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Revolut : la fuite de données tourne à la guerre des hackers

Par : Magali
15 septembre 2026 à 06:30

Les loups ne se mangent pas entre eux. Manifestement, personne ne l’a rappelé aux auteurs de la fuite de données chez Revolut. L’affaire change de dimension trois jours à peine après avoir révélé comment une demande frauduleuse, envoyée depuis un compte non autorisé sur un domaine gouvernemental authentique, a suffi à faire cracher à la néobanque passeports, selfies et historiques Bitcoin de ses clients. Le ou les hackers à l’origine du vol revendiquent aussi une compromission de services italiens, non confirmée. Et ils ne sont visiblement plus tout à fait d’accord entre eux sur qui a fait quoi. On fait le point de bon matin.

Les points clés de cet article :
  • Revolut confirme une fuite de données ciblée via une demande frauduleuse sur un domaine gouvernemental authentique ; les revendications sur une compromission de la police italienne restent, elles, non vérifiées.
  • Le groupe IAmNotAVillain a publié des dossiers visant notamment des clients identifiés dans plusieurs pays.

Revolut : le pirate revendique aussi la police italienne

Selon un thread publié le 14 septembre par International Cyber Digest, compte spécialisé en cybersécurité, le hacker de Revolut se serait confié directement à ses équipes. Et, son récit dépasse largement le cadre de la demande frauduleuse déjà documentée.

En effet, l’opération contre Revolut aurait duré six mois entiers, et les fausses demandes de données auraient transité par des systèmes compromis appartenant à plusieurs services des forces de l’ordre italiennes. L’information a été reprise dès le 14 septembre par la presse tech italienne, notamment par Matrice Digitale. Revolut, de son côté, maintient que ses systèmes internes et les fonds de ses clients n’ont pas été compromis.

Le pirate affirme détenir 147 gigaoctets de documents pris côté italien : agendas, dossiers internes, échanges personnels, selon les captures qu’il a montrées à la presse. Il cite même, toujours selon ses dires et sans authentification possible, les logs d’un agent des forces de l’ordre en pleine dispute conjugale par message. Rien de tout cela n’est confirmé. Ni Revolut, ni le Viminale, ni l’ACN (Agenzia per la Cybersicurezza Nazionale), ni la Polizia Postale n’ont fait de déclaration à ce sujet à l’heure où ces lignes sont écrites. Le conditionnel reste donc bien sur ici de rigueur.

Cependant, un précédent italien existe, sans lien établi. Les faits remontent à 2021-2022, mais la Procura di Milano n’en a révélé l’existence qu’en février dernier : six personnes y sont visées pour avoir utilisé deux adresses e-mail authentiques du ministère de l’Intérieur italien, liées à de vrais policiers, ainsi qu’un compte réel des Carabinieri, afin de soutirer des données à Wind, TIM, Vodafone, Iliad, Microsoft, TikTok, Amazon, Facebook, Snapchat et Google. Le dossier mentionne même un faux décret antiterroriste envoyé à Google, ainsi que des contacts prêtés avec NSO Group et Chainalysis. Rien ne prouve qu’il s’agit du même commando : ce dossier montre seulement qu’un accès policier italien détourné pour arracher des données à des entreprises privées ne serait pas une première.

Documents d'identité et photo floutée publiés sur le site IAmNotAVillain, issus de la fuite de données Revolut.
Le site IAmNotAVillain revendique la fuite de données de Revolut.

IAmNotAVillain : la fuite Revolut vire à la guerre de gangs

Le même jour de publication du thread de Cyber Digest, un site baptisé IAmNotAVillain a fait son apparition en ligne, avec sa propre page dédiée à Revolut. Le message affiché est sans détour : Revolut aurait ignoré un signalement sur la sécurité de sa base utilisateurs, ce qui aurait poussé le groupe à publier lui-même les documents KYC (les justificatifs d’identité collectés à l’ouverture du compte), adresses, numéros de téléphone, comptes bancaires et transactions crypto qu’il affirme détenir.

Sauf que le site s’ouvre aussi sur un désaveu en règle. Ses auteurs accusent un « imposteur », ancien collaborateur selon eux, d’avoir récupéré un petit échantillon de données et de s’en attribuer désormais toute la paternité. Le groupe d’origine promet de pouvoir prouver son authenticité, fichiers originaux et échanges avec les entreprises concernées à l’appui, et met en garde quiconque négocierait avec ce rival : personne n’a intérêt à traiter avec lui.

Message des hackers accusant Revolut de n'avoir pas sécurisé ses données utilisateurs.
Capture du message publié par les hackers.

De Zurich à La Valette : l’addition Revolut s’allonge

Toujours selon IAmNotAVillain, l’essentiel des données proviendrait de clients suisses et français. Mais la liste des pays concernés, égrenée dans le même thread, s’allonge bien au-delà : Chypre, le Portugal, l’Allemagne, l’Espagne, la Bulgarie, la Tchéquie, la Roumanie, la Pologne, Malte, la Norvège, la Suède et l’Italie apparaîtraient aussi parmi les juridictions touchées, une liste que le groupe présente lui-même comme non exhaustive.

Deux noms s’ajoutent à ceux déjà identifiés cette semaine, le joueur de tennis Shevchenko et le patron de Gamdom Felix Römer. Le thread cite aussi Georges Mikautadze, présenté comme un joueur du FC Barcelone sur la photo jointe, maillot blaugrana à l’appui. En réalité, l’attaquant évolue à Villarreal, où il était titulaire le 14 septembre face au Betis ; un temps annoncé dans le viseur du Barça cet été, il n’y a jamais été transféré.

Le tableau qui se dessine dépasse la simple négligence d’une néobanque piégée par une demande officielle falsifiée. Si les revendications du 14 septembre se confirment, ce n’est plus seulement Revolut qui devra rendre des comptes, mais des pans entiers d’administrations italiennes dont la sécurité aurait, elle aussi, cédé. À côté de ça, la demande de 10 000 bitcoins réclamée aux dirigeants de Revolut paraît presque anecdotique. Entre un hacker qui négocie, un rival qui revendique la même fuite et des services de police italiens visés à leur tour, les revendications du 14 septembre ouvrent un nouveau front dans une affaire qui, une semaine plus tôt, ne concernait qu’une demande frauduleuse et quelques clients fortunés.

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USA, Japon, Angleterre : Les 3 Banques centrales qui vont faire bouger le cours du bitcoin

Par : Magali
14 septembre 2026 à 15:49

Trois banques centrales, soixante-douze heures. La semaine qui s’ouvre empile la décision de la Réserve fédérale américaine mercredi. Suivent celle de la Bank of England jeudi, puis celle de la Bank of Japan jeudi et vendredi. Cette fois, ce n’est pas une baisse que les marchés attendent. Les traders assignent en effet une probabilité proche de 86 % à une hausse des taux américains.

Conséquence directe pour les marchés crypto : la Fed ne baisse plus, elle pourrait resserrer. Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars ce lundi, loin de ses records de l’été. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a donné le ton dès fin août à Jackson Hole. Selon lui, l’inflation sous-jacente ne s’améliore pas vraiment.

Points clés

  • La Fed devrait relever ses taux mercredi, avec une probabilité proche de 86 % selon le CME FedWatch
  • Le président Kevin Warsh a durci le ton depuis Jackson Hole, évoquant une inflation encore trop élevée
  • La Bank of England devrait maintenir son taux à 3,75 % jeudi, et pourrait ralentir son resserrement quantitatif
  • La Bank of Japan devrait à l’inverse relever son taux à 1,25 %, un mouvement jugé probable par 97 % des économistes sondés par Reuters

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La Fed, Kevin Warsh aux commandes : la hausse est déjà dans les prix

Le FOMC se réunit mardi et mercredi. La décision tombe mercredi en fin de journée à Washington, soit 20 heures à Paris. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, qui porterait la fourchette cible à 3,75-4 %. Ce serait un tournant après trois baisses consécutives fin 2025.

Deux publications ont fait basculer les anticipations. Le CPI d’août est ressorti à 3,4 % sur un an, avec une inflation sous-jacente plus chaude que prévu. Par ailleurs, l’emploi américain a surpris par sa vigueur. 162 000 créations de postes ont été enregistrées en août, largement au-dessus des attentes, pour un chômage à 4,1 %. Ensemble, ces chiffres ont fait grimper la probabilité d’une hausse de 56 % à plus de 85 % en quelques jours. C’est ce qu’indique le CME FedWatch, l’outil de référence du marché.

Kevin Warsh a lui-même préparé le terrain. Lors de son discours à Jackson Hole fin août, il a jugé que l’inflation sous-jacente ne s’améliorait pas vraiment. Un ton bien plus ferme que celui de son prédécesseur, Jerome Powell. Le marché anticipe désormais environ 50 % de probabilité d’une seconde hausse en décembre.

Graphique montrant l'évolution du taux directeur de la Réserve fédérale américaine et de la croissance du PIB réel des États-Unis de 2000 à 2026, avec une remontée récente du taux vers 3,75-4 %.
Le taux directeur de la Fed (courbe noire) et la croissance du PIB américain (barres oranges) depuis 2000. Après trois baisses fin 2025, le taux remonte vers la fourchette 3,75-4 % anticipée pour mercredi. Source : MacroMicro.

Bank of England et Bank of Japan : un statu quo, une vraie hausse

La Bank of England publie sa décision jeudi à midi, heure de Londres. Le statu quo à 3,75 % est largement anticipé. Le comité de politique monétaire avait déjà voté 6 contre 3 pour un maintien fin juillet. Trois membres réclamaient une hausse à 4 %. L’autre enjeu porte sur le resserrement quantitatif. La banque pourrait en effet ramener son rythme de ventes d’obligations d’État de 70 à 50 milliards de livres par an.

La Bank of Japan referme la séquence jeudi et vendredi. La décision tombe vendredi après-midi, heure de Tokyo. Un statu quo semble désormais très peu probable. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, à 1,25 %. Cette hausse est portée par 97 % des économistes interrogés par Reuters, contre 57 % lors du sondage précédent. La banque centrale avait déjà relevé son taux à 1 % en juin, un plus haut depuis 1995, avant de le maintenir en juillet. Certains économistes anticipent même une nouvelle hausse à 1,50 % d’ici décembre. Le taux terminal évoqué grimpe désormais vers 1,75 % au deuxième trimestre 2027.

Ce paramètre mérite toute l’attention des détenteurs de cryptomonnaies. En août 2024, un tour de vis japonais avait déjà déclenché le débouclage brutal du carry trade. Le Bitcoin avait alors perdu 20 % en deux séances. Cette fois, le risque n’est plus un scénario lointain. La Fed et la BoJ durcissent toutes les deux le ton la même semaine, ce qui peut accélérer un débouclage similaire. Le carry trade yen reste donc un risque immédiat pour le Bitcoin, pas une échéance reportée à janvier.

Bitcoin : la liquidité mondiale plutôt que les 25 points de base

Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars, loin de ses records de l’été. Le week-end dernier, le CPI conforme aux attentes avait propulsé le cours au-dessus des 78 000 dollars. Mais la hausse des rendements obligataires a ensuite pesé sur le marché. Le canal de transmission est connu. Une Fed plus restrictive fait grimper le coût de l’argent, ce qui pèse alors sur les actifs à risque. Les 21 millions d’unités du protocole ne bougeront pas, quelle que soit la décision de mercredi soir.

Graphique comparant l'évolution du cours du Bitcoin à la masse monétaire mondiale M2 entre 2013 et 2026, montrant une corrélation entre expansion de la liquidité mondiale et hausse du Bitcoin.
Le Bitcoin (courbe noire) suit depuis plus de dix ans les cycles de la masse monétaire mondiale M2 (zone bleue), qui agrège Fed, BCE, Bank of England, Bank of Japan et PBoC. Source : Look Into Bitcoin

Le scénario inverse serait paradoxalement plus explosif. Une Fed qui choisirait de ne pas bouger, contre toute attente, ferait l’effet d’une vraie surprise. Le marché a en effet déjà digéré la hausse. À l’inverse, si la hausse est confirmée comme prévu, l’attention se déplacera vers le dot plot. Le ton de Kevin Warsh en conférence de presse comptera tout autant. Un discours qui confirme une seconde hausse en décembre pèserait plus lourd que le geste de mercredi lui-même.

Fed mercredi, Bank of England jeudi, Bank of Japan jeudi et vendredi : la séquence se referme en trois jours. Pour la première fois depuis longtemps, ce sont des hausses, et non des baisses, qui rythment cette semaine. D’ici la prochaine réunion du FOMC, fin octobre, ce sont surtout les mots de Kevin Warsh qui compteront. Ils pèseront plus que le quart de point lui-même pour fixer le cap de la liquidité mondiale. Et avec lui, l’horizon du Bitcoin jusqu’à la fin de l’année.

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À partir d’avant-hierFlux principal

Fuite de données chez Revolut : Une rançon serait réclamée

Par : Magali
13 septembre 2026 à 22:24

Chantage numérique. Il y a quarante-huit heures, la fuite de données chez Revolut ressemblait à une bavure isolée : un faux e-mail gouvernemental, une agence usurpée, des dossiers clients transmis par erreur. Ce dimanche soir, l’histoire prend une tournure autrement plus sale. Les auteurs du piratage ne se contentent plus d’avoir volé passeports et historiques Bitcoin. Ils les publient. Ils ciblent des clients en vue. Et ils réclament de l’argent à la néobanque pour arrêter là, captures d’écran à l’appui.

Les points clés de cet article :
  • Revolut a été victime d’une fuite de données où des informations sensibles de clients, y compris des personnalités en vue, ont été publiées par des pirates.
  • Les pirates ont réclamé une rançon à Revolut en menaçant de divulguer davantage de données si leurs exigences n’étaient pas satisfaites.

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Revolut sous la pression d’une rançon numérique

Le compte spécialisé en cybersécurité International Cyber Digest a donné l’alerte dimanche à 20h05 : les attaquants derrière la fuite du 12 septembre publient désormais des données sensibles de clients, « y compris celles de clients en vue comme le joueur de tennis Shevchenko et Römer, patron de Gamdom et Skinscom ».

Traduction : ils veulent que Revolut paie, sous peine de voir d’autres messages internes et données clients atterrir en ligne. Au passage, ils accusent la néobanque d’avoir transmis des informations sensibles à des pays hors de sa juridiction, et de négligence dans la protection de ses clients.

Tout semble calqué sur le mode opératoire classique des groupes de ransomware : voler, exposer, faire monter la pression. En quelques heures, le message a dépassé les 128 000 vues et 280 republications, largement relayé au sein de la communauté cybersécurité anglophone.

‼ BREAKING: The threat actors who targeted Revolut with information-demand emails are now posting sensitive customer data, including that of high-profile clients such as tennis player Shevchenko and Römer, CEO of Gamdom/Skinscom.

They want Revolut to pay up. They say they'll… pic.twitter.com/obuVOOABx7

— International Cyber Digest (@IntCyberDigest) September 13, 2026

« Les auteurs de la menace qui ont ciblé Revolut avec des courriels demandant des informations publient maintenant des données sensibles de clients, y compris celles de clients de renom tels que le joueur de tennis Shevchenko et Römer, PDG de Gamdom/Skinscom.

Ils exigent que Revolut paie. Ils affirment qu’ils publieront davantage de messages, de données et d’informations sur le fonctionnement de l’équipe Revolut. Ils accusent Revolut d’avoir transmis des informations sensibles à des pays situés hors de sa juridiction. Ils accusent l’entreprise de négligence en matière de protection de la vie privée et de divulgation d’informations sensibles.»

Felix Römer, première victime nommée dans la fuite Revolut

Sur les trois captures jointes au message, l’une reproduit un échange Telegram où les pirates écrivent avoir mis la main sur « le KYC complet de Felix Romer, patron de gamdom.com ». Un selfie de vérification et une pièce d’identité y figurent, accompagnés de la confirmation de compte Revolut de Felix Römer.

Le patron de la plateforme de paris crypto Gamdom, également à la tête de Skinscom, a réagi lui-même sur X d’un « Ah wtf » adressé à @Revolut, sans démentir.

Selon CoinDesk, l’enquêteur on-chain ZachXBT avait déjà relevé samedi que la fuite semblait avoir ciblé en priorité des clients fortunés détenteurs de cryptomonnaies. Le nom exact du joueur de tennis visé restait à confirmer dimanche soir. Aucun média n’avait encore relayé ce nouveau rebondissement au moment de la publication de cet article.

Revolut, entre ambitions bancaires et défiance grandissante

Difficile de tomber plus mal. Revolut a obtenu, début septembre, un feu vert conditionnel pour lancer une banque aux États-Unis en 2027, et cherche à se poser en alternative sérieuse aux banques traditionnelles. Un fichier client qui finit sur Telegram, à quelques jours d’intervalle, ne colle pas franchement avec ce récit-là.

La société avait déjà traversé une fuite touchant plus de 50 000 clients en 2022, puis affronté en juillet des allégations, contestées, de 75 millions d’enregistrements mis en vente sur des forums criminels. Cette fois, pourtant, ce ne sont plus des dossiers réglementaires qui remontent, mais des visages et des adresses personnelles.

Ce que Revolut perd, ce sont des adresses, au sens propre. En France, les mêmes informations ont déjà nourri des vagues de crypto-extorsion, documentées par la gendarmerie depuis plusieurs mois. Sept suspects ont été interpellés après le kidnapping violent d’un couple de retraités à Sallanches, enlevé début janvier en échange d’une rançon de 8 millions d’euros en cryptomonnaies réclamée à leur fils investisseur.

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Ethereum : Consensys scinde MetaMask en entreprise indépendante, avec une IPO visée dès 2027

Par : Magali
10 septembre 2026 à 06:45

« Conscious uncoupling. » (Gwyneth Paltrow, en 2014, pour annoncer sa séparation avec Chris Martin) Consensys vient de prononcer le même genre de divorce à l’amiable, version entreprise. Ce mardi 9 septembre 2026, la société annonce que MetaMask, son portefeuille crypto vedette, devient une entité totalement indépendante. Les activités institutionnelles restent sous la bannière Consensys, avec en ligne de mire une éventuelle introduction en bourse dont personne ne veut encore donner la date exacte. Une page se tourne pour un groupe fondé en 2014 par ce même Joe Lubin, qui pilote aujourd’hui la manœuvre.

Les points clés de cet article :
  • Consensys a annoncé que MetaMask devient une entité totalement indépendante, tournant ainsi une page significative de son histoire.
  • MetaMask, dirigée par Joe Lubin, s’est transformée en une sorte de néobanque ambitieuse et pourrait lorgner une introduction en bourse dès 2027.

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MetaMask largue les amarres, Consensys garde le navire institutionnel

Concrètement, deux sociétés distinctes remplacent l’ancienne Consensys Software Inc. MetaMask conserve le nom qui a fait sa notoriété et se concentre sur le grand public : plus de 100 millions de téléchargements dans environ 190 pays, et plusieurs billions de dollars de transactions facilitées depuis son lancement. L’autre entité, toujours appelée Consensys, hérite des protocoles et de l’infrastructure institutionnelle Ethereum, Linea comprise. Elle sera dirigée par Mike Kriak au poste de PDG, épaulé par David Cunningham à la présidence.

Joe Lubin, lui, ne quitte personne. Il devient PDG de MetaMask tout en restant président exécutif de Consensys. Sa justification, rapportée par Fortune le 9 septembre, tient en une idée simple : l’activité grand public de MetaMask aurait accumulé une valeur qui dépasse largement celle du reste du groupe. Autant lui offrir sa propre structure, et sa propre stratégie.

Today, MetaMask begins its next chapter as an independent company.

Consensys Software Inc., the company behind MetaMask, is rebranding as MetaMask, fully focused on the consumer platform. The protocols and institutional infrastructure businesses, including Linea, are becoming a…

— MetaMask 🦊 (@MetaMask) September 9, 2026

Une « banque crypto » qui n’a plus besoin de la maison mère

MetaMask n’est plus le simple portefeuille qui affichait un solde et proposait de swapper deux tokens. Ces derniers mois, l’application a empilé les briques façon néobanque, avec des comptes multi-actifs, une carte de débit Mastercard (MetaMask Card) lancée avec Baanx, des contrats perpétuels et des marchés de prédiction.

Sur ce point, la nouvelle entité veut « étendre l’accès aux instruments financiers traditionnels et aux services financiers autonomes au sens large ». Traduction : MetaMask veut ressembler de moins en moins à un plugin de navigateur, et de plus en plus à un établissement financier à part entière. Le nom reste le même.

MetaMask lorgne une IPO dès 2027, Lubin botte en touche

Lubin refuse tout commentaire sur le calendrier d’une IPO (introduction en bourse). Le dossier traîne pourtant depuis un moment. Une entrée en bourse avait déjà été évoquée début 2025, projet abandonné faute de marché porteur. La société avait ensuite recruté JPMorgan et Goldman Sachs comme banques pour viser l’automne 2026. Des analystes tablent désormais sur un listing de MetaMask dès le début 2027. Rien n’est confirmé côté direction.

La même prudence vaut pour le token. Lubin avait laissé entendre par le passé qu’un jeton MetaMask était à l’étude. Il a coupé court cette semaine : le climat réglementaire actuel rend les entreprises bien moins pressées d’émettre leur propre cryptomonnaie. Un jeton MetaMask attendra donc encore un peu. Pas de surprise, à vrai dire.

Vous vous souvenez de la plainte de la SEC contre MetaMask, qui l’accusait d’avoir vendu des titres non enregistrés ? Le régulateur américain a fini par classer l’affaire sans suite en 2025. Ce genre de manœuvre aurait été autrement plus délicat à négocier en pleine bataille judiciaire. La séparation effective entre MetaMask et Consensys doit être achevée d’ici la fin de l’année 2026.

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Crypto : Standard Chartered ouvre le trading de Bitcoin et Ethereum aux Émirats

3 septembre 2026 à 16:30

Le Golfe passe au spot bancaire. Standard Chartered ouvre aux investisseurs institutionnels des Émirats arabes unis l’accès au trading au comptant de Bitcoin et d’ether. L’offre est déployée depuis le Dubai International Financial Centre (DIFC), sous la supervision de la Dubai Financial Services Authority (DFSA). La banque britannique devient ainsi la première banque d’importance systémique mondiale à proposer ce service aux Émirats et, selon son communiqué, la seule banque internationale à offrir actuellement du trading spot institutionnel d’actifs numériques dans la région.

Points clés

  • Standard Chartered étend aux Émirats arabes unis son offre de trading spot livrable sur bitcoin et ether, réservée aux clients institutionnels
  • L’offre est réservée aux clients institutionnels éligibles et réglementée depuis le DIFC
  • Les ordres passent par les plateformes électroniques et les interfaces de change habituelles de la banque
  • Les clients peuvent conserver leurs actifs auprès du dépositaire de leur choix, dont Standard Chartered

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Bitcoin et Ethereum intégrés aux outils bancaires existants

L’offre porte sur les paires BTC/USD et ETH/USD. Il ne s’agit pas de contrats dérivés réglés en dollars, mais de transactions au comptant livrables : une fois l’ordre exécuté, le client reçoit effectivement les bitcoins ou les ethers achetés.

Standard Chartered cherche surtout à intégrer les cryptomonnaies aux outils déjà employés par les salles de marché traditionnelles. Les clients institutionnels éligibles peuvent passer leurs ordres depuis les plateformes électroniques de la banque, à travers des interfaces proches de celles utilisées pour négocier des devises.

Le règlement reste cependant séparé de l’exécution. Chaque client peut choisir le dépositaire chargé de conserver les actifs achetés, y compris le service de conservation d’actifs numériques lancé par Standard Chartered aux Émirats en septembre 2024.

Cette organisation permet ainsi aux gestionnaires d’actifs, entreprises et autres investisseurs professionnels d’accéder à Bitcoin et Ethereum sans passer directement par une plateforme crypto native. Ils bénéficient parallèlement des procédures de gouvernance, de conformité et de gestion des risques d’un groupe bancaire international.

Standard Chartered ouvre aux investisseurs institutionnels des Émirats arabes unis l’accès au trading au comptant de Bitcoin et d’ether. L’offre est déployée depuis le Dubai International Financial Centre (DIFC), sous la supervision de la Dubai Financial Services Authority (DFSA). La banque britannique devient ainsi la première banque d’importance systémique mondiale à proposer ce service aux Émirats et, selon son communiqué, la seule banque internationale à offrir actuellement du trading spot institutionnel d’actifs numériques dans la région.
Standard Chartered va toujours plus loin dans les services crypto – Source : Compte X

Standard Chartered étend son offre crypto lancée à Londres

Cette implantation aux Émirats prolonge une activité inaugurée au Royaume-Uni en juillet 2025. Standard Chartered était alors devenue la première banque d’importance systémique mondiale, ou G-SIB, à proposer du trading spot livrable de bitcoin et d’ether à ses clients institutionnels.

Une G-SIB est un établissement dont la taille, les activités et les connexions avec le reste du secteur financier sont telles que sa défaillance pourrait menacer la stabilité du système mondial. Ce statut lui impose notamment des exigences renforcées en matière de capital et de supervision.

Le choix des Émirats répond également à la construction progressive d’un cadre réglementaire consacré aux actifs numériques. Depuis le DIFC, Standard Chartered peut désormais réunir l’exécution des ordres et son offre de conservation au sein d’un même environnement réglementé :

« En combinant l’exécution avec une conservation sécurisée, une gouvernance et la connectivité d’une banque mondiale, nous offrons à nos clients une manière plus intégrée de participer aux marchés des actifs numériques »

Rola Abu Manneh, directrice générale de Standard Chartered pour les Émirats arabes unis, le Moyen-Orient et le Pakistan – Source : CP

La banque développe parallèlement des activités dans la conservation, le trading et la tokenisation, notamment à travers son pôle de banque d’investissement et ses participations dans Zodia Markets et Libeara.

Cette ouverture ne démocratise pas encore l’achat de cryptomonnaies auprès du grand public : elle reste strictement réservée aux institutions éligibles. Elle confirme toutefois que Bitcoin et Ethereum s’intègrent progressivement aux infrastructures utilisées par la finance traditionnelle, jusque dans les interfaces de change des grandes banques mondiales. Mais ça, vous le saviez déjà si vous nous lisez régulièrement.

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Stablecoin : Citi, Goldman Sachs et 19 autres géants financiers s’unissent pour lancer leur dollar

Par : Magali
2 septembre 2026 à 07:00

L’Union sacrée. En mai 2025, les grandes banques américaines discutaient encore en coulisses d’un stablecoin commun, sans dépasser le stade des pourparlers préliminaires. Seize mois plus tard, l’idée a pris du muscle. Le 1er septembre, vingt-et-une institutions financières internationales, parmi lesquelles Citi, Goldman Sachs, Bank of America et Wells Fargo, ont officialisé la création d’une entreprise commune dédiée à l’émission d’un stablecoin (une cryptomonnaie dont la valeur reste arrimée à une monnaie classique, ici le dollar) adossé au billet vert. Objectif affiché : un lancement commercial au premier semestre 2027.

Les points clés de cet article :
  • Le 1er septembre, vingt-et-une institutions financières mondiales ont officiellement créé une entreprise commune pour émettre un stablecoin adossé au dollar, visant un lancement commercial au premier semestre 2027.
  • Le projet ambitie à se conformer aux réglementations GENIUS Act et MiCA, tout en ciblant des usages variés tels que les paiements transfrontaliers et le règlement d’actifs numériques.

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De 10 banques exploratrices à 21 poids lourds, le consortium change de dimension

Tout est parti d’octobre 2025, quand dix banques d’importance systémique mondiale (des établissements dont la chute menacerait tout le système financier, désignées G-SIB) avaient entamé une phase exploratoire commune. Huit d’entre elles sont toujours là aujourd’hui. Il s’agit de Santander, Bank of America, Citi, Deutsche Bank, Goldman Sachs, MUFG, TD Bank et UBS, la vieille garde du projet.

Treize nouveaux venus rejoignent donc le navire, parmi lesquels BBVA, Wells Fargo, Crédit Agricole, Lloyds, Scotiabank et Standard Bank, portant à 18 le nombre total de banques membres et à 17 celui des G-SIB. La nouvelle entité doit être formellement créée au second semestre 2026, sous réserve des conditions de clôture habituelles à ce genre de montage. Un an, presque jour pour jour, entre la première poignée de main et le passage à l’acte.

Fidelity et WisdomTree, la surprise venue des gestionnaires d’actifs

Deux noms détonnent dans cette liste de banquiers en costume trois pièces. Fidelity Investments et WisdomTree, deux gestionnaires d’actifs américains, émettent déjà chacun leur propre stablecoin.

En effet, Fidelity a lancé le sien, FIDD, en janvier via sa société de fiducie nationale agréée au niveau fédéral. WisdomTree fait tourner l’USDW sous une charte de fiducie new-yorkaise.

Rejoint également le consortium Sirius International Holding, filiale d’un conglomérat d’Abou Dabi. Leur présence en dit long. Même des émetteurs déjà installés jugent qu’aucun stablecoin isolé, aussi solide soit-il, ne pèsera assez lourd seul face aux effets de réseau de Tether et Circle.

GENIUS Act et MiCA, un stablecoin taillé pour cocher toutes les cases réglementaires

Le calendrier reste précis. Dollar d’abord, avec un lancement commercial visé au premier semestre 2027. Puis extension progressive à d’autres devises du G7, l’euro en tête de liste. Les usages ciblés couvrent les marchés de gros, institutionnels et particuliers, avec en ligne de mire les paiements transfrontaliers et le règlement de crypto-actifs, selon le communiqué officiel du consortium. Le projet ambitionne une conformité au GENIUS Act américain et au règlement européen MiCA, chacun selon sa juridiction. Un chantier réglementaire à deux vitesses, mais pas insurmontable, vu que les grandes banques ont justement l’habitude de jongler avec plusieurs cadres à la fois d’un pays à l’autre. Face à elles, un marché des stablecoins qui pèse environ 290 milliards de dollars, dont près de 89 % captés à eux seuls par l’USDT de Tether et l’USDC de Circle. Autant dire que la place est chère, et que la vraie bataille commence à peine.

Vingt-et-une signatures ne garantissent pas un lancement réussi. Rien n’est gravé dans le marbre tant que l’entreprise commune n’existe pas encore sur le papier. Mais l’ampleur de la coalition, du crédit américain classique aux fiducies d’Abou Dabi en passant par les gestionnaires d’actifs new-yorkais, dessine un mouvement bien plus large que la simple riposte de quelques banques agacées. Wall Street tokenise déjà ses dépôts de son côté, avec JPMorgan et son JPMD en éclaireur. Tether et Circle ont dix-huit mois devant eux pour consolider leur avance, avant que le premier stablecoin porté par 21 poids lourds de la finance mondiale n’entre vraiment en jeu.

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Blockchain : Mastercard révèle ce que les banques exigent vraiment

29 août 2026 à 11:00

Ce que veulent les banques. Dans une étude commune, Mastercard et la Sei Development Foundation analysent la manière dont les banques et les gestionnaires d’actifs sélectionnent une infrastructure, la testent puis décident – ou non – de la déployer en production. Leur conclusion : la vitesse est devenue suffisante sur de nombreux réseaux, mais la confiance dans la finalité des transactions, la gouvernance et les opérations reste déterminante.

Points clés

  • Mastercard et Sei détaillent le parcours d’évaluation des banques : éligibilité, pilote, production, passage à l’échelle
  • La finalité déterministe, la prévisibilité des frais et les outils de conformité éliminent la majorité des chaînes dès la présélection
  • Le fossé entre pilote et production reste le principal cimetière des preuves de concept bancaires
  • Sei mise sur son exécution parallélisée et son chantier Giga face à Solana et aux rollups Ethereum

Dimanche 6 septembre à 20h, le trader pro de Steady Lads décrypte le marché en direct. Au programme : une Master Class sur la lecture des graphiques, une analyse technique des principaux actifs et une séance de questions ouvertes avec celui qui pilote le portefeuille. Accès libre, dans la limite de 500 inscrits.
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La blockchain dépasse le stade expérimental et bascule dans l’opérationnel

Le rapport, intitulé The Foundations of Institutional Blockchain, s’appuie sur plus de 40 entretiens avec des spécialistes des paiements, de la conformité et des infrastructures blockchain. Les auteurs ont également étudié les grilles d’évaluation déjà utilisées par les institutions financières.

Selon leurs calculs, la capacité cumulée des principaux réseaux dépasse désormais 3 400 transactions par seconde, soit environ cent fois plus qu’en 2019. Ce chiffre agrégé ne signifie pas qu’une blockchain particulière peut garantir seule ce débit dans toutes les conditions, mais il illustre les progrès réalisés en matière de performance.

Plus de 27 milliards de dollars d’obligations, de fonds, de dépôts bancaires et d’autres actifs financiers ont également été tokenisés. Le fonds monétaire tokenisé de BlackRock avait, à lui seul, dépassé 2,5 milliards de dollars d’encours en mai.

La question n’est donc plus seulement de savoir si une blockchain peut exécuter rapidement une transaction. Les institutions veulent aussi déterminer si son règlement est définitif, si sa gouvernance résiste à une crise et si son fonctionnement peut être intégré aux procédures existantes.

« L’adoption institutionnelle exige davantage que de l’innovation », résume Christian Rau, responsable des actifs numériques et de la blockchain pour la région APEMEA chez Mastercard. Il cite notamment la confiance, le passage à l’échelle, la conformité et l’intégration aux infrastructures financières existantes.

La technologie ne serait plus le principal obstacle à l’adoption blockchain. Dans une étude commune, Mastercard et la Sei Development Foundation analysent la manière dont les banques et les gestionnaires d’actifs sélectionnent une infrastructure, la testent puis décident - ou non - de la déployer en production. Leur conclusion : la vitesse est devenue suffisante sur de nombreux réseaux, mais la confiance dans la finalité des transactions, la gouvernance et les opérations reste déterminante.
Mastercard et Sei publient un rapport sur l’adoption des blockchains par les institutions bancaires – Source : Compte X

Cinq étapes avant la mise en production pour un projet

Mastercard et Sei identifient cinq étapes successives dans l’adoption d’une blockchain : l’éligibilité, la validation, le pilote, la production et le passage à l’échelle.

Chaque phase possède son propre responsable de décision et exige un niveau de preuve supérieur à la précédente. Une technologie peut ainsi fonctionner pendant un test limité sans satisfaire aux exigences juridiques, opérationnelles ou comptables nécessaires à son utilisation avec des capitaux réels.

Les institutions évaluent les réseaux selon cinq grands piliers couvrant notamment les performances, la confiance, la conformité, l’intégration et la maturité opérationnelle. Leur importance varie selon le cas d’usage.

Pour les paiements en temps réel, le débit et la rapidité d’exécution occupent une place prioritaire. Dans la gestion de trésorerie, les institutions accordent davantage de poids à la gouvernance, à la stabilité du réseau et à la capacité de réagir en cas d’incident.

Le rapport étudie six cas d’usage et montre ainsi qu’aucune blockchain ne peut être déclarée universellement adaptée aux institutions. Un réseau performant pour des paiements fréquents ne répondra pas nécessairement aux besoins d’une banque souhaitant tokeniser des actifs ou gérer des règlements complexes.

Sei souligne naturellement la performance comme un critère devenu incontournable. Cette étude étant cosignée par la fondation chargée de développer le réseau, elle constitue autant un cadre d’analyse qu’un document soutenant son positionnement auprès des institutions.

Le principal enseignement reste néanmoins plus large : passer d’un pilote à la production dépend moins d’une démonstration spectaculaire que de preuves répétées sur la sécurité, la conformité, la gouvernance et l’intégration. Pour les banques, une blockchain rapide ne suffit plus ; elle doit surtout être exploitable sans fragiliser le reste du système.

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CRD VI : Les banques hors UE ont 5 mois pour ouvrir une succursale

Par : Magali
21 août 2026 à 16:00

Une échéance qui approche, une exception qui se referme. Dans la famille régulation européenne nous ne demandons pas MiCA aujourd’hui, mais la directive européenne CRD VI. Elle entrera en application le 11 janvier 2027, et son article 21c change la donne pour tout établissement bancaire établi hors de l’Union, dans la continuité d’un mouvement réglementaire plus large visant les acteurs étrangers. Prendre des dépôts, prêter de l’argent ou émettre des garanties auprès de clients situés dans l’UE nécessitera désormais une succursale agréée sur le sol européen. Fini le temps où une banque américaine, britannique ou asiatique pouvait servir des clients européens depuis son siège, à distance.

Les points clés de cet article :
  • La directive européenne CRD VI a changé les règles du jeu pour les banques non européennes à partir de janvier 2027.
  • L’article 21c a exigé une succursale agréée dans l’UE pour certaines activités bancaires avec des clients européens.

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Ce que change concrètement l’article 21c

Le texte, publié au Journal officiel de l’UE le 19 juin 2024 sous la référence Directive 2024/1619, cible trois activités précises :

  • la prise de dépôts,
  • le crédit,
  • l’émission de garanties.

La transposition dans les droits nationaux a démarré en janvier 2026, mais c’est la date du 11 janvier 2027 qui fait office de couperet.

Une clause de grand-père protège les contrats déjà signés. Ne froncez pas les sourcils. Une clause de grand-père (ou grandfather clause / grandfathering provision), c’est une disposition qui protège les situations ou les contrats déjà existants au moment où une nouvelle règle entre en vigueur

Donc, concernant notre sujet du jour, tout accord conclu avant le 11 juillet 2026 pourra continuer à s’exécuter sans succursale, même après l’entrée en vigueur du texte. Passé cette date charnière, en revanche, plus aucun nouveau contrat de ce type ne pourra être signé sans passer par une entité agréée localement.

L’exception de sollicitation inversée, un filet très étroit

Toutefois, le texte prévoit une soupape : si un client européen s’adresse lui-même, de sa propre initiative, à une banque hors UE, celle-ci peut continuer à le servir sans ouvrir de succursale. Mais l’Autorité bancaire européenne le dit sans détour, cette exception ne doit surtout pas devenir une stratégie d’accès au marché déguisée.

Les conditions sont strictes. L’initiative doit venir exclusivement du client, sans qu’aucune publicité ciblée ni aucune sollicitation via un agent ou un affilié n’ait précédé le contact. L’exception ne couvre en plus que des services étroitement liés à la demande initiale, pas l’ensemble du catalogue de la banque, et elle ne permet pas d’entretenir une relation commerciale continue au-delà de l’opération ponctuelle sollicitée. Les établissements devront conserver des preuves documentées de cette initiative client, et les succursales de pays tiers devront rapporter cette activité à leur régulateur national.

Le cas Kraken, symptôme d’un secteur qui s’y prépare déjà

L’écosystème crypto n’échappe pas à cette mécanique, même s’il en est encore aux prémices. Payward, la maison mère de Kraken, a confirmé la semaine dernière qu’elle explorait l’obtention d’un statut de banque de plein exercice hors des États-Unis. Le co-PDG Dave Ripley a évoqué plusieurs pistes lors du Wyoming Blockchain Symposium, sans préciser les juridictions visées.

Kraken dispose déjà d’une licence MiCA obtenue en Irlande, qui l’autorise à proposer ses services crypto dans les 27 pays de l’Union. Mais cette licence couvre les activités crypto, pas les services bancaires classiques. Si Payward veut un jour proposer des dépôts rémunérés, du crédit ou des hypothèques à des clients européens depuis une entité extérieure à l’UE, comme l’a évoqué son directeur commercial Mark Greenberg, l’article 21c de CRD VI s’appliquera pleinement, licence MiCA ou pas.

Un signal qui dépasse la crypto

Cette exigence n’est pas isolée. Bruxelles a lancé en parallèle une consultation sur la refonte de MiCA, avec la même logique de fond : combler les angles morts qui permettent à des acteurs étrangers de servir le marché européen sans y être pleinement encadrés. Le calendrier des deux textes converge vers la même période, 2027, année où l’Europe entend clarifier qui peut légalement toucher à l’épargne et au crédit de ses citoyens.

Pour les banques comme pour les futurs acteurs crypto qui lorgnent le statut bancaire, le message est identique. La succursale agréée devient la norme, la sollicitation inversée l’exception rare, documentée et strictement contrôlée.

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