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Services IT : comment l’IA fait évoluer les contrats de prestation

21 août 2026 à 10:42

Les gains de productivité que permet l’IA bousculent un pilier historique du secteur des services numériques : la facturation au temps passé.

Le basculement vers des contrats fondés sur les résultats n’est plus une option marketing, mais une nécessité économique. C’est le constat posé lors du premier Forum des ESN & ICT organisé par Numeum en juin dernnier. Plus de 60 dirigeants du secteur s’y sont retrouvés pour débattre des nouveaux modèles de consommation des services numériques à l’ère du cloud et de l’IA ?

« Pendant des années, les ESN ont vendu du temps, des profils, des « man-days ». Mais aujourd’hui, les clients n’achètent plus du temps… ils achètent des résultats. Et c’est là que l’IA change tout », résume Charles Mauclair, président du Collège ESN/ICT de Numeum.

Concrètement, cette trajectoire distingue trois logiques de consommation : l’achat de licences et d’infrastructures (possession), la consommation de capacités cloud et de services managés (usage), et enfin l’achat de résultats mesurables comme les gains de productivité et lescapacités opérationnelles (valeur).

Les modèles de régie au TJM (Taux Journalier Moyen), encore dominants, se retrouvent de plus en plus concurrencés par des engagements construits autour de la performance ou du partage des gains.

L’IA, premier moteur de croissance… et de tension

L’étude « Grand Angle ESN & ICT 2025 », publiée par Numeum et KPMG en octobre 2025, illustre l’ampleur du phénomène.

L’IA générative arrive en tête des opportunités de marché identifiées par 81% des ESN et ICT interrogées, devant la transformation digitale (58%) et la cybersécurité (56%). Sur le terrain, 72% des entreprises du secteur utilisent déjà l’IA dans leurs processus de delivery, et 67% dans leurs fonctions administratives.

Les gains de productivité mesurés sont significatifs : 12,5% en 2025 chez les éditeurs, avec une progression anticipée à 17% en 2026. Chez les ESN, la trajectoire est encore plus marquée, avec des gains qui devraient passer de 15% à 22,3% entre 2025 et 2027.

Mais cette productivité accrue se retourne partiellement contre le modèle économique historique du secteur. « L’IA augmente la productivité des équipes, mais met sous pression les modèles basés sur le volume de travail humain », relève Numeum dans son analyse de conjoncture.

Le syndicat cite un chiffre qui inquiète les directions d’ESN : 22% des DSI estiment déjà que l’IA agentique pourrait réduire certaines de leurs dépenses logicielles, avec un effet d’entraînement potentiel sur les revenus des prestataires.

« L’équation économique est sous tension », admet Charles Mauclair. « Les ESN doivent transformer leur offre pour rester pertinentes : passer de la vente de temps à la création de valeur augmentée. »

Trois trajectoires de transformation se dessinent : le pivot vers des modèles hybrides associant expertise humaine et agents IA, le développement de nouvelles activités à forte valeur ajoutée (design et orchestration d’agents, gouvernance, intégration aux processus métiers) et la recomposition des contrats autour des résultats obtenus plutôt que du temps facturé.

Des contrats qui glissent du TJM vers l’outcome-based

Cette recomposition contractuelle se traduit déjà très concrètement dans les négociations et les appels d’offres.

Trois mécanismes reviennent régulièrement. D’abord des engagements de productivité assortis de pénalités ou de bonus. Ensuite, un pricing indexé sur les économies réalisées et les revenus additionnels générés. Enfin, sur des dispositifs de gain-sharing où le prestataire et le client se partagent les économies issues de l’IA.

« Les clients n’achètent plus du temps… ils achètent des résultats », martèle Charles Mauclair. Les ESN qui continueront de vendre du temps risquent une compression durable de leurs marges.

Le marché français fournit plusieurs illustrations de cette bascule.

BNP Paribas a renouvelé pour trois ans son accord-cadre avec Mistral AI, en étendant les cas d’usage d’IA générative et agentique à des processus critiques du groupe. La Caisse des Dépôts a signé, avec Sopra Steria, Computacenter et Mistral AI, un accord-cadre de 140 millions € sur quatre ans portant sur le déploiement de 40 000 licences d’IA générative, au bénéfice d’environ 100 000 utilisateurs. Chez TP (ex-Teleperformance), environ 7% du chiffre d’affaires provient désormais de contrats de type « revenue-as-a-service », indexés sur des résultats tels que la génération de revenus, la rétention client ou les économies réalisées.

Autant d’exemples qui montrent que les grands comptes français ont déjà engagé leurs prestataires dans une logique de valeur, et non plus de simple effort fourni.

Vendre des capacités augmentées, pas des profils

Pour Numeum, la transformation implique aussi une refonte de l’offre elle-même. Dans l’étude Grand Angle, 63% des répondants déclarent avoir créé de nouvelles offres fondées sur l’IA, 58% constatent une accélération de leurs cycles de delivery, et 54% se disent capables de répondre plus rapidement aux appels d’offres grâce à l’IA.

« Il ne s’agit plus de vendre des profils, mais de vendre des capacités opérationnelles augmentées par l’IA », résume Charles Mauclair.

Cette mutation ne se fera pas sans efforts. Numeum pointe trois enjeux prioritaires.

D’abord la formation. Une étude EY–Syntec Conseil citée par le syndicat montre que 66% des entreprises qui réussissent leur adoption de l’IA à l’échelle départementale ont investi dans un programme de formation structuré, contre moins de 20% chez celles qui échouent.

Ensuite la gouvernance, avec un accent mis sur la sécurité des données et la conformité réglementaire (AI Act, DORA, RGPD). Enfin la souveraineté  avec  le recours à des solutions d’IA françaises ou européennes.

« L’IA n’est pas une menace pour les ESN, c’est une opportunité de se réinventer », conclut Charles Mauclair.

A condition que cette réinvention touche à la fois les offres, les compétences et les contrats.

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Numeum renouvelle sa gouvernance : les entrants, les sortants

2 juillet 2026 à 12:09
Mehdi Houas Numeum
Mehdi Houas

Après trois ans à la présidence de Numeum; Véronique Torner passe le témoin à Mehdi Houas, élu ce 1er juillet.

L’intéressé est président-fondateur de Talan. Il fut, entre janvier et décembre 2011, ministre du Commerce et du Tourisme de Tunisie. Administrateur de Numeum depuis 2017, il avait jusque-là présidé les commissions « Finance et Fiscalité » et « Industrie ».

Deux nouveaux venus au conseil d’administration

Mi-juin, le syndicat professionnel – né de la fusion de Syntec Numérique et de TECH IN France – avait renouvelé partiellement son conseil d’administration. Résultat : douze élus pour un mandat de 3 ans… dont deux nouveaux venus : Homéric de Sarthe et France Titin-Snaider.

Homéric de Sarthe est au collège éditeurs/plateformes de Numeum en tant que directeur général de Craft AI. France Titin-Snaider est au collège ESN/ICT, en qualité de directrice impact et RSE chez Harington.

Homéric de Sarthe et France Titin-Snaider
Homéric de Sarthe et France Titin-Snaider

Des administrateurs récemment cooptés… et confirmés

Des 12 élus, trois avaient été cooptés en février 2026. En l’occurrence :

  • Anne-Gaëlle Chasles (DG services financiers d’IBM France)
  • Térence Goudriaan (directeur télécoms, luxe, énergie et BU distribution France chez Capgemini)
  • Bruno Vaffier (DG de Cegid)
Anne-Gaëlle Chasles Térence Goudriaan et Bruno Vaffier
Anne-Gaëlle Chasles, Térence Goudriaan et Bruno Vaffier
Éric Blazy
Éric Blazy

Un autre l’avait été en septembre 2025 : Éric Blazy, directeur général Digital Services France d’Orange Business.

Coopté à cette même occasion, Rémy Bellavoine, président d’Iskara (logiciels de GRC), ne fait quant à lui plus partie du conseil d’administration. Même chose pour Philippe Pujalte, directeur des opérations d’Inetum France.

Les administrateurs qui ont soufflé leur première bougie

9 administrateurs avaient été élus lors du renouvellement annuel de juin 2025.

  • Jonathan Amar, fondateur et dirigeant de l’ESN Deletec ; vice-président de la commission Formation de Numeum
  • Hélène Bringer, directrice de Thales Services Numériques ; membre du comex de Numeum chargée de l’horizontalisation des secteurs d’activités et Défense
  • Christian Cor, président de Saaswedo (logiciels de gestion des télécoms et de la mobilité) ; président de la commission Environnement de Numeum
Jonathan Amar Hélène Bringer et Christian Cor
Jonathan Amar, Hélène Bringer et Christian Cor
  • Jean-Philippe Couturier, président-fondateur de Whoz (logiciels de gestion RH) ; président du collège éditeurs/plateformes de Numeum
  • Benoît Darde, membre du comex de Wavestone… et de celui de Numeum, où il est aussi vice-président de la commission Affaires publiques
  • Françoise Farag, présidente de Salvia Développement (logiciels de gestion de patrimoine) ; présidente de la commission Inclusion de Numeum
Jean-Philippe Couturier Benoît Darde et Françoise Farag
Jean-Philippe Couturier, Benoît Darde et Françoise Farag
  • Katya Lainé, présidente de Talkr ; présidente de la commission IA de Numeum
  • Nolwenn Le Ster, directrice des opérations d’Almond ; présidente de la commission Cybersécurité du Numeum
  • Philippe Limantour, directeur technologique et cybersécurité de Microsoft France ; vice-président du bureau Technologies de Numeum
Katya Lainé Nolwenn Le Ster et Philippe Limantour
Katya Lainé, Nolwenn Le Ster et Philippe Limantour

Un comex à 6 membres

Hormis Mehdi Houas et Hélène Bringer, le comex se compose de :

  • Olivier Cazzulo (président de Netsystem), chargé des régions
  • Xavier Côte de Soux (DG de OnePoint Défense & Souveraineté), trésorier et chargé des compétences
  • Stanislas de Rémur (président d’Oodrive), chargé des relations adhérents et de l’équipe de France du numérique
  • Thibault de Tersant (directeur général adjoint de Dassault Systèmes), vice-président de Numeum et président de la commission Affaires publiques
Olivier Cazullo Xavier Côte de Soux Stanislas de Rémur et Thibault de Tersant
Olivier Cazullo, Xavier Côte de Soux, Stanislas de Rémur et Thibault de Tersant

Six « personnalités qualifiées » quittent le conseil d’administration

Xavier Côte de Soux était auparavant administrateur en qualité de « personnalité qualifiée ». Les six autres qui l’étaient ne font plus partie du conseil d’administration. Il s’agit de :

  • Soumia Malinbaum (VP business development et RSE de JEMS ; précédemment première vice-présidente de la CCI Paris)
  • Charles Mauclair (DG de SII ; il était président du collège ESN/ICT de Numeum)
  • Thierry Meynle (président du conseil de surveillance de Divalto)
  • Marc Palazon (président de Smile)
  • Michel Paulin (président de Quandela et du comité de filière « logiciels et solutions numériques de confiance »
  • Maÿlis Staub (fondatrice de La Mesure Marketing)

Les « anciens » de la maison Numeum

Sont également au conseil d’administration :

  • Anne-Sophie Bouy, secrétaire générale de Cegedim ; présidente de la commission Santé de Numeum
  • Frédéric Dufaux, directeur général adjoint de Docaposte ; président de la commission Sociale de Numeum
  • Virginie Fauvel, président de Harvest (logiciels de gestion de patrimoine)
Anne-Sophie Bouy Frédéric Dufaux et Virginie Fauvel
Anne-Sophie Bouy, Frédéric Dufaux et Virginie Fauvel
  • Véronique Hangard, chief business officer de SAP France
  • Frédéric Sebag, président d’Open
Véronique Hangard et Frédéric Sebag Numeum
Véronique Hangard et Frédéric Sebag
  • Galliane Touze, directrice générale déléguée finances, risques et M&A de Berger-Levrault ; présidente de la commission Secteur public de Numeum
  • Grégory Wintrebert, directeur exécutif des relations institutionnelles et des partenariats stratégiques de Sopra Steria ; président du bureau Technologies de Numeum
Galliane Touze et Grégory Wintrebert Numeum
Galliane Touze et Grégory Wintrebert

Photos via Numeum et LinkedIn
Illustration principale générée par IA

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