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Shorts suicidaires et leviers à neuf chiffres : le top 10 des trades les plus culottés de l’histoire crypto

Par : Magali
13 septembre 2026 à 20:00

Poker face. En 2008, Lady Gaga en faisait le titre d’un tube mondial construit, de son propre aveu, sur l’imagerie du poker et du bluff. Dans la crypto, la formule colle à une poignée de traders. Ceux-là ne montrent jamais leur jeu, jusqu’à ce que le marché ne les force à abattre leurs cartes.

Il y a ceux qui lisent des graphiques, et ceux qui parient leur réputation sur un seul chiffre. Cette liste appartient à la seconde catégorie : dix coups joués en public, documentés par la presse ou par la blockchain elle-même, sur Hyperliquid ou ailleurs. Certains ont fait exploser des fortunes, d’autres ont englouti des centaines de millions de dollars en quelques heures. Voici donc le top 10 des trades les plus culottés de notre petite histoire crypto.

Le choix de ces dix paris reste évidemment arbitraire : la crypto ne manque pas d’autres candidats tout aussi culottés.

Avant d’attaquer, un point méthodologie s’impose. Plusieurs identités citées dans cette liste reposent sur du tracking on-chain. C’est le cas du trader connu sous le pseudonyme GCR, ou des deux adresses derrière la panique sur l’UST. Enfin, c’est aussi le cas du compte lié à Garrett Jin. Ce travail est réalisé par des sociétés comme Arkham Intelligence ou Chainalysis. Il relie des portefeuilles à des schémas de transactions, mais n’établit pas une identité judiciaire au sens propre. Sauf condamnation ou aveu explicite, ces attributions restent donc des présomptions solides, pas des faits tranchés par un tribunal.

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Le classement des dix paris, en un coup d’oeil

NomDateNotionnel / perteIssueSource
Tim DraperJuin 2014~19 M$ (achat, non confirmé officiellement)Bitcoin multiplié par plus de 100 depuisPresse US de l’époque
Sam Bankman-Fried2017-2020 puis nov. 2022~1 M$/jour (arbitrage) ; empire à 32 Md$ effondré25 ans de prison, appel perdu (12/06/2026)CoinDesk
GCRAvril 202220 M$ (short LUNA)Gain quasi doublé, identité jamais confirméeArkham Intelligence (estimation)
Traders anonymes UST7 mai 2022185 M$ (ventes UST cumulées)Dépeg, -40 Md$ en quelques joursChainalysis
Three Arrows CapitalFin 2020 – été 20221,2 Md$ (position GBTC à levier)Faillite, créances de 3,5 Md$Procédures judiciaires
Avraham EisenbergOctobre 2022110 M$ (emprunté)Condamnation annulée (2025), appel des procureurs (01/2026)DL News / CoinDesk
Changpeng Zhao (CZ)6 novembre 2022FTT, déclencheur de la chute de FTX (32 Md$)Grâce présidentielle (23/10/2025)CoinDesk
James WynnMai 20251,25 Md$ (position, levier 40x)Plus de 100 M$ de pertesThe Block / CoinDesk
Trader présumé Garrett JinOctobre 2025110 M$ (positions courtes, levier 10x)Gain de 150-200 M$, puis -250 M$ (01/2026)Arkham Intelligence / The Block
Machi Big BrotherOctobre 2025 – mai 2026Positions ETH à 25x de levierPerte de plus de 75 M$Arkham Intelligence
Do Kwon (hors classement)Décembre 2025 (jugement)40 Md$ de pertes (effondrement Terra)15 ans de prisonDOJ (SDNY)

1. Tim Draper achète 30 000 bitcoins à l’aveugle aux enchères des US Marshals

Le nom de Tim Draper n’est pas nouveau dans la Silicon Valley. Ce capital-risqueur de troisième génération a déjà misé tôt sur Skype, Hotmail ou Tesla. Mais ce pedigree ne rassure personne en 2014. La crypto sort d’un scandale retentissant, et beaucoup la croient finie. En juin de cette année-là, les US Marshals mettent aux enchères 29 656 bitcoins saisis lors du démantèlement de Silk Road.

Le marché sort à peine de l’effondrement de Mt. Gox, le bitcoin vaut environ 630 dollars et personne ne veut y toucher. Draper rafle pourtant les trois lots en une seule offre. Le montant exact n’a jamais été confirmé publiquement. Mais la presse américaine de l’époque l’estime à environ 19 millions de dollars, soit près de 640 dollars par bitcoin. Il annonce qu’il ne vendra jamais.

Le pari a payé, largement : Tim Draper reste l’un des investisseurs les plus actifs et les plus bruyants de l’écosystème crypto. En avril 2026, il a de nouveau annoncé un bitcoin à 250 000 dollars sous dix-huit mois, invoquant les pressions inflationnistes sur le dollar. Il avait déjà formulé ce type de pronostic par le passé, avec un succès inégal. Il continue de juger « irresponsable » pour une entreprise de ne pas détenir de bitcoin.

2. Sam Bankman-Fried lance Alameda avec l’arbitrage coréen

Avant FTX, il y a eu le kimchi premium. À l’époque, Sam Bankman-Fried n’est encore qu’un trader quantitatif inconnu du grand public. Alameda Research, la société qu’il vient de fonder, cherche justement à se faire un nom sur ce genre d’inefficacité de marché. Entre 2017 et 2020, le bitcoin s’échange parfois 50 % plus cher en Corée du Sud qu’ailleurs. Autrement dit, cette prime s’explique par les contrôles de capitaux locaux.

Sam Bankman-Fried monte alors une machine à acheter du bitcoin à l’étranger pour le revendre en won. Le profit atteint jusqu’à un million de dollars par jour, selon ses propres déclarations rapportées par CNBC à l’époque. Ainsi, il fallait faire vite. L’opération était légale, répétitive et terriblement culottée sur le plan logistique. Il fallait déplacer du capital à travers des juridictions hostiles à ce genre de flux, jour après jour.

Après FTX : la chute, puis la prison

La suite est connue. Sam Bankman-Fried a bâti FTX sur cette réputation de trader habile, avant que l’empire ne s’effondre en novembre 2022. Condamné à 25 ans de prison pour fraude, il a perdu l’appel de sa condamnation le 12 juin 2026. Résultat : la cour d’appel du deuxième circuit a confirmé intégralement le verdict.

Il purge sa peine dans un établissement fédéral de basse sécurité près de Santa Barbara, en Californie. Sa sortie est théoriquement prévue pour 2044, sauf recours devant l’ensemble de la cour, la Cour suprême, ou grâce présidentielle qu’il chercherait déjà à obtenir. Il envisagerait même, une fois libre, de lancer sa propre cryptomonnaie.

3. GCR, le trader fantôme qui a shorté LUNA avant tout le monde

Le style de GCR détonne dans un univers où les traders exhibent volontiers leurs gains en story sur X. Lui ne communique presque jamais, sinon pour livrer un conseil de marché tous les dix-huit mois.

Le pseudonyme GCR (Gigantic Rebirth) désigne un trader anonyme parti d’environ 1 000 dollars. Il a bâti, selon les estimations d’Arkham Intelligence, un patrimoine on-chain traçable pouvant atteindre plusieurs centaines de millions de dollars. En avril 2022, il ouvre une position short de 20 millions de dollars sur LUNA. Un mois avant l’effondrement de Terra, le pari double quasiment de valeur quand l’écosystème s’écroule en mai.

GCR est resté fidèle à sa légende : personne n’a percé son identité. Sa dernière sortie publique notable remonte à avril 2024, lorsqu’il avait brièvement rompu le silence pour commenter une chute du marché. Depuis, seuls quelques mouvements on-chain trahissent une activité résiduelle, comme la réclamation d’un airdrop du token CULT fin 2024, revendu quelques semaines plus tard pour une fraction de sa valeur initiale, selon Arkham Intelligence. Enfin, le trader fantôme, lui, n’a jamais reparu.

4. Les deux traders anonymes qui ont déclenché la panique sur l’UST

L’UST n’était pas un stablecoin comme les autres. Son rendement de près de 20 %, offert via le protocole Anchor, avait attiré des centaines de milliers d’épargnants. Dans les faits, beaucoup étaient peu familiers du risque propre à un ancrage purement algorithmique.

Le 7 mai 2022, Terraform Labs retire une partie de sa liquidité sur le pool Curve 3pool. Treize minutes plus tard, un premier trader échange 85 millions d’UST contre de l’USDC. Dans l’heure qui suit, un second vend 100 millions d’UST supplémentaires, par tranches de 25 millions, selon les données on-chain documentées par Chainalysis.

Ces deux ventes massives cassent le peg du stablecoin algorithmique. Résultat : la spirale qui suit effacera plus de 40 milliards de dollars de valeur en quelques jours. Leurs identités restent inconnues à ce jour.

Rien n’a changé sur ce point précis. Les deux traders n’ont jamais été identifiés, malgré les efforts de plusieurs cabinets d’analyse on-chain dans les mois qui ont suivi le crash. Ils restent, à ce jour, les fantômes les plus discrets de cette liste.

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5. Three Arrows Capital et le pari à un sens sur la décote du GBTC

Three Arrows Capital n’est alors pas un acteur marginal. Le fonds, cofondé par Su Zhu et Kyle Davies, gère plusieurs milliards de dollars et jouit d’une réputation de « smart money » incontestée dans l’écosystème. Fin 2020, Three Arrows Capital devient le plus gros détenteur institutionnel de parts du Grayscale Bitcoin Trust. Concrètement, sa position dépasse 1,2 milliard de dollars, empruntée à effet de levier.

Le pari repose sur une conviction simple : la prime du GBTC sur le bitcoin spot ne peut que persister. Pourtant, elle s’inverse en décote et ne remonte jamais. Combiné à l’exposition à Terra, ce trade laissera de lourdes créances lors de la liquidation du fonds, à l’été 2022. Selon les procédures judiciaires, ces créances sont évaluées à 3,5 milliards de dollars.

Su Zhu et Kyle Davies, après la chute

Leur trajectoire prend ensuite un tour différent, marqué par la fuite en avant. Su Zhu a été arrêté fin septembre 2023 à l’aéroport de Singapour alors qu’il tentait de quitter le pays. Il est ensuite condamné à quatre mois de prison pour refus de coopérer avec les liquidateurs. Il en ressort début 2024, qualifiant son séjour carcéral d’« agréable ».

Avec Davies, il lance alors OPNX, une plateforme d’échange de créances de faillites crypto. Celle-ci ferme à son tour en février 2024, pendant que les liquidateurs de 3AC réclament 1,3 milliard de dollars aux deux hommes. Kyle Davies, de son côté, continue de revendiquer n’avoir « rien à se reprocher » et refuse de reconnaître la compétence des tribunaux américains.

6. Avraham Eisenberg, une condamnation qui n’a pas tenu deux ans

Mango Markets n’est alors qu’un protocole de trading décentralisé de taille modeste, construit sur Solana, loin des standards de sécurité qui s’imposeront après lui. En octobre 2022, Avraham Eisenberg manipule le prix du token MNGO en multipliant les swaps croisés entre deux de ses propres comptes. La valeur du jeton grimpe de plus de 1 000 % en vingt minutes. Il utilise cette valorisation artificielle comme collatéral pour emprunter 110 millions de dollars aux utilisateurs de Mango Markets, sans intention de rembourser selon l’accusation.

Sur X, il revendique une « highly profitable trading strategy », assumant l’exploit comme un trade légitime au regard du code du protocole. Le 18 avril 2024, un jury fédéral le reconnaît coupable de fraude et de manipulation de marché.

Une condamnation annulée, puis contestée en appel

Le 23 mai 2025, le juge fédéral Arun Subramanian annule l’intégralité de ces condamnations, pour deux raisons distinctes. D’abord un motif de compétence territoriale : Eisenberg n’a ni tradé, ni appelé, ni envoyé le moindre e-mail depuis New York. Cela prive, selon lui, les procureurs du Southern District de New York de toute base légale sur les chefs de fraude et de manipulation.

Sur le chef de fraude électronique, le juge tranche différemment. Pour lui, emprunter sur un protocole « sans règle ni interdiction explicite » ne constitue pas une fausse déclaration punissable. Or, les procureurs ont fait appel de cette décision en janvier 2026. Ils estiment que le juge a ignoré les conditions d’utilisation de Mango Markets, qui imposaient bien des ratios de garantie. Une nouvelle condamnation sur le volet fraude reste donc possible. Eisenberg reste incarcéré pour une affaire distincte et sans lien avec Mango Markets. Il a été condamné en mai 2025 à plus de quatre ans de prison pour possession de matériel pédopornographique.

7. CZ, le tweet à 2,1 milliards de dollars qui a coulé FTX

Changpeng Zhao est le fondateur de Binance, et son ancien CEO. De fait, son avis pèse sur les prix bien au-delà de son propre carnet d’ordres. Le 6 novembre 2022, CoinDesk révèle qu’Alameda Research loge 40 % de ses 14,6 milliards de dollars d’actifs dans le jeton FTT. Quatre jours plus tard, Changpeng Zhao annonce sur X que Binance va liquider ses avoirs restants en FTT. Il invoque les « récentes révélations ».

Il rappelle au passage un chiffre : Binance avait touché environ 2,1 milliards de dollars en BUSD et en FTT. C’était lors de sa sortie du capital de FTX, en 2021. Plus qu’un short classique, c’est un aveu de défiance publique envers un concurrent direct, posté par l’homme le plus influent de l’industrie. Le FTT perd plus de 80 % de sa valeur dès le 8 novembre. FTX vacille aussitôt et dépose le bilan le 11, entraînant dans sa chute un empire valorisé 32 milliards de dollars quelques mois plus tôt seulement.

De la prison à la grâce présidentielle

CZ a lui aussi eu affaire à la justice américaine entre-temps. Il a plaidé coupable en novembre 2023 pour manquement aux obligations de lutte contre le blanchiment chez Binance, et purgé une peine de prison aux États-Unis. Le 23 octobre 2025, Donald Trump lui accorde une grâce présidentielle, une décision immédiatement critiquée par plusieurs élus démocrates.

Ceux-ci y voient un possible conflit d’intérêts lié aux liens d’affaires entre Binance et la famille Trump, ce que l’entourage de CZ dément fermement. Binance, la plateforme qu’il a cofondée, détenait à elle seule environ 87 % du stablecoin USD1 de World Liberty Financial. Ce projet crypto, lancé par les fils du président, a démarré début février 2026, selon Forbes. La plateforme avait aussi distribué, fin janvier 2026, pour 40 millions de dollars de jetons WLFI dans le cadre d’une promotion conjointe. CZ continue pourtant de se dire optimiste sur un supercycle du bitcoin.

Capture d'écran de l'échange sur X entre Changpeng Zhao et Caroline Ellison le 6 novembre 2022, juste avant l'effondrement de FTX.
Le tweet de CZ annonçant la liquidation du FTT par Binance, suivi de la réponse de Caroline Ellison proposant de racheter la position à 22 dollars, le 6 novembre 2022 – Source : X

8. James Wynn, du memecoin à sept mille dollars au milliard sur Bitcoin

James Wynn se fait connaître en 2023 en transformant environ 7 000 dollars en 20 à 25 millions sur le token PEPE. Cet exploit le transforme en figure culte des salons de trading sur Telegram. Deux ans plus tard, il rejoue sa notoriété sur Hyperliquid, la plateforme qui devient alors sa nouvelle scène de prédilection. Le 21 mai 2025, il ouvre une position longue de 830 millions de dollars sur bitcoin. Il la porte à 1,25 milliard le 24 mai, à 40x de levier, selon CoinDesk.

Le marché tourne. Fin mai, ses positions sautent en cascade, pour plus de 100 millions de dollars de pertes en quelques jours, confirme The Block. Peu de traders auront incarné aussi vite les deux extrêmes du levier. La gloire fulgurante, puis la liquidation publique, sous le regard de milliers de comptes qui suivaient son wallet en direct.

Malgré tout, James Wynn n’a jamais vraiment quitté la table. Dès juillet 2025, à peine remis de sa liquidation, il rouvre des positions à effet de levier sur l’ether et sur PEPE. Le scénario se répète ensuite plusieurs fois au fil des mois suivants : nouvelles positions, nouveaux gains éphémères, nouvelles liquidations. En avril 2026, son compte a fondu à 900 dollars après une sixième liquidation en deux semaines. En clair, il en comptait plus de deux cents au total depuis ses débuts sur la plateforme.

9. Le trader mystère qui a shorté treize minutes avant Trump

Le contexte politique compte autant que le trade lui-même. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait de la guerre commerciale avec la Chine un instrument de politique quasi quotidien. Le marché crypto réagit désormais en quelques secondes à chacun de ses messages sur les réseaux. Un vendredi d’octobre 2025, une baleine anonyme ouvre des positions courtes sur Hyperliquid. Elle mise 80 millions de dollars sur bitcoin et 30 millions sur ether, à 10x de levier.

Le timing est presque parfait. Quelques minutes plus tard, Donald Trump annonce un tarif douanier de 100 % sur la Chine et fait plonger l’ensemble du marché crypto. Le profit est estimé entre 150 et près de 200 millions de dollars selon Arkham Intelligence. Des enquêteurs on-chain pointent Garrett Jin, ancien dirigeant de la plateforme BitForex, qui dément toute anticipation et dénonce la divulgation de son identité par CZ lui-même.

Qui est Garrett Jin ?

L’identité présumée du trader n’a jamais été confirmée officiellement, mais Garrett Jin reste à ce jour le nom qui revient le plus souvent dans les enquêtes on-chain. Son parcours antérieur n’aide pas sa défense. BitForex, l’exchange qu’il avait fondé, s’était effondré en 2024, au milieu d’accusations de détournement de fonds clients.

Le portefeuille lié à ce trade a néanmoins continué d’opérer sur Hyperliquid après octobre 2025, accumulant près de 100 millions de dollars de gains cumulés. Le retournement est venu fin janvier 2026, après avoir rebasculé sur des positions longues à fort levier. Ce compte a essuyé une liquidation d’environ 250 millions de dollars sur l’ether, selon Arkham Intelligence. Son résultat net cumulé est ainsi repassé en territoire négatif.

10. Machi Big Brother, le compte qui refuse de sortir de table

Jeffrey Huang n’est pas un inconnu de la scène crypto taïwanaise : entrepreneur et ancien producteur de musique, il s’était construit une notoriété locale. Sur Hyperliquid, il est devenu l’un des comptes les plus suivis du marché, pour de mauvaises raisons. À force de positions longues sur l’ether à 25x de levier, il a hérité du surnom de « roi des liquidations ».

Entre octobre 2025 et mai 2026, il perd plus de 75 millions de dollars, selon Arkham Intelligence. Il avait pourtant connu un pic de 44,5 millions de dollars de gains latents, à un moment de la séquence. Son fil de transactions est suivi en direct par des milliers de comptes. Il est devenu un cas d’école involontaire sur ce que le levier fait à un compte qui refuse de sortir.

Le compte de Machi Big Brother n’a jamais vraiment cessé de tourner. Il a été de nouveau intégralement liquidé début 2026, avant de rouvrir des positions à fort levier avec le peu de capital qu’il lui restait. À chaque fois, il recharge et recommence, dans un cycle que les analystes on-chain qualifient de « résilience » plus que de stratégie.

Le cas Do Kwon, pour la mesure

Do Kwon, lui, n’a plus l’occasion de recharger un compte. Le fondateur de Terra a écopé de quinze ans de prison en décembre 2025, une peine que confirme le jugement du tribunal fédéral de New York. Il avait orchestré un système à effet de levier bien plus large que celui de Huang, avec 40 milliards de dollars de pertes à la clé.

Le rapprochement s’arrête là où la comparaison devient dangereuse. Suivre un portefeuille sur la blockchain ne dit rien du casier judiciaire de son propriétaire. Cela ne dit rien non plus de l’endroit où il dort le soir. Sur Hyperliquid, le carnet est public. La prison, elle, ne l’est pas.

Ces dix histoires n’ont ni le même montant ni la même époque en commun, mais un seul réflexe : miser gros quand tout le monde regarde ailleurs. Le bluff fonctionne un temps. Puis la blockchain cesse de jouer le jeu. Chaque position reste inscrite, publique, consultable par quiconque sait où chercher, bien après que la table s’est vidée. Sur Hyperliquid comme ailleurs, des dizaines de comptes anonymes rejouent aujourd’hui les mêmes schémas, sous le regard des mêmes limiers on-chain.

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FTX : Sam Bankman-Fried joue son va-tout devant la Cour suprême

12 septembre 2026 à 11:00

Sam Bankman-Fried a saisi la Cour suprême des États-Unis. Il veut faire annuler sa condamnation à 25 ans de prison et la confiscation de 11 milliards de dollars qui l’accompagne. Le New York Times a pu consulter la requête : l’ancien patron de FTX y affirme que son procès l’a empêché de prouver un point précis. Ses clients, selon lui, auraient fini par récupérer chaque dollar.

Le pari est mince. La haute juridiction n’accepte d’examiner qu’environ 1 % des dossiers qui lui parviennent chaque session. Cette sélection relève d’un pouvoir purement discrétionnaire.

Points clés

  • Sam Bankman-Fried tente d’obtenir l’annulation de sa condamnation et la restitution de ses avoirs devant la Cour suprême
  • Sa défense affirme que le procès l’a empêché de démontrer que les clients de FTX récupéreraient tout leur argent
  • Le plan de faillite a converti les créances en dollars de novembre 2022, quand le bitcoin valait environ 16 000 dollars
  • Sa demande de grâce reste pendante, mais Donald Trump l’a écartée et le Sénat a voté contre à l’unanimité

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FTX : l’argument du remboursement intégral porté devant la Cour suprême

La procédure porte un nom technique : le writ of certiorari. Sam Bankman-Fried demande ainsi à la Cour suprême de réexaminer une décision qu’une juridiction inférieure a rendue contre lui. Ses avocats qualifient ce réexamen d’« urgemment nécessaire ». Toute leur démonstration s’appuie sur la trésorerie de FTX.

« Il y a toujours eu largement assez d’actifs disponibles pour rembourser les clients (comme ils l’ont désormais été, avec des intérêts substantiels). »

Extrait de la requête déposée devant la Cour suprême par les avocats de Sam Bankman-Fried

Le juge Lewis Kaplan avait verrouillé cette ligne de défense lors du procès de Manhattan. Pour lui, le détournement avait eu lieu au moment des faits, peu importe un remboursement ultérieur. Les jurés n’ont donc jamais entendu parler de la solvabilité résiduelle de la plateforme.

Le ministère de la Justice n’a jamais varié sur ce point. Ses réquisitions décrivaient un montage destiné à escroquer les clients de l’exchange en « détournant des milliards de dollars de leurs fonds ». Le dossier dépassait d’ailleurs le seul périmètre des dépôts. 1,7 milliard de dollars provenant des investisseurs de FTX et 1,3 milliard provenant des prêteurs d’Alameda Research figuraient aussi parmi les chefs d’accusation. Ces deux postes restaient étrangers aux comptes clients.

L’enjeu dépasse le seul dossier FTX. La Cour suprême a tranché l’arrêt Kousisis v. United States en 2025. Ce précédent établit qu’une accusation de fraude électronique n’exige pas de prouver un préjudice financier réel pour les victimes. La requête s’appuie justement sur ce point. Les avocats de Sam Bankman-Fried demandent donc aux juges de revenir sur cette lecture, un pari risqué tant le précédent reste récent et unanime.

Remboursés en dollars de 2022, quand le Bitcoin valait 16 871 dollars

L’affirmation « les clients ont été remboursés » mérite une note de bas de page pour quiconque détenait des cryptomonnaies sur la plateforme. Les distributions ont bien eu lieu, via le plan de faillite que le tribunal du Delaware a validé. Mais ce plan a converti chaque créance en dollars à la date d’ouverture de la procédure, en novembre 2022. Les administrateurs judiciaires ont retenu un cours de 16 871 dollars, le bitcoin étant alors au creux du cycle.

Un utilisateur qui avait déposé un bitcoin sur FTX a récupéré l’équivalent de 16 871 dollars augmentés d’intérêts, pas un bitcoin. Le plan a donc honoré les créances en monnaie fiduciaire. Le cours, lui, a repris plusieurs fois sa valeur d’origine depuis. La requête se garde bien de chiffrer cet écart.

Le second volet du recours vise la confiscation de 11 milliards de dollars, qu’un juge a prononcée en mars 2024. Les avocats y voient une « amende écrasante », contraire au Huitième amendement de la Constitution américaine. Ce texte prohibe les amendes excessives, au même titre que les cautions disproportionnées et les châtiments cruels. Le montant excède de très loin toute capacité de paiement de l’intéressé. Il sert surtout de fondement légal à la saisie des avoirs que le gouvernement a récupérés au profit des victimes.

Grâce présidentielle : l’autre porte de sortie de Sam Bankman-Fried

La voie judiciaire n’est pas la seule explorée. Sam Bankman-Fried a lui-même déposé une demande de clémence en juin auprès de Donald Trump. Le bureau de l’avocat des grâces du ministère de la Justice la classe toujours comme pendante. Fait cocasse, les services de la Justice ont enregistré le dossier dans la catégorie « grâce après exécution complète de la peine ». Il reste pourtant plus de deux décennies à purger à l’intéressé.

Les signaux politiques restent défavorables. Donald Trump a écarté toute grâce en janvier devant le New York Times. Le Sénat, lui, a voté à l’unanimité contre la clémence en juillet. L’ancien milliardaire traîne un passif encombrant de ce côté du Capitole : près de 40 millions de dollars versés lors du cycle électoral 2021-2022. OpenSecrets le classait alors deuxième donateur du camp démocrate derrière George Soros.

De la valorisation à 32 milliards à la case prison

FTX avait atteint une valorisation de 32 milliards de dollars dès janvier 2022, à peine trois ans après sa création. La plateforme misait alors sur le naming d’arènes sportives et des spots publicitaires avec des célébrités. Une crise de liquidité a fait s’effondrer FTX en novembre 2022. Les fonds des clients comblaient alors les pertes d’Alameda Research, la société de trading maison de Sam Bankman-Fried.

Les autorités ont arrêté son fondateur aux Bahamas le mois suivant. Un jury l’a reconnu coupable l’année d’après, au terme d’un procès d’un mois à Manhattan. Un juge fédéral a rejeté sa demande de nouveau procès en avril. Un panel de trois magistrats de la cour d’appel du deuxième circuit a ensuite confirmé la condamnation en juin.

La Cour suprême n’a pas encore fait savoir si elle acceptait de se pencher sur le dossier. Sam Bankman-Fried purge sa peine dans un établissement fédéral de Californie. Depuis un an, il multiplie les entretiens avec la presse et continue de clamer son innocence. Sa libération reste fixée à 2044.

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FTX : Pourquoi Caroline Ellison et Gary Wang n’auront pas de nouvelle amende

Par : Ben Canton
23 août 2026 à 16:00

Pas si cher que ça. La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) met fin à ses poursuites civiles contre Caroline Ellison et Gary Wang, deux anciens responsables de l’empire FTX en faillite. Le tribunal fédéral du district sud de New York a validé les ordonnances négociées avec l’ancienne dirigeante d’Alameda Research et le cofondateur de FTX. Les deux prévenus restent tenus de coopérer avec le régulateur américain et ils se voient également imposer plusieurs interdictions professionnelles, dont la durée tient compte de l’aide apportée aux enquêtes sur l’effondrement de FTX.

Les points clés de cet article :
  • La CFTC a mis fin à ses poursuites civiles contre Caroline Ellison et Gary Wang, anciens responsables de FTX, après validation par le tribunal fédéral du district sud de New York des ordonnances négociées.

  • Ils ont été interdits de trading pendant cinq ans et d’enregistrement auprès de la CFTC, avec des durées précisées selon leur coopération dans les enquêtes sur l’effondrement de FTX.

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Cinq ans d’interdiction de trading pour Mme Ellison et M. Wang

La décision annoncée par la CFTC interdit à Caroline Ellison et Gary Wang de négocier pendant cinq ans sur les marchés couverts par les ordonnances. Mme Ellison est également frappée d’une interdiction d’enregistrement auprès de la CFTC pendant dix ans, contre huit ans pour M. Wang.

Cette interdiction d’enregistrement les empêche notamment d’exercer certaines fonctions réglementées ou d’être associés à des entreprises inscrites auprès de l’agence pendant la période concernée.

Ces durées ne commencent toutefois pas en août 2026. Elles courent depuis les premières ordonnances prononcées le 23 décembre 2022. Sous réserve du calcul exact retenu par le tribunal, l’interdiction de trading devrait donc prendre fin en décembre 2027, celle d’enregistrement de Gary Wang en décembre 2030 et celle de Caroline Ellison en décembre 2032.

Les premières décisions avaient déjà reconnu Mme Ellison responsable des deux chefs de fraude formulés par la CFTC et M. Wang du chef de fraude retenu contre lui. Elles leur interdisaient également de manière permanente de violer les dispositions antifraude du Commodity Exchange Act et les règlements associés.

La CFTC communique sa décision sur les réseaux sociaux – Source : Compte X

Scandale FTX : Leur coopération évite de nouvelles sanctions financières

La CFTC ne leur réclame, à ce stade, ni restitution supplémentaire, ni restitution des profits illicites, ni amende civile. Le régulateur justifie cette position par leur coopération dans ses investigations et dans les procédures pénales parallèles.

Tous deux avaient plaidé coupable de plusieurs infractions, dont une conspiration en vue de commettre une fraude sur les matières premières. Ils ont ensuite témoigné contre Sam Bankman-Fried, reconnu coupable de fraude et condamné à 25 ans de prison.

L’absence de nouvelle sanction financière ne signifie cependant pas que les deux anciens dirigeants ont été exonérés du volet monétaire. La CFTC rappelle l’existence d’une ordonnance pénale de confiscation de 11,02 milliards de dollars, pour laquelle tous deux ont été déclarés solidairement responsables.

Cette formulation autorise les autorités à rechercher le recouvrement de la somme auprès des personnes concernées, sans impliquer que chacune versera personnellement l’intégralité du montant.

Cette décision doit également être distinguée de l’accord de 12,7 milliards de dollars imposé en 2024 à FTX et Alameda au titre de la restitution et de la restitution des profits.

Les procédures civiles de la CFTC contre Caroline Ellison et Gary Wang sont désormais closes, mais les deux anciens dirigeants restent tenus de coopérer avec le régulateur. Leur aide dans les enquêtes sur FTX a conduit l’agence à ne pas réclamer de nouvelles sanctions financières. Ils restent néanmoins frappés de plusieurs années d’interdiction de trading et d’exercice dans le secteur réglementé. Et c’est pas cher payé au vu des dommages causés par leurs activités aux côtés du Mozart de la crypto.

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L’article FTX : Pourquoi Caroline Ellison et Gary Wang n’auront pas de nouvelle amende est apparu en premier sur Journal du Coin.

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