Meta Ray-Ban : une association de consommateurs demande l’interdiction totale des lunettes connectées
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Même les hackers ne veulent plus voir les lunettes connectées de Meta. Les organisateurs de la DEF CON, la plus grande convention de hackers au monde qui se tient chaque été à Las Vegas depuis 1993, ont annoncé sur leurs réseaux sociaux l'interdiction pure et simple des "lunettes de style Meta dotées de capacités d'enregistrement" dans l'enceinte de l'édition qui ouvre le 6 août.
Et la règle ne souffre aucune exception, pas même pour ceux qui ont fait monter des verres correcteurs sur leur monture connectée. "Pensez à emporter des lunettes conformes si vous en avez besoin", préviennent les organisateurs. Le message est clair.
Pour situer, la DEF CON attire chaque année plus de 30 000 participants, chercheurs en sécurité, agents fédéraux et bidouilleurs de tout poil, dans une ambiance où la paranoïa est presque une politesse. Le règlement photo, en place depuis 2023, interdit déjà de photographier qui que ce soit sans son accord, à l'exception des intervenants sur scène.
Sauf que voilà, les lunettes conçues par Meta avec EssilorLuxottica, le géant franco-italien de l'optique, sous les marques Ray-Ban et Oakley, ressemblent à s'y méprendre à des montures classiques. La caméra se niche dans la branche et seule une petite diode signale que ça tourne.
Du coup, impossible pour votre voisin de savoir s'il est filmé, et filmer quelqu'un en douce constitue une violation du code de conduite de la conférence. Dans un événement où une partie du public paie encore son badge de 520 dollars en liquide pour ne pas laisser de trace, on comprend que ça coince.
Eva Galperin, directrice de la cybersécurité à l'EFF, la grande association américaine de défense des libertés numériques, a applaudi des deux mains : "ravie de voir une politique "pas de lunettes de voyeur" à la DEF CON". Le surnom anglais, "pervert glasses", littéralement des lunettes de pervers, colle au produit depuis un bon moment.
Meta a bien senti le vent tourner, puisqu'une mise à jour déployée en juillet désactive désormais la caméra quand la diode témoin est masquée ou cassée. Visiblement, ça n'a pas suffi à rassurer grand monde.
La DEF CON n'est d'ailleurs pas seule, un organisateur britannique de Comic Cons et même une compagnie de ferries écossaise ont pris des mesures comparables. En 2013, les casinos de Las Vegas avaient déjà banni les Google Glass, autrement plus voyantes avec leur écran vissé sur la monture.
Quand les spécialistes de l'espionnage des machines refusent eux-mêmes d'être filmés à leur insu, le grand public aurait tort de ne pas se poser les mêmes questions.
Source : The Register


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Le succès commercial des lunettes intelligentes Ray-Ban Meta, fruit d’un partenariat stratégique entre Meta et EssilorLuxottica, est aujourd’hui freiné par des polémiques éthiques. Entre les « pranks » de pick-up artists qui s’attaquent aux femmes dans la rue et les vidéos de harcèlement de salariés de magasins, la technologie est accusée de devenir un outil de surveillance intrusive. Pour répondre à cette crise de réputation, Meta et Instagram activent des mesures de sécurité et de modération plus strictes.
Instagram a pris une décision ferme : la plateforme bannira désormais tout contenu qui prend les gens au dépourvu de leurs droits, notamment les vidéos de « pick-up artists » ou les canulars grinçants visant les employé·es de services. Adam Mosseri, patron d’Instagram, a été clair : la plateforme ne tolère plus les contenus qui exploitent ou harcèlent les tiers. Cette politique a déjà porté ses fruits, avec la désactivation de plusieurs comptes influents qui accumulaient des millions d’abonné·es.
Pour limiter les abus, Meta a également déployé une mise à jour logicielle cruciale. On vous en parlait plus tôt ce mois-ci, la caméra des lunettes est désormais programmée pour se désactiver automatiquement si la diode d’indication de recording est physiquement altérée. Cela vise à empêcher les utilisateurs de masquer la lumière par du scotch ou d’autres modifications physiques, une pratique qui permettait jusqu’ici de filmer discrètement à l’insu des passants.
Cette réaction de Meta s’inscrit dans une volonté de protéger l’image du produit, actuellement surnommé par certains internautes les « lunettes de pervers ». En cherchant à réguler les comportements des créateurs de contenu, l’entreprise tente de rectifier une stratégie de déploiement jugée trop permissive et centrée sur la production de contenu à tout prix par certains critiques .
Malgré ces mesures de modération, le défi reste immense pour Meta. Pour The Verge, les tentatives récentes pour sécuriser les lunettes ne sont pas convaincantes, en plus d’être tardives, et les critiques de la société civile sont acerbes.
Des activistes se sont déjà emparés de l’espace public avec des affiches satiriques dans plusieurs grandes métropoles pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « technologie de surveillance ». Pour les experts, compter sur une simple diode LED pour garantir la confidentialité est insuffisant, d’autant plus que la réputation de Meta est entachée par des soupçons de déploiement de reconnaissance faciale.
Sans un changement radical de stratégie, Meta risque de perdre la face et de s’enfoncer davantage dans une méfiance publique qui serait mauvaise pour ses affaires – laissant la voie libre à des concurrents comme Google, Samsung ou Apple qui, tous les trois, se préparent à investir ce marché porteur.


Face à une pression publique grandissante autour des dérives liées aux lunettes intelligentes, Meta vient de tracer une ligne rouge sur sa plateforme phare. Adam Mosseri, patron d’Instagram, a officialisé une nouvelle politique de bannissement. Celle-ci vise tout utilisateur qui filmerait et publierait des contenus de harcèlement capturés via des smart glasses. Une décision qui ... Lire plus
L'article Meta frappe un grand coup : les vidéos de harcèlement filmées en lunettes connectées désormais bannies d’Instagram est apparu en premier sur Fredzone.