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Rachats de jetons : 638 millions de dollars en 2026, et Hyperliquid et Pump.fun raflent presque tout

Par : Magali
5 septembre 2026 à 14:00

Deux gagnants, et beaucoup de figurants. Les projets crypto ont dépensé 638 millions de dollars depuis janvier pour racheter leurs propres jetons sur le marché. C’est un record. Sauf que cette manne de la finance décentralisée ne ruisselle pas. bien au contraire. Elle prend sa source chez deux gros acteurs du secteur. En effet, Hyperliquid et Pump.fun signent à eux deux près de 90 % de la facture. Le rachat de jetons (buyback en anglais), est un vieux réflexe des singes de Wall Street. Le mécanisme d’une entreprise qui utilise ses bénéfices pour retirer ses actions de la circulation, est devenu l’argument marketing préféré des protocoles qui gagnent de l’argent. Et une promesse creuse pour ceux qui n’en gagnent pas.

Les points clés de cet article :
  • Les projets crypto ont établi un record en dépensant 638 millions de dollars pour racheter leurs propres jetons depuis janvier, avec Hyperliquid et Pump.fun à l’origine de près de 90 % de cette somme.
  • Hyperliquid a utilisé un mécanisme de rachat automatisé pour convertir et détruire les jetons HYPE, augmentant ainsi significativement leur valeur, contrairement à Pump.fun dont la stratégie de rachat n’a pas réussi à restaurer la confiance des investisseurs.

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Hyperliquid, la machine à racheter du HYPE qui tourne à plein régime

Le chiffre vient d’une analyse du Financial Times. Elle est bâtie sur les données de la société d’analyse on-chain Allium Labs arrêtées au 25 août. Sur la même période de 2025, les rachats atteignaient 545 millions de dollars. Et en 2024, année complète ? 366 000 dollars, sans le mot million derrière.

C’est Hyperliquid qui porte l’essentiel de cette progression. La plateforme de perpétuels décentralisée (des contrats à terme sans échéance, négociés on-chain avec effet de levier) reverse 99 % de ses frais de trading à un « fonds d’assistance ». Ce fonds convertit les frais en HYPE de façon automatisée, au niveau même de la blockchain. Puis, les jetons sont détruits et retirés définitivement de l’offre totale. Sur le seul deuxième trimestre, 169 millions de dollars de revenus ont généré 141 millions de rachats. De la mécanique, pas du marketing.

Matt Hougan, directeur des investissements de Bitwise, y voit d’ailleurs « la raison principale » de la hausse : le mécanisme « offre aux investisseurs un canal clair par lequel l’activité croissante du protocole se répercute sur la valeur du jeton ». Autrement dit, chaque trader qui paie des frais achète, sans le savoir, du HYPE pour les autres. Le jeton a même décroché une place dans l’ETF multi-actifs Nasdaq de Hashdex depuis le 1er septembre, avec une pondération de 3,4 %.

Un an de recul suffit à trancher, sans figer un prix qui bouge tous les jours : HYPE grimpe d’environ 90 % depuis septembre 2025, quand PUMP plafonne à 13 % sur la même période (CoinGecko, 4 septembre). Le protocole est identique. Les trajectoires, non.

Performance de HYPE (orange) et de PUMP (violet) sur 12 mois, en variation relative. Au 4 septembre 2026, HYPE termine nettement au-dessus, PUMP autour de l’équilibre après un pic d’automne 2025. Source : CoinGecko.
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Pump.fun, le buyback qui n’achète pas la confiance

Deuxième acheteur du classement, Pump.fun n’a pas eu la même chance. Le lanceur de memecoins sur Solana a longtemps consacré 100 % de ses revenus au rachat de PUMP. Neuf mois de collecte, puis 36 % de l’offre en circulation détruite d’un coup le 29 avril, soit 370 millions de dollars partis en fumée. Le cours n’a pas suivi.

La confiance s’était déjà écornée plus tôt dans l’année, quand l’équipe avait multiplié les virements de SOL vers Kraken, de quoi nourrir les soupçons sur l’état réel de ses réserves. Le cofondateur Alon Cohen l’a reconnu auprès de CoinDesk le jour même du burn : « il y avait un manque de confiance dans la longévité de l’entreprise ». Pump.fun a donc rabattu son programme à 50 % des revenus, l’autre moitié servant à financer le développement et les recrutements.

Il faut dire que la matière première fond. Les revenus du protocole ont atteint 971 millions de dollars en 2025, quand le rythme annualisé de 2026 tourne autour de 320 millions. Racheter la moitié d’un chiffre d’affaires en chute, ça reste une chute. Un buyback retire de l’offre, mais ne crée aucune demande. Quand les utilisateurs partent, personne n’achète ce que le protocole brûle.

Rachats de jetons : un remède qui ne soigne que les bien portants

Plus bas dans le classement, les chèques rapetissent. Sky Protocol (l’ex-MakerDAO) a racheté 26 millions de dollars de SKY et son jeton progresse d’environ 8 % sur un an. Jupiter a dépensé 14 millions de dollars en JUP, qui perd 55 %. Chainlink rachète, et LINK cède 50 %. Helium a carrément arrêté son programme en février. Lido conditionne le sien à 40 millions de dollars de revenus annualisés, pendant que LDO abandonne 71 %.

Chez Allium, le responsable de la recherche Elton Shehdula reconnaît que les rachats « peuvent créer une apparence de confiance », mais il reste « sceptique sur le fait que de telles initiatives, à elles seules, fassent monter significativement les prix ». Amir Hajian, chercheur chez Keyrock, va plus loin. « L’ère des jetons qui montent largement sur le battage est terminée. » Les investisseurs veulent des flux de trésorerie. Ceux qui en ont rachètent, ceux qui n’en ont pas font semblant.

DeFi vs TradFi

Différence de taille avec la Bourse, quand même. Une entreprise cotée qui rachète ses actions le fait dans un cadre balisé (aux États-Unis, la règle 10b-18 de la SEC plafonne les volumes quotidiens et encadre les horaires d’achat), avec publication trimestrielle des montants. Un protocole, lui, décide seul du pourcentage, de la cadence et de l’arrêt, par vote de gouvernance ou par simple message sur X. Jupiter a ainsi envisagé en janvier de stopper son programme après 70 millions de dollars dépensés en 2025, avant de le poursuivre au ralenti cette année. Aucune contrainte, aucune sanction. Le rachat de jetons reste, pour l’instant, une promesse révocable.

Sky, Hyperliquid et Pump.fun rachètent parce qu’ils encaissent d’abord, le rachat vient après. Les autres rachètent une promesse. La Fed tranche sur ses taux le 16 septembre, en plein « Rektember », ce mois que les traders redoutent chaque année. dYdX, qui consacre 25 % de ses frais nets à son programme depuis mars 2025, vit sous le même régime : un vote de gouvernance, et tout s’arrête.

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La pièce de 1 $ à l’effigie de Trump est en vente, une « première » présidentielle à nuancer

Par : Magali
3 septembre 2026 à 06:00

Un président sur une pièce. La confusion avait déjà fait vaciller le memecoin TRUMP en juillet quand la Maison Blanche avait dévoilé cette pièce commémorative pour la première fois. Depuis le mercredi 2 septembre à midi (heure de Washington), l’objet en question, une pièce de 1 dollar à l’effigie de Donald Trump, est officiellement en vente sur le site de la Monnaie américaine (US Mint). De quoi relancer, sous une forme bien réelle cette fois, un débat resté en suspens depuis cet été.

Les points clés de cet article :

  • Une pièce de 1 dollar à l’effigie de Donald Trump a été mise en vente par la Monnaie américaine.

  • Le lancement de cette pièce a relancé le débat sur la représentation de présidents en exercice sur des monnaies frappées.

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Une pièce à 154,50 $ le sachet, frappée à Philadelphie

Dans les détails, deux formats sont proposés :

Pour les premières 24 heures de mise en vente, chaque foyer ne peut commander que deux exemplaires de chaque produit. La face présente le portrait de Donald Trump entouré des inscriptions « LIBERTY », « IN GOD WE TRUST » et « 1776~2026 », d’après une photo officielle de la Maison-Blanche. Le revers reprend le sceau présidentiel, complété de la mention « 250 » en hommage aux 250 ans des États-Unis.

Détail pour collectionneurs : 250 000 exemplaires frappés le 4 juillet portent un poinçon spécial et seront glissés au hasard dans les sachets et rouleaux mis en vente.

🇺🇸 L’US Mint lance une pièce de 1 $ à l’effigie de Donald Trump.

➡ Il devient le premier président américain en exercice à apparaître sur une pièce de monnaie destinée à la circulation. pic.twitter.com/A4GaWaEP0B

— Journal du Coin (@LeJournalDuCoin) September 2, 2026

Coolidge, le vrai précédent oublié

L’US Mint ne revendique nulle part le mot « première » dans son communiqué, et pour cause : la dernière fois qu’un président en exercice avait figuré sur une monnaie américaine frappée par la Mint remonte à un siècle. En 1926, pour le sesquicentenaire du pays, un demi-dollar avait représenté Calvin Coolidge en silhouette derrière le buste de George Washington. L’accueil avait été glacial : sur le million de pièces produites, 860 000 étaient reparties à la fonte faute d’acheteurs. Le montage juridique retenu cette fois s’appuie sur un texte de 2020 relatif aux pièces commémoratives, signé par Trump lui-même durant son premier mandat, qui n’interdit le portrait d’une personne vivante qu’au revers. Le président figure donc côté face, une lecture qui continue de diviser les juristes.

Autre nuance qui mérite d’être posée : depuis 2011, la production de pièces de 1 dollar est limitée à la demande numismatique, faute de débouché en circulation réelle. Ces pièces ont beau porter une « finition de circulation », elles ne quitteront sans doute jamais les albums de collectionneurs pour les caisses de supermarché.

Un symbole qui retombe sur un memecoin déjà fragilisé

Sur les marchés crypto, l’écho de l’annonce initiale n’avait pas été neutre. En juillet, la simple vidéo de neuf secondes publiée par la Maison Blanche avait suffi à faire glisser le token TRUMP vers 1,56 dollar, les investisseurs confondant un temps la pièce physique et le memecoin lancé sur Solana trois jours avant l’investiture de janvier 2025.

Le token, lui, reste loin de son sommet de 73 dollars : il s’échange en ce moment autour de 2,20 dollars, pour une capitalisation proche de 585 millions de dollars, quand les pertes cumulées des détenteurs dépassaient déjà les 3,8 milliards de dollars fin juin selon Nansen. Deux « Trump Coins », deux destins : l’une désormais tangible et vendue au comptant par le gouvernement fédéral, l’autre toujours suspendue aux humeurs du marché.

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Trump Digital Gold : Ce memecoin s’est effondré de 99 % en quelques minutes

Par : Magali
31 août 2026 à 07:17

Du plomb dans l’or. Samedi 29 août, un token baptisé Trump Digital Gold (GOLD) est apparu sur Solana, poussé par un compte X certifié de 42 300 abonnés, suivi par Donald Trump lui-même et dont la bio revendique un partenariat avec la Trump Organization. Deux heures plus tard, sa capitalisation dépassait les 50 millions de dollars. Moins de trois heures plus tard, il ne valait plus rien, ou presque. Un an et demi après les 3,8 milliards de dollars de pertes essuyées par les acheteurs du memecoin TRUMP, le nom du président suffit encore à vider des portefeuilles en quelques heures. Sauf que cette fois, personne ne veut en assumer la paternité, et la marque elle-même crie au piratage.

Les points clés de cet article :
  • Un token appelé Trump Digital Gold a été lancé sur Solana, atteignant une capitalisation de 50 millions de dollars en deux heures, avant de s’effondrer presque entièrement.
  • Real Trump Coins a affirmé avoir été piraté, rejetant toute responsabilité, tandis qu’Eric Trump a qualifié l’incident de fraude.

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Trump Digital Gold : chronique d’un pump de deux heures

Le token est créé en début de matinée outre-Atlantique. Vers 9 heures, le compte @realtrumpcoins1 publie un message qui en fait la promotion et renvoie vers le site realtrumpcoins.com. Le nom fait mouche. Les acheteurs se ruent, la capitalisation de Trump Digital Gold grimpe au-delà de 50 millions de dollars (66 millions au plus haut selon les trackers). Et puis, à 11 h 48, le message promotionnel disparaît du compte. Au même instant, la vente commence.

En quelques dizaines de secondes, GOLD perd plus de 95 % de sa valeur. La capitalisation finit la journée autour de 700 000 dollars, soit une chute de 99 % depuis le sommet. Le mardi précédent, le 25 août, le même compte dirigeait encore ses clients vers ce même site pour y acheter des médailles commémoratives à l’effigie du président. Du métal, pas du numérique.

Graphique DexScreener en chandeliers de 15 minutes de la capitalisation de Trump Digital Gold (GOLD/USD1) du 30 au 31 août 2026 : descente d’environ 480 000 dollars vers 88 000 dollars.
Trump Digital Gold (GOLD) sur DexScreener, paire GOLD/USD1 – Source

15 wallets, 18 657 dollars de mise, 330 000 dollars de gain : la mécanique du rug pull GOLD

Un rug pull (littéralement « tirer le tapis ») consiste à gonfler un actif pour le liquider d’un coup sur les acheteurs tardifs. Ici, le montage tient en trois chiffres relevés on-chain par Lookonchain, qui avait signalé le lancement dès samedi. Le développeur détenait 600 millions de GOLD. Quinze wallets fraîchement créés ont dépensé 18 657 dollars pour en acquérir 224,5 millions supplémentaires. Résultat, une équipe qui contrôlait 82,45 % de l’offre totale, ce qui laissait au « marché » un peu moins de 18 % du gâteau. Une liquidité en trompe-l’œil.

Trente minutes après leur achat, les quinze adresses ont tout revendu contre 3 178 SOL, soit environ 330 000 dollars, pour un bénéfice net de 312 000 dollars, dix-sept fois la mise de départ. Et encore, ce compte ne dit rien des 600 millions de tokens du développeur. En additionnant l’ensemble des adresses liées à l’équipe, l’analyste EmberCN chiffre le dump total à 824,54 millions de GOLD écoulés contre 9 785 SOL, soit un peu plus d’un million de dollars. La rapidité du mouvement plaide pour des ventes coordonnées plutôt que pour une panique spontanée. Les rug pulls amateurs traînent en longueur. Celui-ci a été exécuté comme une opération chirurgicale.

Real Trump Coins crie au piratage, Eric Trump parle de fraude

Dans la soirée, Real Trump Coins a publié un démenti en bonne et due forme. Traduction, « Trump Coins n’a pas autorisé et ne lancera, ne promouvra ni n’autorisera aucun token numérique ». La marque attribue les messages supprimés à des « acteurs malveillants tiers » et affirme « travailler avec les autorités ». Version courte, on nous a piratés. Une semaine plus tôt, le 22 août, Eric Trump répondait déjà à une rumeur de nouvelle pièce familiale. « Quelle blague… C’est absolument faux. Personne ne lance la moindre pièce. Si quelqu’un suggère le contraire, c’est une fraude. »

Fraude, donc, de l’aveu même de la famille. Mais fraude de qui ? Le compte porte un badge certifié, revendique un partenariat avec la Trump Organization et compte le président parmi ses abonnés. La promotion de GOLD renvoyait vers realtrumpcoins.com. Depuis, le profil X pointe vers trumpcoins.com, une boutique de médaillons physiques où aucun actif numérique n’est proposé. Piratage réel ou piratage commode, le démenti ne permet pas de trancher. Pour les acheteurs, peu importe. Sur Solana, il n’existe pas de bouton « annuler la transaction ».

Le précédent le plus proche s’appelle LIBRA, le memecoin promu en février 2025 par le président argentin Javier Milei, dont l’équipe avait extrait environ 87 millions de dollars des pools de liquidité avant de disparaître. Milei aussi avait plaidé la méprise. La justice argentine, elle, a ouvert une enquête. À Washington, World Liberty Financial gère des milliards pendant qu’un compte suivi par le président vient de servir de rampe de lancement à un token qui a vécu deux heures et quarante-huit minutes.

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Memecoins et politique : La Californie interdit aux élus de créer leur cryptomonnaie

Par : Magali
30 août 2026 à 12:00

Fin de la récré pour les élus californiens. Le Parlement de Sacramento a adopté le 26 août, sans une seule voix contre, un texte qui interdit aux responsables publics de l’État d’émettre leur propre memecoin. Il ne manque plus que la signature du gouverneur Gavin Newsom pour que la mesure entre dans le Code du gouvernement. Et à partir du 1er janvier 2027, les plateformes d’échange devront elles aussi faire le ménage dans leurs listings pour les résidents californiens. Un an et demi après le lancement du jeton TRUMP, la Californie répond à sa manière.

Les points clés de cet article :
  • La Californie a adopté une loi interdisant aux responsables publics de l’État d’émettre leur propre memecoin, en attente de la signature du gouverneur Gavin Newsom.
  • À partir de janvier 2027, les plateformes d’échange devront retirer les memecoins émis par des responsables publics de leurs listings pour les résidents californiens.

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AB 2409 : ce que la loi californienne sur les memecoins interdit vraiment

Le texte porte le numéro AB 2409. Déposé le 20 février par le député démocrate Avelino Valencia, il a traversé les deux chambres sans le moindre accroc, avec 77 voix contre 0 à l’Assemblée en mai, 40 contre 0 au Sénat le 26 août, puis 78 contre 0 le jour même pour valider les amendements sénatoriaux. Une unanimité qui vaut son pesant d’or à Sacramento.

Concrètement, AB 2409 interdit à tout officier ou employé public de Californie, élu ou nommé, parlementaire ou membre d’une commission, d’émettre un memecoin. La loi définit ce dernier comme un actif numérique « inspiré par des mèmes internet, des personnages, des événements d’actualité ou des tendances, pour lequel le promoteur cherche à attirer une communauté en ligne enthousiaste ». Autrement dit, une définition assez large pour englober tout ce qui se lance sur pump.fun en trois clics.

Le second volet vise les plateformes. Dès le 1er janvier 2027, les prestataires de services sur actifs numériques ne pourront plus proposer aux Californiens un memecoin lancé après cette date par un responsable public, ou en partenariat avec lui. Et là, la formulation couvre les officiels fédéraux, étatiques et locaux. Sans exception pour le locataire de la Maison Blanche.

Le jeton TRUMP, l’éléphant dans la pièce

Personne à Sacramento ne prononce le nom du président dans le texte de loi. Mais l’analyse de la commission judiciaire du Sénat, publiée fin juin, ne s’embarrasse pas de détours. Elle rappelle que le jeton TRUMP est passé de 7 à 75 dollars en deux jours après son lancement en janvier 2025, que la famille Trump a empoché plus de 280 millions de dollars au passage et que les petits porteurs ont déboursé environ 4,3 milliards de dollars pour y participer. Les comptes se sont encore alourdis depuis. D’après Nansen, près de 989 000 portefeuilles ont perdu 3,81 milliards de dollars sur ce seul jeton, pendant que le clan Trump encaissait environ 636 millions de dollars.

Le document sénatorial cite aussi le MEME Act, cette proposition fédérale du représentant Sam Liccardo, ancien procureur, qui voulait interdire aux hauts responsables fédéraux et à leurs proches de tirer profit d’actifs numériques. Déposée en 2025, elle prend la poussière au Congrès. La Californie a donc décidé de ne pas attendre Washington.

Avelino Valencia justifie sa démarche par un argument simple. Les plateformes ont rendu la création d’un jeton si facile qu’un élu mal intentionné peut « contourner les règles existantes de déclaration financière et de conflits d’intérêts ». Un memecoin échappe aux plafonds de dons, aux registres publics et aux commissions d’éthique. Pratique pour monétiser sa fonction.

Des sanctions civiles, pas de menottes

Le texte ne crée aucune infraction pénale. Il ouvre la voie à des actions civiles portées par le procureur général de Californie, les procureurs de district, les avocats municipaux ou les conseils de comté. Deux armes sont prévues. L’injonction, pour faire cesser l’émission ou le listing. Et la restitution des gains (disgorgement), qui oblige l’élu fautif à rendre ce que le jeton lui a rapporté. Pas de prison, donc, mais un trésor de guerre confisqué et une réputation en lambeaux.

Côté soutiens, California Common Cause et la Consumer Federation of California ont appuyé la mesure. Aucune opposition n’a été enregistrée en commission, pas même du lobby crypto. Personne, visiblement, ne tenait à défendre les memecoins d’élus en audition publique. Gavin Newsom a jusqu’au 30 septembre pour signer ou opposer son veto. Vu qu’il a lui-même agité l’idée d’un « Trump Corruption Coin » parodique en août 2025 pour se payer la tête du président, un veto surprendrait tout le monde.

La Californie n’est pas seule à se pencher sur la question. En Argentine, l’affaire LIBRA poursuit Javier Milei devant les tribunaux depuis février 2025, et la justice américaine a ordonné le dégel de 57 millions de dollars liés au jeton. Pour un candidat à la présidentielle de 2028 tenté par un jeton de campagne, la porte de la Californie sera fermée dès le premier jour.

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Crypto : Robinhood Chain mise sur l’USDe, mais vit des memecoins

Par : Ben Canton
29 août 2026 à 14:00

De 17 à 253 millions de dollars en un mois. L’USDe d’Ethena est devenu l’une des principales sources de liquidité de la Robinhood Chain. Le dollar synthétique représente désormais près de 43 % des stablecoins présents sur ce réseau de seconde couche d’Ethereum. Cette croissance spectaculaire alimente la finance décentralisée, mais elle ne s’accompagne pas encore d’une hausse comparable du nombre d’utilisateurs.

Les points clés de cet article :
  • L’USDe d’Ethena a connu une croissance extraordinaire, atteignant 253 millions de dollars en un mois et représentant 43 % des stablecoins sur la Robinhood Chain.

  • Malgré une liquidité accrue, la Robinhood Chain attire principalement des capitaux spéculatifs avec les memecoins, sans une augmentation significative du nombre d’utilisateurs actifs.

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L’USDe alimente la liquidité de la Robinhood Chain

L’USDe se distingue des stablecoins traditionnels comme l’USDG de Paxos. Ce dernier maintient sa valeur grâce à des réserves composées d’actifs libellés en dollars. Ethena utilise pour sa part des cryptoactifs associés à des positions vendeuses sur les marchés à terme afin de réduire leur exposition aux variations de prix.

Ce mécanisme permet à l’USDe de viser une valeur stable autour d’un dollar sans reposer uniquement sur des réserves bancaires classiques. Il comporte toutefois des risques spécifiques liés aux plateformes de produits dérivés, aux taux de financement, à la liquidité des marchés et à la conservation des actifs.

L’USDe ne verse pas automatiquement de rendement. Les détenteurs doivent le déposer auprès d’Ethena pour recevoir du sUSDe, une version donnant accès aux revenus générés par les stratégies du protocole.

Son arrivée massive sur Robinhood Chain offre néanmoins davantage de capitaux utilisables comme garantie ou comme liquidité dans les applications de prêt, d’échange et de rendement. La valeur totale verrouillée du réseau atteignait environ 473 millions de dollars, avant de se rapprocher de 493 millions selon les dernières données de DeFiLlama.

L’activité technique progresse également. Robinhood Chain a ainsi enregistré en moyenne 11,6 millions de transactions quotidiennes sur la semaine étudiée, soit une hausse de 30 %. Le nombre de comptes actifs n’a cependant augmenté que de 3,3 % et reste environ 11 % sous son sommet du 16 juillet.

L’écart suggère que le réseau attire surtout davantage de capitaux et d’opérations, sans connaître pour l’instant une croissance équivalente de sa base d’utilisateurs.

 L’USDe d’Ethena est devenu l’une des principales sources de liquidité de la Robinhood Chain. Le dollar synthétique représente désormais près de 43 % des stablecoins présents sur ce réseau de seconde couche d’Ethereum. Cette croissance spectaculaire alimente la finance décentralisée, mais elle ne s’accompagne pas encore d’une hausse comparable du nombre d’utilisateurs.
Les équipes d’Ethena se réjouissent du succès de leur stablecoin sur la Robinhood Chain – Source : Compte X

Les memecoins dominent encore les échanges

Robinhood présente sa blockchain comme une infrastructure destinée aux actions tokenisées, aux actifs du monde réel et aux nouvelles applications financières. Pourtant, ses premiers volumes proviennent presque exclusivement de la spéculation.

Selon OAK Research, les memecoins représentent plus de 99 % du volume échangé sur le réseau. Uniswap concentre parallèlement environ 66,4 % des frais générés par les applications depuis le lancement de la chaîne.

Le jeton CASHCAT, inspiré de l’ancienne mascotte de Robinhood, illustre cette dynamique. Son prix aurait progressé de plus de 5 500 % en sept jours, portant sa capitalisation près de 200 millions de dollars. Sa cotation dans l’application Robinhood a provoqué un léger regain d’activité, sans modifier sensiblement la moyenne hebdomadaire des comptes actifs.

Deux moteurs très différents coexistent donc. Les memecoins apportent du volume, des transactions et des revenus immédiats, tandis que l’USDe construit une réserve de dollars susceptible d’alimenter durablement la DeFi.

La Robinhood Chain parvient déjà à attirer des capitaux importants, mais son adoption reste largement portée par la spéculation. Son principal défi sera de transformer cette liquidité et cette activité autour des memecoins en usages durables liés au crédit, aux échanges et aux actifs tokenisés.

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