiellement, ou totalement générée par intelligence artificielle.

Comme l’exposait précédemment Deezer, l’écrasante majorité des titres IA publiés sur les plateformes n’ont aucune visée artistique et ne sont téléchargés que pour générer des streams (via des bots) et prétendre à une forme de monétisation. Autrement dit : piller le travail de véritables artistes pour générer un son et piocher dans la caisse qui devrait leur revenir. Deezer l’écrit noir sur blanc : c’est de la fraude. Le service de streaming français compte donc agir pour endiguer le phénomène.

À l’avenir, écrit Deezer, les titres générés par IA utilisés pour générer des streams frauduleux, ainsi que ceux qui n’ont pas été écoutés depuis six mois ou plus seront automatiquement supprimés du catalogue de la plateforme. Une méthode radicale – la plus offensive déployée par le service depuis qu’elle a entamé sa croisade contre la musique faite par IA en janvier 2025.

« Deezer est en première ligne dans la lutte contre la fraude et la réduction de la dilution des revenus liée à la musique générée par IA depuis près de deux ans. Maintenant que la moitié des uploads quotidiens sont des titres générés par IA, nous prenons des mesures supplémentaires pour protéger les droits des artistes et des auteurs-compositeurs, tout en restant concentrés sur la musique que les fans aiment réellement, déclare Alexis Lanternier, PDG de Deezer. Nous avons atteint un moment décisif, mais nous disposons de la technologie nécessaire pour suivre cette évolution, ainsi que de l’ambition de faire ce qui est juste. Si l’industrie parvient à s’aligner et à se rassembler autour de standards communs, nous pourrons construire un écosystème musical sain et durable, dans lequel la grande musique l’emporte. »

Les revenus des artistes menacés

Quand on ne s’appelle pas Shakira, Drake ou Mick Jagger, gagner sa vie sur les plateformes de streaming est mission impossible. Pour l’écrasante majorité des artistes, être présent sur Deezer, Spotify et d’autres est une simple nécessité, pour se faire un nom, être trouvable, et peut-être, avec de la chance, être intégré·e à une playlist éditoriale et voir sa carrière décoller. Mais, comment rivaliser avec des faussaires capables de produire des centaines de morceaux à la production correcte chaque jour, qu’une armée de bots viendra ensuite booster dans l’algorithme ?

D’après Deezer, qui cite une étude de la CISAC et de PMP Strategy, 25 % des revenus des artistes pourraient être menacés d’ici 2028 à cause de la musique générée par intelligence artificielle. Un « défi colossal », analyse la plateforme, qui se refuse pour autant à bannir purement et simplement la musique par IA de son catalogue.

Ce mois-ci, le concurrent Tidal a lui aussi lancé son service de labellisation de la musique AI Gen. À l’aide d’un simple curseur, les auditeur·ices peuvent choisir de masquer totalement les titres clairement identifiés comme étant générés par l’intelligence artificielle.

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