Un Finlandais découvre en forêt un trésor record de l’époque viking… qui n’a peut-être jamais été viking, vue la trouvaille !


La Fed est comme le chaperon qui fait retirer le bol de punch juste au moment où la fête commençait vraiment à s’animer. Le bol de punch, retiré une fois de plus. Soixante-et-onze ans après McChesney Martin, Kevin Warsh en a rejoué la scène mercredi soir, pour sa première conférence de presse depuis que la Fed a effectivement remonté ses taux. Le message n’avait rien d’ambigu : les taux montent, l’inflation reste la priorité. Bitcoin en a pris acte à sa façon, en effaçant dans la nuit le rebond entrevu au petit matin. La semaine était déjà nerveuse entre l’échec du CLARITY Act et les sorties d’ETF, elle le reste.
Trois choses ont changé depuis juillet, a expliqué Warsh devant la presse :
Ce sont ces trois raisons, dit-il, qui ont motivé son vote pour la hausse de 25 points de base votée à l’unanimité. L’indice PCE, celui que la Fed regarde vraiment, est projeté à environ 3,7 % pour 2026, près du double de l’objectif de 2 %.
Trump voulait une baisse. Selon Bloomberg, Warsh a choisi de privilégier l’inflation plutôt que de céder à la pression de la Maison-Blanche. La médiane du comité reste à 4,1 % fin 2027, au même niveau qu’en fin d’année 2026 une fois la hausse de décembre actée : aucune baisse n’est donc anticipée avant 2028.
Le rebond matinal vers 78 000-79 000 $ n’aura pas duré. Bitcoin évolue autour de 76 000 $ au moment de la publication, en repli d’environ 2,6 % sur 24 heures et de près de 4 % sur sept jours.
Les positions à effet de levier en ont payé le prix. Selon CoinGlass, 347,46 millions de dollars de positions ont été liquidées en 24 heures, dont 203 millions côté vendeurs et 144 millions côté acheteurs. La plus grosse liquidation isolée a eu lieu sur Hyperliquid, un contrat Bitcoin de 18,38 millions de dollars parti en fumée d’un coup. Sur la dernière heure seule, c’est Zcash qui concentrait le plus de positions soufflées, devant Ethereum. Un marché qui pariait sur le rebond du matin, rattrapé par le ton de Warsh le soir.

Deux séances, deux gifles. Mardi, à l’annonce de l’échec du CLARITY Act, Coinbase a plongé de près de 9 %, Strategy a cédé environ 5 % autour de 129,60 $, et les mineurs ont suivi la pente : Riot -5 %, MARA Holdings, CleanSpark, IREN et Core Scientific tous entre -3 et -4 %, selon 24/7 Wall St.
Mercredi, la décision de la Fed a ajouté une seconde couche. Coinbase a encore perdu 3,75 % à 165,65 $, Robinhood 4,35 % à 105,65 $, Strategy 2,96 % à 125,76 $. Circle a fini la séance la plus touchée du lot, en repli de 5,63 % à 81,44 $. Le message rejoint celui des liquidations sur les cryptos elles-mêmes : le bras de fer entre Warsh et Trump ne rogne pas que le cours du Bitcoin, il pèse aussi sur les entreprises qui en vivent en Bourse.

Le CLARITY Act et la Fed, deux chocs en trois jours pour un marché qui n’avait pas fini d’encaisser le premier. La Banque du Japon se prononce vendredi, avec le rendement du 10 ans américain qui campe déjà près de 5 %, son plus haut niveau depuis octobre 2023.
L’article Bitcoin sous les 76 000 $ : Les 3 raisons que Kevin Warsh oppose à Donald Trump est apparu en premier sur Journal du Coin.
Vous qui entrez, abandonnez toute espérance. En fin d’après-midi ce mercredi 16 septembre, le compte X de la SEC a posté un « Stay tuned » citant son président Paul Atkins. Le message a fait tourner quelques têtes. Le teasing arrive au lendemain de l’échec du CLARITY Act au Sénat américain et quelques heures avant une hausse des taux que le marché avait largement anticipée, mais dont les projections qui l’accompagnent ont de quoi calmer les ardeurs. Deux calendriers, un seul marché pour les encaisser.
Le tweet institutionnel de la SEC (@SECGov) qui a lancé le teasing du jour ne fait en réalité que citer Paul Atkins en personne, qui avait posté le message original quelques heures plus tôt sur son propre compte. Traduction fidèle :
« Merci à tous ceux qui se sont autant investis dans le CLARITY Act, au sein de l’Administration, du Congrès, chez les investisseurs comme chez les innovateurs. Notre conviction collective que l’Amérique doit continuer à montrer la voie est indispensable. « Avec ou sans législation, nous agirons », résolument, dans le cadre de l’autorité légale de la SEC, pour apporter de la certitude aux investisseurs américains. Stay tuned. »
Paul Atkins (@SECPaulSAtkins), sur X, 16 septembre 2026
— U.S. Securities and Exchange Commission (@SECGov) September 16, 2026
STAY TUNED! https://t.co/hCk9k5eyTf
Le « Stay tuned » de la SEC n’est donc qu’un écho. Atkins l’avait déjà glissé lui-même en chute de son propre message. Sur le fond, la formule n’est pas nouvelle. Atkins détaillait déjà trois chantiers prioritaires : moderniser l’encadrement des valeurs mobilières numériques, dépoussiérer des règles d’agents de transfert vieilles de quarante ans et laisser les conseillers financiers auto-conserver leurs cryptos.
Le premier chantier a déjà quitté le stade de la promesse. Depuis le 18 août, la SEC planche sur une proposition baptisée Regulation Crypto Assets : une exemption d’enregistrement limitée à 5 millions de dollars sur quatre ans et une autre étendue à 75 millions par an moyennant un peu plus de reporting. Un mécanisme complémentaire permettrait même à un token de sortir du statut de contrat d’investissement une fois le travail de l’équipe fondatrice achevé. La consultation publique court encore, rien n’est donc officiel dans ce « Stay tuned ». Mais le Sénat a rejeté le CLARITY Act, 49 voix pour et 50 contre, loin des 60 voix nécessaires pour lever l’obstruction. Il manquait 11 voix. La SEC ne donne pas l’impression d’avoir envie d’attendre une deuxième chance législative.
Pendant que Washington distillait son suspense sur X, la banque centrale américaine agissait sans détour. Ce mercredi à 20 heures (heure de Paris), le comité de politique monétaire de la Fed a relevé ses taux directeurs de 25 points de base pour les porter à 3,75 %-4,00 %, une première hausse depuis 2023. Le marché l’avait vu venir : l’outil CME FedWatch donnait plus de 90 % de probabilité à ce scénario avant même l’annonce. Ce qui pèse davantage, ce sont les nouvelles projections du comité.
Selon le Summary of Economic Projections publié le même jour, l’inflation PCE médiane est attendue à 3,7 % sur l’ensemble de 2026 (3,4 % pour l’indice core), et le taux directeur grimperait à 4,1 % d’ici la fin de l’année. Un cran de plus que le palier tout juste voté. Autrement dit, la Fed n’exclut pas de remettre le couvert en décembre.
La réaction ne se fait pas attendre. Trois heures avant l’annonce, le bitcoin évoluait encore autour de 76 200 dollars. Les ETF bitcoin au comptant accusent déjà 450,4 millions de dollars de sorties nettes le 15 septembre, au lendemain direct de l’échec du CLARITY Act, selon les données Farside Investors, un chiffre qui s’ajoute aux 463 millions déjà partis la semaine du 8 au 11 septembre. Le marché campe entre 76 000 et 83 000 dollars, sans direction franche.
D’un côté, une administration qui multiplie les signaux d’ouverture réglementaire jusqu’à laisser planer le mystère un soir de marché nerveux. De l’autre, une banque centrale qui a rappelé que la politique monétaire ne se pilote pas à coups de tweets. Les deux dossiers n’avancent pas au même rythme : la Regulation Crypto Assets se compte en semaines de consultation publique. La hausse des taux, elle, produit ses effets dès l’ouverture des marchés le lendemain.
Miser sur un rebond parce que la SEC a lâché un clin d’œil sur les réseaux ne coûte rien. Mais l’échec du CLARITY Act cette semaine a déjà montré à quel point les promesses de Washington se heurtent vite au calendrier politique réel. Celui de la Fed tombe à l’heure pile.
La coïncidence a quelque chose de vertigineux. L’administration la plus favorable aux cryptos que la SEC ait connue distille son teasing le jour même où la banque centrale referme déjà le robinet monétaire. La dernière fois que la Fed avait relevé ses taux, en 2023, le secteur sortait tout juste de l’effondrement de FTX. Le marché a changé de visage depuis. Le calendrier de Washington n’a rien perdu de sa complexité.
L’article SEC contre Fed : le bitcoin pris en étau entre promesse réglementaire et hausse de taux est apparu en premier sur Journal du Coin.
Après tout, demain est un autre jour. Une nuit agitée, un vote qui laisse un goût amer, et un rendez-vous ce soir qui pourrait tout changer. Le Sénat américain a rejeté hier la clôture des débats sur le CLARITY Act, Bitcoin est retombé autour de 75 500-76 000 $, et les flux ETF entrent dans une zone d’incertitude. Mais le vrai juge de paix de la journée n’a pas encore parlé. Il s’exprime ce soir, à Washington, et il s’appelle Kevin Warsh.
Le scénario tenait en haleine depuis des semaines. Le Sénat devait clôturer les débats sur le CLARITY Act, le texte censé répartir la surveillance des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC (les deux gendarmes financiers américains). Il fallait 60 voix.
Le décompte officiel de la séance du 15 septembre, publié par le Daily Press du Sénat, est sans appel : 49 voix pour, 50 contre, soit 11 voix sous le seuil requis. Zéro démocrate n’a voté pour. Quatre républicains ont voté contre, Collins, Hawley, Moran et Tillis, ce dernier uniquement pour pouvoir déposer une motion de reconsidération, une manœuvre de procédure qui garde la porte entrouverte à un nouveau vote dans les prochains jours. Cynthia Lummis accuse les démocrates d’avoir refusé un texte pourtant remanié sur 126 points, Elizabeth Warren rétorque que la clause éthique proposée n’est qu’« une feuille de vigne », selon CoinDesk.
Le cours du Bitcoin a suivi le mouvement dans la foulée, passant sous 75 000 $ en cours de nuit avant de se stabiliser vers 75 500-76 000 $ ce mercredi matin, une chute de l’ordre de 3 % en 24 heures partie d’un plateau autour de 79 500-80 000 $ avant l’épisode (photo prise au moment de la rédaction, à recoller au cours du jour). Rien d’un effondrement. Plutôt un accès de fièvre qui laisse le marché sonné plus qu’assommé.
L’histoire des ETF est plus nuancée qu’un simple raz-de-marée de sorties. Lundi 14 septembre, les ETF Bitcoin spot ont renoué avec les entrées nettes, 159,9 millions de dollars au compteur (dont 134,3 millions pour l’IBIT de BlackRock), mettant fin à quatre séances consécutives de sorties qui avaient coûté environ 462,7 millions de dollars entre le 8 et le 11 septembre. Un retournement fragile, obtenu la veille même du vote.
La réponse est tombée dans la journée : mardi 15 septembre, jour du vote raté au Sénat, les ETF Bitcoin spot sont repassés dans le rouge, avec 450,4 millions de dollars de sorties nettes selon les données de Farside Investors.
Le rebond de la veille s’efface d’un coup. Le FBTC de Fidelity concentre le plus gros des dégâts avec 214,8 millions de sorties, devant l’IBIT de BlackRock à 161,7 millions, celui-là même qui portait le rebond du lundi. Le GBTC de Grayscale perd encore 44,1 millions, l’ARKB d’ARK Invest 17,4 millions et le BITB de Bitwise 12,4 millions. Le retournement du 14 septembre n’aura donc tenu qu’une séance.

Le CLARITY Act n’est pas tout à fait de l’histoire ancienne : la motion de reconsidération déposée par Tillis pourrait ramener le texte à un nouveau vote de procédure d’ici deux jours, selon des informations relayées après la séance. Politiquement, le texte sort quand même très affaibli de l’épisode. Le marché, en tout cas, est déjà passé à autre chose.
De plus, ce soir, 20 heures à Paris, la Fed rend sa décision de taux, avec une conférence de presse de Kevin Warsh prévue une demi-heure plus tard. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a franchi les 5 % lundi, son plus haut niveau depuis octobre 2023, avant de refluer légèrement. CME FedWatch donne désormais une hausse de 25 points de base à environ 90 % de probabilité. JPMorgan et Goldman Sachs, longtemps en désaccord, se sont tous deux ralliés à ce scénario ces derniers jours, quitte à diverger sur la suite : Goldman continue de tabler sur deux baisses de taux en 2027, JPMorgan se montre plus prudent. Si la hausse se confirme, ce serait la première depuis 2023, un événement qui pèserait bien plus lourd sur les marchés que l’issue d’un texte de loi.
Deux chocs en trois jours, l’un réglementaire, l’autre monétaire. Le marché a déjà encaissé le premier. Il attend le second avec cette nervosité particulière qu’on n’observait plus depuis la dernière hausse des taux de la Fed, quand chaque point de base valait son pesant de volatilité sur le cours du bitcoin.
L’article Coup de massue pour Bitcoin : le marché crypto en pleine gueule de bois après le rejet du CLARITY Act est apparu en premier sur Journal du Coin.
Soixante voix, zéro marge. Le Sénat américain devait trancher ce mardi sur la motion de cloture du Digital Asset Market Clarity Act, le texte censé répartir la supervision des cryptomonnaies entre la SEC et la CFTC. Après des mois de tractations, Trump avait cédé sur l’éthique pour arracher ce vote. Ça n’a pas suffi. La motion s’est effondrée bien avant le seuil requis. Le marché a pris acte dans la foulée. Le Bitcoin casse le support des 75 000 dollars et entraîne tout le marché crypto dans sa chute.
Sur le papier, tout était bouclé. Les négociateurs des deux camps avaient ficelé plus de 600 pages de compromis, et les sponsors républicains avaient publié dimanche soir un texte intégrant 126 modifications réclamées par les démocrates. Restait un point de crispation : les garanties éthiques censées empêcher les hauts responsables de l’exécutif, famille présidentielle comprise, de conserver des intérêts dans la crypto. Un point sensible. Sa dernière déclaration de patrimoine fait état de plus de 1,4 milliard de dollars de revenus crypto en 2025, dont plus de 500 millions issus de sa propre plateforme World Liberty Financial. Les 126 concessions n’y ont rien changé.
Un deuxième front, plus discret mais tout aussi mortel, a joué contre le texte. L‘American Bankers Association et l’Independent Community Bankers of America jugeaient le délai de 18 mois prévu pour les stablecoins bien trop court pour protéger les banques régionales. Susan Collins et John Cornyn, rejoints selon certaines sources par John Curtis, ont fait planer le doute jusqu’au bout côté républicain. La sénatrice Cynthia Lummis (R-Wyoming), négociatrice en chef côté républicain, avait lancé un appel solennel juste avant le vote : « Ne laissons pas ce jour être celui où nous avons cédé notre avenir à quelqu’un d’autre parce que nous avons eu trop peur de finir ce que nous avions commencé. » Ça n’a pas suffi non plus. Le vote a échoué loin en dessous des 60 voix requises, rapporte CoinDesk.
Le marché n’a pas attendu le décompte final pour réagir. Les probabilités d’adoption du texte sont tombées de 34 % lundi à 17 % ce mardi sur Polymarket, plombées par l’opposition du secteur bancaire aux dispositions sur les stablecoins. Le Bitcoin a suivi le mouvement, cassant le support des 75 000 dollars. Le repli dépasse 5 % sur 24 heures, à environ 40 % de son sommet d’octobre 2025.
La correction a vidé les carnets d’ordre. Selon les données de CoinGlass, 120 211 traders ont été liquidés en 24 heures pour un total de 769,21 millions de dollars. Les positions longues à elles seules représentent 568,06 millions. La plus grosse commande à elle seule, 22,52 millions de dollars, est partie sur Binance en BTCUSDT. Ajoutez à ça une Fed qui doit trancher dès demain sur les taux et un baril de Brent au-dessus de 106 dollars sur fond de tensions au Moyen-Orient, et le tableau se complète. Seule éclaircie, les ETF Bitcoin au comptant américains ont capté 159,9 millions de dollars d’entrées nettes lundi. Pas de quoi renverser la tendance.

La panique n’est pas restée cantonnée aux cryptomonnaies. Avant même l’échec du vote, Coinbase perdait déjà 6 % à 179,70 dollars et Strategy (ex-MicroStrategy) 5 % à 130,32 dollars, plombée par son exposition démesurée au Bitcoin. Une fois le couperet tombé, le titre Coinbase a accéléré sa chute jusqu’à près de 9 %, à 174,24 dollars en cours de séance.
Les mineurs, eux, ont mieux résisté. MARA Holdings ne cédait qu’environ 1 %, une divergence qui n’a rien d’anecdotique. Sur la semaine écoulée, CleanSpark et Hut 8 affichaient encore des gains quand Strategy et Circle perdaient respectivement plus de 8 % et 11 %. Le marché semble découpler la thèse minière, jugée moins dépendante d’un cadre réglementaire fédéral, de celle des trésoreries Bitcoin et des plateformes d’échange.

Le texte voté par la Chambre reste au calendrier, sans débat en vue. Le cadre de conformité actuel, un numéro d’équilibriste entre la SEC et la CFTC, continue donc de s’appliquer aux entreprises crypto américaines. Faute de loi, l’industrie se rabat sur la voie réglementaire. La SEC planche sur son projet Reg Crypto, la CFTC avance de son côté sur son propre corpus de règles. Le président de la SEC, Paul Atkins, l’a lui-même reconnu : ces textes n’auront jamais la solidité d’une loi votée par le Congrès.
Reste les super PACs. Fairshake et ses alliés vont devoir revoir leur copie avant les midterms du 3 novembre, avec un argument de campagne en moins pour convaincre les indécis du Sénat.
L’histoire n’est pas nouvelle. Cet été déjà, le vote s’était évaporé juste avant la pause estivale du Sénat, et les paris étaient tombés à 14 % de chances de passage. Le scénario se répète, avec la même cause de fond : un Sénat coupé en deux, à quelques semaines d’un scrutin où chaque camp compte ses voix plutôt que ses convictions. Le Bitcoin reste suspendu à la décision de la Fed de demain, bien plus qu’à un texte de loi resté sur le papier. Sur le CME FedWatch, la probabilité d’une hausse de 25 points de base culmine désormais à 92 %. L’inflation américaine remontée à 3,4 % sur un an, conjuguée à un baril au-dessus des 100 dollars, pousse la Fed vers son premier tour de vis en plus de trois ans, après trois baisses consécutives fin 2025.
L’article Echec du Clarity Act aux USA : Bitcoin perd les 75 000 $ est apparu en premier sur Journal du Coin.
Le Congrès temporise, la SEC écrit. Paul Atkins a redit son appui au CLARITY Act, le texte censé répartir une bonne fois pour toutes les compétences entre le gendarme boursier américain et la CFTC, le régulateur des marchés de matières premières. Le président de la SEC a aussitôt prévenu que son agence poursuivrait son propre chantier réglementaire, loi ou pas loi.
Trois dossiers en forment l’ossature : l’émission de crypto-actifs, la modernisation des transfer agents et la conservation des actifs numériques.
Mise à jour 15/09, 21h30 : Le vote a eu lieu. La motion de cloture a échoué au Sénat, loin des 60 voix requises, et le Bitcoin est passé sous les 75 000 $. Lire notre article complet : Clarity Act : le Sénat fait capoter le vote, le Bitcoin casse les 75 000 dollars
Adopté par la Chambre des représentants à 294 voix contre 134, dont 78 démocrates, le Digital Asset Market Clarity Act devait clore une décennie de guerre de tranchées entre régulateurs.
Son principe tient en une ligne de partage : la CFTC récupère les crypto-actifs suffisamment décentralisés pour être traités comme des matières premières numériques, la SEC garde les levées de fonds et les tokens encore adossés aux promesses d’une équipe. Le Sénat a multiplié les moutures de travail depuis, sans jamais inscrire le texte à l’ordre du jour d’un vote en séance.
Atkins plaide pour la voie législative parce qu’un règlement se défait aussi vite qu’il s’écrit. Le passage de témoin entre Gary Gensler et l’équipe actuelle a suffi à renverser la doctrine de l’agence en quelques mois, des poursuites tous azimuts à l’abandon des procédures visant Coinbase, Kraken et Ripple. Sans texte voté par le Congrès, une future présidence de la SEC pourrait refaire le chemin en sens inverse avec la même facilité.
« La plupart des crypto-actifs ne sont pas des titres financiers. »
Paul Atkins, président de la SEC
Cette phrase, prononcée au lancement de Project Crypto, sert désormais de socle doctrinal à l’ensemble des travaux de l’agence. Elle inverse la présomption qui prévalait sous l’administration précédente, quand chaque token était réputé titre financier jusqu’à preuve du contraire.

Le premier chantier porte sur l’émission de crypto-actifs. La SEC travaille à une taxonomie et à un régime d’offre taillé pour les tokens, au lieu de continuer à les faire entrer au chausse-pied dans des exemptions pensées pour des actions d’entreprises. Une exemption dite d’innovation permettrait de lancer un protocole sous conditions, avec des obligations d’information adaptées et une sortie du statut de titre financier une fois le réseau devenu autonome.
Deuxième chantier, les transfer agents. Ces prestataires tiennent le registre des détenteurs de titres, versent les dividendes et enregistrent les transferts de propriété. Leur cadre réglementaire n’a quasiment pas bougé depuis les années 1970, quand les registres étaient encore des livres de papier et des bandes magnétiques. Autoriser explicitement la tenue de registre sur blockchain ouvrirait la voie à des actions tokenisées dont le carnet d’actionnaires vivrait directement sur une chaîne publique, avec un règlement-livraison en quelques secondes plutôt qu’en un jour ouvré.
La conservation ferme le triptyque. L’agence a retiré le projet de règle Safeguarding hérité de l’ère Gensler, qui aurait imposé aux gérants d’actifs des exigences difficilement compatibles avec l’autoconservation. Le texte de remplacement reste à écrire, et les questions sont massives : quels établissements peuvent être reconnus comme dépositaires qualifiés, à quelles conditions un gérant peut détenir lui-même les clés privées de ses clients, comment traiter les actifs mis en staking ou déposés dans des protocoles DeFi.
Les deux régulateurs ont engagé un travail d’harmonisation qui produit déjà des effets concrets, à commencer par l’autorisation donnée aux places de marché enregistrées de proposer des produits crypto au comptant. L’arrivée de Mike Selig à la tête de la CFTC a resserré encore l’étau administratif : l’ancien conseiller juridique en chef de la Crypto Task Force de la SEC connaît de l’intérieur les dossiers qu’il doit désormais traiter depuis l’autre rive.
Les standards de cotation génériques adoptés à l’automne 2025 donnent la mesure de ce que peut faire une agence sans attendre le Congrès : en supprimant l’examen au cas par cas de chaque demande d’approbation déposée par les Bourses, ils ont ouvert la voie aux ETF spot Solana, XRP, Dogecoin et Litecoin en quelques semaines. Émission, registres et conservation suivent la même mécanique, celle de l’agenda réglementaire de la SEC, qui n’a jamais eu besoin d’un vote du Sénat pour avancer.
L’article Cryptomonnaies et CLARITY Act : Les 3 priorités de la SEC n’attendront pas le Congrès est apparu en premier sur Journal du Coin.
Attendre et espérer. Le Bitcoin a perdu l’assurance qu’il affichait lundi. Il avait touché environ 79 600 dollars en intraday, avant de refluer vers 78 000 dollars en clôture. Il évolue ce mardi matin autour de 77 800 dollars (niveau à recoller au cours du jour), entraînant XRP et Solana dans sa glissade.
La raison tient en un chiffre : 60. C’est le nombre de voix qu’il faut réunir à 20h15, heure de Paris, au Sénat américain pour faire avancer le CLARITY Act, le texte censé fixer enfin un cadre fédéral pour les cryptomonnaies. Et à quelques heures du vote, les démocrates viennent justement de rebattre les cartes.
Comprenons bien la situation. Les républicains contrôlent 53 sièges au Sénat. Il leur en faut 60 pour que le texte franchisse cette étape de procédure. Et même dans ce cas, l’affaire ne sera pas pliée : la clôture ouvre la voie au débat en séance, elle n’équivaut pas à l’adoption du texte. Sept démocrates minimum doivent donc basculer.
Lundi soir, réunis chez le chef de file démocrate Chuck Schumer, les sénateurs de l’opposition ont annoncé l’envoi d’une contre-proposition aux républicains, quelques heures avant le vote prévu à 14h15 heure américaine. La sénatrice Cynthia Lummis, figure pro-crypto du camp adverse, accuse les démocrates de réclamer toujours plus après plus d’un an de négociations quotidiennes sur ce texte précis : « Il n’y a pas de fin à ça », a-t-elle lâché, les pressant d’« accepter que la réponse est oui ».
De plus, huit associations bancaires en profitent pour glisser leur propre demande dans la bataille : des plafonds plus stricts sur les récompenses liées aux stablecoins, histoire que les dépôts classiques ne se vident pas au profit des rendements crypto. Washington version dernière ligne droite, où tout le monde négocie jusqu’à la sonnerie.
Un échec aujourd’hui, et le dossier retombe dans les tiroirs pour le reste de l’année. Voire plus longtemps, si les élections de mi-mandat de novembre rebattent les équilibres au Congrès.
Le repli du Bitcoin ne doit pourtant pas tout à Washington. Le pétrole grimpe, les paris sur une Fed plus dure se multiplient sur les marchés à terme, et la nervosité ambiante n’a pas attendu le Sénat pour s’installer.
Car oui, outre le Clarity Act aujourd’hui marché va devoir digérer un second choc dès demain : la décision de la Fed sur ses taux, mercredi 16 septembre. Deux échéances qui, d’ordinaire, se digèrent chacune sur une semaine entière, tombent ici à 24 heures d’intervalle.
Il reste une chose que ni le vote ni la Fed ne devraient changer fondamentalement. Même en cas d’échec au Sénat, les family offices et gérants d’actifs traditionnels ne semblent pas près de mettre leurs plans crypto en pause : la plupart bâtissent leurs infrastructures depuis des mois, indépendamment du calendrier législatif.
Un vote peut retarder le cadre réglementaire. Il ne retarde pas forcément les rails déjà posés par BlackRock ou Fidelity, engagés sur ce terrain depuis 2024.
L’article Bitcoin recule avant le vote du Sénat sur le CLARITY Act, les démocrates jouent la montre est apparu en premier sur Journal du Coin.
Trois banques centrales, soixante-douze heures. La semaine qui s’ouvre empile la décision de la Réserve fédérale américaine mercredi. Suivent celle de la Bank of England jeudi, puis celle de la Bank of Japan jeudi et vendredi. Cette fois, ce n’est pas une baisse que les marchés attendent. Les traders assignent en effet une probabilité proche de 86 % à une hausse des taux américains.
Conséquence directe pour les marchés crypto : la Fed ne baisse plus, elle pourrait resserrer. Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars ce lundi, loin de ses records de l’été. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a donné le ton dès fin août à Jackson Hole. Selon lui, l’inflation sous-jacente ne s’améliore pas vraiment.
Le FOMC se réunit mardi et mercredi. La décision tombe mercredi en fin de journée à Washington, soit 20 heures à Paris. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, qui porterait la fourchette cible à 3,75-4 %. Ce serait un tournant après trois baisses consécutives fin 2025.
Deux publications ont fait basculer les anticipations. Le CPI d’août est ressorti à 3,4 % sur un an, avec une inflation sous-jacente plus chaude que prévu. Par ailleurs, l’emploi américain a surpris par sa vigueur. 162 000 créations de postes ont été enregistrées en août, largement au-dessus des attentes, pour un chômage à 4,1 %. Ensemble, ces chiffres ont fait grimper la probabilité d’une hausse de 56 % à plus de 85 % en quelques jours. C’est ce qu’indique le CME FedWatch, l’outil de référence du marché.
Kevin Warsh a lui-même préparé le terrain. Lors de son discours à Jackson Hole fin août, il a jugé que l’inflation sous-jacente ne s’améliorait pas vraiment. Un ton bien plus ferme que celui de son prédécesseur, Jerome Powell. Le marché anticipe désormais environ 50 % de probabilité d’une seconde hausse en décembre.

La Bank of England publie sa décision jeudi à midi, heure de Londres. Le statu quo à 3,75 % est largement anticipé. Le comité de politique monétaire avait déjà voté 6 contre 3 pour un maintien fin juillet. Trois membres réclamaient une hausse à 4 %. L’autre enjeu porte sur le resserrement quantitatif. La banque pourrait en effet ramener son rythme de ventes d’obligations d’État de 70 à 50 milliards de livres par an.
La Bank of Japan referme la séquence jeudi et vendredi. La décision tombe vendredi après-midi, heure de Tokyo. Un statu quo semble désormais très peu probable. Le marché table sur une hausse de 25 points de base, à 1,25 %. Cette hausse est portée par 97 % des économistes interrogés par Reuters, contre 57 % lors du sondage précédent. La banque centrale avait déjà relevé son taux à 1 % en juin, un plus haut depuis 1995, avant de le maintenir en juillet. Certains économistes anticipent même une nouvelle hausse à 1,50 % d’ici décembre. Le taux terminal évoqué grimpe désormais vers 1,75 % au deuxième trimestre 2027.
Ce paramètre mérite toute l’attention des détenteurs de cryptomonnaies. En août 2024, un tour de vis japonais avait déjà déclenché le débouclage brutal du carry trade. Le Bitcoin avait alors perdu 20 % en deux séances. Cette fois, le risque n’est plus un scénario lointain. La Fed et la BoJ durcissent toutes les deux le ton la même semaine, ce qui peut accélérer un débouclage similaire. Le carry trade yen reste donc un risque immédiat pour le Bitcoin, pas une échéance reportée à janvier.
Le Bitcoin évolue autour des 77 800 dollars, loin de ses records de l’été. Le week-end dernier, le CPI conforme aux attentes avait propulsé le cours au-dessus des 78 000 dollars. Mais la hausse des rendements obligataires a ensuite pesé sur le marché. Le canal de transmission est connu. Une Fed plus restrictive fait grimper le coût de l’argent, ce qui pèse alors sur les actifs à risque. Les 21 millions d’unités du protocole ne bougeront pas, quelle que soit la décision de mercredi soir.

Le scénario inverse serait paradoxalement plus explosif. Une Fed qui choisirait de ne pas bouger, contre toute attente, ferait l’effet d’une vraie surprise. Le marché a en effet déjà digéré la hausse. À l’inverse, si la hausse est confirmée comme prévu, l’attention se déplacera vers le dot plot. Le ton de Kevin Warsh en conférence de presse comptera tout autant. Un discours qui confirme une seconde hausse en décembre pèserait plus lourd que le geste de mercredi lui-même.
Fed mercredi, Bank of England jeudi, Bank of Japan jeudi et vendredi : la séquence se referme en trois jours. Pour la première fois depuis longtemps, ce sont des hausses, et non des baisses, qui rythment cette semaine. D’ici la prochaine réunion du FOMC, fin octobre, ce sont surtout les mots de Kevin Warsh qui compteront. Ils pèseront plus que le quart de point lui-même pour fixer le cap de la liquidité mondiale. Et avec lui, l’horizon du Bitcoin jusqu’à la fin de l’année.
L’article USA, Japon, Angleterre : Les 3 Banques centrales qui vont faire bouger le cours du bitcoin est apparu en premier sur Journal du Coin.
Le sort en est jeté. Le Bitcoin ne bouge quasiment plus depuis samedi. Il campe entre 77 500 et 77 600 dollars au moment d’écrire ces lignes (niveau à recoller au cours du jour avant toute lecture, le marché crypto ne dormant jamais), toujours sous la résistance des 81 700 dollars qui validerait un vrai retour du marché haussier. Mais l’immobilité du cours ne dit rien de la tension qui monte. Mardi, le Sénat américain vote la clôture du CLARITY Act, le texte censé fixer enfin un cadre fédéral pour les cryptomonnaies. Et cette fois, Donald Trump a lâché du lest.
L’immobilité du cours cache mal la nervosité ambiante. Le Bitcoin oscille dans un couloir étroit depuis le week-end, incapable de reprendre l’élan qui l’avait porté brièvement au-dessus de 79 800 dollars vendredi dernier.
La faute à un calendrier qui s’annonce chargé : après le vote de mardi, la Fed tranche mercredi 16 septembre sur ses taux, avec une probabilité de hausse désormais évaluée à plus de 85 % par les marchés à terme. Deux chocs en trois jours, réglementaire puis monétaire, et un cours qui préfère visiblement attendre d’y voir plus clair avant de choisir un camp.
Les sénateurs républicains ont publié dimanche le texte définitif du CLARITY Act, avec une clause éthique entièrement revue. Fini l’ambiguïté sur les conflits d’intérêts : les élus fédéraux couverts, et leurs conjoints, devront céder leurs participations crypto jugées « substantielles » ou les loger dans un trust aveugle, un montage juridique qui empêche le titulaire de savoir ce qu’il détient réellement. Nouveauté de taille, relayée par CryptoBriefing le 13 septembre : les procureurs généraux des États obtiennent un rôle de contrôle sur ces dispositions. La Maison-Blanche refusait cette concession il y a encore quelques semaines. Elle l’a acceptée. Un trust aveugle ne fait pourtant disparaître ni la fortune ni son origine, il en confie simplement la gestion à un tiers pendant le mandat.
Le vote de mardi, à 14h15 heure américaine, n’adopte pas la loi elle-même. Il s’agit d’une motion de procédure qui exige 60 voix pour avancer vers le débat en séance plénière. Les républicains contrôlent 53 sièges. Il leur faut donc convaincre au moins sept démocrates de franchir la ligne. Un échec mardi, et le texte est mort pour 2026, probablement jusqu’après les midterms de novembre 2026.
L’enjeu personnel n’a rien d’abstrait pour le président. Sa déclaration de patrimoine publiée début juillet chiffrait ses revenus liés à la crypto à environ 1,4 milliard de dollars sur la seule année 2025, portés notamment par les memecoins de la famille et par World Liberty Financial. Donald Trump avait déjà donné son accord de principe sur une clause anti-conflit d’intérêts dès juillet. Ce week-end, il est allé plus loin en validant une version qui donne du mordant à des procureurs d’État sur lesquels il n’a aucune prise. Un choix qui en dit long sur l’urgence, côté républicain, de faire aboutir ce texte avant que la fenêtre politique ne se referme.
Que le Sénat franchisse ou non la barre des 60 voix mardi, le Bitcoin devra ensuite digérer la décision de la Fed deux jours plus tard, sans avoir eu le temps de souffler entre les deux. 48 heures pour absorber deux chocs qui, d’ordinaire, se digèrent chacun sur une semaine entière.
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La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! Mercredi soir, à Westminster, le gouvernement travailliste a essuyé un revers qu’il n’avait pas vu venir, ou plutôt qu’il espérait éviter. La Chambre des Lords a voté un amendement obligeant le Trésor britannique à publier une véritable stratégie nationale sur les cryptomonnaies, les stablecoins et les actifs tokenisés. Score final : 194 voix pour, 138 contre. Un écart net : l’alliance de circonstance entre conservateurs et libéraux-démocrates a suffi à emporter la mise face à un bloc travailliste resté quasiment soudé.
Le texte, baptisé sobrement « Digital assets strategy » et référencé Amendement 88, a été porté par la baronne Neville-Rolfe lors du Report Stage de mercredi. Ancienne ministre conservatrice du Trésor, elle l’a accroché au projet de loi sur les services financiers (Financial Services and Markets Bill) déjà en discussion depuis plusieurs mois. Concrètement, il impose au Trésor de préparer, publier et soumettre à consultation un plan couvrant les cryptoactifs, les stablecoins, les titres tokenisés et les infrastructures de marché financier numériques. Douze mois, pas un de plus, une fois le texte promulgué. Le compte à rebours ne démarre pas aujourd’hui, il démarre à la sanction royale.
Le gouvernement travailliste, lui, plaidait pour une approche plus souple, sans calendrier contraignant gravé dans la loi. Selon lui, une obligation légale rigide se concilierait mal avec la vitesse à laquelle ces marchés évoluent. Raté. Les pairs conservateurs et libéraux-démocrates ont jugé que l’incertitude réglementaire durait depuis trop longtemps pour se contenter de bonnes intentions, et le registre officiel des votes du Parlement britannique fixe le résultat noir sur blanc. Et sur ce coup-là, ils ont eu la majorité.

Toutefois, la partie est loin d’être terminée. Le texte doit désormais repartir vers la Chambre des Communes, où les députés pourront l’accepter tel quel, le modifier, ou tout simplement le rejeter. Rien n’oblige le gouvernement à s’incliner une seconde fois : à la Chambre basse, Labour dispose d’une majorité bien plus confortable qu’à la Chambre haute. L’amendement ne deviendra une obligation légale que s’il survit à cette étape et reçoit la sanction royale.
Le calendrier réglementaire britannique, déjà passablement chargé, s’épaissit encore d’un cran. La Financial Conduct Authority avait publié ses règles définitives pour les entreprises crypto début juillet, avec une entrée en vigueur prévue pour octobre 2027, pendant que la Banque d’Angleterre assouplissait ses propres exigences sur les stablecoins. Un mille-feuille de textes qui avance par étages, entre le régulateur, la banque centrale et, désormais, le Parlement lui-même qui s’invite dans la fabrique de la doctrine crypto du pays.
Ce type de bras de fer entre chambres n’a rien d’anecdotique pour l’écosystème. Il rappelle qu’au Royaume-Uni comme ailleurs, la régulation des cryptoactifs se construit rarement d’un bloc : elle avance par tensions successives entre exécutif prudent et législateurs pressés d’acter un cadre. Bruxelles a connu ses propres batailles avec MiCA avant d’aboutir à un texte unique. Londres rêve depuis des mois de se poser en hub crypto post-Brexit. Elle découvre qu’imposer une doctrine claire sur les stablecoins et le reste des actifs numériques coûte aussi des arbitrages politiques internes, pas seulement des annonces de façade.
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La niche fiscale allemande vacille. Le ministère fédéral des Finances prépare une réforme qui supprimerait l’exonération des plus-values crypto après un an de détention pour les nouveaux achats. Les bitcoins et autres actifs concernés acquis à partir du 1ᵉʳ janvier 2027 seraient soumis à une taxe forfaitaire de 25 %, majorée du supplément de solidarité. Toutefois, le texte circule encore au sein du gouvernement et n’a pas été adopté.
Actuellement, l’Allemagne considère les cryptomonnaies détenues par les particuliers comme des « autres biens économiques ». Une vente réalisée dans l’année suivant l’achat relève donc du barème progressif de l’impôt sur le revenu, qui peut atteindre 45 %. En revanche, la plus-value devient généralement exonérée après douze mois de détention.
Une franchise annuelle de 1 000 euros s’applique aux bénéfices issus de l’ensemble des opérations privées concernées par ce régime. Il ne s’agit pas d’un abattement : lorsque le seuil est dépassé, la totalité du gain imposable entre dans le calcul.
Le projet préparé par le ministère dirigé par Lars Klingbeil ferait basculer Bitcoin, Ether et les autres « cryptomonnaies d’échange » vers l’Abgeltungsteuer, déjà appliquée aux actions, intérêts et dividendes. Son taux de 25 % atteint 26,375 % après le supplément de solidarité. L’impôt d’Église peut encore augmenter la facture pour les contribuables concernés.
Selon les informations obtenues par le Handelsblatt, le ministère justifie cette réforme par l’utilisation croissante des cryptomonnaies comme placements financiers. Il estime les recettes supplémentaires à 160 millions d’euros en 2028, puis environ 350 millions en 2030.

Le projet prévoit une clause de sauvegarde pour les actifs acquis avant le 1ᵉʳ janvier 2027. Ceux-ci conserveraient le régime actuel et pourraient toujours être vendus sans impôt après douze mois. À l’inverse, la durée de détention n’effacerait plus l’imposition des gains réalisés sur les achats postérieurs.
Cette différence rend la date d’acquisition déterminante. Elle ne constitue cependant pas encore une garantie juridique : le projet se trouve au stade de la coordination préliminaire au sein du gouvernement. Il doit encore recevoir l’approbation du cabinet, puis franchir le Bundestag et éventuellement le Bundesrat.
L’entrée en vigueur est envisagée au 1ᵉʳ janvier 2027, mais la retenue automatique par les plateformes ne commencerait qu’en 2028. En parallèle, DAC8 impose déjà la collecte des opérations réalisées depuis janvier 2026. Les premiers échanges de données entre administrations fiscales européennes interviendront au plus tard en septembre 2027.
Cette réforme rapprocherait l’Allemagne de l’Italie, où le taux général atteint désormais 33 %. Le Portugal conserve une exonération sous conditions après 365 jours, tandis que la République tchèque applique notamment un délai de trois ans. Pour les épargnants allemands, l’avantage des achats réalisés avant 2027 dépend toutefois encore de l’adoption définitive du texte dans sa rédaction actuelle. Pas simple la fiscalité en Europe…
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Rappel à l’ordre depuis Paris. L’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) juge Polymarket et Kalshi dépourvus d’autorisation pour commercialiser leurs contrats événementiels en Europe. Le gendarme des marchés va plus loin. Il doute de l’efficacité des restrictions géographiques déployées par les deux plateformes, qu’un simple VPN suffit à contourner.
Le régulateur avance trois qualifications possibles pour ces produits : l’interdiction européenne des options binaires, le règlement MiCA sur les crypto-actifs, ou les législations nationales sur les jeux d’argent. Aucune, pourtant, ne délivre aujourd’hui de passeport aux deux leaders mondiaux du pari sur l’actualité.
« La commercialisation de ces contrats nécessite une autorisation européenne, que les plus grandes plateformes ne détiennent pas. »
ESMA, rapport de risque, 10 septembre 2026
En clair, un contrat événementiel (event contract) se résume à une question fermée. Tel candidat sera-t-il élu, la BCE baissera-t-elle ses taux, tel club remportera-t-il le championnat ?
Concrètement, la part s’échange entre 0 et 1 dollar. Elle vaut ensuite 1 dollar si l’événement se réalise, zéro dans le cas contraire. En effet, ce profil de gain est exactement celui des options binaires. L’ESMA en a proscrit la commercialisation auprès des clients de détail dès 2018. Les autorités nationales ont ensuite pérennisé l’interdiction sur leur territoire.
La seconde qualification vise directement l’infrastructure de Polymarket. La plateforme règle ses positions en USDC sur Polygon, une mécanique qui la fait entrer dans le champ de MiCA. Le règlement s’applique aux prestataires de services sur crypto-actifs depuis fin 2024.
Par ailleurs, ni Polymarket ni Kalshi ne figurent au registre des acteurs agréés dans l’Union. Ils ne détiennent pas non plus l’agrément d’entreprise d’investissement qu’exigerait une qualification en instrument dérivé sous MiFID II.
Reste le droit des jeux d’argent, une compétence des États membres et non de Bruxelles. La France a ouvert le bal dès fin 2024. L’Autorité nationale des jeux (ANJ) a qualifié Polymarket de service de pari non autorisé et obtenu un premier géoblocage.
Un rempart jugé trop poreux. L’ANJ a d’ailleurs durci le ton en juillet 2026 en ordonnant aux fournisseurs d’accès un blocage pur et simple du site. La Belgique a suivi une voie comparable dès février 2025. Elle a aussi inscrit la plateforme sur sa liste noire des jeux d’argent illégaux.
Or, les deux sociétés affirment tenir les résidents européens à distance. L’ESMA n’en est pas convaincue.
En effet, un filtrage par adresse IP ne suffit pas à prouver qu’une société ne démarche pas le public de l’Union. Une clause d’exclusion enfouie dans les conditions générales non plus, surtout quand le contournement par VPN est pratiqué à grande échelle.
« On comprend mal pourquoi tous les États membres ne figurent pas sur la liste des pays restreints. »
ESMA, rapport de risque, 10 septembre 2026

En revanche, la trajectoire américaine est rigoureusement inverse. Kalshi opère comme marché à terme désigné (DCM) sous la supervision de la CFTC, l’autorité fédérale des dérivés.
Polymarket, elle, a racheté l’opérateur agréé QCEX pour 112 millions de dollars à l’été 2025. Elle a ensuite rouvert son service aux Américains dans un périmètre supervisé, après des années d’exil réglementaire.
De fait, les capitaux ont validé le virage. ICE, maison mère du New York Stock Exchange, a engagé jusqu’à 2 milliards de dollars dans Polymarket. Sa valorisation avoisine désormais les 8 milliards.
Kalshi a fait plus fort encore. Un tour de table mené par Coatue, avec Sequoia et a16z au capital, l’a valorisée à 22 milliards de dollars au printemps 2026. Deux sociétés que l’Europe juge non autorisées pèsent ainsi davantage que la plupart des places de marché crypto du continent.
Or, aucun acteur européen agréé ne propose aujourd’hui l’équivalent. Les volumes partent ailleurs, car les parieurs du continent passent par des tunnels chiffrés.
Et l’ESMA constate un contournement qu’elle ne peut pas sanctionner elle-même. L’autorité coordonne et interprète ; l’exécution revient à l’AMF, à la BaFin, à la CNMV et à leurs homologues, dossier par dossier.
La demande européenne pour ces produits ne quitte pourtant pas les écrans : elle se déplace hors de tout périmètre supervisé. Un régime d’agrément explicite, comparable à celui de la CFTC outre-Atlantique, ramènerait ces flux sous surveillance et sous impôt. L’ESMA n’a pour l’heure qu’un levier : une grille de lecture transmise aux vingt-sept régulateurs nationaux. À eux, désormais, de sortir la première décision contraignante.
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Il y a un an et demi, Telegram fermait Haowang Guarantee, le plus gros marché noir crypto de la messagerie, après avoir facilité pour 27 milliards de dollars de transactions illicites. Dans son ombre, un concurrent grandissait déjà. Xinbi Guarantee a fini par dépasser son aîné, avec plus de 36 milliards de dollars écoulés depuis 2022. Washington l’a rattrapé cette semaine.
Le 8 septembre, le Secret Service a gelé 52,8 millions de dollars de crypto liés à Xinbi. Le lendemain, l’OFAC (le bureau du Trésor américain chargé des sanctions) a désigné la plateforme comme organisation criminelle transnationale. Rien d’un simple site d’échange douteux. Xinbi connectait des réseaux d’escroquerie entiers à des vendeurs de données volées, de faux papiers d’identité, d’outils de deepfake et de services de blanchiment.
« Si le crime organisé chinois peut s’offrir un site sur mesure et un service de blanchiment comme on commande à emporter, alors tout Américain qui a un compte retraite se trouve dans le rayon de l’explosion », a résumé Jeanine Pirro, procureure fédérale du district de Columbia, en dévoilant l’opération le 9 septembre. Le Scam Center Strike Force du ministère de la Justice, monté en novembre 2025, revendique désormais 938 millions de dollars saisis au total. Un chiffre qui grimpe vite, mais qui reste modeste face aux volumes qui transitent par ce genre de plateformes.
Deux sociétés ont été sanctionnées dans la foulée pour avoir prêté main-forte à Xinbi : SafeW Technology, basée à Singapour, et Anwen Technology, installée au Cambodge. Selon TRM Labs, la plateforme aurait fait transiter plus de 36 milliards de dollars depuis 2022, un volume qui la place parmi les plus gros marchés noirs jamais recensés en Asie du Sud-Est. Ces réseaux tiennent rarement sur une seule structure. Ils reposent sur toute une chaîne de sous-traitants dispersés dans la région.
Face au gel, Xinbi a dénoncé une mesure « arbitraire ». Et a aussitôt déplacé 2,8 millions de dollars vers l’USDD, un stablecoin construit sur Tron. Pourquoi celui-là précisément ? Parce qu’il ne dispose pas du même mécanisme de gel intégré que l’USDT. Tether, justement, a multiplié les gels ces derniers mois en coordination avec les autorités américaines, au point de devenir un partenaire presque routinier des enquêtes anti-blanchiment.
Le Strike Force l’a d’ailleurs remerciée nommément dans son communiqué du 9 septembre : « Le Strike Force remercie Tether pour son aide proactive dans cette enquête. » Un stablecoin sans robinet coupe-circuit devient donc, mécaniquement, le nouveau refuge de ceux qui veulent échapper à ce genre de manœuvre. Ironie du sort : plus les stablecoins « coopératifs » se resserrent, plus ils poussent les mauvais acteurs vers les moins régulés.
Ce jeu du chat et de la souris n’a rien de nouveau. Haowang fermé, Xinbi a pris le relais en quelques semaines à peine. Sanctionner une plateforme ne fait pas disparaître la demande qui l’alimentait.
L’Inde a ordonné le blocage de 15 plateformes crypto offshore. La pression réglementaire monte sur plusieurs continents à la fois, pas seulement à Washington. Mais les intermédiaires visés changent de nom et d’adresse plus vite que les régulateurs ne publient leurs communiqués.
Le montant saisi cette semaine, 52,8 millions de dollars, ne représente qu’une fraction infime des 36 milliards qui ont transité par Xinbi depuis 2022. La vraie bataille ne se joue pas sur ce genre de coup ponctuel, aussi spectaculaire soit-il médiatiquement.
Elle se joue sur la capacité des autorités à assécher, une par une, les briques qui permettent à ces marchés de renaître ailleurs : hébergeurs, sous-traitants de paiement, stablecoins non coopératifs. Sans ça, un Xinbi remplacera l’autre. Le compteur du blanchiment crypto a déjà dépassé les 938 millions de dollars saisis depuis novembre 2025.
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« Conscious uncoupling. » (Gwyneth Paltrow, en 2014, pour annoncer sa séparation avec Chris Martin) Consensys vient de prononcer le même genre de divorce à l’amiable, version entreprise. Ce mardi 9 septembre 2026, la société annonce que MetaMask, son portefeuille crypto vedette, devient une entité totalement indépendante. Les activités institutionnelles restent sous la bannière Consensys, avec en ligne de mire une éventuelle introduction en bourse dont personne ne veut encore donner la date exacte. Une page se tourne pour un groupe fondé en 2014 par ce même Joe Lubin, qui pilote aujourd’hui la manœuvre.
Concrètement, deux sociétés distinctes remplacent l’ancienne Consensys Software Inc. MetaMask conserve le nom qui a fait sa notoriété et se concentre sur le grand public : plus de 100 millions de téléchargements dans environ 190 pays, et plusieurs billions de dollars de transactions facilitées depuis son lancement. L’autre entité, toujours appelée Consensys, hérite des protocoles et de l’infrastructure institutionnelle Ethereum, Linea comprise. Elle sera dirigée par Mike Kriak au poste de PDG, épaulé par David Cunningham à la présidence.
Joe Lubin, lui, ne quitte personne. Il devient PDG de MetaMask tout en restant président exécutif de Consensys. Sa justification, rapportée par Fortune le 9 septembre, tient en une idée simple : l’activité grand public de MetaMask aurait accumulé une valeur qui dépasse largement celle du reste du groupe. Autant lui offrir sa propre structure, et sa propre stratégie.
Today, MetaMask begins its next chapter as an independent company.
— MetaMask
Consensys Software Inc., the company behind MetaMask, is rebranding as MetaMask, fully focused on the consumer platform. The protocols and institutional infrastructure businesses, including Linea, are becoming a…(@MetaMask) September 9, 2026
MetaMask n’est plus le simple portefeuille qui affichait un solde et proposait de swapper deux tokens. Ces derniers mois, l’application a empilé les briques façon néobanque, avec des comptes multi-actifs, une carte de débit Mastercard (MetaMask Card) lancée avec Baanx, des contrats perpétuels et des marchés de prédiction.
Sur ce point, la nouvelle entité veut « étendre l’accès aux instruments financiers traditionnels et aux services financiers autonomes au sens large ». Traduction : MetaMask veut ressembler de moins en moins à un plugin de navigateur, et de plus en plus à un établissement financier à part entière. Le nom reste le même.
Lubin refuse tout commentaire sur le calendrier d’une IPO (introduction en bourse). Le dossier traîne pourtant depuis un moment. Une entrée en bourse avait déjà été évoquée début 2025, projet abandonné faute de marché porteur. La société avait ensuite recruté JPMorgan et Goldman Sachs comme banques pour viser l’automne 2026. Des analystes tablent désormais sur un listing de MetaMask dès le début 2027. Rien n’est confirmé côté direction.
La même prudence vaut pour le token. Lubin avait laissé entendre par le passé qu’un jeton MetaMask était à l’étude. Il a coupé court cette semaine : le climat réglementaire actuel rend les entreprises bien moins pressées d’émettre leur propre cryptomonnaie. Un jeton MetaMask attendra donc encore un peu. Pas de surprise, à vrai dire.
Vous vous souvenez de la plainte de la SEC contre MetaMask, qui l’accusait d’avoir vendu des titres non enregistrés ? Le régulateur américain a fini par classer l’affaire sans suite en 2025. Ce genre de manœuvre aurait été autrement plus délicat à négocier en pleine bataille judiciaire. La séparation effective entre MetaMask et Consensys doit être achevée d’ici la fin de l’année 2026.
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Quinze noms sur la liste noire de New Delhi. L’unité de renseignement financier du ministère indien des Finances (FIU-IND) a notifié quinze plateformes crypto offshore. Motif : non-respect de la législation antiblanchiment. Weex, Blofin, Rezorex, Bitunix, DigiFinex, Toobit, XT.com, Latoken, WOO X, Pionex, ChangeNow, SimpleSwap, FixedFloat, WhiteBIT et Guardarian servaient des utilisateurs indiens sans s’être jamais enregistrées auprès du régulateur.
L’agence réclame en parallèle le retrait de leurs applications et le blocage de leurs adresses web. Objectif : couper l’accès public. La même procédure avait déjà balayé neuf exchanges internationaux fin 2023, avec Binance et KuCoin en tête de liste.
La procédure s’appuie sur le Prevention of Money Laundering Act (PMLA), la loi indienne contre le blanchiment de capitaux. Depuis mars 2023, son périmètre couvre les prestataires de services sur actifs numériques virtuels (VDA, pour virtual digital assets). Cette catégorie juridique regroupe en Inde les cryptomonnaies et les NFT. Enregistrement auprès de la FIU, déclarations d’opérations suspectes et conservation des données s’imposent à toute plateforme qui touche un client indien. Aucune présence physique requise, a précisé le ministère des Finances.
La liste ne se limite pas aux exchanges classiques. ChangeNow, SimpleSwap, FixedFloat et Guardarian sont des services de swap instantané ou des rampes d’accès fiat, utilisables sans compte et avec une vérification d’identité minimale. En clair, New Delhi vise l’activité réellement exercée plutôt que l’étiquette affichée par le service, ce qui élargit d’un coup le champ des acteurs concernés.
L’agence a accompagné ses notifications d’un avertissement aux investisseurs indiens.
« Les produits crypto et les NFT ne sont pas régulés en Inde, et les transactions peuvent n’offrir aucun recours réglementaire en cas de pertes.»
Communiqué de la FIU-IND, unité de renseignement financier du ministère indien des Finances
Le scénario a déjà été joué. En effet, fin 2023, la FIU avait adressé des mises en demeure à neuf exchanges offshore, parmi lesquels Binance, KuCoin, Huobi, Kraken, Gate.io, Bittrex, Bitstamp, MEXC et Bitfinex. Leurs applications ont disparu des magasins indiens quelques semaines plus tard, avant que les négociations ne s’ouvrent une à une.
Binance a retrouvé le marché en 2024 après avoir réglé une amende de 2,25 millions de dollars. KuCoin s’en est tirée pour environ 41 000 dollars et un enregistrement en bonne et due forme. Bybit a suspendu ses services en Inde en janvier 2025 le temps de finaliser son dossier, avant de rétablir l’accès complet à son application neuf mois plus tard. Coinbase a rouvert les inscriptions aux utilisateurs indiens une fois inscrite au registre, fin 2025. Bref, toujours le même motif. Aucune de ces plateformes n’a quitté durablement le pays. Ainsi, les quinze nouvelles ciblées connaissent déjà la marche à suivre : payer l’amende, puis déposer un dossier auprès de la FIU.
L’attrait de ces plateformes non enregistrées tient d’abord à la note fiscale. Depuis juillet 2022, les plus-values crypto subissent en Inde un impôt forfaitaire de 30 % sans imputation possible des pertes. Une retenue à la source de 1 % (TDS) frappe chaque cession, ce qui rend le trading actif structurellement perdant sur les plateformes domestiques. Résultat : la fiscalité indienne fait fuir 6,1 milliards de dollars par an vers l’offshore, calcule l’Esya Centre. En face, seulement 52 millions de dollars de taxes perçues chaque année.
Les utilisateurs indiens n’ont pas déserté pour autant. Le pays occupe la première place de l’indice mondial d’adoption crypto de Chainalysis depuis trois éditions consécutives. Une adoption portée par une population jeune et par des échanges de pair à pair difficiles à recenser. Par ailleurs, retirer une application d’un magasin déplace le trafic vers un VPN ou un site miroir, hors de portée du fisc comme des radars de la FIU.
Cependant, Washington emprunte la trajectoire inverse. L’OCC, régulateur bancaire fédéral américain, a validé sous conditions les agréments de banque de confiance de Circle, Ripple, BitGo, Fidelity Digital Assets et Paxos en décembre 2025. Il a ensuite ouvert la porte à Crypto.com et à Bridge, la filiale crypto de Stripe, début 2026. Block, la société de Jack Dorsey derrière Square et Cash App, y a déposé à son tour un dossier pour Builders Bank & Trust. L’établissement ne prendrait ni dépôts ni crédits. Il se consacrerait à la conservation de bitcoins et au règlement en stablecoins, adossé aux 10,7 milliards de dollars de volume Bitcoin traités par le groupe en 2025.
Enfin, faute de loi dédiée aux actifs numériques, la FIU reste le seul guichet pour les plateformes qui visent les dizaines de millions d’Indiens détenteurs de cryptomonnaies. Ces derniers sont déjà pressurés par une fiscalité crypto parmi les plus dures au monde. Le document de consultation promis par le ministère des Finances n’a toujours pas été publié. Les notifications antiblanchiment font, en attendant, office de politique publique.
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Des milliards d’activités crypto face à quelques centaines de millions déclarés. Selon Chainalysis, les opérations potentiellement imposables réalisées en France en 2025 auraient atteint 9,4 milliards de dollars. Dans le même temps, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) indique que 24 000 contribuables ont déclaré 368 millions d’euros de plus-values nettes lors de la campagne 2025, portant sur les revenus de 2024. L’écart paraît spectaculaire, mais les deux chiffres ne sont pas directement comparables : ils ne concernent ni la même année ni la même assiette. Il montre néanmoins l’ampleur du défi auquel le fisc français entend répondre grâce à DAC 8 et au partage automatique des données crypto.
L’estimation de Chainalysis comprend 2,5 milliards de dollars de plus-values, 1,7 milliard de revenus issus notamment du minage et du staking, ainsi que 5,2 milliards de paiements effectués en cryptomonnaies.
Ces 9,4 milliards ne correspondent donc pas à des gains dissimulés au fisc. Le montant d’un paiement n’est pas égal à la plus-value imposable qu’il génère, tandis que les revenus du minage ou du staking peuvent relever de régimes fiscaux différents selon leur nature et les conditions de l’activité.
D’ailleurs, contrairement à ce qu’affirme BFM dans son article, l’achat d’un bien ou d’un service avec des cryptomonnaies constitue bien une cession imposable en France. L’échange entre deux actifs numériques bénéficie en revanche d’un sursis d’imposition pour les particuliers, tandis que la simple détention n’est pas taxée. Les cessions bénéficient aussi d’une exonération lorsque leur montant total annuel ne dépasse pas 305 euros. Si tout ceci vous parait confus, retrouvez notre guide à ce sujet.
Les données de la DGFiP montrent toutefois une nette progression des déclarations. Pour les revenus de 2023, environ 7 700 contribuables avaient déclaré 150,8 millions d’euros de plus-values nettes. Un an plus tard, ils étaient 24 000 à déclarer 368 millions d’euros.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la directive européenne DAC 8 impose aux prestataires crypto concernés de collecter des informations sur leurs utilisateurs et leurs opérations. Ces premières données, couvrant l’année 2026, devront être transmises puis échangées entre administrations fiscales en 2027.
Le fisc pourra ainsi rapprocher l’identité des contribuables, leur résidence fiscale et les transactions déclarées par les plateformes. Le cadre CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) élaboré par l’OCDE doit progressivement étendre cette coopération à de nombreuses juridictions extérieures à l’Union européenne.
Cette surveillance ne couvre cependant pas automatiquement toutes les activités. Les échanges réalisés directement entre portefeuilles autohébergés, sans passer par un prestataire déclarant, restent hors du champ de collecte immédiate. Ils ne sont pas invisibles pour autant : les transactions publiques inscrites sur les blockchains peuvent être suivies dès qu’une adresse est reliée à une identité ou à une plateforme.
Cette montée en puissance du contrôle intervient dans un contexte sensible. En août 2026, une intrusion informatique a exposé les données fiscales de plus de 678 000 contribuables français. Pour les autorités, l’enjeu sera donc double : améliorer la détection des omissions déclaratives tout en garantissant la sécurité des informations financières collectées. Et ça, c’est pas gagné…
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Un compte à rebours sans date affichée. Le G7 a sifflé la fin de la récréation le 3 septembre 2026. Ses experts en cybersécurité somment gouvernements et entreprises de préparer sans attendre la bascule vers la cryptographie post-quantique. Message reçu cinq sur cinq du côté de Bitcoin, où le seuil théorique pour casser une clé cryptographique n’a jamais paru aussi proche. Les gouvernements ne visent pas frontalement les cryptomonnaies. Leurs portefeuilles, leurs échanges et leurs infrastructures de garde n’en sont pas moins directement dans la ligne de mire. On fait le point.
Le rapport s’intitule sobrement Preparing for the Post-Quantum Era: A Call to Action, publié le 3 septembre 2026 par le groupe de travail cybersécurité du G7, piloté par l’agence française ANSSI, avec la Commission européenne et l’ENISA en invitées.
Le texte ne cite jamais Bitcoin ni Ethereum. Il vise un principe imparable. La cryptographie post-quantique doit être anticipée avant même l’arrivée d’un ordinateur quantique capable de la faire tomber.
La menace porte un nom, « harvest now, decrypt later » (récolter maintenant, déchiffrer plus tard). En d’autres termes, un attaquant peut siphonner aujourd’hui des données chiffrées pour les percer dans dix ans, une fois la puissance de calcul nécessaire disponible, sans attendre que la technologie existe déjà pour agir.
L’Union européenne a fixé fin 2026 comme point de départ de la migration et 2030 pour les systèmes les plus sensibles. Le NIST américain, dans son brouillon IR 8547, prévoit une dépréciation programmée après 2030 et une interdiction pure et simple après 2035, sur un périmètre plus large que la seule ECDSA. Rien de tout cela n’affole les marchés dans l’immédiat.
« Notre message est clair : la transition vers la cryptographie post-quantique est un enjeu de sécurité critique qui appelle un effort collectif et coordonné. Les organisations — publiques ou privées — doivent agir dès maintenant (…) »
Groupe de travail de l’ANSSI

Le calcul est resté longtemps théorique. Il l’est nettement moins depuis cet été. Beaucoup des adresses dormantes de 2009, celles de Satoshi Nakamoto y comprises, sont au format P2PK (pay-to-public-key) : leur clé publique traîne à l’air libre sur la blockchain depuis leur toute première réception de fonds, sans qu’aucune transaction sortante ne soit nécessaire pour l’exposer.
A contrario, les adresses plus récentes, au format P2PKH, restent à l’abri d’un hachage tant qu’elles n’ont jamais servi à payer. Les développeurs planchent sur BIP-360, une proposition d’adresse baptisée Pay-to-Merkle-Root (P2MR), qui retire le chemin de dépense direct par clé hérité de Taproot pour forcer le passage par un script.
Le choix du schéma de signature post-quantique lui-même reste encore à trancher dans une proposition future, avec à la clé des signatures nettement plus lourdes que les 64 octets d’une signature ECDSA classique. Multipliez ça par des millions de transactions quotidiennes, et le débat sur la taille des blocs, déjà vieux d’une décennie, risque de revenir en force. Son adoption suppose toutefois un soft fork, donc l’accord d’une bonne partie de l’écosystème. Un chantier de fond, pas un sprint.
Ethereum n’a pas attendu le G7 pour se mettre au travail. Sa feuille de route touche quatre briques du protocole, les signatures BLS des validateurs, les engagements KZG, les signatures ECDSA des comptes utilisateurs et les preuves à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge proofs).
L’infrastructure post-quantique du cœur du réseau doit être bouclée en 2029, la même année où Google promet d’avoir terminé sa propre migration. Solana n’est pas en reste. Ses développeurs testent eux aussi des correctifs post-quantiques pour protéger portefeuilles et systèmes de garde, un travail mené en parallèle sur les trois plus grandes blockchains du marché.
Faut-il paniquer pour autant ? Non. La puissance de calcul nécessaire pour casser une clé Bitcoin ou Ethereum reste, à ce jour, spéculative. Mais un rapport gouvernemental qui presse d’agir dix ans avant l’échéance n’est jamais un hasard de calendrier.
Le G7 n’a rien inventé en braquant les projecteurs sur la crypto post-quantique. La France planche sur le sujet depuis plusieurs années déjà, et son dispositif de défense dépasse largement le seul secteur des cryptomonnaies. Banques, opérateurs télécoms, hôpitaux et réseaux électriques chiffrent tous, aujourd’hui, des données qu’un ordinateur quantique pourrait déchiffrer demain. La crypto n’est qu’un aiguillon de plus dans un dossier qui touche l’ensemble de l’infrastructure numérique mondiale. La différence, cette fois, c’est que les échéances ne sont plus des hypothèses d’ingénieurs mais un calendrier gouvernemental : 2030 pour les systèmes sensibles côté européen, 2035 pour l’interdiction pure et simple aux États-Unis.
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