Vue normale

Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierFlux principal

En France, 85 % des ransomwares sont d’abord des attaques d’identité

25 août 2026 à 13:12

Dans la septième édition de son étude annuelle sur l’état des ransomwares, Sophos établit pour la première fois un lien très net entre attaques d’identité et incidents de ransomware dans l’Hexagone.

L’éditeur britannique a interrogé 2 158 responsables informatiques et cybersécurité dans le monde, dont 129 en France *, tous issus d’organisations de 100 à 5 000 salariés ayant subi une attaque de ransomware au cours des douze derniers mois.

Le chiffre le plus frappant du rapport concerne le lien entre identité et ransomware. 85 % des organisations françaises touchées confirment que l’incident de ransomware de l’an dernier correspondait aussi à leur attaque d’identité la plus grave, contre une moyenne mondiale de 67 %. Un écart de 18 points qui place la France dans une position singulière.

Ce constat se reflète dans les causes premières des attaques. Les identifiants compromis arrivent en tête (30 % des cas), devant le phishing (27 %) et les emails malveillants (20 %). À l’inverse, l’exploitation de vulnérabilités recule fortement, à 13 % contre 30 % un an plus tôt.

Autre enseignement inédit cette année : hors vecteurs email et phishing, les applications et systèmes exposés constituent le point d’entrée le plus fréquent (46 %), devant les terminaux utilisateurs (22 %) et les VPN (15 %). Sur ce dernier point, la France se distingue par le taux le plus élevé de compromissions liées aux VPN parmi tous les pays sondés par Sophos.

Côté causes organisationnelles, le manque de personnel ou de capacités arrive en tête (40 %), suivi du manque de protection (38 %) et du manque d’expertise (33 %).

Des rançons plus basses, un coût de remise en état qui explose

60 % des attaques ont abouti à un chiffrement des données en France, un taux supérieur à la moyenne mondiale (56 %) et en hausse par rapport aux 58 % de 2025. En revanche, le vol de données associé à ces chiffrements chute nettement, à 18 % contre 44 % l’an dernier.

Sur la restauration, toutes les organisations françaises dont les données ont été chiffrées sont parvenues à les récupérer. Les sauvegardes ont joué un rôle croissant : 76 % des victimes les ont utilisées pour restaurer leurs systèmes, contre 60 % en 2025. Le paiement de rançon reste toutefois une pratique répandue, avec 36 % des organisations ayant payé pour récupérer leurs données, en légère hausse par rapport à 33 % un an plus tôt.

Le montant médian des demandes de rançon en France s’établit à 500 000 $, en repli de 22 % par rapport aux 643 125 $ de 2025. La part des demandes dépassant le million de dollars diminue également, passant de 49 % à 39 %.

Mais cette baisse des rançons ne se traduit pas par une facture globale allégée. Hors paiement de rançon, le coût moyen de remise en état après une attaque atteint 2,02 millions $ contre 1,22 million en 2025 ; soit une hausse de près de 66 %. Ce montant couvre les interruptions de service, le temps de résolution, les coûts matériels et les pertes d’exploitation.

Le délai de rétablissement s’améliore néanmoins : 64 % des organisations françaises se sont remises en une semaine ou moins, contre 53 % en 2025, tandis que la part des entreprises mettant entre un et six mois pour s’en remettre recule de 18 % à 10 %.

L’étude documente aussi l’impact humain sur les équipes concernées par un chiffrement de données. 42 % des répondants font état d’une pression accrue de la direction générale, et 33 % d’une charge de travail en hausse constante depuis l’attaque. Près d’un tiers (31 %) déclare ressentir de la culpabilité de ne pas avoir su empêcher l’incident, et 17 % rapportent un remplacement de l’encadrement de l’équipe.

Signe positif toutefois, 37 % des professionnels interrogés signalent une reconnaissance accrue de la part des cadres dirigeants, un chiffre en forte progression par rapport aux 18 % mesurés en 2025.

* L’enquête a été menée entre janvier et mars 2026, avec des données financières exprimées en dollars et purgées des rançons extrêmes de 40 millions de dollars ou plus.

The post En France, 85 % des ransomwares sont d’abord des attaques d’identité appeared first on Silicon.fr.

Sophos Fusion : un rebranding pour un tournant agentique

16 juillet 2026 à 09:54

Avec Sophos Fusion, les choses changent… mais essentiellement sous le capot.

Pas de nouveau produit, ni de nouvelle licence : c’est avant tout un rebranding de la console Sophos Central. Il est censé refléter l’évolution de l’architecture sous-jacente, autour d’un lac de données unifié. Sophos parle de « context lake » et promet, par là même, des capacités d’orchestration agentique.

Sophos Fusion concrétise aussi, à en croire l’éditeur britannique, l’intégration de Secureworks (acquis début 2025). Un chantier qui lui a valu de détourner en partie sa R&D du cœur de son offre.

Les offres Sophos MDR, XDR et Next-Gen SIEM seront les premières à basculer sur l’architecture Fusion, au mois d’août.

Sophos Central s’appelait ainsi depuis 2016. Sophos Cloud était la marque initiale.

À consulter en complément :

Un premier « ransomware agentique » repéré dans le cyberespace
Protection des terminaux : des écarts se créent sur le cœur des offres
Les bug bountys, saturés par les agents IA
Threat intelligence : l’automatisation morcelle le marché

Illustration générée par IA

The post Sophos Fusion : un rebranding pour un tournant agentique appeared first on Silicon.fr.

IA en entreprise : pourquoi les RSSI ne peuvent plus porter seuls le risque

4 juin 2026 à 12:46

L’intelligence artificielle s’est imposée dans les entreprises à une vitesse sans commune mesure. Assistants conversationnels, automatisation documentaire, analyse prédictive et copilotes métiers se généralisent dans tous les secteurs, souvent plus vite que les capacités d’encadrement des organisations.

Dans ce contexte, la question n’est plus de savoir si l’IA sera utilisée, mais comment elle sera gouvernée, sécurisée et intégrée aux processus internes. Le RSSI se retrouve ainsi au centre des attentes et des responsabilités.

Pourtant, l’essor de l’IA dépasse largement le seul cadre de la cybersécurité. En transformant les usages, les modes de décision et la circulation des données, il rend de moins en moins réaliste l’idée que les RSSI puissent porter seuls les risques liés à l’IA.

Une transformation des risques qui redéfinit le rôle du RSSI

Historiquement, le rôle du Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information consistait à protéger les infrastructures, les accès et les données sensibles. Son périmètre était clairement identifié autour de la prévention des cyberattaques et de la maîtrise des risques techniques.

Mais avec l’essor de l’IA générative, le sujet change de dimension. L’intelligence artificielle ne crée pas seulement un nouveau risque cyber. Elle modifie les usages, accélère les flux de données et transforme parfois même les mécanismes de décision au sein des entreprises.

Cette évolution bouleverse également un pilier majeur de la cybersécurité moderne à savoir l’identité numérique. Aujourd’hui, l’identité est devenue la principale surface d’attaque des organisations. Comptes utilisateurs, accès cloud, API, assistants automatisés et agents IA multiplient les points d’entrée potentiels. Dans de nombreuses entreprises, les équipes sécurité peinent déjà à suivre le rythme de création et de gestion des privilèges.

Le phénomène est encore renforcé par l’apparition massive des identités non humaines. Les agents IA, bots et systèmes automatisés obtiennent des accès à des ressources sensibles à une cadence que les équipes de sécurité ne parviennent plus toujours à contrôler efficacement. Cette multiplication des identités techniques crée un nouveau déséquilibre entre la vitesse d’adoption des usages et la capacité réelle des organisations à les gouverner.

Le RSSI devient ainsi bien plus qu’un expert technique. Il est désormais attendu comme un coordinateur de la confiance numérique capable d’évaluer les risques liés à l’IA, de prévenir les fuites de données, de superviser les usages internes et de contribuer à la conformité réglementaire notamment dans le cadre des nouvelles exigences européennes.

Une gouvernance de l’IA qui doit devenir collective

Le principal paradoxe est que les entreprises continuent souvent de traiter l’IA comme un simple sujet technologique ou cyber alors qu’il s’agit avant tout d’une transformation globale de l’organisation.

La gouvernance de l’IA concerne autant les directions métiers que les fonctions juridiques, les ressources humaines, la conformité, la DSI ou encore les instances dirigeantes. Les enjeux touchent à la confidentialité des données, à la propriété intellectuelle, à la responsabilité des décisions automatisées mais aussi à l’éthique et à la réputation des entreprises.

Dans ce contexte, le RSSI ne peut plus être considéré comme l’unique rempart face aux risques liés à l’IA. Aucun responsable sécurité ne peut à lui seul définir les usages acceptables , arbitrer les impacts organisationnels de l’automatisation ou porter l’ensemble des obligations réglementaires qui émergent aujourd’hui.

Cette absence de gouvernance claire favorise déjà l’émergence d’un phénomène comparable au shadow IT que beaucoup qualifient désormais de « shadow AI ». Des collaborateurs utilisent des outils d’IA sans validation interne et parfois avec des données sensibles dans une logique de gain de productivité immédiat. Ces usages sont rarement malveillants, mais ils révèlent un écart croissant entre la rapidité d’adoption des technologies et la maturité des organisations pour les encadrer.

Interdire les outils d’IA serait illusoire. Les entreprises qui choisiraient une approche uniquement restrictive prendraient le risque de voir les usages se déplacer hors de tout cadre officiel. L’enjeu n’est donc plus de bloquer mais d’organiser. Cela suppose de mettre en place des politiques claires, de sensibiliser les collaborateurs, de classifier les données exploitables et surtout de partager la responsabilité de la gouvernance entre l’ensemble des fonctions de l’entreprise.

L’arrivée de l’intelligence artificielle est en train de transformer en profondeur la fonction sécurité. Le RSSI ne doit plus seulement protéger le système d’information, mais contribuer à la confiance numérique et au dialogue entre les directions métiers, juridiques, RH et stratégiques.

Cette évolution suppose une gouvernance collective de l’IA, car ses risques dépassent largement le seul périmètre cyber. Plus qu’une technologie à sécuriser, l’IA transforme les modes de production, de collaboration et de décision des entreprises.

*Bruno Durand est Vice-président Europe du Sud chez Sophos

The post IA en entreprise : pourquoi les RSSI ne peuvent plus porter seuls le risque appeared first on Silicon.fr.

❌
❌